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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Septembre

De: "Mathias Damour" <cotasaga@club-internet.fr>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: Finkielkraut
Date : lundi 4 septembre 2000 23:30

Bonsoir,

Michel MONOT a écrit:

> Pour ceux qui n'ont pas sommeil, un texte polémique déjà ancien mais, les passions étant
> retombées, néanmoins interessant, de FINKIELKRAUT, faisant suite à un autre texte de
> MEIRIEU. Je l'ai mis sur mon site avec quelques commentaires.
>
> www.offratel.nc/magui/Finkielkraut.htm
>
> La révolution cuculturelle à l'école
>
> Le Monde, Vendredi 19 mai 2000
>
> [...]
>
> Jaurès ne voyait pas « en vertu de quel préjugé nous refuserions aux enfants du peuple une
> culture équivalente à celle que reçoivent les enfants de la bourgeoisie ». Marie-Danièle
> Pierrelée ne voit pas en vertu de quel préjugé nous la leur donnerions.

On voit le prestige de ce modèle d'éducation, posé en référence indiscutable pour son contenu
et moins explicitement pour ses modalités. Avec raison ?

> Si vos enfants s'ennuient en classe, affirme-t-elle en substance, ce n'est pas parce qu'ils
> sont façonnés par la télécommande à juger ennuyeux tout ce qu'ils ne trouvent pas
> divertissant, c'est parce que, en vertu d'une étrange conception de l'égalité, on veut
> imposer à toute une classe d'âge un enseignement passéiste et abstrait adapté seulement à
> une minorité

Je note l'existence de cette minorité qui comme par magie est adaptée à tout les travers
dénoncés de part et d'autre.


> Les membres du parti de la réforme ne sont pas tous aussi radicaux, mais tous, ils disent
> « gamins » pour désigner les élèves, et tous, ils s'emploient à guérir l'école de l'école.
> Ainsi, notre avant-dernier ministre de l'éducation nationale dont on a oublié, en
> fustigeant ses humeurs, ses maladresses, son mauvais caractère, qu'il nageait avec énergie
> dans le sens du courant : « Il y a dans l'enseignement une tendance archaïque que l'on
> peut résumer ainsi : ils n'ont qu'à m'écouter, c'est moi qui sais. Sauf que c'est fini,
> les jeunes (et même les très jeunes) n'en veulent plus. Ce qu'ils veulent, c'est
> interréagir. »

Alors qu'avant bien-sur ça leur allait très bien de ne faire qu'écouter, retenir, répèter et
se taire.

> Ainsi encore, les dirigeants de la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles
> publiques. Le jeune, lit-on dans leurs brochures, doit être acteur de son éducation, de sa
> formation, de son projet personnel, de son propre changement, de sa propre construction de
> savoirs : « L'accent doit être mis dès sa naissance sur ses potentialités, sur ses capacités
> propres, sur son initiative... Centrée sur l'enfant et non sur les disciplines enseignées,
> c'est à l'école de s'adapter à l'élève et non l'inverse. »

Et on peut lire dans le répertoire des métiers de l'ANPE la description suivante des
compétences du métier d'enseignant :
(de mémoire) "Traduire un savoir théorique en leçon"
Je ne sais pas si c'est un professionnel de l'éducation qui a rédigé cela ou quelqu'un qui
s'est servi du "sens commun" mais Finkielkraut devrait en être rassuré : Etre enseignant c'est
toujours faire la leçon.

> [...]
> Pour les partisans de l'innovation, les professeurs, trop attachés à leur discipline et à
> leur bibliothèque, sont simultanément coupables d'archaïsme, d'égoïsme et d'élitisme. Ils
> avaient choisi un vieux métier humaniste, on les enjoint désormais d'exercer un nouveau
> métier humanitaire. L'assistance à gamins en danger et l'égalité de tous les hommes entre
> eux commandent, sinon toujours de fermer les livres, du moins de passer d'une conception
> restrictive et sacerdotale à une conception ouverte de la littérature : non plus un
> cimetière de chefs-d'ouvre », écrivaient récemment deux membres de l'Association
> française des enseignants de français, mais « un univers de signes, criblé de références,
> de réécritures sans fin » ; non plus la littérature de patrimoine « celle des auteurs
> morts ou en bonne voie de l'être [sic] », mais ce qui vit, ce qui émerge, ce qui plaît
> immédiatement ; non plus les livres auxquels nous lient une mystérieuse loyauté et une
> ferveur préalable, mais les textes que chacun peut produire.

Un peu optimiste pour la "mystérieuse loyauté" et la "ferveur préalable". Et si par malchance
ces beaux sentiments n'ont pas les objets qu'ils devraient avoir ?

> [...]
> Les inégalités vont ainsi en s'aggravant. Un enseignement à deux vitesses se met en place :
> retardataire pour les privilégiés, distrayant pour le tout-venant ;

peut-être plutôt également retardataire pour tout le monde.

> l'école de la République devient toujours davantage une école de la reproduction et nous
> finissons
> d'entrer dans la société dynastique que les lois de programmation et d'orientation qui se
> sont succédé depuis trente ans s'étaient donné pour mission d'abolir.

> Les gardes rouges de la cuculture ne désarment pas pour autant. Ils redoublent de colère et
> ils incriminent le sabotage des professeurs ou les manoeuvres inciviques des parents
> bourgeois pour soustraire leur progéniture aux bienfaits de l'hétérogénéité.

Ayant lu une interview de Philippe Meirieu à ce sujet, c'est vrai que la réponse à ces
"manoeuvres inciviques" n'est parfois pas très convaincante.

Je voudrais revenir sur quelques points. Le thème de l'inégalité est récurrent dans le débat
de la part des deux parties et me semble parfois un mauvais argument. Combien de fois un
modèle pédagogique ou un fonctionnement dénoncé est supposé convenir pourtant aux élèves
favorisés, accroissant donc les inégalités. l'enseignement frontal, au contraire l'aide
individualisée, les devoirs du soir et j'en oublie des dizaines.
Comment ces élèves "favorisés" arrivent-ils à tirer avantages de tous les défauts de l'école ?
(Est-ce vraiment le cas.)

Peut-être que dans certains cas au contraire, avoir appris à émettre un jugement critique par
son environnement familial est un handicap lorque les épreuves scolaires ne consistent qu'à
ressortir le cours, et je pourrais trouver bien d'autres contre-exemples de ce type.
Ce reflexe d'accompagner chaque dénonciation d'une pratique pédagogique de l'argument selon
lequel elle accentue les inégalités me semble trop automatique. Souvent les échecs induits
sont répartis assez aléatoirement parmis les élèves.
Tout le monde a à gagner à la rénovation pédagogique et ce serait la meilleure réponse à faire
à Finkielkraut que d'en convaincre aussi des "parents instruits et avisés de la bourgeoisie".

Merci de vos interventions précédentes et à bientôt !

Mathias

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