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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Mai

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: surdoue (Caroline Marseille, Max Bruno sc Dominique Couturier)
Date : lundi 1 mai 2000 01:05

Par delà la question de ce collègue débutant transmise par Dominique et la réponse
argumentée de cette étudiante à qui je souhaite bonne chance pour son concours, un constat
préoccupant : le problème des "surdoués" est grave car il est assez mal connu du service
public et cette ignorance, coupable de toute façon, semblerait de plus lui coûter cher au
sens complet du terme.

Les enfants dits "surdoués", ou "à QI élevé", ou "intellectuellement précoces",
n'entraient pas vraiment jusqu'ici dans les préocupations de l'Education Nationale qui
semble pourtant avoir mieux conscience aujourd'hui de l'importance du problème et de la
nécessité de le prendre en compte. Il m'est arrivé de rencontrer des enfants entrant
subrepticement en sixième avec deux ans d'avance, mais ce genre d'entorse au règlement
semblerait aujourd'hui davantage admis par les textes.

Généreusement, professionnellement, nous nous sentons davantage concernés par ceux qui ont
moins. C'est tout à notre honneur et à celui de l'Ecole, c'est vrai, mais peut être un peu
court, et pourrait même en d'autres termes induire une certaine cécité. La morale y trouve
son compte mais, dit-on, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Dans le cas présent, le
problème mérite d'être davantage creusé ou même carrément reposé : s'interesser aux
surdoués, par souci de justice d'abord car ils ne sont pas coupables de leur état et n'ont
pas démérité, pourrait il nous aider en plus à mieux traiter les problèmes des enfants en
difficulté, quels qu'ils soient ? On sait que De la Garanderie était allé interroger des
"cracks" pour construire une théorie et une pratique de l'aide au moins doués. (Auteur
contesté sans doute, mais qui aura eu au moins le mérite de refuser les tabous, de refuser
les excès du déterminisme socio-culturel et qui, au plan pratique, a pu insuffler un
regain optimisme : sa méthode n'aurait pas connu un tel engouement si elle avait été
totalement inefficace.)

Confusément, nous assimilons un peu mécaniquement "difficultés scolaires" avec "déficit
intellectuel", sans avoir conscience que ces difficultés scolaires touchent en grand
nombre aussi des enfants à QI élevé. Faute d'évaluation systématique, nous croyons au
contraire souvent que ces enfants sont déficitaires !... C'est sans doute un comble, mais
la confusion est d'autant plus aisée que ces enfants peuvent être d'origine modeste,
souffrir eux-même de déficits langagiers et de troubles du comportement, etc...

Si l'échec des enfants démunis est douloureux, révoltant, mais heureusement mobilisateur;
celui des enfants "surdoués" est également dérangeant, d'une autre manière peut être mais
aussi quelque part bien davantage. Devant l'échec des faibles, on se sent désarmés. Devant
l'échec des potentiellement forts, on se dit que l'école déconne et qu'il faut absolument
sortir de cette situation grotesque. Repenser à ce fameux problème de l'hétérogénéité en
espérant, pourquoi pas, pouvoir faire d'une pierre deux coups.

Un colloque est organisé à Genoble sur ces problèmes ce Mercredi 3 Mai par l'ANPEIP
(Association Nationale des Parents d'Enfants Intellectuellement Précoces). Dans le
département l'Isère, on compterait en effet, de la maternelle au collège, quelques 8000
enfants identifiés comme intellectuellement précoces, et l'on peut prévoir que les 2/3
seront en échec avant d'arriver en seconde.

Loin d'être marginal, le problème est donc relativement massif et on ne peut guère avancer
qu'il ne concernerait que ce département. Constat quantitatif, qui pourrait suggérer de
s'interesser aussi au qualitatif : pourquoi ? comment ? depuis quand ? jusqu'à quand ?

La réforme des cycles avait invité à prendre en compte les différences de rythmes
d'apprentissage, et les parents de "surdoués" ne réclament rien d'autre. C'est peu, c'est
prévu par les textes, mais évidemment plus facile à "décrèter" qu'à instaurer
concrètement, sauf éclairages nouveaux.

