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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Juin

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: Re: [pedagogie-maitrise] bilan fin d annee Anne Olga JULIEN
Date : dimanche 25 juin 2000 08:51

Je pense que la réponse déjà apportée par Nicolas Mirkovic est judicieuse.
Juste quelques impressions personnelles (en vert), à tout hasard et avec beaucoup de prudence surtout car, ne connaissant pas réellement la classe, des erreurs d'interprétation sont évidemment possibles.
----- Original Message -----
From: Anne-Olga JULIEN
To: pedagogie-maitrise
Sent: Sunday, June 25, 2000 6:40 AM
Subject: [pedagogie-maitrise] bilan fin d annee


J'ai aussi demandé aux élèves ce qu'ils avaient pensé de cette façon de fonctionner
Cette année, j'ai un CE2 avec 23 élèves
1 seul sur 23 a regretté la pédagogie frontale qu'il a eu au CE1
22 ont beaucoup aimé le travail des fiches
18 non pas aimé le bilan:

J'enregistre, mais je sais que les enfants ne voient pas toujours le lien entre "bilan' et "travail par fiches". Dans ton cas, ils aiment le principe du travail par fiches sans bien voir peut être que celui-ci est soutenu par le bilan, à moins que...

motifs évoqués :
-trop long (il dure entre 30 à 45 mn)

Peut-être en effet, surtout s'ils n'en saisissent pas bien l'intérêt. Je pense qu'il est bon de le racourcir dans un premier temps, pour l'allonger un peu quand il passera mieux, mais qu'il faut de toute façon rester toujours prêt à mettre un terme à une séance qui se traîne.

(la matinée se déroule ainsi, 9h à 9h40, production d'écrits avec l'aide d'une emploi-jeune,
10 mn de mise en commun ou présentation d'un ouvrage ou d'une poésie ou des posters que les élèves décorateurs, ont choisi d'afficher
puis
travail individuel sur fiches jusqu'à 10h30
10h30_10h45 récréation
10h50 _11 h on termine les fiches et je ramasse les cahiers que je n'ai pas pu corriger.
11h _11h40 bilan....Les élèves défilent disant je ne comprends pas cet exercice....
j'ai deux trois mains qui se lèvent , des élèvent qui expliquent leur façon de faire et les autres qui n'écoutent pas vraiment.....:-(

Ton organisation en elle même me parait bonne, hors ces dix minutes au retour de la récré dont je ne vois pas vraiment l'utilité. Ici, dans le cas le plus fréquent, on utilise le temps de la récréation pour préparer matériellement le passage au tableau et on attaque aussitôt sur le moment de bilan.
Mais je crois aussi qu'il y a une différence importante : il y a beaucoup moins de demande que d'offre, d'élèves qui viennent pour dire qu'ils n'ont pas compris ceci ou cela.
Ces questions existent, mais plutôt à la suite d'une prestation d'élève qui vient rendre compte de son travail et de son succès, poser des "colles" à la classe ou s'en faire poser, etc... Et c'est à ce moment que les élèves qui n'ont pas compris peuvent, de leur place, réclamer des explications. Ils ne le font d'ailleurs pas très souvent, parce que l'information apportée par l'élève qui passe au tableau leur a généralement aporté un complément d'information avec lequel ils vont pouvoir réattaquer le problème, même si cet apport d'information n'est pas toujours suffisant pour aller jusqu'au bout. Dans ce cas, l'élève attend le bilan suivant pour compléter encore son analyse, et ces allers et retours de sens étalés parfois sur plusieurs jours ont en particulier l'avantage de pousser à l'analyse de la tâche que l'on arrive pas à maîtriser.


11h45 _12 h Mise au propre (leçon qu'on écrit suite au bilan)

-trop répétitif
ils n'apprécient pas que le même exercice soit présenté plusieurs fois surtout des fois le lendemain même


Je comprends, mais ce ne serait pas le cas - tout au contraire - s'ils attendaient plus de ce moment, comme dans la conception que j'évoquais ci-dessus.

-avoir peur de se faire moquer par les camarades

là, plus chez les filles que les garçons ?
et surtout chez les filles "bonnes élèves"

Il y a là quelque chose qui ne devrait pas durer. Nous utilisons beaucoup les bons élèves au début, puisqu'ils détiennent le savoir faire et les savoirs qui nous aident à tirer la classe, sans parler de l'aisance, mais nous les laissons se mettre en retrait ensuite. Leur présence trop manifeste freinerait en effet les possibilités offertes aux moins bons de passer à leur tour au bilan, même sur un sujet déjà rebattu. Les enfants comprennent assez bien cela et l'acceptent. Il arrive qu'on soit obligés de leur expliquer cette nécessité, mais il arrive aussi qu'ils la saisissent intuitivement.

