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LITTERATURE au CYCLE III
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DOCUMENT D'APPLICATION DES PROGRAMMES - LITTERATURE au CYCLE III

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Liste de références des oeuvres de littérature de jeunesse - ROMANS ET RÉCITS ILLUSTRÉS

Moi, un lemming

ARKIN Alan ­ FRANQUIN Gérard ­ Flammarion-Père Castor ­ coll. Castor poche ­ 86 pages ­ 3
Difficulté de lecture : niveau 3

« Tout apprentissage commence par des questions »
affirme ce court roman dans lequel Bubber, le lem-
ming, refuse de suivre sa race, irrésistiblement atti-
rée par l'océan. Avant de sauter dans le vide, le
jeune héros demande aux adultes : « Est-ce qu'on
sait nager ? ». Mais, trop soucieux de laisser une
trace, ceux-ci répondent par la tradition, ligotant
la jeunesse dans les savoirs anciens. Bubber assis-
tera, impuissant, à un suicide génétique duquel naî-
tra une nouvelle génération admirative de ses
aînés ; il refusera de prendre la tête d'un mouve-
ment de reconstruction de la race, choisissant la
solitude, compagne de recherche de liberté et de
connaissance de soi.
Le texte est tout entier construit autour des valeurs
qu'il défend. De courts chapitres, dialogués, sont
comme autant de tableaux présentant les contradic-
tions qui interfèrent dans le choix des grandes déci-
sions. On entendra dans ce récit la voix de Rabelais
et de ses moutons de Panurge, et d'autres, plus
récentes, invitant à ne rien oublier des drames de
l'Histoire au risque de les répéter ; on sourira aussi
car l'humour est constitutif de la dimension tragique
de la vie. Un livre qui ouvre au partage de la réflexion des façons qu'a un peuple de réagir à ses propres crises.



Un Train pour chez nous
B
EGAG
Azouz ­ L
OUIS
Catherine ­ Thierry Magnier
­ 32 pages ­ 13,49

Difficulté de lecture : niveau 2
Début août. La famille du narrateur enfant, comme
celles de milliers d'Algériens, prend le bateau à
Marseille, puis le train à Alger, direction Sétif. Le
récit du voyage est précis, coloré, vivant. La nuit
étoilée sur les transats du paquebot, la grande ville
d'Alger encombrée par les porteurs importuns. Le
long voyage dans le train qui s'essouffle dans les
montées, et les petits vendeurs d'eau et de figues
qui le suivent en courant. Les voyageurs qui parta-
gent pastèque, sardines et lait caillé. Et puis, l'arri-
vée à Sétif où le père retrouve ses connaissances de
toujours. La fierté de l'enfant et l'émotion du père
qui, ici, est quelqu'un.
Les images sont des dessins en noir et blanc, colori-
sés et solarisés, qui imitent de vieilles photos. Les
gris colorés, jaunes et bleus, sont plus lumineux au
fur et à mesure du voyage.
À la manière d'un album photo, le livre permet des
rêveries de longs voyages. Il est surtout l'occasion
d'un témoignage et d'une réflexion sur le peuple
algérien de France, dont le « chez-nous » estival est
devenu impossible.



Terriblement vert !
B
EN
K
EMOUN
Hubert ­ R
OCA
François ­ Nathan
­ coll. Demi-lune ­ 42 pages ­ 5,79

Difficulté de lecture : niveau 1
Par erreur, Lionel avale les graines exotiques rares
rapportées par l'oncle explorateur de Samuel. Et
Lionel a soif. Ses pieds prennent racine, son corps
devient tronc. Lionel a très soif et va s'installer au
bord de la rivière. Il devient rapidement un magni-
fique arbre. Plus tard, il est libéré. L'arbre fait la
curiosité du village. Lionel sait toujours quand il va
pleuvoir ; il a gardé au creux de sa main une étrange
tache verte.
Le livre initie au genre fantastique : y a-t-il un lien
entre la console de jeu des enfants au début du récit
et la transformation ? Le récit donne l'occasion
d'une comparaison entre ces organismes vivants que
sont le corps humain et l'arbre. Il peut être mis en
relation avec les livres dont les arbres sont les héros.



La villa d'en face
B
OILEAU
Pierre ­ N
ARCEJAC
Thomas ­ M
ARTIN
Annie-Claude ­ Bayard Jeunesse ­ coll. J'aime
lire ­ 48 pages ­ 4,2


Difficulté de lecture : niveau 2
Philippe est malade. Pour se distraire, il observe à
la jumelle la villa d'en face, où de nouveaux voisins
viennent d'arriver. C'est ainsi qu'il découvre le gang-
ster, et que l'aventure devient dangereuse : on tire sur
Philippe.
Ce roman du genre policier, variation sur un thème
souvent illustré dans la littérature ou au cinéma, per-
mettra aux enfants d'enquêter sur ce thème. La nar-
ration à la troisième personne, mais focalisée sur le
héros, permet une initiation à ce mode de narration
très fréquent. Un espace confiné, la maison du héros
et la villa d'en face, contribue à générer l'angoisse et
le suspense.



La sorcière d'avril,
et autres nouvelles
B
RADBURY
Ray ­ K
ELLEY
Gary ­ Actes Sud junior
­ coll. Les romans ­ 92 pages ­ 10,52

Difficulté de lecture : niveau 3
Ce recueil de quatre nouvelles relève du genre
science-fiction qui travaille des éléments probléma-
tiques de la vie moderne en les poussant jusqu'à
l'exacerbation :
­ La Sirène : c'est la réponse d'un dinosaure solitaire
à l'appel de la sirène du phare, la fracture entre le
monde ancien et le monde d'aujourd'hui, dont le
seul lien est le cri qui avertit les pêcheurs du danger
« une voix qui rappellera toujours la tristesse de
l'éternité et la brièveté de la vie », un appel qui fait
allumer le brasier dans la poitrine...
­ Comme on se retrouve : sur Mars, vivent les
Hommes de couleur. On annonce l'arrivée de
l'Homme blanc. Alors, forts des expériences anté-
rieures, il faut que les Noirs se protègent des velléi-
tés de supériorité et reproduisent à leur tour
l'apartheid... Ils étaient sans savoir que sur Terre,
une catastrophe atomique avait tout balayé.
­ La brousse : en voulant élever leurs rejetons dans
les meilleures conditions psychologiques, les époux,
Georges et Lydia, ont transformé la nursery des
enfants en brousse africaine virtuelle, où vivent des
lions plus vrais que nature. Cette technique a pour but
de révéler les états mentaux des enfants et de les trai-
ter, si besoin avec l'aide du psychologue. Or, le système
va déraper et l'issue s'avérer fatale pour les parents.
­ La sorcière d'avril : Cecy n'est pas une sorcière
ordinaire, elle est esprit, se nichant dans n'importe
quel objet ou être vivant. Elle exprime un désir en ces
premiers jours du printemps : « J'aimerais être amou-
reuse ». Le risque, c'est qu'elle en perde ses pouvoirs.
Elle jette son dévolu sur Ann et Tom, deux jeunes
gens dont elle habite l'esprit le temps d'une histoire...
Avec ces quatre nouvelles, les lecteurs confirmés
mesureront les écarts entre leurs attentes vis-à-vis
des personnages ou des systèmes de personnages
(monstre, sirène, Blancs/Noirs, parents/enfants, sor-
cière...) et leur traitement par l'auteur dans ce genre
d'écriture.



Deux graines de cacao
B
RISOU
-P
ELLEN
Évelyne ­ W
INTZ
Nicolas ­ Hachette
Jeunesse ­ coll. Livre de poche ­ 281 pages
­ 5,2


Difficulté de lecture : niveau 3
Julien découvre qu'il a été adopté. Bouleversé, il
s'embarque sur un navire marchand vers son pays
d'origine, Haïti. On est en 1819. Il est témoin actif
d'une opération de traite des esclaves. En Haïti, il
découvre ses origines, en même temps qu'il apprend
les secrets de la culture du cacao. Son avenir est en
France, auprès de ses parents adoptifs, fabricants de
chocolat, à Nantes.
Les liens qui unissent l'histoire de France à celle
d'Haïti, la cohabitation des marins et des esclaves
sur un négrier, la culture du cacao, sont autant de
thèmes de connaissances détaillés dans le roman et
qui pourront être prolongés par des activités de lec-
ture documentaire.



L'invité d'un jour
suivi de
Miriam
C
APOTE
Truman ­ Gallimard Jeunesse
­ coll. Folio junior ­ 76 pages ­ 2

Difficulté de lecture : niveau 3
L'histoire narrée dans ce roman se déroule en
Alabama, dans un village, en 1932. Buddy, le jeune
narrateur, est quelque peu malmené par Odd, qui a
le même âge que lui, 12 ans. La grande amie de
Buddy est une vieille dame, qui lui conseille de se
réconcilier avec Odd, pense qu'il n'est pas aussi
méchant que Buddy le dit, et propose de l'inviter à la
fête familiale annuelle (c'est elle qui le fait). Contre
toute attente, Odd vient. Buddy reste à l'écart et
surprend Odd en train d'empocher un bijou. Il le
dénonce publiquement. Odd avoue, rend le bijou et
quitte la maison la tête haute. Buddy s'est certes
vengé, mais en dégradant son image car, comme le
dit sa vieille amie : « Il n'y a qu'un seul péché qui soit
impardonnable : la cruauté délibérée ».
Ce type d'affrontement, les enfants le reconnaîtront
comme tout à fait contemporain. Et, pour dégager
la part historique de la part éthique, on fera com-
parer les décors de ce roman, écrit par un grand
auteur américain, à ceux du roman de Chabas,
Trèfle d'or (Casterman).
La deuxième nouvelle (20 pages) raconte la ren-
contre d'une vieille femme seule avec son double,
la jeune et inquiétante Miriam. Ce récit, minutieu-
sement contextualisé (comportements, bruits...),
gagnerait à être mis en scène, même de manière
sommaire, afin d'en percevoir la force émotion-
nelle.



Les Aventures d'Alice
au pays des merveilles
C
ARROLL
Lewis
Difficulté de lecture : niveau 3
Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. C
LAVELOUX
Nicole ­ trad. P
ARISOT
Henri ­ Grasset
Jeunesse ­ 1975 ­ 92 pages ­ 22,57

Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. R
ACKHAM
Arthur ­ trad. P
ARISOT
Henri ­ Corentin
­ coll. Les belles images ­ 1994
­ 191 pages ­ 18,14


Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. G
AUTHIER
Alain ­ trad. P
APY
Jacques ­ Rageot
­ 1991 ­ 90 pages ­ 18,29

Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill.
Z
WERGER
Lisbeth ­ Nord Sud ­ 108 pages
­ 18,14

Alice au pays du merveilleux ailleurs
­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. R
OMANO
Jong
­ trad. L
ECLERQ
Gilles ­ Au bord des
continents ­ 2000 ­ 25,15

Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. L
INS
Rico
­ trad. B
AY
André ­ Hachette Jeunesse
­ coll. Livre de poche-Gai savoir ­ 1998
­ 222 pages ­ 4,5


Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. T
ENNIEL
­ trad. P
APY
Jacques ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio Junior ­ 2001
­ 223 pages ­ 4,88


Les Aventures d'Alice au pays des mer-
veilles ­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. T
ENNIEL
­ trad. R
IOT
Elen ­ Librio ­ 2000
­ 91 pages ­ 1,52

Alice au pays des merveilles
­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. O
XENBURY
Helen
­ Flammarion Jeunesse ­ 208 pages
­ 2000 ­ 21,10

(actuellement indispo-
nible)
Alice au pays des merveilles
­ C
ARROLL
Lewis ­ ill. B
ROWNE
Anthony
­ trad. P
ARISOT
Henri ­ 1989 ­ 23,50

