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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Mai

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: Retour de colloque (Jacques bert et Nicolas Mirkovic)
Date : samedi 6 mai 2000 20:46

Même si un peu de brain-storming est en ce moment nécessaire pour essayer de résoudre le
problème signalé par Jacques Bert et qui est en effet si important que ce B-S s'est
déclenché spontannément, je crois qu'il faudra en fin de parcours raison garder et en
plus, avec Nicolas Mirkovic, le sens de l'humour.

Que dans les échanges courants, par commodité de langage et économie, on puisse ici se
référer parfois à mon nom, c'est difficile à éviter mais pas pour autant acceptable car
inopportun et injuste. Appliquer la réforme des cycles relevait d'une obligation, s'y
attaquer en essayant de respecter l'esprit et la lettre du texte n'avait rien de
l'exploit. Essayer d'être cohérent pour être efficace, de réinvestir des acquis importants
ou des pistes seulement entr'apperçues, c'était un minimum. Garder néanmoins à l'esprit
ces enfants qui pédalent vainement dans la semoule ou qui regardent les mouches voler, ces
maîtres qui surveillent la montre ou qui oublient au contraire de sortir en récréation,
ceux qui "font du Freinet" et ceux qui ne veulent surtout pas en entendre parler, bref,
toutes ces bizareries, anomalies et incohérences qui n'étonnent plus personne mais qui
semblent cacher quelque chose, tout cela faisait aussi partie de la "situation problème"
initiée par la "réforme des Cycles" et qui était assez complexe, me semble-til, pour
appeler des regards croisés et un travail d'équipe.

Fut-il complexe, le sigle PMEV dit néanmoins ce qu'il veut dire et s'il est bon de
s'interroger sur la promotion de la "méthode" pour faire connaitre la part d'efficacité
qu'elle a mis à jour, il me parait difficile de le gommer totalement. Si le sigle fait
problème avec les maîtres, c'est qu'ils n'ont pas reçu une information suffisante ou
adéquate lors de leur formation, mais n'exagérons rien : cette information reste modeste
puisqu'elle tenait dans les 500Ko de mon site initial et même beaucoup moins.

Comment contourner la difficulté ? Lorsque j'ai eu à présenter parfois notre approche en
quelques mots, je ne m'attardais pas sur ces sources historiques pour expliquer notre
différence. Je rappelais seulement que les "chercheurs" étaient un peu partout au travail,
que leurs acquis étaient d'intérêt inégal mais que ce sont quand même leurs analyses, ou
certaines d'entre elles, qui nous avaient autorisé à innover dans quelques directions bien
précises, mais toujours en intégrant aussi les observations venues du terrain et en
respectant les instructions "officielles" qui, elles aussi, intègrent les observations
remontées du terrain avec celles venues de la recherche.

Le reste était affaire de bon sens :
- on a des programmes, on ne peut pas s'en désinteresser, ni du fait que certains élèves,
même intelligents, ont du mal à les digérer ;
- prendre dès lors en compte donc le temps dont les enfants ont besoin pour apprendre mais
aussi ce qui va pouvoir les aider à apprendre et leur permettre de ne pas lambiner ;
- admettre qu'on n'apprend jamais d'un seul coup mais que des répétitions et des redites
sont nécessaires, mais aussi des variations d'éclairage, des échanges pour ne rien laisser
dans l'ombre ;
- admettre que l'élève n'est pas seulement à l'école pour apprendre, mais qu'il exerce de
fait un "métier", qui tout comme les autres appelle des savoirs faire - analyse de la
tâche par exemple - qu'on doit l'aider à maîtriser et auxquels il doit pouvoir s'entrainer
;

