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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Juillet

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Freinet" <freinet@cru.fr>
Cc: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>; "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: Auto-évaluation, programmations... (Marguerite Vigne)
Date : dimanche 30 juillet 2000 00:43

Permettez moi de revenir sur quelques points du message de Marguerite Vigne :

----- Original Message -----
From: Marguerite Vigne
To: freinet@cru.fr
Sent: Thursday, July 27, 2000 8:33 AM
Subject: Re: FREINET: Re: le cp : Auto-évaluation, programmations...


"Je crois que si tu veux rerspecter le rytme de chaque enfant tu ne peux pas programmer pour tous la meêm chose. Bien sûr il y a des notions découvertes collecivement mais elles ne seront pas acquises par tous car à chaque période, ils arrivent différents."

C'est précisément cet écueil que l'on peut parvenir à contourner, en partie, en poussant la "méthode naturelle" plus loin. Je reviendrai s'il le faut sur cette expression en italique qui ne manquera pas de poser problème mais je m'en tiens d'abord au problème soulevé.

"A chaque période, ils arrivent différents" dit Marguerite et nul ne la contredira, mais en quoi sont-ils différents ? Ce serait trop long à expliquer et, même si on prenait le temps, si on s'en donnait les moyens, on y parviendrait difficilement. Même en se limitant à ce qui fait obstacle à l'acquisition de la notion que l'on voudrait pouvoir "programmer", on aurait bien du mal, mais on ferait un curieux constat qui permet de débloquer le problème : il n'en faut pas beaucoup pour bloquer un gosse en train d'apprendre. On peut être tenté de penser que tel gosse n'est "pas de niveau", "pas motivé", pas "scolaire", alors que seul est en jeu peut être un "petit" problème de représentation, ou la "langue pédagogique" chère à De la Garanderie, ou plus classiquement le sens d'un mot ou la tournure d'une phrase, un détail infime parfois ou même, plus bêtement encore, le droit de rêver.

Tout cela peut se résoudre si l'on sait prendre son temps sans pour autant ralentir le rythme, et la formule là encore mériterait explication.

C'est pourtant très simple. Au lieu de ces solides séquences de 30 ou 60 minutes qui laisserait votre inspecteur ébahi, on joue sur une organisation de la classe et du temps qui va permettre de revenir plusieurs fois mais brièvement sur les mêmes notions, souvent sous des éclairages différents, pour permettre à chacun de se positionner lui même par rapport à la notion "programmée", de la laisser mûrir, et de faire en deux ou trois semaines le cheminement qu'il ne pouvait faire en trente minutes.

Cette organisation de classe est largement inspirée de Freinet et plus "naturelle" encore s'il se peut, mais elle satisfait aussi les plus traditionnels partisans des "programmations". On renonce certes à la programmation frontale des "leçons", mais pour mieux retrouver au bout du compte une progression relativement frontale de la classe.

Quand aux parents rien ne vaut des rencontres régulières pour les rassurer si besoin est. Ils ont besoin de savoir où en est leur enfant et surtout pas de le placer par rapport à ce qu'il aurait du apprendre pendant cette période.

Nous ne déméritons pas en cherchant à répondre à l'attente des parents. Ce point préoccupait énormément Freinet, comme Jean Paul Blanc le rappelait dans son message du 22 Juillet.

" Freinet ne m'a pas dit "on en a rien a foutre", il m'a dit : "Viens voir comment on fait nous à l'école Freinet et si tu veux y travailler avec un groupe de camarades on pourrait sans doute l'améliorer, ça m'intéresse beaucoup ce problème et tu as raison de vouloir rassurer les parents. On ne fait pas de la pédagogie contre les parents, ils doivent comprendre que notre
pédagogie est plus efficace, même dans les matières scolaires, alors tous les outils qui permettent une meilleure compréhension sont utiles.

Et puis si tu suis la vie, tu ne peux pas savoir ce que tu vas aborder en classe à l'avance.
C'est vrai, mais la vie n'est plus tout à fait ce qu'elle était au temps de Freinet. Nos élèves sont plus rarement des "ruraux", ils doivent tous aller au collège, ils ne vont pas aller aux champs ou à l'usine à 14 ans mais vont rencontrer des problèmes d'emploi, etc... Pour autant, renier Freinet serait stupide, mais ignorer ces changements de l'environnement le serait plus encore d'autant que Freinet avait largement anticipé. Je l'ai déja dit et je le pense plus que jamais, il nous a donné avec son "invariant 7", dont nous n'avons pas tout de suite mesuré l'importance, l'essentiel de ce qui peut aider l'enfant à réussir au collège et bien au delà. Il ne s'agit plus seulement de "suivre la vie", mais de l'accompagner, de l'anticiper, ce que faisait d'ailleurs Freinet.
Je travillais en méthode naturelle en math et français et je ne savais pas ce que nous allions découvruir avec les enfants et bien nous avons tout vu et même plus.
Et probablement aussi beaucoup mieux, d'où le succès de la pédagogie Freinet.
Après il faut à chacun le temps d'acquérir pour lui les compétence et là les rythme sont différents.
Les rythmes sont différents et le seront toujours. Je pense cependant que l'on peut aujourd'hui mieux gérer ce problème, en tirant un meilleur parti de ces différences de rythmes.

Pousser la méthode naturelle plus loin, c'est abandonner momentannément "homo sapiens" pour remonter plus loin dans le règne animal, où l'apprentissage existait déjà, sous la forme simple d'une observation reproduction. Forme d'apprentissage rudimentaire mais qui fut "première" et le reste largement chez l'homme dans les apprentissages sociaux. Qui reste à l'honneur dans les apprentissages dit "pratiques", s'illustre encore dans le compagnonage et répond aux besoins propres des enfants en difficulté scolaire, tel auteur pédagogique universitaire pouvant même s'honorer d'avoir été précocement orienté sur une "voie de garage".

Pousser la méthode naturelle plus loin, c'est revenir alors en "homo sapiens sapiens" (l'homme pense et sait qui'il pense) pour gérer autrement ces lieux où les petits d'homme apprennent à penser, en comprenant que les apprentissages scolaires sont aussi des apprentisages sociaux, des apprentissages premiers, que la dérive "scolastique" avait dévoyés.
Bien cordialement,

Michel MONOT
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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