(actuellement indisponible)
Les Aventures d'Alice au pays des merveilles ne relè-
vent pas pour les enfants d'une découverte ; cepen-
dant le texte intégral, l'enchaînement des différentes
scènes, parfois connues en images avant que de les
avoir lues ou entendues dans la lettre, feront de la
lecture de cet ouvrage un chantier à ouvrir.
La connaissance acquise par les enfants (adaptations
de toute nature, livres, vidéo, film...) pourra ainsi
être confrontée au texte intégral.
C'est une lecture longue, que le maître pourra orga-
niser sous des formes diverses ; le texte se prête à des
lectures à voix haute, même si un certain nombre
des jeux sur la langue n'a pas la puissance qu'ils
ont dans la langue d'origine et si les connivences
fondées sur un patrimoine de comptines et poèmes
anglais ne fonctionnent pas en français.
Le merveilleux, dont deux des entrées possibles sont
les transformations successives d'Alice et le monde
souterrain, pourra être soumis au jeu interprétatif,
explorant le symbolique et sa réception par les
enfants.
L'univers animalier, rendu presque humain par le
graphisme de Nicole Claveloux, offrira un autre ter-
rain d'exploration : on pourra comparer avec
d'autres versions illustrées d'Alice, de la plus
ancienne de Tenniel à la plus récente de Lisbeth
Zwerger, et aller à la rencontre d'autres récits ani-
maliers fondateurs, Le Roman de Renart, par
exemple.
Les différentes illustrations d'Alice offrent des lec-
tures plurielles de l'oeuvre, accentuent telle ou telle
dimension -- dérision, jeux et imaginaire... On
pourra consulter en bibliothèque les illustrations de
Dusan Kallay (Gründ), Georges Lemoine
(Gallimard), Ralph Steadman (Aubier) ou Justin
Todd (Albin Michel), ou encore celle d'Anthony
Browne (Kaléidoscope). Dans le prolongement de
cette démarche, la projection du film de Jan
Svankmajer constituera une expérience essentielle,
permettant aux élèves de repérer, d'apprécier, de
réagir aux dispositifs cinématographiques et aux
choix effectués par le réalisateur pour ce film d'ani-
mation : univers onirique, esthétique surréaliste, per-
sonnages objets...



Rouge braise
C
AUSSE
Rolande ­ B
OUSSOT
Norbert ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 96 pages ­ 4,6

Difficulté de lecture : niveau 3
Ce court roman met en scène une fillette de 10 ans,
Dounia, qui vit les deux dernières années de la
deuxième guerre mondiale avec sa grand-mère,
chargée de prendre soin d'elle, en l'absence de ses
parents. Comme tout roman dont le contexte social
ou historique est prégnant, un minimum de connais-
sances est requis pour entrer dans l'histoire.
Cependant, le lecteur, à travers les yeux de Dounia,
découvre la guerre ; son point de vue sur les événe-
ments s'affine au fil des rencontres (à l'école de
Saint-Léon, à la ferme). Mais la bicyclette rouge
offerte par l'oncle Georges ouvre un espace de
liberté à Dounia : plus d'indépendance vis-à-vis de
sa grand-mère, autonomie et action (elle participe
comme auxiliaire à la résistance).
Plusieurs relectures seront certainement nécessaires
selon la piste suivie :
­ le contexte historique (1943-1945) ;
­ la tranche de vie (pourrait-on imaginer un per-
sonnage masculin à la place de Dounia ?) ;
­ la fonction symbolique de la bicyclette dans cette
histoire : on pourra se reporter à d'autres récits
comme Le vélo rose de Jeanne Ashbé (album Pastel)
ou Vapeurs de résistance (album Archimède) ;
­ l'énigme du titre.



Trèfle d'or
C
HABAS
Jean-François ­ P
LACE
François
­ Casterman ­ coll. Dix & plus ­ 55 pages
­ 5,5


Difficulté de lecture : niveau 3
Un roman qui se déroule en 1920, en Georgie, dans
le sud des États-Unis. Patrick O'Donnel, « un des
grands champions de l'obstination hargneuse », a
acquis un fougueux étalon arabe, Golden Clover
(Trèfle d'or), que personne ne peut monter ni même
approcher. Et puis, un jeune Noir, Leroy Moor, par-
vient à se lier avec le cheval, et à le monter.
O'Donnel et Moor deviennent aussi amis, mais cette
amitié entre un Blanc et un Noir est fort mal vue
dans cette région, à cette époque.
Le thème de l'amitié qui s'établit entre des personnes
fort différentes, de situation sociale et de culture,
contre tous les préjugés, touche directement les
enfants, leur permet de se situer, également, dans le
monde contemporain. Le contexte social, et en par-
ticulier l'esclavage, est évoqué mais peu explicité : il
devra certainement être exploré au fur et à mesure
de la lecture du roman, mettant alors en jeu une
réflexion sur les valeurs démocratiques d'aujour-
d'hui. Quelques recherches peuvent permettre de
découvrir aussi la réalité historique.
Par ailleurs, ce livre permet d'aborder un mode de
narration particulier : c'est un homme âgé qui dit
raconter cette histoire qui s'est déroulée quand il
avait six ans. Il n'a donc pas tout compris alors, et a
dû reconstituer « après coup » la plupart des évé-
nements.
Les portraits psychologiques des personnages, en
particulier des deux hommes et du cheval, sont tis-
sés progressivement par le regard du narrateur
enfant. Prendre conscience de cette construction
énonciative pourra aider les élèves à faire une autre
lecture de ce roman.
Le motif de la rencontre est de nouveau présent
comme dans d'autres textes de la sélection, récit
d'une vie orientée par une rencontre fondatrice :
Trèfle d'or, le blaireau de Ben MacDonald, le cor-
beau de Madame K...



Ba
C
HABAS
Jean-François ­ B
ACHELIER
Benjamin ­
Casterman ­ coll. Dix & plus ­ 134 pages ­ 6,5

Difficulté de lecture : niveau 3
19 chapitres pour une rencontre dans les neiges de
l'Alaska entre deux femmes que tout sépare : l'une,
Ba, l'Asiatique, a déjà eu une longue vie lorsque
Selma tombe entre ses mains de « médecin occa-
sionnel » après l'avalanche. C'est 90 ans plus tard
que Selma se souvient et raconte cette aventure au
temps de la ruée vers l'or.
Les jeunes lecteurs devront gérer, d'une part, les
informations nécessaires pour comprendre le
contexte social et historique et, d'autre part, le jeu
entre le temps chronologique de l'histoire et le temps
du récit. Ils pourront alors apprécier l'épaisseur psy-
chologique des personnages, prendre conscience de
la manière dont évoluent leur jugement vis-à-vis de
Ba et de Selma.
Pour aider les élèves à prendre des repères dans ces
récits emboîtés, on pourra leur demander de raconter
la scène de l'avalanche, la scène de l'assassinat du
mari de Ba (il faudra choisir entre la version de Daniel
Raque et celle de Ba), la création de l'orphelinat...



Little Lou
C
LAVERIE
Jean ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio
cadet ­ 62 pages ­ 6,3

Difficulté de lecture : niveau 1
Cet album est un magnifique hommage aux débuts
héroïques du Jazz. L'intrigue raconte selon un script
fréquent comment un petit enfant noir grandit dans
un milieu populaire, mais nourri de blues, dans les
années 30 aux États-Unis, comment il permet l'ar-
restation de gangsters, comment il se trouve en
situation de remplacer un pianiste pour un concert
d'importance et d'accéder à une gloire probable.
Le livre peut se lire comme un récit historique : le
texte fourmille d'allusions à la grande dépression, à
la guerre des gangs, à la société américaine dans son
ensemble. L'illustration foisonne d'éléments
d'époque, et de motifs empruntés à l'esthétique de
cette même époque. Mais les valeurs sous-jacentes
universelles de fidélité, patience, travail, abnéga-
tion et... ruse dépassent cette approche historique.
La tension dramatique est assurée par une illustra-
tion qui suggère plus que le texte la densité des émo-
tions représentées. En particulier, les scènes d'actions
amènent une rupture, qui insère une bande dessinée
au milieu d'un livre relèvant plutôt de l'album...
La narration à la première personne, qui ne rend
compte que d'un point de vue, soulignée par le tra-
vail dans l'illustration d'une colorisation incom-
plète, du recours au crayonné et des incrustations et
superpositions, permet une légèreté de ton, voire un
humour certain. Dans le texte, y concourt l'usage
de l'implicite, de l'allusion, de l'asynchronie, du
décalage linguistique, de l'écart entre ce que le lec-
teur anticipe et la conscience qu'en a le héros...



Les Aventures de Pinocchio
C
OLLODI
Carlo
Difficulté de lecture : niveau 2
Pinocchio ­ C
OLLODI
Carlo ­ ill. M
ATTOTI
Lorenzo ­ trad. Comtesse de G
ENCE
­ 1912 ­ Albin Michel Jeunesse ­ 1990
­ 160 pages ­ 22,87


Pinocchio ­ C
OLLODI
Carlo ­ ill. R
OCHETTE
Jean-Marc ­ trad. M
OREL
Jean-Paul ­
Casterman ­ 2002 ­ 160 pages ­ 22,75

Les aventures de Pinocchio ­ C
OLLODI
Carlo ­ ill. couverture G
ALERON
Henri
­ ill. intérieure C
HIOSTRI
Carlo ­
trad. C
ASTAGNE
Nathalie ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 5,5

Pinocchio ­ C
OLLODI
Carlo ­ ill. I
VERS
Mette
­ trad. Comtesse de G
ENCE
­ Hachette
Jeunesse ­ coll. Livre de poche ­ 4,80

La marionnette indisciplinée, qui, progressivement,
gagnera le droit de devenir un vrai petit garçon, tient
une place essentielle dans la galerie des personnages
célèbres de la littérature enfantine.
Les Aventures de Pinocchio se prêtent à une lecture
feuilleton, rappelant par ailleurs sa forme éditoriale
d'origine. Elles peuvent donner lieu à une élabora-
tion par la classe des valeurs positives ou négatives
proposées par ce conte ou roman d'éducation, à tra-
vers les personnages rencontrés, l'alternance des
scènes, le vocabulaire moralisateur, le contexte
socio-historique...
Ces aventures sont aussi un parcours dans le temps
et dans l'espace, que le lecteur doit pouvoir se repré-
senter sur le plan de l'histoire mais aussi au niveau
symbolique.
Les versions illustrées par Roberto Innocenti
(Gallimard) ou Mette Ivers (Hatier) actuellement
indisponibles pourront être empruntées en biblio-
thèque, permettant une confrontation des interpré-
tations proposées par les images : on rendra ainsi les
élèves attentifs au choix des scènes illustrées, aux
techniques utilisées, aux points de vue adoptés par
l'illustrateur...
On pourra de plus se reporter à quelques réécritures
de ces aventures de Pinocchio proposées par la lit-
térature (
N
ÖSTLINGER
C
hristine
­ H
EIDELBACH
Nikolaus ­ Souffles ­ 1989) ou le cinéma, et en
éprouver les différentes lectures.



