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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Juin

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: cours unique ou cours multiples
Date : jeudi 15 juin 2000 23:34

Personne n'a encore réagi à ce message de Bernard COLLOT et c'est dommage. Car il vaut
beaucoup plus à mon sens que par sa dimension "anecdotique" et à la limite quelque peu
pessimiste.

Si "l'ensemble des instructions reste toujours plus ou moins ambigu et encore plus
l'attitude de l'administration locale par rapport aux instructions", comment expliquer
cela ? Paresse ? Surcharge ? Incompréhension ? Scepticisme ? Mauvaise perception des
problèmes, de l'importance relative de certaines tâches par rapport à d'autres ? Dans ce
cas, l'information apportée par Eric VERMEULEN sur une mise en sommeil ou une redéfinition
de l'inspection dans le département des Hautes-Alpes est à bien des égards encourageante.

Si le MEN a curieusement "fait disparaître le rapport FERRIER de son site" ou "classé
confidentiel les travaux d'OEUVRARD", voilà qui pose en effet bien des questions,
notamment car ces travaux guère contestés avaient été conduits à sa demande !...

C'est peu dire que "ces études sont bien embarrassantes" et on comprend la prudente
interrogation de FERRIER sur ces résultats qui pourraient "remettre en cause la politique
de l'Education Nationale des dernières décennies". Oui, mais en quoi ? Pourquoi ? Et
comment ?

Aidez-nous à "sauver les dernières classes uniques qui pourraient au moins servir ...
d'observatoire" conclut Bernard COLLOT, et c'est bien le moins que l'on puisse faire en
effet.

Bernard Collot a raison, ces résultats "polémiques" des classes uniques nous interpellent.
Ne rêvons pas de miracles mais réfléchissons.

Il est "scientifiquement" prouvé que les classes uniques obtiennent de meilleurs résultats
que les classes à un seul cours, mais il reste du chemin à parcourir pour tirer parti de
ce constat. La conclusion serait simple si elle pouvait se traduire en volonté politique
forte : il suffirait de multiplier les classes uniques. ou tout au moins, comme le suggère
Bernard COLLOT, de les utiliser comme "observatoires".

Utiliser les classes uniques comme observatoires, pour essayer d'en découvrir le secret,
le "principe actif" ? Qu'est ce qui peut expliquer leurs résultats inattendus, qui vont à
l'encontre surtout de nos croyances premières et de notre répulsion naturelle envers
l'hétérogénéité et la complexité ?

Les leçons y sont réduites à leur plus simple expression et le travail demandé aux enfants
y est significativement plus important ? C'est l'évidence même, et il y a bien longtemps
que dans ces classes l'apprentissage a pris le pas sur l'enseignement stricto sensu et que
les élèves sont "au centre" : ils sont "acteurs", et le maître est plus un gestionnaire
d'apprentissages ou un accompagnateur qu'un faiseur de cours.

Les élèves y sont moins tendus ? C'est le souvenir que j'en ai, tant comme ex-élève de
classe unique que comme "visiteur attitré". Tout en faisant son travail, l'élève dresse
parfois l'oreille vers ce que dit le maître aux camarades des autres cours : cela ne le
concerne pas, le concernera plus tard ou le concernait autrefois, mais cela lui permet de
consolider ou réviser sa vision des choses (ses "représentations") ou d'anticiper un peu,
et peut être aussi de prendre du recul par rapport à ce que l'on appelle désormais très
sérieusement le "métier d'élève".

Les élèves y apprennent en dehors des "leçons" que le maître leur destine explicitement ?
C'est ce que je disais à l'instant, et parfois un peu aussi en jetant un oil sur le cahier
du voisin. Qui sait si ces apprentissages "parallèles", licites ou non, ne pèsent pas d'un
grand poids dans les résultats reconnus meilleurs de ces élèves de classes uniques ? Et
peut être plus que l'enseignement qui leur est donné lors de courtes "leçons frontales" ?

