Le bilan : un échange de connaissances
CLASSE DE 6È ANNÉE, 11-12 ANS, QUÉBEC, CANADA

4 juin 2001 par François Chabot

Le bilan représente toujours un moment important pour les élèves de ma classe car c'est lors de ces quelques instants essentiels qu'ils s'échangent, entre eux, leurs connaissances, leurs compétences, leurs savoirs. C'est le moment clé de la PMEV. Les élèves savent que s'ils connaissent une difficulté quelconque, il y aura toujours un copain ou une copine de la classe qui leur viendra en aide lors du bilan. L'entraide au profit des habiletés, des connaissances et des compétences.

Dans ma classe, la période de travail individuel dure normalement 90 minutes (60 minutes pour le travail sur les fiches et 30 minutes pour les bilans). À toutes les 10 ou 15 minutes, je suspends la période de travail individuel sur fiches (T.I.) et je demande aux élèves s'il existe une fiche, un exercice ou un problème qui leur a causé des ennuis. Les élèves demandent de l'aide en présentant cette notion problématique au reste de la classe. Puis un ami de la classe éclaircit la situation en démontrant comment il s'y prend pour résoudre cette difficulté. Il montre son truc. Il explique sa compréhension . En bref, un élève vient en aide à son copain qui peine sur une tâche, et les autres élèves sont à l'écoute.

Entre eux, les élèves s'entraident. Quelqu'un ne comprend pas un problème ? Ce n'est pas grave ! Il garde en mémoire son interrogation et attend le moment du bilan afin de satisfaire son besoin de faire du sens. Les autres élèves tentent alors de l'aider en présentant un exemple, en effectuant une démonstration. C'est le moment de l'échange des savoirs.

Mon rôle ? Il consiste en l'animation de la période du bilan. Je demeure en retrait et je donne la parole à tour de rôle à ceux qui ont des questions à poser ainsi qu'aux élèves qui désirent aider. Même si cela peut paraître paradoxale, je demande à l'élève qui connaît des ennuis de "clarifier" son incompréhension. Il est très rare que j'aie à intervenir et à faire une présentation, à donner un éclaircissement. Lorsqu'un élève présente une explication erronée, habituellement un autre élève s'aperçoit de l'erreur et apporte impulsivement la correction.

Après que quelques élèves aient demandé de l'aide (en moyenne de trois à quatre questions par petit bilan), ils se remettent au travail et 10 ou 15 minutes plus tard, j'interviens à nouveau avec l'introduction d'un bilan. Je demande encore une fois si quelqu'un a connu une difficulté, si quelqu'un a besoin de poser une question aux amis de la classe. Comme précédemment, cette personne explique son incompréhension et un ami volontaire se rend alors au tableau afin de démontrer son raisonnement. Si jamais j'attends trop longtemps avant de débuter le bilan, il y aura toujours un élève qui me le rappellera parce qu'il ressent un urgent besoin de savoir. Habituellement, la période de T.I. est entrecoupée de deux à trois bilans ( d'une durée d'une dizaine de minutes chacun ).

Des questions sur les habiletés, connaissances ou compétences plus complexes du T.I. reviennent régulièrement lors des bilans, ce qui fait sa force puisque l'enseignant n'a plus à répéter constamment les mêmes explications. Cette responsabilité revient aux élèves. Ils sont les responsables de leur réussite ou de leur non-réussite, de leur compréhension ou de leur incompréhension.

Pourquoi les moments de bilan sont-ils si fréquents ? Pourquoi ne pas faire un grand bilan au début ou à la fin de chaque période de travail individuel ?

Ces bilans courts et répétitifs sont venus à la demande des élèves eux-mêmes. L'an dernier, les bilans s'effectuaient à la fin de la période de travail individuel. À un moment donné, un élève en difficulté m'a demandé s'il était possible de faire au moins deux bilans lors de la même période de travail individuel afin de l'aider à s'avancer plus rapidement dans son travail parce qu'il trébuchait régulièrement sur des notions. Il avait besoin d'une remédiation plus régulière, plus rapide. J'ai accepté sa suggestion et nous avons tenté l'expérience. Ce fut un succès puisque tous les élèves de la classe ont apprécié cette nouvelle façon de procéder face au bilan parce que cela leur permettait de régler plus rapidement leurs difficultés. Il n'y avait que peu d'attente entre l'incompréhension et la compréhension d'une notion. L'élève faisait sens plus rapidement.

De plus, cette façon de faire empêche l'élève de développer des connaissances erronées sur une trop longue période.

Finalement, lorsque le cycle de travail individuel est terminé ( dans ma classe d'une durée de 15 jours ), chaque élève prépare une présentation à ses confrères et consoeurs sur une notion qu'il a travaillée et comprise lors du cycle de travail. Cette présentation sert de révision. Après chaque présentation, nous inscrivons dans un cahier de consignations tous les trucs et astuces que nous avons découverts.

Le bilan : des moments d'une richesse pédagogique exceptionnelle, grâce aux difficultés des élèves.

François Chabot

P.S. article publié dans le Bulletin n°2 (juin 2001)


> Le bilan : un échange de connaissances  (extrait du forum)