Rêves amers
Condé, Maryse ­ Bayard Jeunesse
­ coll. Je bouquine ­ 79 pages ­ 5,8


Difficulté de lecture : niveau 2
À 13 ans, Rose-Aimée doit quitter ses parents et la
pauvre terre qui les nourrit si mal, pour aller
rejoindre à Port-au-Prince, la horde des enfants mis
au service de riches familles haïtiennes contre
quelques pièces... Si elle a de la chance, elle pourra
réaliser son rêve : aller à l'école, apprendre à lire et
à écrire. Mais à Port-au-Prince, elle se fera cruelle-
ment exploiter par tous. Devenue enfant de la rue,
elle décide de fuir Haïti, en bateau, avec son amie
Lisa, pour rejoindre la Floride. Le lecteur découvre
dans les trois lignes de la fin le sort tragique qui sera
fait à ces émigrés de la misère.
On pourra observer le cheminement de la narra-
tion vers la tragédie. Outre son aspect documentaire
sur Haïti sous la dictature de Papa Doc, ce roman
social réaliste et tragique centré sur une héroïne à
laquelle le jeune lecteur peut s'identifier, suscitera de
nombreux débats sur la condition des enfants dans
le monde et sur leurs droits, sur le rôle de l'école, sur
les pays pauvres et l'émigration clandestine... Selon
les mises en réseau retenues, il pourra être mis en
relation avec des documentaires et des romans
comme Le Plus Bel Endroit du monde (
C
AMERON
,
École des Loisirs), Le Secret de Grand-Père
(
M
ORPURGO
, Gallimard), La Petite Fille aux allu-
mettes (
A
NDERSEN
), La Gare de Rachid (
G
ARNIER
,
Syros) ou Trèfle d'or (
C
HABAS
, Casterman).



Fantastique Maître Renard
D
AHL
Roald ­ B
LAKE
Quentin ­ Gallimard
Jeunesse ­ 86 pages ­ 22,11

Difficulté de lecture : niveau 1
Trois riches fermiers se liguent contre Maître Renard
qui décime leurs poulaillers. Comme ils sont aussi
bêtes que méchants, ils attaquent la colline avec
deux pelleteuses. Jour après nuit, ils creusent jusqu'à
former un trou grand comme un volcan, où campent
les trois méchants en attendant que la famille
Renard sorte de son terrier, morte de faim. Pendant
ce temps, la famille Renard s'unit aux autres
familles, Lapin, Belette, Taupe et Blaireau, pour
creuser un réseau de galeries qui débouchent juste
sous chaque poulailler. Bien entendu, l'habile animal
est le juste héritier du Roman de Renart, à faire
découvrir. Pour être comprise, la stratégie de Maître
Renard suppose la visualisation des plans souter-
rains des lieux, à dessiner par les enfants, en coupe.
La fin du récit n'est-elle pas provisoire ? Maître
Renard dit à ses amis qu'ils n'ont plus besoin de
mettre le nez dehors pour se nourrir, maintenant que
les « magasins » sont au-dessus de leur tête. Mais
leur liberté ? Les enfants peuvent proposer des solu-
tions personnelles pour poursuivre le récit.



Charlie et la chocolaterie
D
AHL
Roald ­ S
IMÉON
Michel ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 190 pages ­ 5

Difficulté de lecture : niveau 2
Ce roman est un conte ancré dans le réel et dans
l'imaginaire : Charlie vit pauvrement avec ses
parents et ses grands-parents. L'affection familiale,
leur faculté de rêver ensemble vont être de puissants
moteurs pour le récit. Dans cette ville où sévit la
misère (le père, ex-ouvrier à la chaîne, finira chô-
meur), prospère la plus grande chocolaterie du
monde. Le sentiment d'injustice, croissant dès le pre-
mier chapitre, se brise contre un vieux stratagème :
la chance. M. Wonka, maître chocolatier, offre à
cinq enfants de la planète le droit de visiter son usine
s'ils gagnent un ticket d'or caché dans cinq de ses
friandises. À travers le portrait humoristique des
lauréats (dont Charlie fera partie, in extremis),
Roald Dahl dénonce les dérives éducatives (enfant
obèse, enfant roi, mâcheur de chewing-gum, télé-
phage) et fait de Charlie, garçon simple, confiant et
imaginatif, son héritier. Le roman, assez long,
accompagne le lecteur grâce à une construction pré-
cise qui permet de suivre les événements tout en les
anticipant. Dès le début, l'auteur s'associe ses lec-
teurs, les invitant à goûter les plaisirs de la vie sans
égoïsme. La critique sociale (implicite) est aussi forte
que la croyance dans les forces imaginatives des
hommes. Les contes, qui réalisent les souhaits, sont
convoqués ainsi que les parodies de fable où le faible
a toujours sa chance. Un roman qui ouvre donc à
discussion.



Verte
D
ESPLECHIN
Marie ­ École des loisirs ­ coll. Neuf
­ 182 pages ­ 7,5

Difficulté de lecture : niveau 2
Dans la famille de Verte, l'héroïne, on est sorcière de
mère en fille. Seulement Verte n'est pas très douée
pour cela, et d'ailleurs, elle veut être quelqu'un de
normal et se marier.
Le choc entre deux normalités, celle de la famille de
Verte et celle du monde des lecteurs, offre aux
enfants l'occasion de mettre en perspective leur
propre univers de référence.
Depuis quelques années, dans la littérature de jeu-
nesse, sorcières et sorciers se sont évadés du monde
des contes merveilleux, et évoluent fréquemment
dans notre société, constituant une sorte de culture
à part. Le roman de Marie Desplechin appartient à
ce réseau dont les enfants peuvent découvrir de
nombreux autres exemples à la BCD.



Le Cheval qui sourit
D
ONNER
Chris ­ D
UMAS
Philippe ­ École des loisirs
­ coll. Mouche en poche ­ 64 pages ­ 5

Difficulté de lecture : niveau 1
Pour « intéresser les enfants à quelque chose avant
qu'il soit trop tard », le maître d'école d'un village
en perdition achète un cheval, Bir-Hakeim. Les
enfants sont ravis, le cheval leur sourit. Ce qu'ils
ignorent, c'est qu'un cheval qui sourit est gravement
malade. Heureusement, il y a un bon vétérinaire à
proximité.
Il y a, dans cette histoire, un lien symbolique entre
le village qui a déjà perdu la moitié de ses habitants,
et ce cheval mourant. En le découvrant, les enfants
comprendront que le village peut aussi être sauvé, et
proposeront des solutions. Et, naturellement, ils
pourront situer leur propre vie par rapport à celle
des personnages fictionnels. Par ailleurs, le mode
de narration est particulier : jusqu'au milieu du
roman, le récit semble raconté à la troisième per-
sonne. Ce n'est qu'à la page 48 que le narrateur s'ex-
prime à la première personne : il s'agit du
vétérinaire.



Un Tueur à ma porte
D
ROZD
Irina ­ Bayard Jeunesse
­ coll. Je bouquine ­ 90 pages ­ 5,8

Difficulté de lecture : niveau 3
Une histoire policière courte, en cinq chapitres, dont
on peut regretter qu'ils ne soient pas présents dans
un sommaire... L'intrigue se noue et se dénoue sim-
plement : Daniel a une ophtalmie provoquée par la
réverbération sur la neige, qui est augmentée par le
geste inconséquent d'un de ses camarades. Il doit
rester dans le noir et n'y voit plus. C'est alors qu'il
est témoin, auditif, d'un meurtre. Il n'y a pas d'en-
quête proprement dite, le lecteur sait qui est le tueur.
Mais comment Daniel échappera-t-il au meurtrier
qui, lui, l'a vu ?
L'intérêt de cet ouvrage réside dans les attentes que les
différents moments de l'histoire suscitent. Il pourra
être fructueux de faire expliciter aux jeunes lecteurs
leur degré de participation au contexte émotionnel,
porté en partie par le système des personnages.



La Rencontre : l'histoire véridique
de Ben MacDonald
E
CKERT
Allan Wesley ­ G
ALERON
Henri
­ Hachette Jeunesse ­ coll. Livre de poche
­ 240 pages ­ 4,3


Difficulté de lecture : niveau 3
Le lecteur vit la rencontre émouvante entre le jeune
Ben MacDonald et une mère blaireau, et les diffé-
rentes aventures qui s'ensuivent.
L'attention se portera sur les personnages, leur épais-
seur psychologique, les valeurs sous-jacentes.
Le motif de la rencontre est central dans cette
oeuvre : on pourra le lire aussi en négatif (rencontre
ratée) et construire un réseau de lectures [autre titre :
Trèfle d'or (Casterman), par exemple].
On pourra faire jouer l'intertextualité en se rappe-
lant L'enfant sauvage de l'Aveyron
(coll.
Archimède, École des loisirs).



Journal d'un chat assassin
F
INE
Anne ­ D
EISS
Véronique ­ École des loisirs
­ coll. Mouche en poche ­ 7

Difficulté de lecture : niveau 1
Tuffy, un authentique chat, tient son journal intime,
qui commence ainsi : « C'est ça, c'est ça. Allez-y,
pendez-moi. J'ai tué un oiseau. C'est que je suis un
chat, moi. En fait, c'est mon boulot de rôder dans le
jardin à la recherche de ces petites créatures [...] ».
Ensuite, il y a l'histoire de la souris, puis celle du
lapin, qui lui vaut l'accusation de « lapincide avec
préméditation », alors que Tuffy n'est pas respon-
sable de sa mort. Car les humains qui partagent la
maison du chat n'apprécient guère les agissements
instinctifs de l'animal.
Ce journal intime peut être mis en relation avec
d'autres livres présentant la même forme, notam-
ment Les mémoires d'un âne (La contesse de Ségur).
C'est une façon de narrer à la première personne qui
permet au lecteur d'accéder à l'intimité des person-
nages. Mais ce récit, symboliquement, introduit
aussi à la notion de conflit entre nature et culture.



Le Souffre-douleur
F
LEISCHMAN
Sid ­ S
ISS
Peter ­ École des loisirs
­ coll. Neuf en poche ­ 119 pages ­ 4,9

Difficulté de lecture : niveau 1
Petite Peste, le jeune prince, conformément à son
rang, ne craint aucune sanction malgré son com-
portement d'enfant indiscipliné, sa résistance à tout
effort, sa perversité ; c'est Jemmy, un garçon du
peuple, qui subit à sa place les châtiments qui
auraient dû être destinés au contrevenant, et qui
apprend aussi ce que devrait savoir un prince,
comme le lire-écrire. Mais le mal-être, l'ennui, l'en-
vie d'une autre vie s'infiltrent dans la tête de celui
qui paraissait pourtant le mieux loti et rencontrent
le désir d'évasion du souffre-douleur. Leur échappée
transforme leur vie, leurs relations, le monde qui
les entoure et les transforme eux-mêmes.
La lecture de ce roman, découpé en 20 chapitres
courts, dont les titres donnent aux lecteurs un regard
distancié sur le déroulement de l'intrigue, s'articule
sur la dynamique du système des personnages, dont
le noyau est le duo constitué par Petite Peste et son
souffre-douleur. À travers la rencontre entre les deux
cultures contrastées, celle de la richesse de la Cour
et celle de l'indigence de la rue, le jeune lecteur sera
témoin de l'interaction des systèmes de valeurs à tra-
vers des scènes pittoresques ou drôles, de la force de
l'amitié sur la destinée...



Histoires pressées
F
RIOT
Bernard ­ Milan ­ coll. Poche junior
­ 108 pages ­ 4

Difficulté de lecture : niveau 2
Trente-six histoires très courtes qui jouent avec les
mots, les situations, les personnages, les émotions,
les bizarreries. Beaucoup reposent sur des paradoxes
qui permettent aux jeunes lecteurs d'exercer leur
sens logique. Ainsi, ce lecteur qui, lisant un conte où
il est question d'un roi et d'une reine qui n'ont pas
d'enfant, puis un second où il est question d'une
jeune orpheline, se précipite chez le roi pour lui pro-
poser d'adopter cette dernière. Ou cette histoire
dont les personnages sont les livres d'une biblio-
thèque et où le dictionnaire dispose les mots de ses
discours par ordre alphabétique. Ou encore ce texte
où un élève ne parvient à conjuguer le verbe « exis-
ter » que si l'enseignant le remarque.
Dans de nombreuses classes, déjà, ces courts textes
ont été une incitation à l'écriture pour les élèves.