Faudrait-il généraliser ou multiplier les classes uniques ? Les enseignants ne semblent
pas y être prêts et ils ont sans doute leurs raisons. Ils réagiraient, leurs syndicats
avec eux et, sauf à rappeler ALLEGRE, la solution a peu de chances d'être retenue. Elle
nécessiterait d'ailleurs une baisse des effectifs moyens, donc une augmentation de postes
et poserait par là des problèmes budgétaires non négligeables.

Resterait alors à identifier le "principe actif" de ces classes et à en tirer parti, à
essayer de l'appliquer dans les classes ordinaires pour en améliorer le fonctionnement ou
le "rendement". Ce n'est pas tout à fait en ces termes que le problème avait été abordé
par le psychologue Maurice REUCHLIN, ni par le philosophe ALAIN, ni par FREINET, mais
leurs approches, en dépit des apparences, présentent quand même certaines convergences.

FREINET et ALAIN avaient tous deux condamné la dérive enseignante et souligné l'importance
du travail de l'élève et de l'apprentissage.

REUCHLIN n'avait certes rien dit de tout cela, mais il avait perçu l'intérêt potentiel
d'un retour aux processus ancestraux ou "naturels" de l'apprentissage, notamment ce qu'il
appelait l'apprentissage vicariant. Pour ce qui est du retour au "naturel", FREINET aurait
sans doute été d'accord. ALAIN beaucoup moins peut être, qui pourtant préconisait une
appropriation par imitation de modèles.

Toujours est-il que cette hypothèse de REUCHLIN, mise à l'épreuve de la réalité scolaire,
semble bien "tenir la route". Elle injecte dans la classe "ordinaire'" un peu du "principe
actif" des classes uniques, mais le plus surprenant est peut être que les classes uniques
elles-mêmes semblent grâce à elle consolider encore leur mode de fonctionnement et leur
"rendement".

Désolé de tout cela car c'est un peu complexe et sans doute dérangeant pour beaucoup.
Mais je ne pouvais laisser passer cet important message de Bernard COLLOT sans rebondir.

Précision pour ceux qui voudraient aller plus loin que cet échange d'idées et creuser le
sujet plus concrètement :

Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

Sans perdre de vue la "signature" à laquelle je suis attaché :

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)



----- Original Message -----
From: Bernard.Collot2 <Bernard.Collot2@wanadoo.fr>
To: liste écoles <listecolfr@cru.fr>
Sent: Tuesday, June 13, 2000 6:52 PM
Subject: Re: cours unique ou cours multiples


