logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert.gif (88 octets)  B2i                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Avril

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Objet: [pedagogie-maitrise] Instit écrivain
Date : mercredi 12 avril 2000 21:19

Dans un échange privé sur un problème "informatique" qui a dérivé ensuite par atavisme
vers le "pédagogique", j'avais parlé à Nicolas d'une de "mes" ex-institutrice, exerçant
aujourd'hui dans la circonscription de l'ex-Ecole Normale et qui, pratiquant la PMEV mais
étant par ailleurs écrivain, obtenait de très bons résultats en Français.

La réponse de Nicolas aborde plusieurs problèmes d'intérêt général que je décompose pour
éviter les messages trop longs :

1) le problème de l'instit-écrivain, que je vais évoquer ici.
2) le problème plus général de l'enracinement dans la lecture, déjà souvent abordé, que je
réserve pour un autre message

Nicolas a donc écrit :

Nicolas Mirkovic. - Je veux bien croire que cela joue beaucoup et ça me fait même plaisir
de
voir que tu accoles son statut d'écrivain, avec ce qu'on peut imaginer
comme place laissée au livre dans sa classe, à la pratique de la PMEV pour
mentionner les résultats obtenus en français.

M.M.- Pas de chapelle ! Je n'ai proposé qu'un outil, conçu à la manière des objets
techniques pour répondre à des besoins précis. J'y reviendrai à propos de ta conclusion.

Nicolas. - Si je te raconte tout ça [autre message] qui te paraît peut-être assez trivial,
c'est parce
que je suis curieux de savoir ce qu'il se passe dans la classe de "ton"
instit écrivain, quelles pratiques "originales" ou non ?

M.M.- Il y a ce qu'elle faisait et ce qu'elle veut maintenant faire.
Ce qu'elle faisait d'abord :
Dans la classe où je l'avais découverte (un CE2 d'une école de milieu déshérité) à son
retour d'une longue dispo, plus de dix ans sauf erreur, pour "élever" (guillemets de
soulignement, maudit "texte brut" que certains adorent) ses enfanrs, je l'avais trouvée
d'abord atterrée par toutes les nouveautés qu'il lui fallait ingurgiter, elle qui n'avait
appris qu'à faire des leçons et qui n'était pas loin de penser que le MEN était devenu
fou. Elle s'est adaptée en quelques semaines grace à ses collègues, appréciant subitement
cette approche dont elle n'aurait pas oser rêver, qui lui permettait surtout de sortir des
sentiers battus. Elle a alors beaucoup travaillé le théatre, son autre violon d'ingres,
avec le collègue de l'autre CE2, ce qui a eu des effets spectaculaires sur la tenue des
élèves lors du bilan et contribué à renforcer ainsi ce que visait la PMEV en matière de
"prise de parole" et de développement de l'écoute, car il est évident que les enfants
étaient d'autant plus attentifs que les prestations présentées avaient de la tenue et
passaient la rampe, même au bilan.
Côté écriture, elle avait une orientation "écriture longue", et il est évident que son
savoir faire d'écrivain avait des retombées sur sa manière de traiter les problèmes,
jusque dans les plus petites interventions.
Quand j'ai parlé de "bons résultats", je n'avais pas les moyens d'une évaluation précise
type DEP, et que je n'en jugeais en fait que par l'atmosphère générale de la classe,
totalement impliquée dans le travail et avec un enthousiasme dont l'école n'avait pas
l'habitude. C'était même émouvant de voir à quel point les résultats obtenus allaient au
delà de ceux attendus au regard des critères prédictifs et trop souvent constatés.
Ceux qui l'avaient connu "avant" étaient impressionnés, mais il est évident que son
travail personnel d'écrivain avait préparé les transformations constatées.
Quant à la PMEV, elle jouait bien sur son rôle, pour les raisons que l'on connait, mais
notoirement aussi en libérant l'institutrice. Mais ce qu'apportait en propre
l'institutrice ainsi "libérée" jouait évidemment puissamment. Le dire ici : le § des IO
que nous avions retenu avait je pense cette ambition de libérer les instits, en
développant leur maîtrise de la classe par l'observation et la compréhension des
situations d'apprentissage.

Ce qu'elle veut faire maintenant ? C'est très particulier, ancré dans notre contexte
calédonien, mais pas ininteressant. Je lui laisse la parole, puisque nous sommes en
contact par Email et que nous nous rencontrons de temps en temps dans le cadre d'une
petite association pédagogique.

