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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Avril

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Objet: Re: [pedagogie-maitrise] PMEV : appréhension... Choix déséquilibrés
Date : mardi 18 avril 2000 22:22

Cet échange sur les choix déséquilibrés, que nous connaissons depuis longtemps, me parait
pouvoir nous aider à avancer en théorie et en compréhension, par référence aux propos
récemment évoqués de Elisabeth Bautier.

Lorsque j'ai découvert ce texte de E.B., mes représentations n'ont pas été bouleversées -
les votres non plus sans doute - puisque j'avais adopté, par simple intuition raisonnée,
cette mécanique du bilan qui relève de cet éclairage "fonction cognitive" du langage que
les linguistes avaient délaissée. Mais j'ai quand même été content de trouver un éclairage
"savant" qui venait recouper et soutenir cette intuition . Si je n'avais pas été lancé
dans la PMEV, j'aurais je crois apprécié tout aussi fortement cet éclairage de E. Bautier
tant il me semble que les enseigants du primaire, plus peut être que ceux du secondaire,
le ressentent comme juste.

Mais qu'en pensent les autres interessés, je veux dire ces fameux "apprenants". Pas
question de les faire plancher sur le texte de Bautier certes, mais que pouvons nous
supposer ou induire de nos constats à ce sujet ?

Ils ne sont pas des robots que nous programmons à notre guise, ils réagissent et ils
s'expriment, approuvent ou non, en fonction de leur ressenti et parfois sans pitié, je
n'invente rien. Nous avions tout de suite vu qu'avec la PMEV ils accrochaient mieux, et
ils nous avaient dit ce qui leur plaisait dans l'affaire : la tête du maître n'avait pas
changé et la classe était toujours aussi moche, les exercices étaient aussi ch.. qu'avant,
mais ils pouvaient "choisir" et cela changeait tout. Or, cette possibilité de choisir,
nous ne l'avions pas adoptée pour les appâter, mais par dure nécessité "expérimentale" :
on ne pouvait pas mettre en place l'apprentissage vicariant sans jouer sur des décalages
d'avancement. Très vite, mais pas tout de suite et en tout cas pas au préalable, nous
avons compris que cette possibilité de choisir touchait en fait à autre chose : choisir
les obligeait à réfléchir, à analyser, et c'est finalement cela qu'ils appréciaient, de la
même manière qu'ils aiment se remuer physiquement et toucher à tout. Sans être
rousseauiste effrenné, on se disait que l'enfant est "bon" par nature, je ne veux pas dire
"généreux", mais "fonctionnel", plus côté tête que côté coeur.

Dans la même logique, il faut sans doute aller un peu plus loin. E. Bautier a raison, nous
l'avons tous compris depuis longtemps intuitivement, mais finalement eux aussi. Apprendre
des leçons et faire des exercices, bien sûr qu'ils aiment parfois tout cela quand ils ont
réussi à entrer dans ce jeu, mais ils aiment alors aussi le bilan, presque toujours, et
les raisons en sont multiples. Plaisir de s'exprimer et de se mettre en avant, de titiller
les copains parfois mais aussi, plaisir d'avoir en classe de vrais échanges, d'utiliser la
langue à sa fin première de "cognition", de pouvoir parler sérieusement et/ou, sans
pouvoir le définir mieux qu'ils ne l'ont fait pour le plaisir du choix (ou le plaisir de
bouger) parce que c'est difficile à analyser et exprimer, parce que ce moment de bilan
s'enracine dans le travail de réflexion qu'ils ont fait en amont et qu'il permet d'y
retourner. Freinet aurait dit, plaisir de "la vie", et cette référence théorique que l'on
peut trouver un peu courte corespond néanmoins à une réalité pédagogique que je ressens
aujourd'hui encore mieux.

Mais alors, ces choix déséquilibrés, on s'égare un peu ? Pas si sûr ! On peut penser, en
néo-rousseauistes, que les enfants pas si bons que ça par nature côté coeur n'ont que
faire des directives du maître même s'ils l'aiment bien, alors que bons côté tête ils
savent intuitivement ce qui leur convient hic et nunc. Pas vraiment matheux comme dit
Annick, mais qui ont quand même envie de s'y frotter parce que leur tête a envie de ça
comme leurs jambes ont envie de bouger.

