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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Septembre

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste 01Reseau" <01reseau@egroups.fr>; "Liste C.E.N." <coordeducnouvelle@egroups.fr>; "Liste Freinet" <freinet@cru.fr>; "Marelle enseignants" <enseignants@marelle.org>; "Snuipp" <snu01@snuipp.fr>; "Inspection Ambérieu" <Ce.0010064p@ac-lyon.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: FREINET: Les Evaluations CE2
Date : mercredi 13 septembre 2000 22:05

Philippe Ruelen a écrit :
----- Original Message -----
From: Philippe Ruelen
To: Inspection Ambérieu ; Snuipp ; Marelle enseignants ; Liste Freinet ; Liste C.E.N. ; Liste 01Reseau
Sent: Thursday, September 14, 2000 3:40 AM
Subject: FREINET: Les Evaluations CE2


Copie à des mouvements pédagogiques locaux (01RESEAU, C.E.N.),à des mouvements pédagogiques nationaux (ICEM, CREPSC), à l'un des 2 syndicats de mon département (01) et à mon Inspection deCirconscription.

Quelques enseignants, pensais-je, ... de nombreux enseignants m'avait-on dit ... une majorité voire une grande majorité semble être plus proche de la réalité (suite aux dires de plus en plus nombreux que je collecte à ce sujet) SE SENTENT JUGES à travers les résultats des Evaluations CE2.

Pourquoi ?

Sans vouloir trouver des excuses aux enseignants, je m'indigne contre le système.

En effet, quoiqu'on puisse penser de l'épreuve "Evaluations Nationales CE2", la volonté de la part de certaines Inspections d'Académie et/ou d'Inspections de Circonscriptions de recueillir les résultats de "leurs écoles" rend l'objectif de l'épreuve PERVERS.

Quel peut-être l'objectif de ce recueil de l'inspection si ce n'est une évaluation (une hiérarchisation ?) des écoles (des enseignants ?) ?

Cette hiérachisation existe souvent : la vox populi s'en charge, autant dire la rumeur, et elle mérite toujours qu'on se pose des questions. Qu'y a t il là dessous qui puisse faire monter telle école du doigt et que peut on y faire ? Car il y a parfois des réponses.

Mais laissons la sociologie et revenons à la pédagogie : qu'en est-il des évaluations CE2?

De même qu'un médecin n'aurait que faire d'une hiérarchisation de l'état de santé de ses malades, les IEN, sauf cas d'espèce, traitent les résultats des évaluations CE2 dans une perspective d'analyse comparative certes, mais sans oublier deux choses :
1.. Les résultats sont à rapporter aussi à ce qui s'est passé en amont du CE1, à "l'environnement socio-culturel" et parfois à des circonstances particulières.
2.. Ils sont partie prenante de ces résultats et peuvent les avoir influencés. Ils peuvent en tout cas les influencer, ou du moins accompagner leur évolution.
En dessous d'un certain seuil, les différences qui peuvent être mises en évidence ne sont pas significatives.
Mais il arrive que l'analyse comparative mette en évidence des éléments troublants, "scientifiquement" parlant j'entends, quand par exemple, à population d'élèves comparable et à valeur pédagogique similaire, des différences notables apparaissent.

Ces précautions prises, deux questions se posent :
1.. Qu'est ce qui se passe à tel endroit ?
2.. Qu'est ce que je peux faire ?
Et la réponse n'est pas toujours "évidente".


Que penser donc des enseignants de CE1 qui font passer en fin d'année les Evaluations CE2 des années précédentes ?

Ils sont dans la logique de l'opération, perverse ou non.

Si on peut espérer (mais on peut douter !) qu'ils ne fassent pas partis de l'Echantillon - ce qui fausserait les moyennes nationales (pour ceux qui trouvent cela utile !) -,

Oui bien sûr, mais ce n'est pas si simple et une question mérite d'être posée. Si les items étaient totalement renouvellés, les élèves qui ont "bachoté" feraient ils nécessairement mauvaise figure ?

Je me garderai bien d'en préjuger, et je m'interroge. Les élèves des "boîtes à bachot", soumis à une pédagogie rétrograde, à une anti-pédagogie même, obtiennent au bac des résultats que les profs des lycées dignes de ce nom n'auraient pas osé leur prédire.


le plus regrettable ... que dis-je ... le plus condamnable est que le premier examen n'arrive plus à 18 ans avec le baccalauréat mais dès l'age de 7 à 8 ans !

Alors, on bachote en classe de CE1 et ... à la maison (on photocopie les épreuves des grands frères et soeurs !). Bachotage, bachotage et ... tant pis pour le développement de la pensée !