Dico dingo
G
ARNIER
Pascal ­ G
ERNER
Jochen ­ Nathan
­ coll. Demi-lune ­ 48 pages ­ 5,79

Difficulté de lecture : niveau 1
Un récit court, en gros caractères, dans une collec-
tion « Premières lectures », avec une règle d'écriture
ludique, dont les élèves pourront s'emparer.
Dans une famille maniaque de l'ordre, et de l'ordre
alphabétique en particulier, le fils, Robert (bien sûr),
fait tomber le dictionnaire et tente une remise en
ordre des mots échappés. Or, les échanges dans la
maison sont référés au dictionnaire et lorsque les
mots ne sont plus dans l'ordre, c'est la confusion !
Mais le virus se répand à toute vitesse, obligeant
petit Robert à dévoiler sa faute et à la réparer.
On pourra encourager les élèves à rechercher et lire
d'autres récits sur le thème de la langue et du langage,
comme On a mangé l'alphabet, Pierre Gamarra
(Bordes), Le Coupeur de mots, Hans-Joachim
Schädlich (Flammarion), permettant d'engager une
réflexion personnelle sur leur propre rapport à leur
langue maternelle.



L'Homme qui plantait des arbres
G
IONO
Jean ­ G
LASAUER
Willi ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 58 pages ­ 5

Difficulté de lecture : niveau 3
En Provence, le narrateur rencontre un berger,
Elzéard Bouffier, qui, chaque jour, plante des glands.
Quelques années après, le narrateur revient et
découvre une magnifique forêt : des chênes, mais
aussi des hêtres et des bouleaux. D'année en année,
la forêt s'étend, permettant à toute la région de
revivre. L'administration des Eaux et Forêts, avertie,
parle de génération spontanée, et le rôle d'Elzéard
Bouffier reste secret, un secret que seules quelques
personnes, connaissant la valeur du silence, parta-
gent.
Ce récit de Giono illustre les valeurs écologiques et
morales des rapports de l'Homme avec la nature.
Cette version est assortie du carnet de l'illustrateur
T. Pericolli, craie et aquarelles, qui sollicite des réfé-
rences aux représentations artistiques du
XIX
e
au
XX
e
siècle.
Le lecteur s'interroge sur la valeur de vérité du récit :
histoire vraie, vraisemblable... Pourquoi cette indé-
cision marquée par un certain nombre d'éléments
linguistiques ? La voie sera alors tracée pour explo-
rer et discuter des valeurs que les lecteurs y verront.
Ce texte constitue une excellente introduction à
diverses problématiques écologiques : la désertifica-
tion des montagnes, la sylviculture, le rôle des
forêts... Giono a écrit cette histoire -- traduite,
depuis, dans toutes les langues -- à la demande
d'une revue qui lui proposa ce thème : « Quel est le
personnage le plus extraordinaire que vous ayez ren-
contré ? ». Les élèves, sur le même thème, peuvent
produire leur propre histoire.
Plusieurs éditions de ce texte sont disponibles : on
s'y reportera, donnant ainsi à voir la force de l'illus-
tration dans la réception d'une oeuvre. Il existe aussi
la version album, avec les images du film de
Frédéric Back.



Le Grand Livre vert
G
RAVES
Robert ­ S
ENDAK
Maurice ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 80 pages ­ 4,6

Difficulté de lecture : niveau 2
Ce petit garçon a du mal à supporter les rituels
auxquels le soumettent son oncle et sa tante.
Heureusement, il y a le grand livre vert pourvoyeur
de recettes, pour transformer l'environnement,
changer d'apparence... pour échapper aux
contraintes et à l'ennui nés de la fréquentation des
adultes et donner une bonne leçon à leur toute
puissance.
Le problème pédagogique majeur posé par cet
album est de décoller d'un corps-à-corps avec la
lettre du texte vers un registre symbolique. L'aspect
daté des illustrations en noir et blanc de Maurice
Sendak peut en être le point de départ : traitement de
la transformation de l'enfant narrateur en adulte, en
sage, alors que les oncle et tante subissent une trans-
formation inverse (de la notabilité à la perversion
par le jeu). Cet album est source de projets d'écri-
tures dans les blancs du texte (contenu du grand
livre vert, par exemple).



La sorcière et le commissaire
G
RIPARI
Pierre ­ L
APOINTE
Claude ­ Grasset
Jeunesse ­ coll. Lampe de poche ­ 29 pages
­ 5,95


Difficulté de lecture : niveau 2
Ce texte, extrait des Contes de la Folie-Méricourt,
est une bonne introduction à l'oeuvre de Pierre
Gripari -- Contes de la Rue Broca, Histoire du
prince Pipo, Jean-Yves à qui rien n'arrive --, et une
bonne entrée dans un réseau intertextuel sur le conte
(personnages, thèmes...)
Le narrateur, Monsieur Pierre, nous raconte com-
ment une vieille dame de sa rue, en fait une sorcière,
transforme un à un les habitants du quartier en
citrouille bleue ou en divers animaux. Alors, le com-
missaire entreprend une enquête et fait arrêter la
sorcière. Les personnes ayant retrouvé leur appa-
rence ne sont pas satisfaites du tout de ce nouveau
changement. Le bonheur n'est pas toujours là où
l'on croit. Monsieur Pierre décide alors d'agir : il
réunit des partisans pour libérer la sorcière... mais
à ses risques et périls.
L'habile mélange de personnages de conte et de per-
sonnages de la vie ordinaire, l'entrée progressive du
narrateur dans l'action, pourront être éprouvés par
les élèves en situation d'écriture (suite du conte) ou
de réécriture pour un jeu dramatique. On interro-
gera les réceptions qu'ont les élèves du ton adopté
par Gripari via le narrateur. Enfin, l'observation des
points de vue du narrateur et de l'illustrateur sera
une piste complémentaire pour lire et relire ce court
album, en proposer des interprétations.



Les Nougats
G
UTMAN
Claude ­ B
LOCH
Serge ­ Pocket
Jeunesse ­ coll. Kid pocket ­ 80 pages ­ 4,3

Difficulté de lecture : niveau 1
Cet ouvrage comprend trois nouvelles, dont l'une
lui a donné son titre. Elles mettent en scène des per-
sonnages narrateurs enfants, en situation familiale
ou scolaire. La première, Les Nougats, raconte
comment on peut être abandonné sur une aire
d'autoroute après s'être absenté de la voiture pour
acheter la boîte de bonbons de ses rêves, sur le che-
min des vacances. La deuxième, Casse-bonbons,
est une histoire de cour de récréation, un conflit
entre enfants dont l'issue provisoire est une distri-
bution de bonbons. La troisième, La Sorcière de
la boutique à livres, se déroule au rythme du
hoquet de la meilleure élève de la classe : comment
fera-t-elle pour s'en débarrasser sans compromettre
sa réputation ?
Ces récits, bien que très proches de drames vécus
par les élèves de l'école élémentaire, sont écrits d'un
ton allègre, en en respectant le sérieux sans mora-
liser ni dramatiser. C'est alors que peut se poser,
pour les jeunes lecteurs, le rapport entre réalité et
fiction.
Ils pourront alors mettre l'écriture de Cl. Gutman en
relation avec celle de Bruno Heitz dans Le Cours
de récré (Circonflexe) ou celle de Marie-Aude
Murail dans Bravo, Tristan ! (Kid Pocket), et pro-
longer l'activité par des ateliers d'écriture.



Oma, ma grand-mère à moi
H
ÄRTLING
Peter ­ Pocket Jeunesse ­ coll. Pocket
junior ­ 5,5

Difficulté de lecture : niveau 3
Les parents de Kalle sont morts quand il avait cinq
ans. C'est sa grand-mère munichoise qui l'élève. Il
y a deux générations entre eux. Leur vie quoti-
dienne avec ses joies et ses difficultés est racontée
dans un style réaliste contemporain, renouvelant le
genre des romans d'orphelins. Le point de vue
donné est double : celui de la grand-mère Oma est
appuyé à la fin de chaque chapitre, par un texte qui
semble un extrait de son journal, écrit en italique.
Celui du jeune garçon est présent dans le récit et
au travers de la parole du narrateur. On le fera
remarquer aux enfants.
Chacun des quinze chapitres est titré de manière
explicite, et les jeunes pourront en imaginer le
contenu, à l'oral ou à l'écrit, avant de commencer la
lecture. En outre, l'histoire est l'occasion de décou-
vrir comment les principes d'éducation ont évolué
entre le début du siècle et aujourd'hui.



Le Diable et son Valet
H
OROWITZ
Anthony ­ H
EURTA
Catherine
­ Hachette Jeunesse ­ coll. Livre de poche
­ 219 pages ­ 4,8


Difficulté de lecture : niveau 3
Ce roman doit son titre à la pièce de théâtre (cha-
pitre 12) dans laquelle Tom est engagé pour tenir un
rôle devant la Reine Élisabeth, et au cours de
laquelle vont se jouer sa destinée et la vie de sa
majesté.
Il s'agit d'une lecture longue, facilitée par une mise
en chapitres courts. L'action est lente, progressive, la
tension monte au fur et à mesure que le lecteur sai-
sit le danger qui menace. La difficulté est de com-
prendre l'intrigue, de suivre le devenir de chaque
personnage, de tisser les liens entre les différents évé-
nements, parfois éloignés dans le temps de la lecture
(chapitre 1, chapitre 14). Le système des person-
nages est dense, mêlant personnages historiques et
imaginaires, l'auteur affirmant s'être inspiré de faits
réels du
XVI
e
siècle.
Les jeunes lecteurs pourront retrouver cet auteur
d'histoires policières et de romans fantastiques dans
de nombreux titres en littérature de jeunesse.



La poule qui voulait pondre
des oeufs en or
J
OHANSEN
Hanna ­ B
HEND
Käthi ­ Joie de lire
­ 72 pages ­ 13

Difficulté de lecture : niveau 1
Fable écologique, ce récit illustré de planches dessi-
nées en noir et blanc ponctuées de poules et de
plumes au trait jaune, est parfaitement maîtrisé,
d'une facture soignée dans le détail.
Dans un élevage de poules en batterie, une jeune
poule ne se résigne pas à son destin de pondeuse.
Elle formule des projets d'avenir, tente des expé-
riences, qui finalement profiteront à toutes. Cette
oeuvre se prête à des mises en voix, lecture à haute
voix mais aussi à une adaptation pour le racontage.
On appuiera alors sa mémorisation sur la prise de
conscience de la structure du récit et de son rythme.
Cependant, la dernière phrase de l'album «Avez-
vous cru qu'une poule puisse pondre des oeufs en
or ? » s'adresse autant aux lecteurs qu'aux autres
poules. Le maître s'y appuiera pour engager un
débat interprétatif entre les élèves et des relectures
de l'oeuvre dans le registre de la fable.



Le secret de la reine de Saba
K
ACIMI
Mohamed ­ D
AVAINE
Philippe ­ Dapper
­ coll. Au bout du monde ­ 192 pages ­ 5,34

Difficulté de lecture : niveau 3
La reine de Saba est en visite chez le roi Salomon, à
Jérusalem. D'où vient-elle ? C'est son secret. Par un
jeu d'énigmes, Salomon pense le percer. Les
échanges entre les souverains et leur suite se dérou-
lent dans un environnement magnifiquement orien-
tal, à l'apogée du fastueux de Salomon. La reine l'as-
siste dans son « Jugement de Salomon », où deux
femmes revendiquent la maternité d'un même bébé.
Finalement, la reine de Saba disparaît, son pays est
celui du voyage.
Le roman est celui de la mythologie de l'Arche
d'Alliance, et de la rencontre amoureuse entre deux
souverains qui marquèrent le
VIII
e
siècle. Des épi-
sodes de la rencontre figurent à la fois dans le
Coran et dans la Bible. L'occasion de faire un lien
entre l'histoire du monde arabe et celle du monde
occidental.