Elle avait aussi suggéré que l'on s'interesse aux formules "permettant aux maîtres
d'observer et de comprendre ce qui se passe dans les apprentissages". Formule commode là
encore peut être mais qui permettrait aux maîtres, enserrés parfois dans des contraintes
diverses héritées des programmes, des consignes officielles, des habitudes, etc... d'y
voir plus clair. Là encore, les parents d'enfants surdoués n'en demandent pas plus et ils
ne nous demandent pas de faire des miracles, mais seulement de mieux utiliser ce dont nous
disposons, en particulier les facultés de discernement des maîtres. Nul doute qu'ils
identifieraient mieux les élèves intellectuellement précoces, répondraient mieux à leurs
besoins propres et, qui sait, au bénéfice commun peut-être de toute la classe. Il est
toujours bon d'avoir quelques bons élèves dans une classe et légitime d'en espérer une
certaine contamination. Mais qu'est ce à dire ?

La classe, dit-on, a besoin de "locomotives", d'élèves plus doués qui vont pouvoir fournir
des repères à ceux qui sont en difficulté. Pratique tolérée mais mal aimée car mal
analysée et mal gérée, victime du tabou du "copiage" et du dogme du "chacun pour soi".
Mais c'est avec ce genre de pratiques que certains élèves en difficulté ont fini par s'en
sortir et par changer de catégorie, à devenir "bons" et à jouer parfois à leur tour les
"locomotives". Je suis assez critique avec cette utilisation des "locomotives", source à
vrai dire de bien des difficultés chez les débutants qui ont tendance à appuyer leurs
leçons sur les "forts", à aller du coup trop vite et à laisser ainsi les autres sur le
bord de la route. Si je m'interesse au problème, c'est parce qu'il est révélateur de nos
dyfonctionnements, des ambiguités de certaines traditions scolaires et des pratiques
habituelles de la classe. Et parce que les les redressements spectaculaires que nous
pouvons parfois observer tant dans les comportements des élèves que dans les conduites de
classe semblent témoigner du bien fondé de cette pratique et des interrogations qu'elle
peut suciter.

On peut penser - hypothèse donc - que les enfants intellectuellement précoces ont
manifesté très tôt une certaine aptitude à traiter l'information, à ne pas se contenter
d'enregister passivement des impressions mais à réagir, às'étonner, à repérer des indices,
à les traiter, etc... S'ils ont trouvé autour d'eux du répondant, notamment dans les
échanges langagiers, ils peuvent être des surdoués "normaux", je veux dire repérés comme
tels par leur vivacité d'esprit et leur bonne aptitude langagière et qui, selon le cas,
avanceront plus vite que les autres et sauteront une classe, par exemple, ou bien qui
dévinstiront plus ou moins au contraire une école qu'ils trouvent à tort ou à raison
ennuyeuse.

Le cas des enfants "intellectuellement précoces" qui n'auraient pas trouvé de support
dans leur environnement est plus délicat mais pas totalement différent. Déficitaires en
langage, et par là déjà suspects, ils sont eux aussi pénalisés par des pratiques
pédagogiques qui ne sont pas centralement basées sur le travail par prises d'indices et
probablement trop sur la mémorisation, qui développe des pratiques langagières faisant par
trop l'impasse sur la fonction cognitive du langage signalée par E. Bautier et dont on ne
peut plus ignorer l'importance.

Que faut il en conclure, si tant est que l'on puisse conclure mais pour essayer du moins
d'avancer encore un peu ? Que l'idée de De la Garanderie de s'interroger sur les "cracks"
de l'intelligence et de l'apprentissage afin d'aider les plus démunis peut être mise en
parallèle, bien que diamétralement opposée, avec celle de Reuchlin qui s'interrogeait lui,
à l'autre bout de la chaîne, sur le fonctionnement des débutants de l'intelligence et de
l'apprentissage, nos ancêtres les animaux adeptes de l'apprentissage dit "vicariant".

Voici enfin d'autres adresses :

http://anpeip.org/alpes

qui organise le colloque du 3 Mai à Grenoble

http://www.altern.org/gisements

Site d'un directeur d'école qui milite pour que l'on s'interroge enfin sur le problème de
l'échec scolaire des surdoués.