Laisser faire ? Si c'est pour verser dans la classe babacool, non. Mais si c'est pour
compter avec le rôle régulateur du bilan, qui va conduire les élèves au bout d'un temps
plus ou moins long à corriger un peu les déséquilibres de leurs premiers choix, je pense
que oui. Oui sans hésiter, parce que ce rôle régulateur du bilan a été cent fois vérifié
et qu'il y a sans doute derrière ce phénomène de régulation quelque chose de fort. La
liberté de choisir, que nous avons déjà si j'ose dire bien libérée de sa conotation
laxiste, est sans doute encore plus importante que nous ne l'estimons actuellement lorsque
nous disons que choisir oblige à réfléchir, parce qu'elle va pouvoir en plus se confronter
ou se
cogner au bilan. . Elle est ce qui permet à l'enfant de penser, dans le domaine qu'il
privilégie, à partir des représentations ou des connaissances qu'il a déjà acquises, hors
desquelles il ne pourrait pas avancer. Elle est aussi ce qui va lui permettre, dans le
domaine qu'il tend à fuir, de glaner la petite information qui va faire tilt, lui
permettre de voir les choses sous un autre angle, pour faire glisser insensiblement la
matière qu'il tend à fuir dans le domaine de l'accepté. Contrarier trop brutalement cette
liberté serait alors un mauvais parti, aussi longtemps du moins que l'on peut compter avec
cet effet régulateur du bilan. Mes souvenirs commencent à être lointains, mais je n'ai pas
souvenir d'avoir été déçu sur ce plan là.

Comme le dit Anne Olga, aux bilans ce déséquilibre n'apparait pas, ce que j'interprète
comme un égal respect des disciplines du programme, qui va donc permettre ce brassage
d'idées et de représentations qui fait bouger les choses, tant dans les disciplines que
l'enfant apprécie que dans celles pour lesquelles il n'accroche pas. Ce qui revient à
rappeler l'importance du bilan, et de l'habileté du maître à attiser un peu le jeu des
échanges s'il vous apparait souffreteux, mais sans rejeter totalement cette part du maître
plus classique qui conduit à rappeler à l'enfant, gentiment d'abord, plus fermement
ensuite s'il le faut, qu'il doit se frotter un peu à tout..

Nous saurons bientôt si la classe de Annick, anxieuse par nature, a évolué selon nos
prévisions. Et si cette anxiété de fond, que je tend pour ma part à considérer comme
porteuse, parvient quand même à se réguler elle aussi grace au moment de bilan.

Bien cordialement,

MM


----- Original Message -----
From: AOJ <aojulien@inforoutes-ardeche.fr>
To: <pedagogie-maitrise@egroups.com>
Sent: Wednesday, April 19, 2000 3:49 AM
Subject: RE: [pedagogie-maitrise] PMEV : appréhension... Comment cela va-t-il finir ?...

| -----Message d'origine-----
| De : Annick Hélène [mailto:annick.helene@free.fr]
| Envoyé : vendredi 14 avril 2000 21:59
| À : pedagogie-maitrise@onelist.com
| Objet : [pedagogie-maitrise] PMEV : appréhension... Comment cela va-t-il
| finir ?...
|
| 1) Ayant le choix, mes "matheux" avancent énormément les fiches de maths et
| délaissent assez nettement la partie français, et vice-versa naturellement
| pour les "littéraires"... (je mets des guillemets : j'entends par là ceux
| qui aiment bien les maths (sans être nécessairement des "bons en maths" !)
| et ceux qui aiment bien le français...)
| Je suggère de temps en temps de penser au reste, mais pour l'instant, je ne
| souhaitais pas trop influencer...
|
| Comment va se passer la dernière semaine : va-t-il rester que ce que l'on
| aime moins faire ? Faut-il que j'influence ( impose ? ) un peu ?...
| ------------------------------------------------------------------------
| J'ai eu le même problème. On en a discuté avec les élèves (23 CE2) et je
| leur ai proposé de faire au moins un exercice par
| matières. En milieu de deuxième semaine, je le rappelle si les déséquilibres
| sont vraiment trop grands.
| Mais je suis toujours surprise car aux bilans ce déséquilibre n'apparait pas

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