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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Mars

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Cc: <sunnybob@pop3.club-internet.fr>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: [pedagogie-maitrise] fiches élèves lents
Date : vendredi 17 mars 2000 12:16

Que ces quelques éléments de réponse (en rouge) suscitent d'autres réactions, comme Chantal le souhaite.

----- Original Message -----
From: chantal.domenge
To: pedagogie-maitrise@onelist.com
Sent: Thursday, March 16, 2000 7:01 PM
Subject: [pedagogie-maitrise] fiches élèves lents


From: "chantal.domenge" <chantal.domenge@wanadoo.fr>


Je voudrais aborder un sujet sur lequel vous vous êtes sans doute déjà exprimés (mais la liste des archives est longue, impossible de la consulter entièrement en quelques jours), il s'agit du nombre de fiches réalisé par les élèves les plus lents, et son impact sur les apprentissages.

D'après ce que j'ai compris, la particularité de la PMEV est que l'effet du choix (analyse de la tâche, autoévaluation) va permettre à l'enfant de développer des compétences de bon élève, et les bilans successifs vont lui permettre de "se frotter" plusieurs fois à la notion à aborder, par l'intermédiaire de ses pairs, même s'il n'a pas lui-même réalisé ses exercices.

Je voudrais demander aux "anciens" de la liste si les choses se passent bien ainsi.

Ils vont vous répondre et je ne fais ici qu'une mise au point sur le concept initial.
C'est bien comme cela que nous voyons les choses et vous avez bien défini le "moteur" du système. Mais dans l'idéal, le but recherché est quand même que tous les élèves parviennent au bout du compte à réaliser tous les exercices. Dans la pratique, c'est rarement le cas, sauf à viser vraiment trop bas, et nous nous satisfaisons donc d'un succès moins "miraculeux", pourvu que nous ayons quand même le sentiment d'une amélioration significative du "rendement" de nos élèves, de tous nos élèves, et que eux même aient aussi ce sentiment de ne plus piétiner inutilement et de progresser , ce qui est généralement le cas. Si nous avons allongé la période de travail à trois semaines, c'est précisément pour favoriser la maturation qu'implique tout apprentissage. Si nous avons ajouté au programme minimum des extensions de type culturel, c'est pour ne pas pénaliser les élèves rapides, qui d'ailleurs n'ont que faire d'un programme trop étroitement basique. Nous avons renoncé à une progression de type rigidement frontal, mais nous faisons en sorte de pouvoir retrouver à chaque étape tous nos élèves sur une même ligne de départ. L'image du Tour de France et de ses étapes, avec ses vedettes et sa lanterne rouge, permet une représentation assez juste, bien que réductrice
.

Je débute moi-même un fonctionnement de type PMEV sur 2 semaines avec mes CE1 et, s'il est bien trop tôt pour faire le point car les enfants et moi sommes "en rôdage", je constate comme tout le monde que les "déjà bons élèves" profitent des différentes "entrées" proposées par les fiches pour aborder plusieurs fois la même notion sous des angles divers, renforçant ainsi leurs compétences,

C'est déjà un premier point, qui peut géner certains, mais il est important. Si la PMEV n'a pas été initialement conçue pour les bons élèves, dont on dit souvent - et un peu vite - qu'ils apprennent tout seuls, nous n'avons pas voulu non plus les sacrifier et nous l'avons dit. Mais l'originalité de la PMEV est d'avoir besoin, par définition, de bons élèves : sans bons élèves, il n'y a plus de PMEV, car plus d'étayage possible pour ceux qui en ont besoin.

alors que d'autres plus lents et hésitants ne réaliseront qu'une ou deux fiches sur cette même notion.

Mais ce sera déjà ça de pris, que vous auriez eu encore plus de difficulté à obtenir dans une classe frontale, sauf à ralentir les bons et à vous fatiguer inutilement.

J'espère qu'avec le temps ces élèves prendront confiance en eux (la nouveauté semble les inquiéter)

Cette inquiétude est normale au tout début, mais elle devrait vite se dissiper quand ils découvriront le formidable apport que représente pour eux le moment de bilan. Bien sûr, il va vous falloir ici jouer en finesse, pousser les faibles à passer à leur tour au bilan quand ils auront atteint un niveau suffisant, calmer les meilleurs à ce moment là. Généralement, cela se passe assez bien, mais le profil particulier de votre classe, qui est bon, vous invite ici à plus de vigilance encore.

et "avanceront" plus sereinement; je compte aussi sur l'effet vicariant pour qu'ils profitent des découvertes des autres. Mais avant de faire connaissance avec la PMEV, je pensais que c'était aux enfants qui avaient le plus de difficultés qu'un grand nombre d'exercices était indispensable (à condition qu'ils trouvent de l'aide au bon moment pour les réussir!).

Vous aviez raison de le penser, car cette idée n'est pas du tout fausse. Mais remarquez bien que nous n'en prenons pas le contrepied et que nous ne faisons que traiter le problème autrement. C'est parce que la classe frontale n'a pas recours à l'étayage qu'elle est condamnée à donner un plus grand nombre d'exercice, quand elle ne baisse pas les bras, pour enfoncer le clou.