La Longue Marche des dindes
K
ARR
Kathleen ­ M
ETS
Alan ­ École des loisirs
­ coll. Neuf en poche ­ 254 pages ­ 8,8

Difficulté de lecture : niveau 3
Ce roman raconte la réussite sociale de Simon Green,
malgré son échec scolaire et le peu de soutien fami-
lial qui lui est prodigué. Il trouvera sa voie grâce à
l'appui de son institutrice et d'un marginal, qui
croient en lui. Le voyage à Denver avec ce troupeau
de dindes remet en cause les représentations acquises
sur les comportements des personnages humains et
des animaux.
Les personnages sont habilement campés par les
paroles des uns sur les autres, les styles d'expression,
la présence du personnage narrateur, la référence
explicite à la supposée bêtise des dindes et des
oiseaux de basse-cour en général.
Le contexte socio-historique évoqué (
XIX
e
siècle aux
États-Unis) demande sûrement explicitation ou
recherche pour mieux percevoir les motivations et
les comportements des personnages. On pourra
d'ailleurs se reporter à d'autres récits sur la même
époque dans cette sélection.
La classe pourra y lire une leçon de vie et en discu-
ter en faisant référence à d'autres oeuvres de la
sélection comme Joker, Susie Morgenstern (École
des Loisirs), Trèfle d'or, Jean-François Chalas
(Casterman).



Longue Vie aux dodos
K
ING
-S
MITH
Dick ­ P
ARKING
David ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 120 pages ­ 4,6

Difficulté de lecture : niveau 1 à 2
Les drontes (nom scientifique des dodos), oiseaux
massifs, incapables de voler, peuplaient les îles
Mascareignes avant d'être exterminés par les
Hommes au
XVIII
e
siècle. À partir de cet épisode,
Dick King-Smith, auteur connu pour ses fictions ani-
malières, élabore une fable écologique, apparem-
ment légère, qui permet aux dodos de ne pas
disparaître tout à fait. Une légende se construit sous
les yeux des lecteurs, de la manière la plus mythique
qui soit : un couple, Béatrice et Bertie, s'apprête à
perpétuer la race dans une île paradisiaque où la
vie règne en grâce. L'enfer, classiquement repré-
senté par les autres, surgit avec un vaisseau de
pirates, pilleurs de biens naturels, exterminés à leur
tour par un typhon, symbole de l'Instinct contre la
Sagesse. Les forces du Mal renaissent sous la forme
la plus infernale qui soit : des rats, quittant le navire,
peuplant rapidement, rigoureusement, dangereuse-
ment, l'île. Le rat, animal réputé impur et semeur de
peste, organise un génocide. Grâce à un perroquet,
oiseau doté du langage humain, quelques dodos sont
recueillis dans une embarcation et traversent la mer
pour refonder leur race. La Terre promise sera au
rendez-vous. Le récit, découpé en courts chapitres,
est alerte, souvent drôle. Il présente des oiseaux cari-
caturalement humains, opposant à la violence, naï-
veté, défaitisme ou croyance dans un sauveur
universel, représenté ici par le perroquet nommé
Sir Francis Drake et vainqueur de l'armada de rats
conduite par la mère, Lucrézia Borgiac ! C'est un
livre qui offre plusieurs niveaux de lecture, qui
appelle à la lecture ou la relecture d'ouvrages clas-
siques, de l'aventure maritime rondement menée à
la parabole humaine ouverte aux débats.



Drôle de samedi soir !
K
LOTZ
Claude ­ B
OIRY
­ Hachette Jeunesse
­ coll. Livre de poche ­ 184 pages ­ 4,8

Difficulté de lecture : niveau 2
­ Drôle de samedi soir entretient le suspense, et la
fin provoque la surprise chez le lecteur : en fin de
compte, notre jeune héros ne fera pas la « Une » des
journaux, « Un jeune garçon parvient à maîtriser
quatre dangereux bandits... », car les présumés
bandits n'étaient que les plombiers appelés par les
parents du jeune garçon pour réparer le joint de la
baignoire. Mais personne n'avait pensé qu'ils puis-
sent travailler un samedi soir !
­ Rue de la chance met en scène alternativement
deux contextes, la mafia aux États-Unis et un appar-
tement dans une rue de New York, et deux person-
nages, l'empereur des jeux Borknam et la vieille
dame Andréa. Le rythme du récit, la progression iné-
luctable de ces deux vies contrastées, laissent le lec-
teur imaginer l'issue du récit selon le jeu du hasard
que dirige un narrateur omniscient.
­ Le mois de mai de Monsieur Dobichon est un récit
loufoque, qui raconte la transformation soudaine du
personnage principal, homme insignifiant, routinier,
en un personnage extravagant, jouant à enlever et
remettre son pantalon le plus de fois possible dans
l'ascenseur entre le 14
e
étage et le rez-de-chaussée.
Avant de lire l'épilogue, le lecteur pourra envisager
plusieurs issues au récit. Cette nouvelle se prêtera
aisément à une réécriture pour une mise en jeu.



Voyage au pays des arbres
L
E
C
LÉZIO
J.-M.-G. ­ G
ALERON
Henri ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 48 pages ­ 4,6

Difficulté de lecture : niveau 2
La nouvelle a des allures de conte, de ces contes qui
voudraient discrètement instruire les enfants, et, sans
rien imposer, leur donner le goût du recueillement, du
travail intérieur. « Il y avait une fois un enfant qui
s'ennuyait... ». Et l'ennui, loin d'être cette disgrâce
que nous décrivent télé et pub, apparaît alors comme
le moteur d'un accomplissement personnel.
L'observation, l'attention à l'environnement devien-
nent sources de rêveries que l'auteur dépose ça et là
comme des archétypes sur lesquels chaque lecteur
construira son oeuvre en maître. Le jeune héros écoute
et regarde profondément les arbres de la forêt, les dis-
tinguant par espèce, par « individu » pourrait-on dire,
tant chacun est doté de caractéristiques humaines :
bâillements, paroles, danses et médisances... C'est
que l'enfant aux songes fertiles a conquis près des
arbres, symboles des trois états du cosmos (le sou-
terrain, le sol et le ciel), un nouveau mode de com-
munication qui touche, par sa complétude, au
langage universel. La nature, comme souvent chez Le
Clézio, sollicite une imagination qui n'est ni fuite ni
divertissement, mais libre espace de construction de
soi. Les illustrations d'Henri Galeron, en mêlant de
façon soignée des éléments naturels et humains,
confirment l'harmonie possible entre les deux, sans
rien taire des énigmes, ces spectres de la vie. Lecture
sophistiquée d'une oeuvre poétique qui double ses
chances d'échapper à des interprétations suaves que
cette rencontre entre un enfant (innocence) et la
nature (pureté) aurait pu faire naître: parce qu'elle est
apprivoisements constants, la vie exige l'effort d'en-
gagement pour la conquête d'un toujours meilleur.



Fifi Brindacier
L
INDGREN
Astrid ­ M
AJA
Daniel ­ Hachette Jeunesse
­ coll.Livre de poche ­ 156 pages ­ 4,5

Difficulté de lecture : niveau 1
Avec un tel nom, cette héroïne de 9 ans, créée par
Astrid Lindgren en 1945, n'est pas une fillette ordi-
naire : elle condense force physique et vitalité, imagi-
naire débordant, optimisme délirant avec une forme
de sagesse. Le récit comporte plusieurs épisodes nous
permettant de découvrir le personnage à travers ses
facéties, ses jeux. Le texte n'est pas exempt d'une
vision critique à travers certaines scènes, comme Fifi
à l'école, chercheur de choses... Ces lectures pourront
donner lieu à des échanges entre élèves sur les valeurs
et sur les règles implicites détournées par Fifi.
Les élèves pourront rechercher dans la littérature
d'autres héroïnes du même genre que Fifi, lui inven-
ter d'autres aventures, découvrir d'autres person-
nages d'Astrid Lindgren (Zozo, Ronya).



L'Amour de la vie
L
ONDON
Jack ­ H
ÉRON
Bernard ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 128 pages ­
4,6


Difficulté de lecture : niveau 3
Dans ces deux nouvelles, dont l'écriture présente un
réalisme exacerbé, les personnages vont au bout de
ce qui est humainement envisageable ; l'un lutte pour
survivre (L'Amour de la vie), l'autre reconquiert son
image d'homme en y laissant sa vie (Negore le lâche).
Cet ouvrage s'adresse à des lecteurs d'expérience,
autant par le thème, le ton, que le style. Il ouvre cepen-
dant un espace de réflexion, de questionnement sur
l'Homme, sur la vie, sur les pouvoirs de l'écriture, sus-
ceptible d'interpeller des jeunes élèves de 10-11 ans.



Joker
M
ORGENSTERN
Susie ­ D'
ALLANCÉ
Mireille ­ École
des loisirs ­ coll. Mouche en poche
­ 66 pages ­ 6


Difficulté de lecture : niveau 2
Hubert Noël est un vieil instituteur qui pratique une
pédagogie sortant de l'ordinaire : au début de l'année
scolaire, il offre à chaque élève un jeu de cartes par-
ticulier, ne comportant que des jokers -- un joker
pour rester au lit, un joker pour être en retard à
l'école, un joker pour dormir en classe, un joker pour
faire le clown... Mais il passionne aussi ses élèves
en les initiant tant à la vie qu'aux matières scolaires.
L'institution, représentée par la directrice, n'apprécie
guère, et finit par obtenir sa mise en retraite.
La symbolique de cette histoire est inscrite dans le
récit, p. 57 : « Quand on naît, on a automatique-
ment des jokers ». Ce livre suscite chez les élèves un
questionnement existentiel, sur leur propre vie, sur
l'école, et peut être à l'origine de maints débats. Il est
aussi possible de caractériser les personnages d'en-
fants selon la façon dont ils utilisent, ou thésauri-
sent, les jokers.
S'interroger sur les valeurs de l'école, sur les rap-
ports des enseignants et de leurs élèves à travers ce
récit, conduira à chercher dans la littérature d'autres
apprentissages de la vie mis en scène. La réception
du texte par les élèves s'appuiera sur les éléments
donnés par le texte pour dresser le portrait du maître
d'école : qu'est-ce qui le rend sympathique et aux
yeux de qui ? Ce texte pourra donner lieu à des mises
en jeu et à des réécritures pour l'adapter éventuelle-
ment dans une perspective de mise en scène.



Le Secret de Grand-père
M
ORPURGO
Michael ­ F
OREMAN
Michael ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 119 pages ­ 4,3

Difficulté de lecture : niveau 2
Un jeune garçon, en vacances dans la ferme de son
grand-père, découvre incidemment que celui-ci est
illettré. L'aïeul demande alors à l'enfant de lui
apprendre à lire et à écrire. L'exploit accompli, il
rédige, pour remercier son petit-fils, l'histoire du
vieux tracteur gagné à la suite d'un pari, par son
père le Caporal et le vieux cheval Joey.
La construction complexe du roman, avec l'enchâs-
sement de l'autobiographie du grand-père dans le récit
du petit-fils, permet de mettre l'accent sur les change-
ments de narrateur et de lecteur. L'élaboration d'un
arbre généalogique facilitera la mise en place du sys-
tème des personnages. Une mise en réseau intéressante
est possible avec un autre roman de l'auteur, Cheval
de guerre (Gallimard), car un épisode crucial de la
vie du cheval Joey et du Caporal est évoqué dans les
deux livres par des personnages différents, de manière
différente, d'un autre point de vue, en des temps dif-
férents.



