Corriger pour mieux relancer

 

par François Chabot 4 juin 2001

Je trouve important, voire essentiel, de vérifier régulièrement le degré d'atteinte des compétences travaillées par les élèves. Il faut absolument s'assurer de la progression des élèves ou au contraire, s'ils connaissent des difficultés savoir où se situe le problème. Sans constamment inonder les élèves de notes, de cotes ou de commentaires, l'enseignant se doit de garder un portrait le plus juste possible de la progression de chaque élève vis à vis les compétences scolaires afin d'apporter une remédiation rapide en cas de problème. Et le travail individuel en PMEV n'échappe pas à ces principes, principes très personnels il faut bien que je le précise.

Pour ma part, je corrige toujours les exercices effectués par les élèves lors du travail individuel le soir après la classe. Je m'oblige à le faire puisque l'élève prend le temps de bien travailler sur les exercices que je lui prépare. Alors je me dois de faire de même et de m'attarder sur la correction afin de lui donner la meilleure rétroaction et ce, le plus rapidement possible. Je ne corrige pas en présence des élèves parce que j'utilise les moments de liberté que m'accorde le travail individuel pour effectuer une remédiation individuelle avec certains élèves sur des difficultés précises. Je fais venir à mon bureau un élève et pendant 5 minutes (tout au plus) je le fais pratiquer sur une difficulté qu'il éprouve. Je préfère prendre les moments libres du T.I. pour effectuer une rémédiation courte, mais répétitve (plusieurs jours consécutifs), au lieu de les utiliser pour corriger les exercices faits. De plus, j'élimine les interminables files d'attente qui occasionnent régulièrement problèmes de discipline chez les élèves ainsi qu'impatience du côté de l'enseignant.

Après la classe, je prends en moyenne 30 minutes tous les soirs pour corriger les exercices (28 élèves de 6è année primaire de 11-12 ans). Sur une grille, je note par un point bleu une fiche qui a été réussie à 80 %. Si l'élève voit un point bleu, il sait qu'il a compris sa compétence et il n'a pas à corriger les quelques erreurs. Si un élève ne réussit pas la fiche à 80 %, je lui inscris un point rouge. Cela signifie qu'il devra faire ses corrections jusqu'à ce qu'il obtienne la note minimale et ainsi transformer son incompréhension en succès.

En conclusion, peu importe le nombre de fiches effectuées lors du cycle de travail, chaque élève aura compris minimalement 80 % de la compétence travaillée. Depuis trois ans déjà que je pratique la PMEV dans ma classe, jamais un élève n'a effectué moins de 15 fiches sur un cycle de 15 jours. C'est tout dire. Les résultats sont là pour le démontrer. Même l'élève lent, peu motivé ou en difficulté réussira à acquérir minimalement 80 % d'une ou plusieurs compétences lors d'un cycle de travail.

Article publié dans le Bulletin PMEV n°3 (juin 2001)