Message du 10 Avril :

| Un grand merci pour m'avoir envoyé le texte d'E.Bautier. Encore une fois
| cela est tombé à point pour me remonter le moral car le soir même le
| directeur nous avait fourni un document d'évaluation avec lequel je ne me
| sentais pas vraiment en phase.Du style beaucoup de cases concernant surtout
| la maîtrise des formes linguistiques.Mais je m'y plierai, contrainte et
| forcée, c'est le cas . Excusez-moi, mais tous les instituteurs suivent tous
| les formulaires à la ligne, sans se poser de questions et je ne peux pas
| seule toujours me démarquer....Bref, cela ne m'empêche pas de travailler
| differemment dans la pratique.Et là , je sollicite votre critique pour
| savoir si c'est ainsi qu'on peut progresser pour la maîtrise de la langue
| ou si je ne suis pas à côté de la plaque. Je compte sur vous pour me le
| dire en toute franchise.Ayant la chance inouie de posséder une bibliothèque
| ancienne -héritage de mon père- j'ai à ma disposition de nombreux ouvrages
| sur la littérature océanienne, ouvrages hyper interessants et
| malheureusement jamais réédités. J'ai ainsi découvert de nombreux mythes,
| des récits etc...Je me propose donc de les faire connaître à mes élèves et
| de m'en servir comme bases pour la maîtrise de la langue sur la période à
| venir.
| Le lundi:lecture du récit donc écoute du texte par les élèves.Le mardi
| leur donner la parole pour résumer le récit entendu la veille et les
| inviter à la discussion sur l'intêret du récit, sa structure etc... et sur
| la qualité du locuteur( ton etc..).Le mercredi trier et organiser les
| réflexions des uns et des autres, en les écrivant au tableau et en les
| reportant dans 1 tableau photocopié que chaque enfant aura à portée de
| main. Le jeudi,reformuler le récit à partir des observations et des
| critiques contenues dans ce tableau. Le réécrire. Le vendredi lecture de
| ces textes devant l'auditoire classe.Ainsi on apprend à apprendre l'Autre,
| à se représenter son monde et à le connaître. La langue est ainsi utilisée
| pour construire des connaissances.
| Est-ce ainsi ou non?En plus cela permet d'écrire à nouveau ces récits trop
| souvent contés et non écrits ou écrits sans forme pour respecter au plus
| près la tradition. C'est dommage de ne pas les mettre en forme ce serait
| l'occasion de les faire découvrir au grand public qui accrocherai mieux
| plutôt que de les lire dans leur forme initiale qui n'est pas attrayante il
| est vrai... Merci de vos conseils. Amities C.REGENT
|

C'est un projet à base de "rewriting" plus que d'ammendement de texte classique, sur des
textes totalement différents de ceux que produisent spontannément les élèves mais
probablement assez riches. Une pensée plus complexe, pourquoi pas ? Elle a un CM1.

Nicolas.- (Si je te raconte tout ça...)

... C'est aussi parce c'est bien la PMEV, qui en "prenant en charge" les
aspects plus "scolaires", plus formels, nous permet de consacrer du temps,
chez nous et en classe, à ces questions... ce qui ne signifie pas que toute
réflexion concernant l'organisation PMEV proprement dite est devenue
inutile, loin de là...

M.M..- Ce qui me surprend encore, c'est de voir, avec le recul, que nous sommes partis
d'un simple "donner à l'enfant le temps dont il a besoin pour apprendre" pour aboutir de
façon un peu inattendue à un "rendre au maître le temps dont il a besoin pour faire et
vivre son métier".

Quant à l'organisation PMEV proprement dite, conçue comme un outil qui ne voulait pas
empiéter sur l'après midi (en gros) mais seulement le libérer; il est évident qu'il faut
continuer à y réfléchir, mais en fonction peut être aussi du contexte de chacun et même de
ses propres préférences, des hobbies que l'on peut réinvestir en classe parfois, en
décloisonné ou non.

Je crois bon que chacun s'exprime en fonction de son "profil personnel" du moment qu'il
remplit le contrat qui lui est fixé. Je crois que l'instit - écrivain ou autre hobby
compatible -
ne peut en être que plus heureux dans son métier, et ce n'est pas rien, ni si facile
d'ailleurs.

Mais il y a donc aussi le contrat à remplir, et je ne pense pas avoir épuisé le sujet. Le
dernier message de Antoine Cantais, par exemple, mais il y avait déjà eu auparavant des
réflexions de même ordre, va dans le sens d'un renouvellement de cette réflexion, et de
façon d'autant plus interessante qu'il continue à piocher autour d'une conception
dynamique du temps, et pas seulement de son découpage.

Amicalement.

MM

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France