C'est pourquoi en pédagogie frontale, je donnais aux élèves à terminer à la maison le travail qui n'avait pas été réalisé en classe, sachant que chez nous les parents prennent le relais, que notre environnement socio-culturel est favorable, et que les familles elles-mêmes pratiquent le bombardement culturel (nous croulons souvent sous une avalanche de livres, dépliants, CD , cassettes audio/video etc. apportés par les enfants; je n'ai aucun mal à suivre les I.O.qui préconisent entre autres une lecture à haute voix par le maître de textes variés).

Je ne peux préjuger de rien et je ne peux prendre le risque d'anticiper sur les constats que vous ferez vous même. Malgré mon expérience, ou à cause de cette expérience, je ne m'y risquerai pas, tant je sais qu'un paramètre peut vous/nous échapper, même dans ce contexte qui parait a priori favorable. C'est donc plutôt un pari que je risque : bien que ce milieu ne soit pas de ceux qui appelaient une opération de type PMEV, il m'étonnerait que vous ayez des réactions négatives des parents. Des questions sans doute, un étonnement dont on vous fera part, mais que je crois pouvoir présager favorable.

En relisant "l'école, mode d'emploi" de P. Meirieu, j'ai relevé cet extrait qui résonne pour moi comme un écho à mes vieilles inquiétudes:
"A tout prendre, finalement, Gianni préférait les professeurs qui donnaient beaucoup de travail; il ne le faisait pas toujours, mais il savait à quoi s'en tenir.Il avait compris ce paradoxe étonnant selon lequel moins on donne de travail aux élèves, et plus ils en ont: car il leur faut découvrir alors, eux-mêmes, toutes les étapes intermédiaires, se fabriquer les exercices d'application, s'inventer des évaluations..."

Je crois avoir lu tout Meirieu ou presque, et plusieurs fois même parfois, mais je n'ai pas souvenir qu'il ait parlé de l'apprentissage vicariant, en tout cas dans ses premiers ouvrages, ce que je regrette d'ailleurs. Quand il a parlé du "copiage", c'était pour suggérer des épreuves d'examen ou des évaluations sur documents. C'est un autre aspect du problème. je n'ai plus la référence sous la main mais je devrais la retrouver assez vite.

Pour en revenir au propos de Gianni et si je sais bien lire, ce n'est pas en soi la quantité de travail qui l'interessait, mais c'est "savoir à quoi s'en tenir". Or, telle est aussi notre préoccupation en PMEV, et je me risque à avancer que nous y parvenons mieux. Ce que Gianni reproche ici aux profs qui ne donnent pas assez de travail, c'est de les obliger à tout explorer seuls, alors que nous cherchons justement à leur faciliter la tâche en leur montrant comment font ceux qui s'en sortent, sans pouvoir prédire quel est le détail dont ils vont avoir besoin.


En résumé, un enfant qui, par exemple, n'aura réalisé qu'une fiche sur le pluriel des noms, réussira-t-il aussi bien son exercice d'évaluation, grâce à l'effet vicariant, que s'il en avait fait 5 ou 6 comme les plus rapides?

Vous en demandez peut être beaucoup alors je vais préciser un peu les choses. Un élève intelligent qui trouve fastidieux de se taper 5 ou 6 exercices sur le pluriel des noms répondra à votre attente : nous en avons connu un qui ne faisait aucun exercice, se cachait sous les tables lors du bilan, et réussissait néanmoins ses contrôles. C'était un cas proche du pathologique, en outre soutenu à la maison d'après ce que je crois savoir.

S'agissant d'un cas plus ordinaire, je crois qu'il faut tenir compte du fait que nous réduisons un peu, grace à la PMEV je crois, la nécessité de très nombreux exercices. Cinq ou six exercices avec X items sur la même difficulté, je ne suis pas contre, mais j'observe que cela relève de la gamme, du conditionnement si l'on veut, et il en faut. En PMEV, assister à une présentation d'exercice au bilan n'équivaut peut être pas à une gamme supplémentaire, mais cela participe quand même d'un travail d'appropriation. Vous le constaterez sans doute : il semble possible d'obtenir les mêmes résultats avec un peu moins d'entrainement individuel.


Veuillez m'excuser si vous avez déjà débattu la question.

Vos excuses sont inutiles. La liste est là pour ça.

Mais peut-être qu'avec l'expérience vos éclairages sont-ils différents?

Je souhaite très vivement que les co-listiers vous répondent, même pour nuancer ou infirmer mes propos. La liste est là pour ça aussi.

Chantal Domenge cycle 2 (9CP/12CE1) école de Marlioz 74

P.S. Les fiches d'Eric m'intéressent beaucoup. Mais peut-on télécharger des fiches Publisher si l'on n'a pas ce logiciel installé sur son ordinateur?

Les télécharger, oui. Mais vous aurez besoin de PUBLISHER pour les lire. Vous avez la solution de mettre les fichiers sur diskettes et de les faire lire par un collègue qui aurait ce logiciel.

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