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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Avril

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Cc: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Objet: [pedagogie-maitrise] Texte de chercheur : Elisabeth BAUTIER
Date : vendredi 7 avril 2000 07:42

Lire et écrire pour penser et comprendre....


Elisabeth BAUTIER, de l'Université Paris VIII, s'interroge sur le site de L'I.N.R.P. à
propos des insuffisances ou des orientations contestables de notre enseignement du
Français.

Constatant par exemple - en caricaturant - que "l'on confine les élèves dans l'écriture du
vécu au détriment d'une utilisation du langage plus réflexive et conceptuelle", elle
craint que ce genre de démarche "ne puisse résoudre les problèmes qu'elle suppose".

Autres pratiques jugées par ce chercheur insuffisantes sinon à risques : "décider que
certains élèves ont besoin d'apprendre à l'école des savoirs sociaux que d'autres élèves
sont censés acquérir dans leur milieu familial", cela au détriment d'autres compétences,
dont la littérature. Et aussi, de façon plus inattendue de la part d'une linguiste,
"l'enseignement-apprentissage de formes textuelles et de types de textes qui sont censés
permettre d'écrire", ce qui "se révèle souvent inefficace pour ceux qui collent à la tâche
scolaire, sans dépassement de l'acquisition de compétences qui sont alors plus techniques
que véritablement langagières".

On pourra trouver un petit air "républicain" à ces analyses qui dérangent peut être,
encore qu'elles aient des précurseurs. D'aucuns ont ainsi plaidé depuis longtemps pour un
environnement scolaire "riche", et les institutrices de maternelle jouent à fond cette
carte quand elles utilisent d'abondance les contes et à la littérature dite "enfantine".
Mais on peut se demander si l'école élémentaire, en vertu de programmes souvent marqués
d'ailleurs par la linguistique, ne tend pas trop souvent à désinvestir cette dimension
culturelle et à scléroser ainsi une partie des acquis antérieurs.

Sans nier que la politique des ZEP, en axant ses efforts sur la "maîtrise de la langue",
ait déjà permis d'importants progrès, Elisabeth BAUTIER invite cependant à "ne pas
confondre "maîtrise de la langue" et "maîtrise des formes linguistiques", écrites en
particulier, à ne pas réduire les problèmes de langage et d'apprentissage à des problèmes
et de vocabulaire "pauvre". Elle invite en conséquence à "penser ensemble" : "les formes
de la langue, les usages du langage oraux et écrits, ce qu'ils permettent de faire au
regard des exigences des activités scolaires."

Elisabeth BAUTIER reconnaît honnêtement que la "didactique du français" a peu étudié la
difficulté qu'elle entend pointer : "le langage, et l'écrit en particulier, pour
apprendre, élaborer, penser, ne fait qu'exceptionnellement objet d'enseignement et
d'apprentissage scolaires, alors même que cet usage du langage est justement fortement
différenciateur des élèves".

Les utilisateurs de la PMEV, entre autres, penseront ici que leur orientation a devancé ce
reproche, du moins pour le langage oral. Leur moment quotidien de bilan, bien que conçu à
d'autres fins, fonctionne en permanence sur un modèle qui consiste bien à "élaborer,
penser, travailler les savoirs". Ils se rappelleront même de tel ou tel enfant qui
éprouve le besoin de préparer ses interventions par écrit, de tel autre qui, manquant peut
être d'inspiration, se risque même à commencer sa journée en écrivant une sorte de "texte
libre" parlant de géographie ou de sciences, sinon même de grammaire.. Et ils se
demanderont alors si la PMEV ne devrait pas aller encore un peu plus loin car "c'est
vraisemblablement ici une question de PRIORITE si l'on veut que la maîtrise de la langue
ait à voir avec la réussite scolaire des élèves" ajoute Elisabeth BAUTIER qui affirme en
outre que "toutes les pratiques d'oralité et d'écriture ne se valent pas".

Il s'agit donc de "penser les situations d'oral pour dépasser les usages communicatifs et
expressifs, usages qui restent le plus souvent sans effet sur l'utilisation du langage
dans les situations d'apprentissage, en français comme dans les autres disciplines."

En PMEV, nous ne savions pas encore mais nous ressentions tout cela, qu'une linguiste
professionnelle vient aujourd'hui éclairer de sa compétence particulière en mettant des
mots sur nos pratiques élémentaires de simples "gens de terrain". Dans notre conception
initiale, dont nous n'avons pas à rougir, il s'agissait seulement de rendre à
l'apprentissage ses voies "naturelles" pour dépasser certains piétinements, et nous avions
vite découvert que nous allions du même coup placer les élèves en situation d'analyser
leurs tâches et d'apprendre à gérer leur temps d'apprentissage, leur permettant ainsi
d'apprendre les bases de leur "métier d'élève", pour arriver mieux armés à l'entrée au
collège.

Laissons Elisabeth BAUTIER conclure : "La jubilation de la maîtrise déplace le rapport au
langage qui, perçu trop souvent par les élèves comme objet de distinction, devient élément
central d'une culture partagée."

Cela, nous l'avions en effet constaté.

Référence :

http://www.inrp.fr/Zep/Partheme/Textes/Lec/Lec_Bautier.html


Michel MONOT
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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