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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 -Décembre

De: Michel Monot <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: Re: [PMEV] Organisation
Date : mardi 12 décembre 2000 00:30

Eric Vermeulen a écrit, répondant à des remarques de Alain Mercelot :

----- Original Message -----
From: "Eric Vermeulen" <eric-ver@wanadoo.fr>
To: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Sent: Tuesday, December 12, 2000 7:12 AM
Subject: Re: [PMEV] Organisation

> "...Je me trouve, d'autre part, confronté à des cas d'élèves qui, au cours
> des
> trois semaines, n'ont pas travaillé toutes les compétences, ce qui est
> ennuyeux...."
>
> Par contre ici j'ai franchement le même problème que toi et je me trouve
> assez démuni. Cela faisait un moment que je pensais en parler sur la liste,
> donc je saute sur l'occasion.

Le redire à tous : n'attendez pas, n'hésitez jamais. Les échanges d'informations sont
profitables à tous, même à ceux qui se contentent de lire. Une quarantaine de nouveaux
inscrits depuis l'année dernière, qui tous ne se manifestent pas, mais cela ne regarde
qu'eux et peut se comprendre.

> J'ai réduit le nombre de fiches. Comme j'ai e souci constant qu'ils ne
> ratent pas quelque chose d'important, j'ai tendance à exagérer
> maths/français au détriment du reste. Je sais que c'est pas bien.

C'est une tendance générale que cette exagération du travail en français et maths. La PMEV
devrait pouvoir l'atténuer mais sur le temps long seulement, quand le maître se sent
rassuré. Quand on commence au CM2, c'est un peu plus difficile, d'autant que l'entrée en
sixième induit - en principe, mais j'y reviendrai - une tension propre.

En
> examinant le tableau de suivi des élèves, je deviens vert de peur : est-ce
> que je les fais assez travailler ? Les évaluations de fin de périodes
> montrent des résultats non alarmants, mais ce qui m'intéresse est de savoir
> ce qu'ils auraient été sans la pmev ?

C'est très difficile à savoir. En principe, on fait le choix de la PMEV non par
"conversion" mais à partir du constat que cela va mieux et que ce résulat n'est pas dû
seulement à l'effet de la nouveauté.
Je n'ai jamais constaté ni entendu parler de baisse de rendement durable, mais cela ne
signifie pas qu'il ne faille pas rester vigilant. En particulier, la décrispation
qu'ammène la PMEV peut entraîner un certain assoupissement des enfants qui travaillaient
habituellement sous l'effet d'une forte tension, en clair sous la pression du maître et
d'un emploi du temps très contraignant. Au CM2, lorsque les habitudes sont déjà bien
ancrées, cela peut être éventuellement plus sensible.

La "tension" induite par la perspective de la sixième ? Elle existe évidemment, mais il
faut relativiser : bien des élèves nuls sont allés en sixième, apparemment du moins, ce
qui n'est pas fait pour mobiliser et aiguillonner les indolents. Et il est vrai en outre
que, le niveau ayant baissé par rapport à l'époque du recrutement sur examen, les profs
ont en partie réduit leurs exigences.

Il y a là un risque qu'il ne faut pas sousestimer. J'évoquais récemment le cas d'une
classe qui pouvait compter avec environ un tiers de félicitations en sixième. Vous avez pu
voir d'après les fiches et l'emploi du temps que le niveau d'exigence était assez élevé,
s'agissant surtout d'un milieu qui est loin d'être "favorisé". Les plus faibles bien sûr
ne font pas tout, mais il s'impliquent quand même fortement et surtout, la dynamique
fondée sur les forts reste vivace. C'est peut être là un point à ne pas perdre de vue ou à
renforcer. Si la PMEV a bien été conçue pour venir en aide aux plus faibles, il ne faut
pas que cette courte échelle autorise à diminuer en même temps la hauteur de l'obstacle,
pour prendre une image.


> Je suis dans l'expectative. D'autres partagent-ils ce sentiment de malaise ?
> (largement compensé en voyant les changements d'attitude des "mauvais"
> élèves face aux tâches scolaires)

Les changements d'attitude des "mauvais" étaient en effet recherchés, mais pas au
détriment des plus forts. Il faudrait même appliquer les mêmes principes aux plus forts,
introduire quelques tâches réellement difficiles qu'ils seront plus nombreux à pouvoir
traiter en PMEV qu'ils ne sauraient le faire en frontal. Plus facile à ennoncer qu'à
mettre en pratique peut être, mais il s'agit seulement de maintenir chez les "forts" la
tension que la décrispation induite par la PMEV tend à dénaturer. En PMEV, si on joue
bien, on devrait pouvoir être plus exigent avec tous les élèves. La perspective
"démocratisation" peut aller de pair avec un certain élitisme, si l'on veut bien ne pas
s'enfermer dans des lectures caricaturales de ces termes.

On travaille sans doute toujours sur le fil du rasoir, entre deux risques : d'un côté
celui de démobiliser certains enfants par des tâches hors de leur portée, de l'autre celui
de démobiliser les autres par des tâches trop accessibles.

Il resterait néanmoins à prendre en compte les effets du travail qui moins mesurables :
ces échanges au moment du bilan qui conduisent à l'utilisation d'un langage plus réflexif
et plus conceptuel et développent en outre l'aptitude à l'analyse des tâches. Mais les
progrès dans ces domaines sont des investissements à plus long terme. Ils seront surtout
perceptibles au delà et ne suffisent pas à corriger l'impression immédiate ou la simple
angoisse d'un rendement insuffisant. Ce qui est sûr aussi, c'est qu'un certain relèvement
du niveau d'exigence ne réduirait pas ces apports spécifiques. A chacun de voir comment
conserver cet équilibre difficile sans chuter et sans se blesser au fil du rasoir.

J'en reviens pour terminer au cas plus spécifique de la classe de Eric. C'est un CM2 donc,
peut être d'un bon niveau, peut être déjà conditionné, et pas forcément en mal. Il se peut
que des détails nous échappent qui obligeraient à relativiser ce que je viens d'avancer.
C'est toute la difficulté de nos échanges, mais peut être aussi une raison de les
multuiplier.

Bien cordialement,

Michel MONOT
magui@offratel.nc

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