Effet vicariant

-Quelques élèves ont dit avoir copié bêtement uniquement pour avoir le trait de validation sur le plan de travail.

Cette possibilité de "copier" ne devrait pas exister. C'est un reliquat de la classe coopérative classique, contre lequel j'ai pour ma part toujours mis en garde. La classe PMEV relève bien de la coopération scolaire, que je ne renie absolument pas, mais d'une coopération moins spontannée, moins "idéologique" peut être ou plus réaliste, plus raisonnée, plus organisée ou organisée autrement.

Les classes fonctionnant déjà sur un modèle coopération ont du mal à renoncer à une pratique à laquelle ils croient parce qu'ils en ont déjà apprécié les vertus. Les classes frontales, au contraire, acceptent mieux cette quasi interdiction de communiquer pendant le TI et c'est même souvent ce qui leur permet d'accepter de changer leur pratique ancestrale !... Ce qu'ils craignaient, c'est évidemment le bruit d'abord, car ils n'ont pas comme toi un "super pouvoir d'abstraction au bruit" ;-)), mais aussi les dangers de la "communication" et du "copiage", qu'il nous fallait lever à force d'explications et de persuasions. Comme les paysans, ils ne croient que ce qu'ils voient, et n'acceptaient d'entrer dans la nouvelle approche qu'après avoir constaté que le bruit n'y faisait pas problème, et même en général moins que dans leur propre classe, et aussi que les "prises d'indices" n'étaient pas du copiage mais un moyen au contraire de l'éviter ou du moins sa tentation.

Je crois qu'il faut en revenir à ce que disait Patrick GOICHON à propos de la satisfaction des parents lorsqu'ils évoquent une "préparation au collège". Le moment important, dans un apprentissage, est celui ou l'on travaille seul, même si on a pu bénéficier par ailleurs de l'étayage du bilan ou de tout autre dispositif coopératif. Mais il faut bien comprendre que le collégien, même dans un collège "avancé", ne pourra pas toujours bénéficier du travail coopératif. Sauf à verser dans le collège "ultra light", il devra généralement faire une partie de son travail seul à la maison, et il devra pour cela avoir appris entre autres choses à se concentrer. L'interdiction des devoirs a sans doute des effets pervers sur les enfants qu'elle prétendait aider, et il me parait souhaitable que la façon de gérer le temps scolaire n'aggrave pas ces effets pervers.

Si bénéfique soit la coopération scolaire "traditionnelle", et sans sousestimer sa capacité à armer les futurs collégiens en leur facilitant la maîtrise des apprentissages fondamentaux, ele n'atteint pas je pense l'efficacité de la coopération "redessinée" que nous pratiquons en PMEV.


(Les deux premiers trimestres, j'ai pris 3 couleurs, vert, orange, rouge puis suite à nos échanges, j'ai conservé que la couleur verte indiquant que l'exercice était réussi même s'il a fallu plusieurs essais )

Je pense aussi que cela est préférable.

-D'autres disent ne pas avoir envie de perdre du temps à expliquer aux autres car ils veulent avancer leur plan de travail (heureusement , ils sont très minoritaires)

Je dirais plutôt, et sincèrement sans provocation : ils existent et c'est heureux aussi, car ceux là au moins sont autonomes et décidés à se battre. Egoistes ? Ils offrent un modèle de comportement dont ceux qui sont trop "assistés" ont besoin pour se réveiller et s'autonomiser. Pour en voir observés quand même quelques uns, hors quelques cas effectivement inquiétants, ce sont des gosses qui ne refusent pas totalement leur "collaboration" quand elle est sollicitée de façon raisonnable.

-quelques difficultés à vérifier que le niveau sonore soit exclusivement du à des fiches qu'on explique

Peut être serait il plus simple de "faire en sorte que" cette vérification ne soit plus nécessaire, car séparer le bon grain de l'ivraie ne va pas toujours de soi dans ce domaine bien particulier.... Dans les classes ou l'on interdit les communications "directes", on obtient un silence reposant auquel les enfants eux même prennent goût, d'autant qu'il leur permet de se concentrer - ce qui est nécessaire - plus facilement. Si vous pensez qu'il y a là un supplice pour l'enfant, admettez que le TI ne dure qu'un temps, et que cette interdiction n'est pas aussi stricte que celle imosée lors d'un examen par exemple. Echanges directs interdits ou dissuadés, sans doute, mais circulation permise pour aller aux fichiers, et échanges permis aux fichiers. Tout cela reste souple et relève de l'autodiscipline, d'une certain entrainement à l'ascèse intellectuelle peut être si l'on veut, qui n'empêchera nullement de se défouler ensuite : la récréation arrive à point nommé juste après le TI et avant le bilan.

