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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Septembre

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [PMEV] Par provocation ?
Date : mardi 19 septembre 2000 12:08

Mis sur le site il y a quelques instants. Rien de nouveau pour les anciens. Un peu de provoc pour les nouveaux. Provoc républicaine et citoyenne bien sûr. Ce texte n'est pas fermé. Vos critiques peuvent être prises en compte.

SOS Débutants

Les devoirs du Soir….

Les devoirs du soir sont interdits mais certains maîtres en donnent quand même. Les parents, bien souvent, en demandent. On voit en outre apparaître un peu partout des formules parfois commerciales d'accompagnement scolaire.

Nous sommes enfin censés organiser sur notre horaire officiel des "études dirigées", déjà préconisées dans le passé mais rapidement tombées dans l'oubli …

Mais que préconise la PMEV ?

La PMEV s'en tient au respect des textes officiels mais elle suggère pourtant - démocratie oblige - de reprendre aujourd'hui le problème à zéro.

Cette question le montre, nous nageons depuis longtemps dans les contradictions et nous le savons.

Les devoirs ont été interdits à l'origine au nom de la démocratie, mais les effets pervers de cette interdiction sont devenus évidents : des gosses à qui on a en principe ouvert le collège sont plus démunis que jamais et le "malaise des profs" en est la conséquence logique. Le gâchis est double.

Les parents demandent des devoirs en effet mais, devant les refus par référence au règlement, ils se font parfois agressifs et vont même jusqu'au chantage : vos propres enfants, disent-ils, vous ne les lâchez pas, vous leur donnez des devoirs et vous les aidez….

Ces accusations font mal, d'autant que certains travaux sociologiques paraissent confirmer ce grief parental.

Au plan pédagogique, la position de l'école n'est pas non plus très solide. Nous récusons un enseignement frontal au nom des "différences de rythme d'apprentissage", mais nous sommes absents d'un temps de travail potentiel qui pourrait contribuer à les réduire. Quant à donner des devoirs du soir "comme au bon vieux temps", les mêmes pour tous, ce serait un autre non-sens.

Mais il ne suffit pas de dénoncer une situation qui paraît en effet aberrante. Il faut aussi proposer des solutions... 

La PMEV, grâce à la magie de l'hypothèse Reuchlin, se met sur les rangs car elle le peut.

Première remarque

Conscientes du problème posé, les Instructions préconisent des "heures d'étude dirigée". La pratique de la PMEV est sur ce point un peu en porte-à-faux. A sa manière, la PMEV en fait plus ou même ne fait que ça. Mais stricto sensu, elle en fait moins voire pas du tout. Situation pour le moins étrange : on a pu voir une inspectrice intervenant dans une classe PMEV préconiser de supprimer une heure d'étude dirigée.

Conclusion possible : pour ce qui est des finalités assignées aux études dirigées, la PMEV serait en première ligne.

Seconde remarque

Il est assez fréquent que les enfants réclament des devoirs du soir, mais ils le font en général sous la pression de leurs parents.

En PMEV, cette demande existe aussi, mais elle semble plus spontanée. A la suite d'un bilan, quand l'enfant vient de comprendre un point qui lui échappait et qu'il se sent désormais apte à l'aborder, il demande à emporter chez lui la fiche concernée.

Du même coup, l'argument premier des opposants aux devoirs du soir devient caduc. S'il est vrai que les enfants ne disposent pas tous dans leur entourage des soutiens techniques dont ils auraient besoin pour faire leurs devoirs, ils peuvent avoir bénéficié sur le temps scolaire d'informations précieuses qui leur permettent de pouvoir travailler éventuellement à la maison sans aide spécifique.

Conclusion possible : la PMEV, par "effet Reuchlin", apporte une solution partielle mais non négligeable au problème des différences de milieu socioculturel.

Troisième remarque

La PMEV entre dans les programmes par les compétences transversales et va presque au-delà de ce qui est préconisé par les textes officiels.

Si l'entrée par les compétences transversales pouvait être induite, bien que non explicitée, par les "IO Cycles", c'est le choix de l'hypothèse Reuchlin qui lui facilite cette entrée particulière et lui permet en outre de travailler une autre compétence transversale du "métier d'élève" particulièrement importante : l'aptitude à l'analyse de la tâche, qu'elle développe en distillant au jour le jour les indications qui vont permettre à l'élève d'affiner progressivement son analyse de telle ou telle tâche particulière et, plus généralement, cette aptitude elle-même.

Conclusion possible : en choisissant de mettre en œuvre rationnellement et systématiquement l'effet Reuchlin, la PMEV tend à lever les hypothèques de nature socioculturelle qui affectent, à l'école élémentaire principalement, le développement des apprentissages premiers.

Conclusion générale

L'interdiction des devoirs du soir a été prise pour des raisons relevant à la fois du domaine médical et du domaine politique.

Au plan médical, la fatigue de l'écolier résulte à la fois de la charge brute de travail et de l'étayage dont il peut - ou non - bénéficier. La PMEV apporte, par effet Reuchlin, un étayage tel que la fatigue de l'écolier peut être réduite de manière très significative.

Au plan politique, l'interdiction des devoirs du soir était fondée, au nom de l'égalité républicaine, sur l'existence de fortes disparités socioculturelles. Sans entrer dans le débat sur l'égalité des chances ni dans celui, encore plus complexe, des différences socioculturelles, il apparaît que la PMEV, par effet Reuchlin, est susceptible d'atténuer de façon partielle mais significative l'incidence des pesanteurs socioculturelles, et de limiter par là le bien fondé d'une interdiction officielle reconnue plus néfaste qu'efficace. Secondairement, la PMEV introduit en outre la possibilité de tirer parti des analyses de Jacques Lautrey sur les facteurs socio-économiques du développement cognitif, en transposant sur le plan scolaire le modèle des "structurations familiales souples" favorables selon Lautrey au développement cognitif.

Pour toutes ces raisons, l'interdiction des devoirs du soir, qui fait le jeu de l'impact douteux de la télévision, apparaît de plus en plus aujourd'hui comme une hérésie républicaine.

Mais attention ! Ces réflexions citoyennes n'ont pas valeur d'Instructions Officielles !

19 Septembre 2000

 

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