| Je crois avoir déjà donné l'info, je la redonne, tu pourras
| éventuellement la joindre comme élément à ta recherche :
| Les travaux commandés par le MEN en 9O, 91, 93 à Françoise
| Oeuvrard (direction de la prospective) Alain Mingat (Institut
| en Economie de l'Education) et Ferrier (rapport Ferrier signé
| par 7 inspecteurs généraux) arrivent tous aux mêmes conclusions
| :
| "les résultats les moins bons sont dans les classes à un seul
| cours. Ils sont meilleurs dans les classes à 2 cours, et encore
| plus dans les classes à 3 cours". Quant aux classes uniques,
| "leurs résultats sont légèrement supérieurs à la moyenne
| nationale".
| Le problème étant bien sûr que plus tu augmentes
| l'hétérogénéité, moins les approches habituelles sont
| opérantes. A tel point d'ailleurs que Ferrier note prudemment :
| "Si ces résultats devaient se confirmer cela remettrait en
| cause la politique de l'Education Nationale des dernières
| décennies". Le "Si", c'est ce qui permet à tout ministre de
| jeter les rapports à la poubelle.
| N'empêche que ces études sont bien embarrassantes.
| D'ailleurs des réformes comme celle des cycles, voire même
| simplement le "non redoublement", n'ont pas de sens si
| l'approche de l'acte éducatif comme celle de la gestion du
| groupe, de l'évaluation... n'est pas transformée. Le problème
| c'est que l'ensemble des instructions reste toujours plus ou
| moins ambigu et encore plus l'attitude de l'administration
| locale par rapport aux instructions. On peut rajouter la
| sous-information générale : les IA ou IEN dans leur majorité se
| gardent bien de les communiquer. Et même le MEN qui
| curieusement a fait disparaître par exemple le rapport Ferrier
| de son site ou qui a classé "confidentiel" un certain temps les
| travaux d'Oeuvrard, en particulier ceux qui faisaient
| apparaître que les résultats des RPI étaient ceux qui étaient
| le plus "légèrement inférieurs". De même que la
| sous-information des parents, toujours persuadés en général que
| dans une classe unique leurs enfants sont "foutus" (bien que
| cela soit en train de changer... mais il est trop tard pour les
| CU!). Les fédérations de parents d'élèves se sont bien gardé,
| elles aussi, de communiquer de telles infos.
| Ce qui reste difficile, c'est que l'hétérogénéité implique
| d'une part cette autre approche quu'il faut... inventer (bien
| que depuis des décennies il y a moultes praticiens sur lesquels
| on pourrait s'appuyer et que les grandes pédagogies modernes
| sont nées dans ces classes) et que d'autre part cela remet en
| question les grands schémas habituels (évaluation,
| progressions, découpage matières, temps...).
| Il est vrai que si l'hétérogénéité oblige à remettre en
| question un certain nombre de représentations, le contexte ne
| rend pas toujours facile cette remise en question. Mais
| peut-être aussi faudrait-il collectivement dans les diverses
| organisations professionnelles ou mouvements pédagogiques agir
| pour faire changer le contexte ? Même si je comprends que cela
| fasse un peu peur : remettre en cause un siècle de certitudes
| ne peut se faire sans une certaine angoisse, tout à fait
| compréhensible à quelque niveau que l'on se situe.
| Au fait, si vous nous aidiez à sauver les dernières classes
| uniques qui pourraient au moins servir ... d'observatoire ?!?!
| http://perso.wanadoo.fr/b.collot/b.collot/index.htm
| http://www.marelle.org/
| Le Bourg - 58400 TRONSANGES
| CREPSC (Centres de Recherches des Petites Structures et de la
| Communication)
| Arbres de Connaissances (Education, Développement, Lien
| social...)
| -----Message d'origine-----
| De : bm mac <bm.mac@libertysurf.fr>
| À : liste écoles <listecolfr@cru.fr>
| Date : lundi 12 juin 2000 16:26
| Objet : cours unique ou cours multiples
|
|
| >Il y a eu un débat, l'an dernier je crois, sur les classes à
| cours
| >unique et les classes à cours multiples.
| >Il y a maintenant davantage de colistiers. Je vais donc
| relancer ce
| >débat, mais je ne voudrais surtout pas que cela entraîne de
| polémique.
| >Je désirerais simplement que vous me donniez :
| >- les avantages que vous trouvez à votre choix (si c'en est
| un).
| >- les inconvénients.
| >J'aimerais aussi savoir (important) si vous avez connu les 2
| cas, savoir
| >lequel vous préférez, et pendant combien de temps vous avez
| enseigné
| >dans ces types de classes.
| >Tous les cas sont permis :
| >- le cours unique
| >- la classe à 2,3,4...cours
| >- le cours unique, mais les enfants suivis sur 2 ou 3 ans.
| >- j'en oublie ?
| >
| >Et puis, cerise sur le gâteau, ceux qui font la différence
| entre la
| >classe à cours unique à 25 ou 30 enfants et la classe à cours
| multiples
| >à une quinzaine d'enfants.
| >J'essaierai de résumer tout cela quand j'aurai suffisamment de
| réponses.
| >
| >Ce questionnement n'a d'autre but que mon propre intérêt pour
| cette question.
| >
| >Merci à tous.
| >
| >Bernard MACRAIGNE
| >Instituteur en maternelle à CUON (France)
| >e-mail : bm.mac@libertysurf.fr
| >site : http://perso.infonie.fr/cuonmac

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