Et voilà le HIC, le problème qui pourrait expliquer tous nos déboires. Lorsqu'il bachote, l'élève pense t il ou non ? Mémorise-t-il des élements qu'il ressortira un peu au bonheur la chance le jour de l'examen ou bien fait-il quand même un peu plus - mais quoi ? - qui finit par "payer" ?

Je me pose depuis quelques années une question qui va faire hurler ceux qui lisent vite. Les plus farouches adversaires du bachotage se rencontrent en gros dans la mouvance de Freinet, mais est ce tout à fait logique ? Oui et non peut être ?

Qu'est ce qu'un apprentissage "naturel", si ce n'est un apprentissage qui procède de la manière dont on a toujours procédé, c'est à dire par prises d'indices sur ceux qui savent déjà ? Et qu'est-ce que le bachotage, sinon un apprentissage par entraînement soutenu et rapide, mais aussi par prises d'indices sur les "corrigés modèles" immédiatement réinvestis dans une autre phase d'entrainement, etc...


Bientôt - il paraît que ça déjà commençé ! - "on" fera du bachotage sur la compétence "correspondance graphème-phonème" pour réussir les tests de lecture dès la Moyenne ou Grande Section de maternelle, tests axés principalement sur cette compétence puisque cette compétence est facilement ... évaluable !!!

Je partage tout à fait ton analyse mais je me refuse pour autant à traiter ce problème sur le registre manichéen. On a condamné le bachotage à la quasi unanimité. Soit, et j'étais membre du jury. Et pourtant il perdure : dans quelques "boites à bac", mais aussi à la maison avec les ouvrages de l'édition parascolaire. Or, pourquoi cette étonnante vitalité ? La crise, l'angoisse des parents, expliquent en partie cela : mais pas tout.

Les enfants ont besoin d'exemples pour comprendre, il n'est guère de maîtres qui n'en aient fait un jour le constat. Pour comprendre et pour apprendre. La survivance du bachotage pourrait s'expliquer par là, je parle au conditionnel bien sûr, car je n'émets ici qu'une hypothèse.

Le procès du bachotage a besoin d'être révisé. Il a été bâclé. Je ne songe pas à une réhabilitation, mais à celle - éventuellement - des éléments qui le soustendent et peuvent expliquer sa longévité. Peut-être peuvent ils nous aider à éviter justement le bachotage, en les utilisant autrement et précocement, pour développer ces compétences transversales qui vont conditionner la maîtrise des compétences notionelles, développer la réflexion et l'attention, la persévérance, l'aptitude à l'écoute, l'aptitude à l'analyse de la tâche, etc.. etc..


Un seul impératif donc : NE PAS REMONTER LES RESULTATS DES EVALUATIONS CE2 si on ne fait pas parti de l'Echantillon retenu par la DPD du ministère de l'Education Nationale.

Si cela doit aider à faire "avancer le scmilblick", d'accord. Mais si le modeste niveau de l'IEN, étroutement contrôlé par les contre-pouvoirs syndicaux et parentaux, peut trouver là matière à analyse, pourquoi le refuser. Ne sommes nous pas quand même sur le même navire ?

Question pour finir : Que vont penser les enfants de CE2 qui auront déjà passé les "annales" lorsqu'ils vont passer l'épreuve 2000 qui comporte 30 exercices de l'année dernière et 13 exercices des 2 années précédentes sur les 45 exercices ?

Et que penseraient-ils s'ils savaient que les élèves en échec sont assez souvent des "surdoués" ? Car il y a là aussi un vrai problème. Il est dans la logique des choses de la vie que les "sous-doués" aient quelques difficultés d'adaptation à l'école, même si cela n'autorise personne à se croiser les bras pour attendre. Mais il est plus gênant de savoir que les surdoués sont mal à l'aise à l'école, qu'on va jusqu'à les confondre parfois avec des sousdoués, et que les hypothèses évoquées plus haut pourraient avoir un rapport avec ce constat.

Je ne mets pas ici en cause les maîtres, mais un mode de fonctionnement. Un mode de fonctionnement que certaines classes différentes par nécessité (les classes uniques) ou par choix (les classe coopératives) parvient à court-circuiter par nécessité ou par parti pris quasi idéologique mais sans que ces phénomènes aient été entièrement élucidés au plan pédagogique et scientifique.

Bien cordialement

MM

Michel MONOT
retraité
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui
Inscription liste PMEV :
http://www.egroups.com/subscribe.cgi/pedagogie-maitrise

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