Mais le reste était aussi affaire de "cuisine" ou d'ingénierie pédagogique. Pour ne pas en
rester au stade de l'exhortation, du discours édifiant et des voeux pieux, du yaka et du
faukon, il fallait construire un modèle de fonctionnement permettant au maître de répondre
efficacement à ces simples problèmes de bon sens, et si possible globalement, sans
accroître démesurément une charge déjà lourde. Il ne s'agissait pas tant de "recycler" les
maîtres que de leur proposer une nouvelle manière de procéder, leur permettant de mieux
tirer parti de leur formation et de leur savoir faire. Je pense que tous les co-listiers
en conviendront : je ne leur ai pas apporté de nouvelles techniques à proprement parler,
peu de connaissances nouvelles, mais seulement un autre découpage du temps scolaire et une
autre façon de concevoir la progression de leurs élèves.

C'est en définitive cela qui interessait les "auditoires" de maîtres ou de parents qui
voulaient une information rapide, les uns parce qu'ils entendaient leurs collègues vanter
les mérites d'une pratique un peu étrange qui n'était pas "seulement" du Freinet, et les
autres parce qu'ils se réjouissaient mais s'étonnaient du subit interêt de leurs marmots
pour l'école mais plus encore pour ce travail scolaire qui leur avait d'abord paru si
ingrat.

Mais l'honnêté m'oblige à dire que la solution à ces problèmes, et à celui de la mise en
place des cycles, m'est en fait apparue à partir de la suggestion de Reuchlin, d'ou la
quasi impossibilité morale de renoncer à l'appelation PMEV, même s'il faut effectivement
poser le problçme de sa diffusion. Un chercheur aurait pu travailler sur l'hypothèse
Reuchlin à sa manière, comme l'a fait par exemple Wynnikamen de Paris V, et en tirer un
ouvrage "savant" très interesant. Mais un praticien de terrain cherchant à tirer parti de
l'hypothèse Reuchlin dans des conditions qui ne sont pas celles du laboratoire mais celles
de la classe était soumis à d'autres contraintes. Il ne pouvait se frotter à l'hypothèse
Reuchlin sans modifier le fonctionnement habituel de la classe, et aller dès lors plus
loin que la simple vérification de l'hypothèse : voir soudain jaillir des effets
inattendus mais surtout inespérés, une atmosphère plus cool et sans gros problèmes de
discipline, des gosses qui se réveillent et se révèlent meilleurs qu'on ne le croyait, une
classe moins fatigante et moins décevante, un métier qui semble devenir plus
"professionnel" et parfois des parents plus souriants, etc..

Alors PMEV ? Pédagogie au rythme des enfants ? Pédagogie cyclique personnalisée ? Toutes
ces appelations sont justes chacune à leur manière, selon l'éclairage que l'on adopte, et
en même temps comlémentaires.

Les propositions de Nicolas ne sont pas en reste :

Pédagogie qui se Meut selon l'Enfant, à sa Vitesse.
Pratiques Magistrales Eradiquées car Valétudinaires (c'était vrai pour Freinet et ce n'est
pas ininteressant : que l'on songe à ce que pourrait être la fin de carrière des maîtres
qui devraient prolonger leur carrière si le régime actuel des retraites devait être
modifié)
Pour Mettre l'Enfant en Valeur : c'est très bon, au sens psychologique comme au sens
"économique"
Paresse du Maître, Écolier au Volant : très juste encore et faussement ironique; ce n'est
pas paresse, mais professionalisme, que de savoir lâcher les baskets à l'élève pour lui
permettre de foncer en veillant néanmoins à ce qu'il ne chute pas exégérément.

Que le brain-storming continue.

Amicalement,

MM

----- Original Message -----
From: <jacques.bert@infonie.fr>
To: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Sent: Saturday, May 06, 2000 5:57 PM
Subject: Réponse : [pedagogie-maitrise] Re: Retour de colloque


En cherchant un peu, j'ai pensé à des appellations plus faciles pour communiquer, telles
que "Méthode Monot" (tout simplement) ou "Pédagogie cyclique individualisée" (plus explicite).
Qu'en dites-vous ?

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