L'enfant océan
M
OURLEVAT
Jean-Claude ­ Pocket Jeunesse
­ coll. Pocket junior ­ 160 pages ­ 4,3

Difficulté de lecture : niveau 3
Dans le quart-monde, sept frères fuient leurs parents
et leur violence, et ils s'en vont voir l'océan sous la
direction muette du plus jeune. Ils poursuivent leur
équipée jusqu'à une villa de bord de mer, s'y retrou-
vent enfermés, sont sauvés par la police. Seul pour-
suit son chemin sur l'eau l'énigmatique benjamin.
L'histoire est une réécriture du Petit Poucet : il est
intéressant de la comparer au texte source.
Le roman est construit par une série de récits frag-
mentaires, parfois tenus par des témoins extérieurs,
parfois par un des personnages lui-même. La cohé-
rence d'ensemble est à construire par le lecteur sur la
base de ces relais de narration. On pourra étudier
comment l'auteur donne consistance à ces narrateurs
multiples et comment il distribue l'information sur
l'intrigue. On verra aussi comment cette mosaïque
permet un regard sur la société dans son ensemble,
cultive un pathos récurrent et se trouve ainsi au ser-
vice de valeurs sous-jacentes. On peut imaginer pro-
poser aux élèves d'insérer leur propre texte ici ou là.



Le Hollandais sans peine
M
URAIL
Marie-Aude ­ G
AY
Michel ­ École des loi-
sirs ­ coll. Mouche en poche ­ 56 pages ­ 4,9

Difficulté de lecture : niveau 2
Pour que Jean-Charles apprenne l'allemand, ses
parents l'emmènent en vacances en Allemagne, dans
un camping. Jean-Charles se lie effectivement avec
un garçon de son âge. Comme aucun ne parle la
langue de l'autre, ils en inventent une autre, que
Jean-Charles fait passer pour du hollandais auprès
de ses parents.
Ce roman d'humour repose sur un type de structure
très théâtral ; d'ailleurs, il pourrait être adapté par
les enfants sous forme de spectacle. Mais, au-delà de
l'humour, c'est véritablement une initiation à la lin-
guistique, car les jeunes héros inventent d'abord un
lexique, puis une syntaxe. Il est donc facile de faire
reconstituer par les élèves une méthode de hollan-
dais, de la compléter ensuite, voire d'inventer une
autre langue.



Ippon
O
PPEL
Jean-Hugues ­ Syros Jeunesse
­ coll. Souris noire ­ 128 pages ­ 4,9

Difficulté de lecture : niveau 3
Ippon, c'est le point décisif qui donne la victoire.
Pour Sébastien, c'est beaucoup plus que cela. Il est
seul dans la maison et un tueur le traque pendant de
longues minutes. C'est à la technique bien maîtri-
sée du judo qu'il doit de sauver sa vie.
Le roman a les attributs du thriller : plus la victime
est menacée, plus le lecteur retient sa respiration.
L'échéance du crime est sans cesse repoussée par de
multiples rebondissements. Après une première lec-
ture, tout entière dédiée à l'émotion, les jeunes lec-
teurs pourront repérer les mécanismes du suspense,
en faisant un plan des lieux et un itinéraire de l'as-
sassin et de sa victime.



L'Abominable Histoire de la poule
O
STER
,Christian ­ M
ETS
Alan ­ École des loisirs
­ coll. Mouche en poche ­ 6,1

Difficulté de lecture : niveau 2 à 3
Les poules, habituellement, sont plutôt bêtes, celle
d'Oster est particulièrement perverse. Sous le pré-
texte d'une haute question philosophique (qui, de la
poule ou de l'oeuf, est apparu le premier ?), elle attire
un à un les animaux de la ferme et leur crée un pro-
blème aux conséquences fatales. Car cette poule est
de mèche avec le chien et le fermier.
Ce texte court se prêtera à une mise en jeu qui per-
mettra de caractériser les personnages, de réfléchir
sur le ton, tout en agissant sur la forme (réécriture).
L'essentiel de la recherche des élèves se centrera sur
la question de « l'abominable ».
Les élèves pourront lire ou relire Les Musiciens de la
ville de Brême, comparer les choix de vie de ces
animaux de ferme, devenus inutiles d'un certain
point de vue, et en faire une lecture interprétative.



L'OEil du loup
P
ENNAC
Daniel ­ Nathan ­ coll. Pleine lune
­ 89 pages ­ 6,71

Difficulté de lecture : niveau 2
Dans l'enclos d'un zoo, un jeune garçon regarde le
loup borgne aller et venir. Le lendemain, il est encore
là, et les jours suivants également. Le loup est mal à
l'aise, puis il se décide à regarder le garçon en face.
Mais quel oeil regarder? Alors, le garçon ferme un oeil;
et commence un dialogue silencieux qui dure tout au
long du roman. Changeant constamment de focalisa-
tion, le narrateur raconte tour à tour l'odyssée du
loup, sa vie en Alaska, ses batailles, sa capture..., puis
celle du jeune Africain, la guerre, la complicité avec les
animaux, l'exil... Deux drames parallèles, et une
confiance qui va croissant entre les deux personnages.
Le sort similaire des deux héros, l'amitié qui se
construit peu à peu, dans l'échange de regards, doi-
vent être reconstitués patiemment par le lecteur. La
fin constitue l'apogée du double cheminement car
« la vérité, c'est que derrière sa paupière close, l'oeil
du loup est guéri depuis longtemps ». Et soudain,
ayant retrouvé goût à la vie, le loup décide de l'ou-
vrir, « clic », et Afrique en fait autant.



Mon je-me-parle
P
ERNUSCH
Sandrine ­ H
OFFMAN
Ginette ­ Casterman
­ coll. Huit & plus ­ 58 pages ­ 5,5

Difficulté de lecture : niveau 1
Du 3 octobre au 14 mars, Chloé se confie à son « je-
me-parle », son journal ; elle lui raconte au quotidien
ses difficultés avec la vie : la mort de sa tortue, l'ar-
rivée d'un bébé, le divorce de son oncle et de sa
tante, les joies et les soucis de l'école. Le ton est
spontané, le style volontairement proche du parlé.
Deux pistes s'offrent pour une lecture en classe :
­ celle de la forme journal et des problèmes posés en
réception sur la question de la réalité et de la fiction :
Le Monsieur de la rue d'à côté de Martine Laffon
(Album Syros), Moi Fifi, album de Solotareff (École
des loisirs), ou encore, sous la forme roman, Le jour-
nal de Ninon Battendier de Trotereau (École des
loisirs) ;
­ celle des questions essentielles que se pose Chloé,
sur sa vie, ses relations avec les autres, les événe-
ments familiaux et en particulier : suis-je toujours
aimée de mes parents ? Les enfants de l'école élé-
mentaire ont certainement des réponses... et la lit-
térature de jeunesse aussi.



Le Monde d'en haut
P
ETIT
Xavier-Laurent ­ T
RUONG
Marcelino ­
Casterman ­ coll. Dix & plus ­ 144 pages ­ 7,5

Difficulté de lecture : niveau 2
Du 18 octobre 2096 au 15 décembre 2096, se
déroulent des événements inhabituels : quelques
habitants de Suburba, conduits par Lukas avec
l'aide conjoncturelle de sa soeur, vont revenir sur
Terre après près de 70 ans de vie souterraine.
Ce roman de science-fiction peut se lire selon au
moins deux angles : le récit du complot organisé par
les élèves de l'école d'ingénieurs dont fait partie Lukas
et l'opposition monde d'en haut/monde souterrain,
qui pourra donner lieu à commentaires en classe. Ce
faisant, les jeunes lecteurs pourront mettre en relation
les événements d'aujourd'hui et les problèmes ren-
contrés par les personnages (liberté, sécurité, rap-
port à la loi, vie quotidienne, environnement...).



L'Élan bleu
P
INKWATER
Daniel ­ Flammarion-Père Castor
­ coll. Castor poche ­ 128 pages ­ 4

Difficulté de lecture : niveau 1
Ce court roman illustré comporte deux chapitres,
deux nouvelles si l'on veut. Nous sommes dans le
Grand Nord, à la limite de la civilisation, chez
M. Breton, fin cuisinier aux clients peu loquaces.
C'est un élan qui, un jour, va donner de l'impulsion
à l'entreprise : gros mangeur mais gourmet, il va, en
mettant des mots sur ce qu'il goûte, élever la cui-
sine de M. Breton au rang d'art. Serveur dans cette
affaire en plein essor, l'élan domine le roman par ses
qualités humaines, tout en gardant de forts traits
animaux. Si, au début, il pratique le langage à l'in-
térieur de rapports de courtoisie, dans la deuxième
partie, il va chercher à en avoir un usage esthétique :
écrivain, il accouche d'une caricature de roman dont
il est le héros ridicule. L'éditeur new-yorkais ayant
nettement travesti son texte original, l'élan en
dévore tous les exemplaires avant d'exiger qu'on
publie son travail à lui. Il ne boude pas sa gloire
d'auteur consacré jusqu'à la parodie mais l'animal
est sincère, c'est là sa plus grande qualité. Aux hon-
neurs, il préfère l'amitié et retourne dans le Grand
Nord, sans renoncer à se distinguer, par la
recherche, par exemple.
Ce roman sans prétention est énergiquement écrit,
enchaînant rapidement les actions du héros qui
avance dans l'histoire par décisions subites.
L'humour, qui ponctue chaque épisode, est facile-
ment accessible, il retiendra sans peine les jeunes lec-
teurs, avec lesquels on pourra prolonger la réflexion
au-delà de l'apparente candeur du propos : le goût
n'est-il qu'affaire de sincérité ? Et quelle place les
humains font-ils à leurs sentiments, leurs sensations,
dans leurs jugements, leurs orientations ?



La Verluisette
P
IUMINI
Roberto ­ M
ILLERAND
Alain ­ Hachette
Jeunesse ­ coll. Livre de poche ­ 158 pages
­ 4,29


Difficulté de lecture : niveau 3
Ce roman constitue un bon exemple du genre his-
torique. Il se déroule dans l'ancienne Turquie.
Madurer, le jeune fils d'un seigneur, est très malade
et doit vivre en reclus. Le seigneur fait appel à un
peintre, pour faire découvrir à Madurer les beautés
du monde et de l'art. Madurer et le peintre devien-
nent amis et dialoguent intensément sur l'art, le réel,
le vrai, le beau...
Ce roman est une ouverture directe vers des activi-
tés transversales concernant les arts plastiques. Il
permet notamment de poser la question du rapport
entre l'art et le monde. Et il offre également l'occa-
sion de comparer, avec les élèves, le processus de
création, en littérature et en peinture. En tant que
roman historique, il donne aussi l'occasion de
recherches documentaires sur cet espace-temps par-
ticulier.



Les Derniers Géants
P
LACE
François ­ Casterman ­ 78 pages ­ 15

Difficulté de lecture : niveau 3
Un vieux matelot vend au narrateur « une énorme
dent couverte de gravures étranges ». Le matelot
prétend qu'il s'agit d'une dent de géant. Le narrateur
étudie les gravures, fait des recherches, puis entre-
prend une expédition solitaire, au cours de laquelle
il découvre la civilisation des derniers géants.
Ce livre constitue un carnet de voyage, à l'imitation
de ceux que rédigeaient les explorateurs, dans les
siècles passés. L'une des sources d'inspiration du
genre « aventures ». Par ailleurs, cette histoire est en
lien avec toutes celles qui mettent en scène des
géants (Gulliver, par exemple). Cela offre également
l'occasion de faire découvrir aux élèves comment un
écrivain construit un univers fictionnel. On peut leur
faire, par exemple, rédiger un guide « touristique »
du pays des géants.



