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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 -Décembre

De: Michel Monot <magui@offratel.nc>
À: <freinet@cru.fr>
Objet: [PMEV] Re: [FREINET:] RErévolte-devoirs- Tolérance
Date : mardi 5 décembre 2000 22:38


----- Original Message -----
From: "Dominique Tibéri" <d.tiberi@ac-nancy-metz.fr>
To: <freinet@cru.fr>
Sent: Tuesday, December 05, 2000 11:15 PM
Subject: [FREINET:] RErévolte-devoirs-


> Ben zut alors !
> Je ne voulais qu'apporter mon soutien à Michel et me voilà pris en flagrant
> délit de provocation.

Personne ne parle de provocation, sauf peut être à mon propos mais cela est sans
importance : qui expose s'expose.
A l'origine, le débat a été lancé suite à un incident entre collègues dans votre école :
certains collègues avaient posé le problème de la rupture école / collège à ce sujet, le
poids des devoirs au collège étant manifestement bien lourd, et nombre d'élèves
manifestement pas prêts a supporter le choc. Ce n'est pas là un sujet tabou, et on devrait
pouvoir en parler sereinement, tant dans les écoles que sur la / les listes.

> Ah ! Les devoirs à la maison,ça a toujours titillé les freinets.

Et j'en suis, mais il m'est arrivé un jour de penser que cette position n'était pas aussi
solide que je le pensais, ce que j'ai voulu expliquer.

> Voilà, je voulais répondre aux propos de Michel Monot mais en lisant les
> messages, je m'y retrouve fort bien dans les réponse de Michel Barrios et de
> Catherine Chabrun. Alors je ne répèterai qu'un petit message de Martin Wenz
> qui disait que le travail à la maison, c'est surtout vivre en famille, jouer
> dehors, faire du vélo, s'intéresser à la vie... et ramener un peu de cette
> vie du dehors vers la classe.

Très bien, partout ou cela est possible. Mais le problème est que cette image idyllique
n'est pas universelle et ceux qui n'en relèvent pas pèsent de plus en plus lourd, posent
de plus en plus de problèmes. Si nous voulons éviter la "reproduction", ce qui sera
d'ailleurs très difficile, sinon presque illusoire, il faut regarder les choses en face :
l'école populaire conçue par Freinet garde beaucoup de ses vertus mais il nous revient
peut être d'accompagner son évolution éventuelle, d'en parler sans tabous, de ne pas nous
sentir "titillés" par tous ces problèmes qui nous dérangent mais qui sont là.

> Si nos enfants se bouffent des devoirs le soir, alors supprimons les "Quoi
> de neuf ?", enquêtes et autres techniques qui font de nos classes un milieu
> riche.

Pour ma part, je ne crois pas avoir pris sur les devoirs du soir une position aussi
extrème. J'ai réfuté l'argument de l'interdiction libératrice, égalisatrice,
démocratisante, etc.. qui ne me parait plus correspondre à la réalité. Je n'ai pas parlé
de rétablir les devoirs, mais de remettre le problème à plat, en d'autres termes d'évaluer
l'impact de cette interdition : n'a-t-elle pas eu des "effets pervers", en particulier
avec la décision de prolonger la scolarité obligatoire. J'ai seulement parlé de
"dépénaliser" l'interdiction des devoirs, en d'autres termes de laisser le maître juger le
ce qu'il doit faire face à telle ou telle situation particulière. Si fondée ait-elle pu
paraitre en son temps, cette interdiction n'échappe pas à la loi générale des textes
officiels : on ne peut pas demander à un texte d'être intelligent.
J'avais aussi précisé qu'il s'agissait de laisser les enfants libres d'emmener du travail
s'ils en ressentaient le besoin ou l'envie, puisque c'est en ces termes que le problème
nous avait été posé : les enfants ont le droit de gérer leurs apprentissages, y compris en
empiétant sur le temps non scolaire, y compris en faisant "des fiches" plutôt que "du
texte" ou "des enquêtes" si tel est leur choix du moment. Tout cela, j'entends bien, sous
le "contrôle" du maître.

> Ceci dit, je pense effectivement faire la différence entre le travail et les
> devoirs. En tout cas, pas de scolastique à la maison ! Dans ma classe, les
> enfants ne ramènent pas de fiches à la maison (non mais !)Par contre, ils
> ont la possibilité d'écrire un texte...

Pourquoi pas ce choix s'il est le tien, c'est ta liberté, mais pourquoi cette exclusive
?... Il y a des gosses qui n'ont pas plus envie que ça d'écrire un texte, qui
s'interessent aux maths parfois et qui veulent aussi tout simplement se tenir ou se mettre
à niveau de leur classe. Peut être est ce là un effet "pervers" (?) de la PMEV, qui en
voulant les rendre acteurs les rend aussi conscients ? Je ne pense pas : en Freinet "pur",
ce phénomène existait aussi.

> Les apprentissages se font en classe, et non à la maison.

Les boîtes noires ne s'arrêtent pas de fonctionner lorsqu'elles quittent la classe. Il se
passe des choses même en week-end lorsque le plan de travail ne colle pas mécaniquement au
calendrier et, comme toujours, le travail fait se révèle moins fatigant ou moins stressant
que le travail à faire.

Les parents n'ont
> pas à se transformer en instits le soir.

Il n'est pas question de ça.

Ce sont encore ceus qui luttent
> pour les 35 heures qui veulent que leurs enfants en fassent 40...

Peut être. Il faudrait leur en parler. Peut être ont-ils des raisons que nous ne
connaissons pas.

> Quant aux pseudo cercles citoyenno-laïquo- qui font de l'aide aux devoirs à
> la maison, il va falloit qu'il mènent une réflexion approfondie sur les
> fondements de leurs actes.

Sans doute y a -t-il parmi tous ces "cercles" du bon et du moins bon, ou peut être selon
toi seulement du mauvais. Peut être des gens qui font ça pour se donner bonne conscience,
pour se mettre en avant, pour jouer un rôle, pour se "faire un nom". On trouve cela
partout et c'est humain. Mais dans le cas présent, je n'en sais rien. Je les connais assez
mal, seulement par ouï dire.
Leur existence m'interpelle, qui voudrait dire que l'école n'a pas joué son rôle, ou pas
assez bien, et j'en suis bien conscient : sans auto flagellation, cela est vrai, comme
c'était vrai au temps de Freinet puisque le mouvement est d'ailleurs né de ce constat.
J'ai peine à croire que ces cercles se développent s'ils ne correspondent pas à un besoin
ou s'ils n'obtiennent aucun résultat.
J'ai peine à croire que la "Ligue de l'Enseignement" se soit lancée dans cette affaire
sans y avoir réléchi, et je crois savoir qu'elle ne l'a pas fait contre l'école, mais pour
l'épauler dans un contexte devenu difficile, pour apporter aux enfants qui en ont besoin
ce que l'école ne peut suffire à leur apporter.

Bien cordialement,


Michel MONOT
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui
Inscription liste PMEV :
http://www.egroups.com/subscribe.cgi/pedagogie-maitrise

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