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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Septembre

De: "Nicolas Mimoglou" <nicolas.mimoglou@worldonline.fr>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [PMEV] La PMEV : des idées nouvelles pour replâtrer des méthodes anciennes ?
Date : mercredi 20 septembre 2000 12:55


Bonjour,

SVP, ne me « flammez » pas. Sous ce titre à l'apparence provocateur se cache
la volonté d'un instit, qui fait partie de la liste « pedagogie-maitrise »
depuis ses débuts, à faire fonctionner la PMEV dans sa classe et qui ne sait
plus que croire.

Je m'explique.
Etant tombé sur le site de M. Monot, par hasard, il y a 2 ans, j'ai été
intéressé par ce fonctionnement qui s'adaptait parfaitement aux conditions
de ma classe d'alors (un CM1). J'ai donc lancé ce fonctionnement juste avant
Noël et l'ai appliqué pendant 4 mini-périodes avec plus ou moins de succès
(je n'étais pas encore assez organisé).
L'année dernière (encore un CM1), j'ai voulu appliquer la PMEV dès le début
de l'année. Ce fut un échec total, les enfants venant de maîtres à la
pédagogie plus ou moins frontale. J'ai essayé à 3 reprises, tout au long de
l'année et cela n'a pas marché.

Cette année, je viens encore de lancer ma première mini-période, toujours en
CM1.

Par quoi ai-je été intéressé ?
Par les théories des différents sites de Monot, Jacquemettaz, Berger, dont j
'ai dévoré les théories concernant l'autonomie des enfants, l'acquisition d'
habitudes de bon élève (organisation, planification, prise de repères). Par
l'idée, vérifiée en pratique, que le principal facteur de différenciation
est le temps. Par l'exercice de la langue orale.

Pourquoi suis-je déçu ?
J'enseigne en ZEP. Dans ma classe, toujours bien remplie (30 élèves), il y a
une bonne dizaine d'enfants en difficulté (entre 2 et 9 enfants avec 1-2 ans
de retard) ou francophones depuis peu. Que font-ils en classe ? Ils s'
amusent. L'école n'a aucun intérêt pour eux, soit parce que leurs familles
sont décousues, soit à cause du chômage qui n'est pas un mot inconnu par
eux, soit à cause de leurs parents qui ne s'intéressent pas à leur travail
(ayant été eux-mêmes en échec scolaire), soit à cause de leur âge. Pas plus
tard qu'hier, un gamin est venu tout fier (10 min après le début du travail
individuel) me montrer ce qu'il avait fait la veille : il avait passé 3
heures à coller dans son cahier de textes des photos de voitures (son dada).
Comment voulez-vous que, pendant 1-2 heures par jour, cet enfant (aux
intérêts d'ado) se concentre à faire de la grammaire ou conjugaison ou
géométrie ?

De plus, l'idée que tout le monde travaille sur les mêmes fiches m'avait
beaucoup accroché. Seulement, lorsqu'à la fin de la mini-période vous vous
trouvez avec des enfants qui ont fait 2 fiches et d'autres qui en ont fait
25, comment faites-vous pour gérer cette terrible hétérogénéité ? Ceci en
sachant qu'ils en ont fait 2, non pas parce qu'ils ne savaient pas faire,
mais parce qu'ils sont incapables de se mettre au travail (pour différentes
raisons : prérequis manquants, distractions dues à une classe chargée,
étourdissement) et qu'ils se mettent à jouer dès que vous ne vous occupez
plus d'eux. Moi, j'en suis incapable.

Pourquoi ce titre provocateur ?
J'ai téléchargé et étudié différentes fiches, pour avoir une idée du travail
que d'autres collègues, « experts » en PMEV, donnent aux enfants. Souvent,
cela a été du travail de cycle 2, ce qui m'a poussé à penser que la PMEV est
plutôt adaptée à des enfants de cet âge-là. Heureusement, il y en a qui
concernent le cycle 3.
J'en ai été déçu, pour les raisons que j'ai déjà mentionnées. Ces fiches
concernent les activités « techniques » : grammaire, conjugaison,
vocabulaire, orthographe, expression écrite. Un enfant, qui n'a aucun
intérêt à venir à l'école, n'y trouvera aucun intérêt. Quelle place laisse
la PMEV à la pédagogie de projet ? (si, si, j'ai lu le site de M. Monot).

Autrefois, M. Monot avait répondu partiellement à ma question concernant la
découverte en maths ou la production de textes. Il avait dit que l'on
pouvait travailler ces matières de façon traditionnelle (ce qui renforce mon
idée de replâtrage) ou par des fiches (ce que je ne crois pas, vu le niveau
de ma classe).

Et alors, où est le problème ?
Le problème, pour moi, se trouve au temps disponible. Tous les jours, le
travail individuel prend, disons, 1 heure. Ceci est fixe dans l'emploi du
temps. Alors, comment faire pour être proche des intérêts des enfants, avec
tous les bouleversements d'emploi du temps qu'une pédagogie du projet
demande (quand on a un bloc d'une heure par jour qui ne bouge pas, lui) ?

L'écriture libre m'a beaucoup intéressé et je l'ai plus ou moins appliqué.
Il est vrai qu'elle a un très bon effet sur certains élèves (bons ou
faibles). Mais, c'est tout de même, une bonne demi-heure par jour qui s'
envole. En même temps, je n'ai aucune trace ou presque, dans les fiches des
collègues ou leur emploi du temps, de la production de textes
(« production » au sens de l'équipe d'Ecouen).
De plus, ne pourrait-on pas la remplacer par des jeux d'écriture (OULIPO,
etc.) ? Comment la gérer ? Qu'est-ce que les gamins ont à écrire pendant une
année ? Comment l'installer et la faire se développer ?

Je récapitule. Pourquoi avoir utilisé le terme « replâtrage » ?
Parce que je vois que la PMEV est utilisée dans les activités « techniques »
(du français et des maths), pas pour la production de textes ou la
découverte. Evidemment, ce serait beaucoup plus difficile. On dirait qu'il y
a eu une énorme réflexion théorique juste pour mieux faire les activités les
moins intéressantes pour les enfants.
Parce qu'elle monopolise un temps important (et fixe) chaque jour.
Parce que je ne vois pas comment gérer l'hétérogénéité des élèves (entre
ceux qui font 25 fiches et ceux qui n'en font que 2).
Parce que j'enseigne en ZEP et je pense que les enfants qui n'ont rien à
faire de la grammaire ou de l'orthographe pourraient passer ce temps à faire
autre chose, qui les intéresse plus (vous allez me dire que de toute façon
ceux-là ne vont pas faire la grammaire mais préféreront les maths : ce qui
nous ramène à la question de l'hétérogénéité).
Parce que. je voudrais bien être convaincu et que je n'y arrive pas, alors
je demande de l'aide :-)

Alors, c'est avec impatience que j'attends vos réflexions.

Nicolas Mimoglou
CM1 - Villiers-le-Bel (95)

PS : J'ai bien lu _tous_ les messages passés depuis le début sur cette
liste. En gardant à chaque fois les réponses seules (et éliminant les
messages d'origine quand ils étaient entiers), cela fait sur Word près de 9 Mo.

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