- des élèves se plaignent de travailler dans le bruit

On les comprend un peu.... Comment bien travailler dans le bruit ? Certains y arrivent, d'autres non. Et ceux qui y parviennent sont ceux qui sont déjà suffisamment accrochés par leur sujet pour pouvoir s'abstraire du bruit, ou du moins en partie et souvent non sans mal. Or, pour être suffisament accroché, il faut peut être avoir eu l'occasion de faire ses premiers pas dans le calme.

La classe, lieu de vie... Bien sûr, mais lieu de vie intellectuelle d'abord et par définition. Il faut donc faire alterner des moments d'échanges (intellectuels) et des moments de concentration (intellectuelle). Mieux que les faire alterner, les mettre en synergie, et c'est ce que nous avons tenté de faire en PMEV.

Plus tard, quand nous aurons des écoles faites sur mesure, nous pourrons envisager d'avoir, autour d'une classe forum, des cabines insonorisées qui permettront la nécessaire concentration. Pour l'heure, je crois qu'il est difficile de ne pas prendre en compte cette double exigence en organisant la journée de classe en conséquence.


(je demande le silence mais j'avoue que quand je travaille avec un ou des élèves, je ne m'aperçois pas du niveau qui augmente :-(
j'ai un super pouvoir d'abstraction aux bruits :-))

Tant mieux pour toi. Je ne manque pas totalement de ce pouvoir, mais je suis loin du compte !

Fiches
-Une élève aurait souhaité voir se renouveller les exercices pendant les trois semaines

Il n'est pas interdit d'injecter de nouvelles fiches dans le lot au cours du mini-cycle. Cela se fait assez rarement mais cela se fait en cas de besoin.

-certains ont regretté que les fiches de mathématiques se retrouvent mélangées avec celles de français .

les fiches sont réparties sur deux tables, une table avec les fiches de math et l'autre avec celles de français....et oui, j'avais demandé qu'on baisse le tableau et du coup j'ai perdu mon étendage à pinces à linge :-)))) et un élève est chargé quotidiennent
de les trier mais ce n'est pas toujours fait.


C'est classique et je n'ai aucun réponse, pas plus que pour les pinces à linge, je n'y touche plus du tout....

-certains ont regretté que le nombre de fiches par item soit insuffisant (Je photocopiais 4 fois une fiche)

Quatre, c'est déjà beaucoup me semble-t-il. Peut être faut il analyser ce problème en l'associant avec la longueur des fiches. Des fiches plus courtes devront être plus nombreuses pour couvrir tout le champ du travail à aborder, et l'on évite alors plus facilement la nécessité de faire des doubles. De plus, on en vient plus vite à bout, et la satisfaction de la réussite permet de rebondir sur une autre fiche. Dans le cas d'élèves à problèmes, tels qu'en évoquait Patrick Goichon dans son message, le passage par des fiches courtes apporte souvent une amélioration sensible. On peut d'ailleurs user des deux approches : des fiches "longues" pour ceux qui ont du souffle, et les mêmes en deux ou trois parties pour ceux qui trainent la patte. La fiche VOC7 équivaut aux fiches VOC7a + VOC7b + VOC7c, etc....

Gestion de la classe :
Le vendredi après-midi nous faisions le point de la semaine
le changement des métiers
et changement de place

Je ne conteste pas l'intérêt de ces pratiques, nullement incompatibles avec la PMEV, mais je ne le revendique pas non plus. Un métier est prioritaire à mon sens, celui d'élève. Les autres ne sont pas négligeables, mais sauf erreur d'appréciation néanmoins secondaires. Les changements de place s'imposent-ils ?

Sur ce dernier point ; j'ai eu la plainte de deux parents qui pensent que leur enfant est destabilisé par le fait que la structure se module trop souvent et celle de l'atsem qui préfère balayer des rangées linéaires.

Très difficile d'en juger. La crainte des parents est peut être excessive. Ici, compte tenu du caractère des locaux qui est resté longtemps très classique, et d'une certaine surcharge des classes, le dispositif des rangées reste assez fréquent, un peu brisé quand même pour faire de la place aux fichiers. On a aussi des groupements de tables par deux ou trois quand on le peut. Le fait que les enfants puissent se déplacer sans restriction ou presque, et que ce soit même une obligation pour aller aus fichiers, change notablement l'atmsphère rigide qui émane des organisations matérielles trop figées.

J'envisage pour l'année prochaine une structure plus fixe (en ateliers.) et c'est seulement les élèves qui bougeront.

Cela me parait plus sage, mais je ne veux pas avoir d'avis trop arrêté sur ce genre de problèmes.

En résumé, c'est là mon "credo" mais ce n'est pas un "dogme".

Merci en tout cas pour ce message qui me permet de préciser certains points importants (à mes yeux) et bonnes vacances surtout.

MM


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Anne-Olga Julien,94400 Vitry <aojulien@inforoutes-ardeche.fr>

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