Un moment capital

Le moment capital de la classe fonctionnant en pédagogie de maîtrise

Le moment de bilan doit permettre aux acteurs concernés de faire le point sur une situation évolutive afin de pouvoir accompagner son évolution. Sa fréquence sera au moins quotidienne, et sa place soigneusement choisie : immédiatement après la phase se travail individuel pour faire le point de la situation, dans la majorité des cas, mais aussi parfois, en tout début de matinée, pour relancer les apprentissages.

Énumérons les propriétés de ce moment important


Une autre spécificité du bilan, qui sous-tend en fait les fonctions que nous évoquons ci-dessus, est de mettre en œuvre les auxiliaires de l'apprentissage que sont notamment, en sus des différentes
formes actives de l'évaluation : les échanges socio-constructifs, la différenciation pédagogique, la méta cognition.

Les échanges socio-constructifs, qui permettent de développer le langage en situation de communication vraie et en fonction des besoins qui surgissent, car le bilan génère en permanence, pour l'enfant qui en a besoin, des "allers-retours de sens", des remises en cause qui vont entraîner les changements de représentations exigés par tout apprentissage.

La différenciation pédagogique, car chacun se présente et s'exprime lors du bilan tel qu'il est, avec son profil propre, qui lui permettra d'être en phase avec tel ou tel camarade, mais conduira aussi chacun à enrichir son profil personnel, à élargir progressivement sa "bande passante".

La méta cognition enfin, qui est la clé de l'amélioration des apprentissages et de la construction du "métier d'élève", car le bilan conduit l'enfant à s'interroger sur la manière dont il fonctionne et, en se positionnant par rapport aux autres, à infléchir parfois son propre fonctionnement dans un sens mieux adapté.

Conduire le moment de bilan de présente pas de difficultés particulières, hors sans doute la première fois. Il faut en effet considérer que :

D'une manière générale, il a souvent été constaté que les maîtres passaient rapidement d'un état d'appréhension à  un réel enthousiasme.

Il est donc important de s'investir à fond dans ce moment, ce qui ne signifie surtout pas qu'il faille à tout prix intervenir. Bien au contraire, un bon bilan est une séquence au cours de laquelle le maître intervient finalement assez peu, et uniquement en des occasions importantes, tout en restant cependant très attentif à "ce qui se passe dans les apprentissages".

Un truc peut-être : "je n'existe plus !" disait un maître à sa classe en début de bilan, après avoir, il est vrai, soigneusement mis en place celui-ci. Les élèves retenus pour "plancher" ce jour là avait préparé au tableau le support de leur intervention en recopiant, tout simplement, les éléments importants de la fiche sur laquelle ils avaient travaillé. Et cela, dans une école pourtant démunie, classée en ZEP, fonctionnait à merveille.