J'étais un rat !
P
ULLMAN
Philip ­ B
AILEZ
Peter ­ Gallimard
Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 166 pages ­ 4,6

Difficulté de lecture : niveau 2
L'enfant qui frappe à la porte des vieux, Bob et
Jeanne, déclare illico : « J'étais un rat ! », et le répète.
Est-il fou ? S'agit-il d'un monstre ? Dit-il la vérité ?
En tout cas, il a l'air d'un enfant charmant, alors
après avoir tenté de retrouver son origine -- police,
orphelinat, hôpital --, Bob et Jeanne l'accueillent.
C'est tout de même un enfant bizarre et tout laisse
entendre qu'il a effectivement été un rat par le passé.
Ses manières n'ont pas été transformées, contraire-
ment à son apparence, et il se conduit souvent
comme un animal. Cependant, son éducation à
peine entamée, l'enfant est enlevé par un forain qui
le produit sur les foires, puis incorporé à une bande
de voleurs, et il finit par se réfugier dans les égouts.
Alors, naît la rumeur d'un monstre, « mi-rat mi-
humain », chef d'une immense bande de rats.
L'enfant, baptisé Roger par Bob et Jeanne, est cap-
turé, et un grand procès est organisé. Il s'agit de
décider s'il s'agit d'un animal dangereux, auquel cas
il sera exécuté, ou d'un être humain.
Le lecteur averti, en apprenant que Roger, au début,
est habillé en page, et prétend avoir été rat, pense
naturellement à Cendrillon. Ce conte est effective-
ment la solution cachée du roman, qu'on fera
découvrir aux enfants. Ce n'est jamais dit explicite-
ment, mais il y a effectivement une princesse qui
vient d'épouser le prince : seulement, Roger sait
qu'avant, elle n'était pas princesse mais roturière,
qu'elle a aussi été transformée.
Habituellement, dans les livres pour enfants, ce sont
les animaux qui sont anthropomorphes. Ici, c'est
l'inverse. Il sera aisé de faire comparer J'étais un rat,
à nombre de livres pour la jeunesse dont les per-
sonnages ont une double nature, humaine et ani-
male. On pourra aussi évoquer des livres concernant
des enfants élevés par des animaux, comme Le livre
de la jungle de Kipling, puisque cette hypothèse est
émise dans le roman.
Le récit est ponctué de « Unes », celles du journal
local, « Le père Fouettard », qui a manifestement
un grand pouvoir de conviction vis-à-vis de l'opi-
nion publique, mais change lui-même d'opinion en
fonction de ses intérêts économiques. C'est un bon
exemple de la satire permanente des institutions pré-
sente dans ce roman, qui n'épargne ni la justice, ni
les « savants », ni l'école..., ce qui peut donner lieu
à maints débats.



Robert
R
ADSTRÖM
Niklas ­ H
EITZ
Bruno ­ Casterman
­ coll. Huit & plus ­ 120 pages ­ 6,5

Difficulté de lecture : niveau 3
Une nuit, un petit garçon est privé de la vue. Cela va
lui permettre de découvrir une autre vision du monde
et de rencontrer l'homme invisible. Lorsque son infir-
mité disparaîtra, rien ne sera plus comme avant.
Si cette histoire fait appel à l'imaginaire, des sujets
très sérieux y sont magnifiquement traités : le han-
dicap, la différence, le statut de la personne handi-
capée, la solidarité, l'amitié. Ce roman intense peut
susciter tout un échange de réflexion sur les relations
humaines et le bonheur de vivre.
Facile d'accès pour des élèves de cycle 3, il nécessi-
tera toutefois un accompagnement par l'adulte pour
en faire émerger tout le sens.



Oscar, à la vie, à la mort
R
EUTER
Bjarne ­ M
ORNET
Pierre ­ Hachette
Jeunesse ­ coll. Livre de poche ­ 128 pages
­ 4,29


Difficulté de lecture : niveau 2
Sous le signe de Galilée, cette histoire met en scène
la rencontre d'un petit garçon, Max, et d'un lion,
Oscar, qui commence et se termine à la limite du ciel
et de la Terre. Elle entraîne le lecteur entre mer-
veilleux et fantastique, offre des scènes humoris-
tiques ou inquiétantes selon le point de vue adopté.
La tension du récit se réfère, d'une part, à la
construction par le lecteur de la réalité psychologique
de Max à partir des comportements de son ami et de
sa famille et, d'autre part, à la place de plus en
grande que prend Oscar dans la vie de Max et dans
le récit.
On peut aussi voir dans ce texte deux énigmes : celle
du titre, « à la vie à la mort », celle posée par la
mise en relation de l'incipit, le rabat de couverture
illustré et les dernières lignes du texte, qui font tous
trois référence au ciel étoilé.



Scoop
R
ODARI
Gianni ­ P
EF
­ Rue du monde ­ coll. La
maison aux histoires ­ 40 pages ­ 10,5

Difficulté de lecture : niveau 2 à 3
Un jeune journaliste décide de n'annoncer que des
catastrophes qui ont failli arriver mais ne se sont pas
produites, afin que les lecteurs se réjouissent enfin
d'avoir échappé à tous ces malheurs.
La lecture de l'album suppose une certaine connais-
sance de l'écriture journalistique et du fonctionne-
ment de la presse. On peut proposer la
transformation de véritables scoops en utilisant la
contrainte des négations systématiques, ce qui permet
de saisir le ressort du comique. Les illustrations de Pef
sont en constant décalage avec le texte, soit qu'il
décrive les conséquences loufoques de ces non-catas-
trophes, soit qu'il évoque en noir et blanc le tête-à-
tête orageux du directeur du journal et de son
journaliste, soit encore qu'il invente d'autres histoires
parallèles. Le livre est une invitation à l'écriture de ces
histoires ou à la rédaction de vrais-faux journaux.



Les Affaires de monsieur le Chat
R
ODARI
Gianni ­ Joie de lire ­ coll. Récits
­ 64 pages ­ 7,5

Difficulté de lecture : niveau 2
Monsieur le Chat veut devenir riche et choisit de
vendre des rats en boîtes, mais encore faut-il pouvoir
attraper des rats ! C'est à travers le couple de per-
sonnages chat/rat que se jouent et se déjouent les
attentes du lecteur dans le contexte parodié du mar-
ché et du commerce : références à la publicité, à la
société de consommation dans son ensemble. Les
lecteurs pourront relever les soi-disant ruses utilisées
par le chat, en inventer de plus efficaces et s'inter-
roger sur le choix effectué par l'auteur.
Ce récit peut être rapproché Du commerce de la
souris, Alain Serres (Gallimard) et les lecteurs pour-
ront y comparer les destins des personnages (rat,
souris, chat...).


À la vie, à la...

ROGER Marie-Sabine ­ ROCA François ­ Nathan ­ coll. Comète-C'est ma vie ­ 128 pages ­ 5,45
Difficulté de lecture : niveau 2

À la vie, à la... Le mot, jamais prononcé, n'est pas esquivé. La mort annoncée est celle d'un enfant, le narrateur, probablement atteint d'un cancer. La vie se défait et la langue, comme le corps, entre en naufrage : mots caresses, mots colères, mots délires, tous enchevêtrés les uns dans les autres, pour dire en même temps l'appel et la résistance, l'espoir et l'abandon. Les médecins sont des techniciens négligents de la vie intérieure tant qu'elle n'est pas saisissable par des cachets, des piqûres, des examens... La mère, aimante, est digne et le voisin, monsieur Lescale, va escorter l'enfant jusqu'aux portes de ce dernier voyage, dans cette Odyssée intérieure.
Entre rêves, contes et divagations, le monde réel plonge et refait surface, remontant dans ses filets les mots évocateurs d'une fin lucidement traitée : mer Mouilleuse, pays Loindicie, vaisseau Mélopée... Les médecins, derrière le voile du sommeil ou de l'inconscience, parlent un langage de plus en plus mécanique, onomatopéique, borborygmique. Les voix tendres et non compatissantes de la mère et du voisin disent et masquent, et l'enfant, entre deux mondes, occupe fermement un langage à lui, comme ultime territoire de protection. Du sens contre l'absurde. Le réel se déréalise, l'inconnu prend forme, sous l'esquisse d'une langue surréaliste. Le vieil homme, sous les traits de Melchior, aide l'enfant innocent à faire le deuil de la vie. Celle-ci ne se rendra que dans un festival d'assauts et de combats, de pillages et d'orgies. Peut-on quitter la vie autrement qu'en pirate et qu'en épicurien ? C'est un roman rare, dont l'écriture sert jusqu'au bout le projet d'évoquer notre insoutenable et précieuse condition. Tous humains, à la vie, à la mort.


Le Buveur d'encre

SANVOISIN Éric ­ MATJE Martin ­ Nathan ­ coll. Demi-lune ­ 48 pages ­ 5,79
Difficulté de lecture : niveau 1

Son père est libraire, et ce petit garçon n'aime pas les livres. Dans la librairie, il s'est aménagé une cachette d'où il observe, espionne et note tout. Un jour, apparaît un drôle de client, le buveur d'encre. Est-ce un vampire ou tout simplement un amateur d'aventures ? Serait-ce un cauchemar ? Cette rencontre transforme la vie du jeune garçon dans la librairie. L'entrée dans le genre fantastique peut s'appuyer sur le personnage du vampire, sur l'incertitude du lecteur quant à la réalité des événements vécus par le narrateur, personnage principal.
Une lecture symbolique du roman interrogera le rapport qu'entretient chacun à la lecture et aux livres... On pourra lire en écho L'Ogre nouveau est arrivé ( GOUICHOUX René ­ ill. MARTIN Jean-François ­ Nathan).


Le Coupeur de mots

SCHÄDLICH Hans Joachim ­ HARISPÉ Erika ­ Flammarion-Père Castor ­ coll. Castor poche  ­ 84 pages ­ 4
Difficulté de lecture : niveau 1

Paul rencontre à la sortie de l'école un drôle de personnage, Filolog, qui lui propose d'échanger prépositions, articles, présent de l'indicatif... contre une semaine de devoirs tout faits. Le langage de Paul se transforme jusqu'à ce que la communication devienne impossible.
On pourra travailler le rapport des personnages à la langue et au langage, et s'interroger sur son propre rapport à la langue, sur la valeur de l'échange verbal, l'utilité des savoirs sur la langue...


Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler

SEPULVEDA Luis ­ HYMAN Miles ­ Seuil Jeunesse ­ 135 pages ­ 12,96
Difficulté de lecture : niveau 3

Une mouette moribonde, victime de la marée noire, vient pondre son dernier oeuf sur le balcon où règne Zorba, le grand chat noir. Avant de mourir, elle lui fait promettre de couver cet oeuf, de protéger le poussin... et de lui apprendre à voler. Fidèle à sa parole, aidé des chats du port de Hambourg et d'un poète, il mènera à bien sa difficile mission, après bien des aventures.
Zorba, le personnage principal, ainsi que les animaux personnages secondaires, offrent la palette des comportements humains tout en conservant leur point de vue de chat, y compris dans la façon d'appréhender le langage... La communauté féline
défend les valeurs d'amitié, de solidarité et de respect de la parole donnée.
Le motif de la rencontre fondatrice leur est commun avec d'autres ouvrages de la liste, tels que Trèfle d'or (CHABAS J.-F., Casterman), ou La Rencontre : l'histoire véridique de Ben MacDonald (ECKERT A.W.,Hachette).
La mise à distance des humains, point de vue développé dans ce texte, se retrouve dans Cabot-Caboche (PENNAC Daniel). La vraie société est animalière, avec des territoires, une éthique, une culture, y compris livresque, grâce au chat Jesaitout qui ne jure que par l'encyclopédie, et des lois. Parler aux humains, par exemple, est interdit. Pourtant, il faudra transgresser cette loi, faire appel à un poète, pour que la jeune mouette apprenne à voler. Symboliquement, c'est un roman sur le droit à la différence : « nous avons appris à apprécier, à respecter et à aimer un être différent », dit Zorba.