Michel MONOT
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)


----- Original Message en réponse à un message transmis par Dominique Couturier -----
From: Caroline Marseille <caroline.marseille@wanadoo.fr>
To: IUFM <listecolfr@cru.fr>
Cc: <max.bruno@caramail.com>
Sent: Monday, May 01, 2000 4:17 AM
Subject: surdoue


| >voilà, je suis jeune prof des écoles. Si une personne vient me voir en
| >me disant que son enfant est surdoué ou a un niveau trop élevé pour la
| >classe, que puis-je répondre. Pouvez-vous me donner la conduite à tenir
| >et ce qu'il faut lui répondre et éventuellement les textes et des
| >petites astuces. Je vous remercie.
| >Mon e-mail:max.bruno@caramail.com
| >C'est très urgent.
| >Je vous remercie et bravo pour votre site.
|
| Qui peut répondre à ce jeune PE?

|
| bonjour,
|
| ma reponse est celle d'une etudiante au cned ( preparation au concour dans
| l'academie de nice pour cette annee).
| je reponds du double regard que je porte sur le sujet:
| -en tant que futur enseignant
| -en tant que parent d'une enfant surdoue scolarisee
|
| tout dabord, la reponse qui m'a ete faite de son institutrice, ce qui peut
| servir d'exemple: j'ai eu de la chance elle connaissait le sujet (son fils
| l'ai egalement).
| elle m'a assuree qu'elle serait vigilante a ce que ma fille ne s'ennuie
| pas -premier danger pour un surdoue_et que si besoin est elle ferait un
| passage anticipe dans la classe au dessus-ce qui n'a pas ete necessaire pour
| l'instant.
|
|
| ensuite la reponse ideale a mon sens, qui sera celle que je pratiquerait:
|
| - demander si l'enfant a ete teste par un psychologue
|
| si, oui, demander a lire le compte rendue du psychologue pour mieux savoir
| ou en est l'eleve: niveau de qi, avis du psychologue sur le saut de classe,
| maturite generale (importance de la dyssinchronie) et meme pourquoi pas
| discuter avec ce psychologue.
| et demander aux parents quels sont les domaines ou l'enfants presente de
| l'avance (cela passe malheureusement inapercu pour les enseignants)
|
| si non, demander quels sont les raison du doute de la precocite par les
| parents et juger de la pertinence
| si le doute semble se confirmer proposer de faire tester l'enfant par le
| psychologue scolaire ou par un prive(500 a 800f le test).
|
|
| ensuite se demander si l'enfant a besoin d'un saut de classe: s'ennuie-t-il
| en classe? y-a-t-il un rejet de la par des autres enfants? cet enfant
| souffre-t-il?
|
|
| ET SURTOUT pour etre a meme de bien juger le probleme, se renseigner sur le
| sujet:
|
| sur internet: www.douance.org ,
| www.afep.fr
| deux sites tres complets et incontournable, qui ont chacun une liste de
| discution qui permet de mieux comprendre comment les parents vivent le
| sujet.
|
| il donnent tout deux une bibliographie.
| personnellement, je conseille:
| le livre de l'enfant surdoue de terrassier, qui permet de faire rapidement
| le tour du sujet
| celui de ariel adda dans une moindre mesure pour elargir le sujet ( devenir
| des enfants surdoue a l'age adulte, qui n'ont pas ete detecte).
|
| un rappel, qui vaut la peine de se renseigner, la formation est si faible a
| l'iufm:
| il y a environ un enfant doue par classe; malheureusement souvent non
| detectee. j'ai ete un de ceux-la.
|
|
| les textes maintenant: je n'ai pas toutes reference sous la main, mais en
| gros l'esprit est:
|
| l'education nationnale doit fournir a chaque enfant une education adapte a
| son cas (ce qui est rarrement possible pour les surdoue).
| le saut de classe ne peut se pratiquer qu'a raison d'un pendant la
| scolarite, sauf derogation, ce qui est courant malgres tout.
|
| c'est donc du cas par cas, les decisions ne sont jamais facile a prendre, ni
| de la par des parents, ni de la par de l'equipe pedagogique.
|
| bon discernement
|
| caroline.marseille@wanadoo.fr

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