logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert  DÉFI INTERNET                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 -Décembre

De: Michel Monot <magui@offratel.nc>
À: <listecolfr@cru.fr>
Cc: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [PMEV] Re: devoirs a la maison...NON C. Colomer
Date : samedi 9 décembre 2000 08:33

Je reviens seulement sur quelques points de ce message de Christine Colomer :

----- Original Message -----
From: "christine.colomer" <christine.colomer@wanadoo.fr>
To: <listecolfr@cru.fr>
Sent: Saturday, December 09, 2000 10:00 AM
Subject: Re: devoirs a la maison...NON C. Colomer




> Quels types de devoirs ?

Soit des devoirs à leur portée d'enfants du voyage, soit des devoirs qui ne sont pas
initialement à leur portée mais qui ont pu être étayés par un fonctionnement particulier
de la classe (ou de toute autre manière) et qui sont ainsi devenus, au bout de quelques
jours, à leur portée.

> > Attention cependant : j'essaye ici de réfléchir, je ne plaide pas pour les
> devoirs du
> > soir, mais pour autre chose.
>
> ???

Précisément : ce que je viens d'évoquer. Une pratique de classe qui permette de gérer au
mieux l'hétérogénéité. Celle-ci repose sur l'habileté et le dévouement du maître, mais
elle peut aussi reposer sur une organisation spécifique de la classe et palier alors dans
une certaine mesure les défaillances de l'habileté ou du dévouement. Les classes
coopératives, la pédagogie Freinet, ont ouvert la voie dans ce sens. La prise en compte de
l'apprentissage "vicariant", suggérée par un ex prof de Sorbonne qui n'est pas considéré
comme un "pédagogique" bien qu'il ait été instit, permet une nouvelle avancée que je
crois importante. Elle peut suggérer un dispositif plus efficace à mon sens que l'étude
dirigée, mais plutôt, et sans jouer sur les mots, une sorte de "direction d'étude"
permanente.


> > Sauf cas particuliers de gens déjà brisés par leur sort,
>
> Oui et non. ça semble si difficile pour certains de vivre ou je vis, en
> banlieue parisienne. Je vois des gens qui ne se posent plus de questions,
> mais tentent de gérer au jour le jour tous les parametres de la vie, parfois
> dans une grande solitude, avec hargne. Ils sont sur une corde tendue par
> toutes les contraintes - Un exemple que les statistiques donne à 1/2 je
> crois : les nombreuses mamans divorcées qui se débattent seules entre la
> pression des enfants, les multiples taches à accomplir seule, le travail,
> les transports, le budget, le coeur emputé...Quand arrive le soir, une
> pression supplémentaire telle que les devoirs est insuportable, comme une
> nouvelle agression du destin.. ( Euh, je précise je ne suis pas -encore ! -
> divorcée) La garderie du soir ne propose pas forcément une aide aux devoirs.
> Ce n'est qu'un exemple, on pourrait les multiplier.

Le qualificatif "brisés" était nettement trop fort, mais l'idée que j'avançais demeure.
Des gens qui assument courageusement leur sort et voudraient bien ne pas avoir à faire le
soir le travail de l'école, j'en ai connus beaucoup moi aussi. On en trouve partout, et
quoi qu'on en dise pour ce que je connais aujourd'hui, la misère au soleil reste la
misère.
Ma position je crois est claire : que l'école fasse le maximum, c'est à dire qu'elle
supprime la nécessité des devoirs du soir, qu'elle fasse en sorte que les enfants n'en
aient vraiment pas besoin, qu'elle puisse rendre la famille à son rôle normal qui n'est
pas celui d'un substitut de l'école.

Mais, même quand on croit avoir réussi à gérer l'hétérogénéité assez efficacement, à
avoir maîtrisé tout ce que les problèmes de différences de rythmes d'apprentissage ont de
factice car ces différences sont parfois le produit de l'école, il reste hélas en l'état
actuel de mon analyse du non compressible.

Pour cette raison, un enfant qui a du retard et qui vient de comprendre peut
éventuellement emmener à la maison, ou à l'étude, le travail qu'il pense pouvoir faire
seul compte tenu de l'étayage "reuchlinien" dont il a bénéficié en classe. Il n'est pas
question de mettre la maman à contribution, mais peut être sera-telle contente de voir que
son gamin n'a pas perdu son temps en classe puisqu'il est devenu capable de faire son
travail seul, même s'il n'a pas eu le temps de le faire en classe complètement. C'est
quand même en classe qu'il a fait le cheminement vers la compréhension, et je ne vous pas
pourquoi on n'autoriserait pas ce léger débordement, qui peut avoir des aspects positifs,
alors que son interdiction revient à brider les efforts de l'enfant en difficulté. Je
n'ai rien dit d'autre je crois.

Ce serait à chaque fois
> donner une illustration de la petite phrase "statistique" qui m'insupporte :
> "L'école reproduit les inégalités sociales. " Si je ne peux pas DONNER moi
> enseignant la même chance à chaque enfant, d'ou qu'il vienne, alors je peux
> retourner à l'hopital faire des radios ( c'est mon premier job...)

Je comprends ta réaction et il n'est pas question d'accepter sans réagir cette affirmation
trop statistique qui ne tient pas compte des exceptions auxquelles nous ne cessons de
travailler pour les rendre plus nombreuses. On considère généralement avec humour que les
exceptions confirment la règle. Il faudrait qu'elles parviennent à l'infirmer, ce qui
n'est pas une affaire d'humour mais - je ne dis pas "au contraire" car il s'agit encore de
mobilité intellectuelle - de recul et de hauteur de vue.

A ma manière, je fais de mon côté des "radios" de l'école ou du moins je m'y interesse et
j'agis en conséquence, car les radios permettent précisément de voir ce qu'on ne voit pas
sans elles, même quand on est toubib, tu est bien placée pour le savoir. Donner la même
chance à chaque enfant ne relève pas seulement de la bonne volonté ou de la volonté. Cela
suppose que l'on puisse être trés éclairé sur chacun des enfants en cause mais aussi sur
le "système" qui distribue ces chances, sur les outils dont nous disposons. Evidemment,
ces outils ne valent qu'entre les mains de ceux qui veulent vraiment DONNER, comme tu le
dis, la même chance à chaque enfant, même si la première distribution n'a pas été des plus
égalitaires.

Je parlais de "radios" de l'école. Il ne s'agit pas seulement de statistiques, qui ne sont
que des chiffres. Il s'agit d'analyses souvent mal connues mais qui sont très éclairantes
(voir sur le site "Analyser") et permettent d'aborder autrement les problèmes dont nous
débattons.

Bien cordialement,

MM

Michel MONOT
magui@offratel.nc

"En pédagogie, il n'y a pas d'idées franchement mauvaises.
Ce qui est franchement mauvais, c'est de ne pas avoir d'idées du tout !" (Polya)

Sur une idée de Maurice Reuchlin, la
"Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant" (PMEV) :
http://www.offratel.nc/magui
Inscription liste PMEV :
http://www.egroups.com/subscribe.cgi/pedagogie-maitrise

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France