Du Commerce de la souris

SERRES Alain ­ LAPOINTE Claude ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio cadet ­ 55 pages ­ 5
Difficulté de lecture : niveau 1

La boutique de fromage du vieux Monsieur Lebrouteux est désertée par les clients. En revanche, les souris y prospèrent avec une telle vitalité que Lebrouteux décide de se reconvertir dans les produits dérivés de la souris. Il consigne alors dans un cahier toutes ses idées : souris verte, pâté de souris, moustache en poil de souris... Mais l'une des souris a appris à lire et la compagnie des dévoreuses de livre n'a pas dit son dernier mot...
Ce roman simple se prête bien à des mises en voix, par l'alternance du journal de Lebrouteux, du récit et des dialogues. Les élèves seront sensibles aux jeux sur le langage et aux métaphores. Ils apprécieront l'humour de l'auteur en ce qui concerne la lecture : les petits rongeurs, dévoreurs de livres par nature et grands lecteurs par culture, feront le succès de la boutique en s'investissant dans les arts du spectacle !


Tirez pas sur le scarabée

SHIPTON Paul ­ BOUILLÉ Pierre ­ Hachette Jeunesse ­ coll. Livre de poche ­ 188 pages ­ 4,29
Difficulté de lecture : niveau 3

Ce roman policier joue avec humour sur les stéréotypes du genre. Le héros, Bug Muldoon, est le détective privé, qui enquête sur une disparition.
Seulement, Muldoon est un scarabée, le disparu est un insecte, les opposants sont des fourmis, des guêpes, une araignée, et tout se déroule dans l'espace d'un jardin.
Ce livre permet d'initier les élèves à la structure canonique du genre policier : le roman d'enquête menée par un privé. Si les grands romans américains illustrant ce genre leur sont encore inaccessibles, ils les connaissent au travers des nombreuses adaptations filmiques.
Ce roman pourra aussi être rapproché des albums d'Yvan Pommaux qui mettent en scène le détective privé John Chatterton -- un chat -- et qui, pareillement, jouent avec les stéréotypes du genre, en même temps qu'avec les contes les plus connus.


La Cabane de l'oncle Jo

SMADJA Brigitte ­ ROTH Susan L. ­ École des loisirs ­ coll. Neuf en poche ­ 126 pages ­ 6,7
Difficulté de lecture : niveau 2

Lili est en vacances à Saint-Denis, dans une cité, chez sa tante, son oncle Jo, et ses sept cousins. L'oncle Jo passe ses journées prostré dans un fauteuil, à contempler le terrain vague. Mais soudain tout change : l'oncle Jo a décidé de transformer le terrain vague en jardin. Tout le monde s'y met, Lili, ses cousins, puis tout le voisinage.
Ce roman commence par un dialogue. Le lecteur se pose donc quantité de questions : de quoi, de qui, parle-t-on ? Pourquoi Lili doit-elle partir ? Etc. Faire dresser la liste de toutes ces questions aux enfants permet de constituer leur horizon d'attente, et de motiver leur lecture.
Ce roman peut aussi être rapproché d'autres livres qui, pareillement, mettent en scène une tâche collective initiatique, qui permet à des jeunes héros de découvrir la réalité, la solidarité et de multiples petits bonheurs.


L'Île aux lapins

STEINER Jörg ­ MÜLLER Jörg ­ Mijade ­ 22 pages ­ 5,2
Difficulté de lecture : niveau 1

Quand un jeune lapin, Petit Brun, arrive dans un élevage industriel et rencontre un ancien, Gros Gris, ce sont deux expériences de vie et de la vie qui sont en jeu ; la liberté retrouvée n'est pas supportée ni ressentie de la même manière par les deux lapins, qui ne feront pas les mêmes choix malgré leur amitié. Par son texte court, servi par des images naturalistes proches du documentaire, cet album est propice à un débat interprétatif dans la mesure où l'issue de l'histoire est contraire à l'attente du jeune lecteur : Gros Gris devrait sauver sa peau... Les arguments pourront être puisés dans le système de valeurs sous-jacent, dans le système des personnages (paroles, dits et non-dits, psychologie...).


Lettres de l'écureuil à la fourmi

TELLEGEN Toon ­ SCHEFFER Axel ­ Albin Michel Jeunesse ­ 93 pages ­ 13,57
Difficulté de lecture : niveau 2

Une série de courts textes met chaque fois en scène, avec humour, un échange de courriers entre des animaux. Jetées au vent, ces lettres arrivent toujours à leur destinataire. L'éléphant invite l'escargot à danser, le ver luisant, qui ne parvient pas à écrire et à s'éclairer en même temps, a quelques difficultés à donner rendez-vous au papillon de nuit, et l'ours gourmand envoie une lettre circulaire à tous les animaux pour les inciter à fêter leur anniversaire par avance, et à l'inviter.
En fait, c'est tout un univers de fantaisie qui se met en place, à la Boris Vian : si on écrit une lettre à une lettre, elle éclate ; la taupe s'écrit à elle-même parce qu'elle ne reçoit jamais de lettre, et est émue quand elle retrouve, par hasard, un de ses courriers qu'elle a caché.
Non seulement ce livre permet une initiation à la forme épistolaire, mais il incite également à reconstituer cet univers de fantaisie, avec ses personnages récurrents, ses lois, ses lieux.


Un Printemps vert panique

THIÈS Paul ­ CERISIER Emmanuel ­ Rageot ­ coll. Cascade junior ­ 91 pages ­ 6,71
Difficulté de lecture : niveau 1

Une histoire policière ayant pour cadre un hôtel à Paris et pour acteurs Martin, groom de l'hôtel des Quatre-Saisons, Mehdi, son ami, employé dans une librairie, et une mystérieuse comtesse habitant la suite numéro un. Martin a été victime d'une agression à deux reprises. Il est sauvé par son cousin Roger. Entre-temps, il devient patron de l'hôtel, la vieille femme l'ayant fait son héritier. Qui donc a intérêt à le faire disparaître ? Le père de Louise Louve, le commissaire Langoisse et Marie-Décembre, son amie canadienne, sauront sortir Martin de ce mauvais pas.
L'intérêt du récit tient au réalisme psychologique du système des personnages, aux comportements des personnages, aux relations qu'ils entretiennent, aux évolutions par lesquelles le coupable se construit dans la tête du lecteur. C'est en même temps une histoire d'amour et un changement de vie, « une re-naissance », que le lecteur pourra repérer dans le symbolisme des saisons (Marie-décembre, le printemps, le vert...). Trois autres tires complètent cette série Un Été bleu cauchemar, Un Automne rouge sang et Un Hiver blanc frisson.


Je suis amoureux d'un tigre

THIÈS Paul ­ Syros Jeunesse ­ coll. Mini souris sentiments ­ 32 pages ­ 2,9
Difficulté de lecture : niveau 1

Un lieu mythique, le quartier tout proche de l'Hôtel du Nord. Benjamin, enfant vietnamien adopté, rencontre Sonoko, petite fille japonaise. Ils se racontent des histoires : elle est un tigre et se promène sur le toit des gares de Paris, la nuit. Il est un lion qui a bu toute la Seine. Elle lui offre un darouma, démon protecteur ; il lui offre sa collection de sucres avec du papier autour. Ils s'embrassent et vont chasser la gazelle dans Paris.
Un portrait poétique en trois dimensions : la culture asiatique et Paris, les enfants asiatiques adoptés et la tendresse, la vie quotidienne et les histoires imaginaires.


Léon

TILLAGE Léon Walter ­ École des loisirs ­ coll. Neuf ­ 98 pages ­ 6,7
Difficulté de lecture : niveau 3

L'histoire de Léon est un récit de vie, rédigé par une écrivaine-illustratrice à partir d'enregistrements de Léon Walter Tillage qui raconte son enfance.
L'enfance d'un Noir-Américain du sud des États-Unis, né en 1936, à une époque où les lois racistes et restrictives des droits des Noirs sévissent encore. On y suit le lot quotidien des victimes de la ségrégation, dont la vie est empoisonnée par les hommes du Klan. On y est témoin des marches pacifiques organisées par les militants pour la liberté, à la suite de Martin Luther King. On y assiste à la construction des droits de la communauté noire américaine.
Le récit est partagé en dix courts chapitres, correspondant aux thématiques abordées. On peut en distribuer la lecture aux enfants pour une lecture plus facile et plus approfondie. Par la suite, les enfants peuvent, pareillement, enregistrer le récit de vie de personnes de leur entourage qui ont vécu des situations difficiles. Leur écriture constituera autant de témoignages en faveur des progrès des droits de l'Homme.


La Couleuvrine

T
OURNIER Michel ­ LAPOINTE Claude ­ Gallimard Jeunesse ­ coll. Folio junior ­ 86 pages ­ 4,3
Difficulté de lecture : niveau 3

Ce roman se déroule au XVème siècle, pendant la Guerre de Cent ans. Une ville des Pays de Loire est assiégée par les Anglais. La situation est figée, mais le hasard s'en mêle. D'abord, comme assiégés et assiégeants s'ennuient, ils pratiquent des jeux de hasard, en particulier les dés, si bien que certains perdent le peu qu'ils ont. Ensuite, le hasard veut que Faber, le héros français, affronte aux échecs le chef des Anglais, Exmoor. Celui-ci gagne à deux reprises puis reconnaît qu'il ne savait pas jouer aux échecs, qu'il s'est contenté de jouer les mêmes pièces que Faber. Enfin, Lucio, le jeune fils de Faber, un enfant « joueur et enjoué, rieur, gourmand, doué pour le bonheur », ne peut s'empêcher d'allumer la mèche de l'unique couleuvrine -- une arme nouvelle -- disposée sur les remparts. Par hasard, la balle traverse la tente d'Exmoor, pourtant disposée hors de portée des armes à feu connues, et brise une coupe et un miroir, les enjeux de la partie d'échecs. Dès le lendemain, Exmoor lève le siège.
Cette histoire ironique donnera l'occasion de quelques recherches sur la Guerre de Cent ans, ainsi que sur les jeux, en particulier les échecs.
On étudiera également le rôle du hasard dans ce roman : chaque fois que Faber organise quelque chose, son plan est contré par un élément qu'il n'avait pas prévu -- le hasard -- et, paradoxalement, quand tout semble perdu, c'est le hasard qui résout tout.


Les Doigts rouges

V
ILLARD Marc ­ Syros Jeunesse ­ coll. Mini souris noire ­ 32 pages ­ 2,9
Difficulté de lecture : niveau 2

« Bruno Ségura a disparu ! ». Or Georges, le grand frère de Ricky, s'est battu avec Bruno, la veille, parce qu'il embêtait Sophie, leur soeur. Ricky en vient à soupçonner son frère d'avoir tué Bruno. Les indices s'accumulent, l'angoisse monte.
Ce qui caractérise ce court roman du genre policier, c'est que chaque événement peut recevoir deux interprétations. Si Georges a les mains rouges -- Ricky soupçonne qu'il s'agit de sang -- c'est en fait parce qu'il a repeint le vélo d'occasion acheté pour l'anniversaire de Ricky. Si la grange est pour la première fois fermée à clé -- Ricky soupçonne que le cadavre y est caché --, c'est parce que le cadeau surprise y est dissimulé. Et le grand sac de plastique noir que transportent Sophie et Georges -- scène que surprend Ricky -- contient, naturellement, le vélo. Et ainsi de suite.


Le Loup rouge

WAECHTER Friedrich-Karl ­ École des loisirs ­ 58 pages ­ 19,1
Difficulté de lecture : niveau 1 à 2

Vie et mort d'un chien qui aurait pu être un loup et qui fut l'ami d'une jeune fille russe. Cette dernière écrivit son histoire qui est celle que l'on peut lire aujourd'hui dans cet album.
Le contexte historique (années 1941-1945, période où l'Allemagne attaque l'URSS) dans lequel est situé le récit contraste avec l'accueil fait par les loups au chiot tombé du chariot (référence au mythe de Moïse sauvé des eaux, à Remus et Romulus...). Ce texte offre la possibilité de travailler avec les élèves la réception par le lecteur des traitements métaphoriques de la vie et de la mort, dans l'image comme dans le texte (planche d'images séquentielles en fin d'album).


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