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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Août

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Freinet" <freinet@cru.fr>; "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [long] Meirieu, question piège ....
Date : jeudi 3 août 2000 00:19

Question :

Vous parlez assez peu de MEIRIEU, qui était pourtant déjà très en vogue en 1990 au
lancement de la réforme des Cycles. Vous accordez en revanche beaucoup d'importance à
REUCHLIN, qui n'est pas stricto sensu un auteur pédagogique. Vous ne lui empruntez
d'ailleurs qu'une simple suggestion, c'est à dire très peu, et vous allez pourtant jusqu'à
parler de "classes REUCHLIN"..

Réponse :

Comme disent les hommes politiques pour se donner le temps de la réflexion devant les
questions gênantes, c'est une très bonne question !
Votre observation est tout à fait juste mais n'autorise surtout pas de conclusions
partisanes.
Techniquement parlant, elle appelle quelques explications mais d'abord une mise en garde :
nous ne sommes pas des "chercheurs", mais de simples acteurs de terrain, qui condamnés à
prospecter sur la trace des "vrais" chercheurs pour tenter glaner de quoi faire fructifier
leur
apport.

1) Philippe MEIRIEU

Soit dit sans prétention, je crois avoir lu ou au moins parcouru, mais parfois relus et
relus, par devoir professionnel élémentaire, à peu près tous ses livres et bon nombre de
ses articles. Il a décuplé nos compétences professionnelles, les miennes en tout cas, et
ma dette envers lui est immense. Pour toutes ces raisons, mais aussi parce que je n'aime
pas les mauvais procès, je lui ai accordé mon soutien, à titre personnel, face aux
attaques partisanes dont il a été victime.

Sur un registre plus objectif, la complexité de notre système étant ce qu'elle est, ce
n'est pas minimiser son apport que de rappeler cette réserve émise dès 1991 par un I.E.N.
proche de FREINET, Roger UEBERSCHLAG, à propos de son best-seller "Apprendre. oui, mais
comment ?"

Après avoir opportunément rappelé son ancrage dans la pensée de BACHELARD, une référence
majeure en effet, ("Un enseignement reçu est psychologiquement un empirisme, un
enseignement donné est psychologiquement un rationalisme") Roger UEBERSCHLAG écrivait :

"Tout est lumineux chez MEIRIEU, mais au prix de quelques escamotages : le temps et les
effectifs. Le temps qu'il faut pour préparer du matériel de pédagogie différenciée. Le
temps nécessaire aux entretiens avec les élèves qui vient s'ajouter à celui des
concertations de l'éventuelle équipe pédagogique. On ignore de même les effectifs de plus
en plus chargés et leur impact sur la maîtrise de la classe."

Et Roger UEBERSCHLAG s'interrogeait en conclusion :

"Parce qu'à aucun moment l'auteur n'aborde la gestion du temps, que ce soit celle des
élèves ou des enseignants, ne risque-t-il pas de développer des frustrations provoquées
par des propositions irréfutables mais terriblement atemporelles ?" [Journal des
Instituteurs, Nathan, Sept. 91]

Il paraissait difficile de demander à MEIRIEU encore plus qu'il n'avait déjà donné, mais
comment concilier les formidables espoirs qu'il avait suscités avec le pragmatisme un peu
pessimiste qu'exprimait Roger UEBERSCHLAG, notamment sur le délicat problème de la gestion
du temps ? Comment prévenir ces éventuelles "frustrations" et comment continuer, plus
largement, à faire confiance à la fois à la "théorie" et à la "pratique" ?

Nous pressentions que les suggestions de REUCHLIN pouvaient sur ce point précis être très
utiles. Il était d'ailleurs encourageant à ce propos de savoir que MEIRIEU se refusait à
condamner catégoriquement le "copiage", même s'il n'avait malheureusement jamais
abordé directement, à notre connaissance, le problème de "l'apprentissage vicariant'.

2) Maurice REUCHLIN

Nous lui empruntons très peu en effet mais nous lui devons en fait beaucoup. La modestie
de notre emprunt est même telle, au regard de l'importance de son oeuvre, qu'elle en
serait
presque insultante, mais son impact en a été si déterminant que nous ne culpabiliserons
pas : REUCHLIN rendait possible des "apprentissages différenciés" en évitant au mieux le
coûteux recours aux "enseignements différenciés", ce qui rejoignait d'ailleurs je crois
les
préoccupations de MEIRIEU.

Mais par delà cette prise en compte si importante du concept d'apprentissage vicariant,
nous devons encore autre chose à REUCHLIN et il faut le dire : car il est aussi à
l'origine d'une autre
de nos orientations PMEV, celle que nous avons empruntée à Jacques LAUTREY.

LAUTREY le révélait lui même en ces termes dans la première présentation de ses propres
travaux (Psychologie Française, 1974) :

"Analysant les facteurs socio-économiques du développement cognitif, Maurice REUCHLIN
avait souligné les faiblesses inhérentes au caractère descriptif de ces études, et
principalement l'absence de cadres théoriques explicites qui leur fourniraient des
dimensions communes, et leur incapacité à permettre une imputation causale à partir des
liaisons constatées".

Et REUCHLIN suggérait alors, nous dit encore LAUTREY, "le recours à une théorie du
développement cognitif capable de fournir dans ce domaine à la fois un cadre notionnel
commun et "des schémas d'imputation causale qu'une étude descriptive peut contrôler , mais
non construire" ".

"C'est cette stratégie (suggérée par REUCHLIN) que nous avons suivie, poursuivait LAUTREY,
en utilisant le cadre notionnel de la théorie de Piaget pour fournir une des dimensions
nécessaires à l'analyse de l'environnement de l'enfant."

Nous avons dit ailleurs l'intérêt des structurations familiales "souples" mises en
évidence par LAUTREY et nous avons préconisé d'en transposer les mérites, mutatis
mutandis, sur le terrain scolaire. Nous avons en même montré que la PMEV, née d'une simple
suggestion de REUCHLIN, appelait elle même PAR NECESSITE une structuration souple de la
classe et du temps. Nous avons même "revisité" à cette occasion le fameux "invariant 7" de
FREINET, source de tant de malentendus passés et pourtant, potentiellement, à la lumière
de tous ces éclairages fournis par REUCHLIN, élément clé d'une pédagogie résolument
démocratique d'initiation au métier d'élève dont notre système éducatif semble avoir un
énorme besoin . La cohérence entre tous ces éclairages d'origine si variée, venus aussi
bien du "terrain" avec FREINET que des "laboratoires" avec REUCHLIN, LAUTREY ou PIAGET,
nous parait aujourd'hui totale.

Répétons le encore : nous n'avons jamais eu la prétention d'être des chercheurs ni même
des
innovateurs. Sans FREINET, sans BRUNNER, sans FEUERSTEIN, sans REUCHLIN, sans MEIRIEU et
j'en oublie, il n'y aurait pas eu de "PMEV", ni de "classes REUCHLIN", simples avatars
modernes à mon sens des classes Freinet.

Michel MONOT
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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