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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 -Décembre

De: Michel Monot <magui@offratel.nc>
À: Michel Barrios <michel.barrios@wanadoo.fr>
Cc: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@egroups.com>; Liste Freinet <freinet@cru.fr>
Objet: [PMEV] [FREINET:] RE-révolte
Date : mardi 5 décembre 2000 13:44

Michel Barrios a écrit,:

----- Original Message -----
From: "Michel Barrios" <michel.barrios@wanadoo.fr>
To: <freinet@cru.fr>
Sent: Tuesday, December 05, 2000 3:44 PM
Subject: [FREINET:] Re: [FREINET:] Re: [FREINET:] RE-révolte


> Je trouve tendancieux certains discours sur cette liste, à propos des
> devoirs. Je veux parler de ceux de Michel Monot, que j'apprécie par ailleurs
> pour certaines prises de position et certains travaux.. Mais là, je suis
> gêné par ce qu'il dit, en tant qu'instit se réclamant de la PF, et toujours
> en activité à ce jour. Faut quand même remettre les pendules à l'heure.

J'ai du mal à comprendre pourquoi il serait de mauvais aloi de rapporter des propos de
parents qui effectivement, à tort ou à raison, nous dérangent. Un fait est un fait et ces
propos, tendancieux peut être, avaient effectivement été prononcés. L'instituteur qui les
avait recueillis, coupable seulement d'appliquer les textes mais qui s'attachait avec
beaucoup de dévouement à tout faire en classe et à épauler ses élèves au maximum, avait
quand même cru devoir réviser sa position. Et j'avais bien précisé en quoi cette révision
consistait : il acceptait que les enfants emmènent à la maison le travail qu'ils venaient
de comprendre et se sentaient désormais aptes à aborder, plutôt que d'attendre le
lendemain pour le traiter.

Faut-il préciser que je faisais allusion à une situation particulière, le contexte de la
Calédonie pouvant être parfois passionnel. Mais le problème; mutatis mutandis, n'est pas
radicalement différent de certaines situations métroplolitaines et vaut en tout cas pour
la réflexion pédagogique. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je l'évoque,
puisqu'il avait fait l'objet d'échanges en Décembre 99 et en Mars 2000 notamment sur la
liste école, sans provoquer de procès d'intentions. Si toutefois je puis faire ce constat
sans encourir à nouveau le risque d'être accusé de propos tendancieux.

> Evacuons d'abord le pseudo-problème des enfants d'enseignants soi-disant
> privilégiés à la maison :
> 1 - C'est d'une part ignorer la capacité de cette catégorie sociale à
> discerner les vrais intérêts de leurs enfants ( Je peux témoigner pour ma
> part que mes propres enfants - dont j'étais aussi l'instituteur dans la
> journée - n'ont jamais eu de devoirs à faire le soir, tout comme leurs
> camarades de classe).

Cette catégorie sociale est même mieux placée que beaucoup d'autres pour en juger et elle
connait bien d'autre part les rouages du système. Dans ces conditions, que ses enfants
s'en sortent bien est assez logique, sans qu'il soit question de le lui reprocher. On peut
de même imaginer que les enfants de toubibs sont bien soignés, ce qui ne veut pas dire
gavés de médicaments à l'oeil, et rien n'autorise à mettre en doute pour autant la valeur,
la morale et le devouement profesionnel des géniteurs. Il n'est pas interdit de parler de
cela, fut ce à propos d'un discours qui avait effectivement dérangé : excessif, mal
intentionné peut être, non objectif, subjectivement mal reçu par le destinataire mais
subjectivement compréhensible de la part de l'émetteur et donc recevable, dans un souci
d'apaisement et d'honnêteté.

> 2 - C'est d'autre part oublier que le nombre d'enfants d' enseignants
> est si minime par rapport à la masse totale, que le fait de les mettre à
> part est déjà une prise de position partisane.

Les sociologues ne se gênent pas, à propos des enfants d'enseignants, pour faire état dans
certaines grandes écoles d'une représentativité des enfants d'enseignants supérieure à
leur part réelle dans la massse totale de la population. C'est un constat souvent évoqué,
établi je pense sur des bases sûres. Il n'y a pas à s'en offusquer, ni à en avoir honte,
ni à vouer les sociologues aux gémonies d'autant que nous arriverions bien tard pour le
faire. C'est un fait, on le reçoit comme tel, sans qu'il soit possible d'en tirer des
conclusions de grande portée, mais qui peut évidemment donner à jaser.

> 3 - Par ailleurs, il n'y a pas à ma connaissance d'étude réalisée sur le
> fait que les enseignants aident leurs enfants à la maison, plus que ne le
> ferait la corporation des maçons ou des plombiers. Attention aux préjugés de
> caste..

Les résulttats autorisent seulement à penser qu'ils ne se désinteressent pas du travail de
leurs enfants, de même que les toubibs pour la santé de leurs enfants. On aurait
d'ailleurs pu s'en douter. Ce que la mère d'élève a rapporté pouvait vouloir dire : je ne
peux rien à la maison pour mes enfants, mais vous vous pouvez, et cette interdiction
systématique des devoirs est injuste. Ce dont l'instituteur concerné avait convenu.

> Passons maintenant aux préjugés d'efficacité :
> - Il est admis par la majorité, depuis Jules Ferry, qu'un bon instit est un
> instit qui donne des devoirs. Plus il en donne, plus il est bon instit. J'en
> suis témoin, je l'ai entendu mille fois, pour avoir hanté plusieurs
> villages du sud de la Haute-Garonne. Quoique ces 10 dernières années, un son
> discordant peut se discerner : trop de temps passé, trop de difficultés...
> Mais les "maîtres en devoirs" tiennent encore le haut du pavé.
> Alors, devant les traditionnelles critiques, moi le "maître sans devoir",
> j'ai retourné l'image du bon instit.
> C'était facile d'ailleurs, et j'ai regretté de ne pas y avoir pensé avant .
> Cela donne ceci, qui est devenu mon credo :
> Un bon instit, c'est celui qui arrive à faire le travail dévolu dans le
> temps dévolu, c'est à dire en classe. L'instit qui n'y arrive pas, qui
> déborde, qui donne du travail à la maison , c'est parce qu'il n'a pas pu le
> faire en classe. C'est lui qui est suspect. Suspect de paresse,
> d'inefficacité ou de boulimie de travail, mais suspect.
> L'image s'inverse alors, le feignasse a changé de camp. Et c'est aux
> "tradis" de prouver leur innocence. Parce que personne n'emporte du travail
> à la maison après le bureau, s'ils n'y sont contraints par leur
> patron-exploiteur.

C'est tout à fait vrai, mais tu juges d'une situation dans laquelle le maître n'est pas le
seul acteur en cause. Les élèves le sont aussi, et entre le fils du toubib du coin et
celui de son jardinier, qui peut être ne parlait même pas le français en entrant à
l'école, les différences sont grandes et difficilement compressibles. Autoriser le fils du
jardinier à emmener du travail à la maison, surtout si l'on sait qu'il va pouvoir enfin le
faire seul, revient à oublier que le problème posé n'est pas celui de l'image du maître, à
juste titre soupçonneuse par les temps qui courent, mais celui de l'avenir du fils du
jardinier.

Je n'ai pas parlé d'autre chose. C'est le porblème du fils du jardinier qui m'interesse,
et je ne vois pas que le problème soit tendancieux, surtout pas sur la liste Freinet.

Bien cordialement,

MM

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