logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert.gif (88 octets)  B2i                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Mars

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Objet: Re: [pedagogie-maitrise] curieux
Date : mercredi 1 mars 2000 22:45

Mais que vas tu donc faire au Mali à l'heure où précisément tant de français moyens rêvent de passer des vacances à Briançon ? Curieux ça aussi non ?

Milles excuses pour le pensum que tu as du fournir, et bravo. Juste une remarque, de détail, car le problème est complexe et je m'y perds parfois.

Reuchlin avait formulée une hypothèse des plus précieuses mais encore brute. Il ne l'avait malheureusement pas exploitée au plan pratique.

D'où cette possibilité rédactionnelle un peu différente :
Fondés sur une hypothèse de Reuchlin pressentant les importantes applications pédagogiques de l'apprentissage vicariant, les travaux ont visé à structurer et à maîtriser pour l'école élémentaire une pédagogie de maîtrise "à effet vicariant". Les recherches ont ainsi postulé qu'en laissant le choix de la tâche à l'élève, le bénéfice en termes d'apprentissage est plus grand : il doit d'abord se représenter la tâche à effectuer, faire le tri entre ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas encore faire, accomplissant un travail métacognitif qu'il appartient alors à l'école d'accompagner en l'étayant.

Amicalement,

MM

----- Original Message -----
From: Eric Vermeulen
To: pedagogie-maitrise@onelist.com
Sent: Wednesday, March 01, 2000 8:50 PM
Subject: Re: [pedagogie-maitrise] curieux


From: "Eric Vermeulen" <eric-ver@wanadoo.fr>


et voilà ! désolé pour le retard, je rentre du Mali.
Amicalement
Eric Vermeulen

Monsieur l'Inspecteur,

Suite à la demande de Mme R., je vous transmets une présentation très succinte de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'expression de mes respectueuses salutations.

Eric Vermeulen


La Pédagogie de Maîtrise à effet Vicariant est née des travaux de l'équipe animée par Michel Monot, IEN à Nouméa. Sa circonscription connaissait de sérieux problèmes d'assiduité des élèves, notamment canaques urbanisés acculturés. Le souci de l'équipe de Michel Monot a été de trouver une organisation pédagogique
1 - qui réponde aux instructions officielles
2 - qui permette à chaque élève d'être engagé dans les apprentissages pendant tout le temps qu'il passe à l'école.

Les recherches se sont appuyées notamment sur l'hypothèse de Reuchlin qui postulait que quand on laisse le choix de la tâche à l'élève, le bénéfice en termes d'apprentissage est plus grand : il doit d'abord se représenter la tâche à effecteur, faire le tri entre ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas encore faire, accomplissant un travail métagognitif. Elles ont aussi voulu s'appuyer, en le structurant et en le maîtrisant, sur l'effet vicariant. Pour faire clair, on peut dire que c'est un effet "collatéral", c'est l'apprentissage qui existe par exemple entre les enfants d'une même famille à l'insu des parents, c'est l'apprentissage "par la bande".

Concrètement :

L'année est divisée en "mini-périodes" dont la durée varie avec l'âge des élèves : 3 semaines en fin de cycle 3, 1 semaine en CP. Durant cette mini-période l'élève a un certain nombre de fiches à effectuer.
Pourquoi cette organisation ? Les "bons élèves" vont effectuer les fiches plus vite que les élèves qui connaissent des difficultés. Le découpage en "mini-périodes" évite que les "bons élèves" prennent tant d'avance que les autres ne se représentent plus la fiche dont il est question.

La mi-journée est divisée en 3 temps :

1 - un temps de travail individuel (TI) : c'est le travail sur les fiches, que l'élève choisit. La durée varie en fonction de l'âge.
2 - le bilan : les élèves viennent présenter leur travail, c'est à dire les fiches qu'ils ont effectuées, à l'ensemble de la classe. Les "experts" fournissent ainsi aux "novices" des indices, des informations, qui vont leur permettre de pouvoir effectuer des tâches qui leur étaient inaccessibles au début de la période. Pour les "experts", c'est d'un véritable travail de reformulation et d'expression orale qu'il s'agit. Ici l'enseignant n'a que peu d'interventions de nature pédagogique. Le maître doit effectuer un rigoureux travail de pointage des fiches effectuées par chacun, pour mesurer la progression de la classe. Une même fiche peut être présentée plusieurs fois pendant une mini-période. Pour revenir au découpage en mini-périodes, il est important que le bilan vienne répondre à des interrogations au sujet d'une fiche que l'élève a vu mais qu'il n'a pas su faire.
3 - les leçons n'ont pas disparu : elles ont lieu quand le besoin s'en fait ressentir. C'est le 3ème temps.

Quelques remarques :

Le résultat en termes de comportement des élèves est étonnant. Je n'ai jamais fait la moindre discipline pendant les moments de bilan, alors qu'il est commun aux ce1 et aux CP. L'engagement des élèves est bien réel, notamment chez ceux qu'il fallait régulièrement remettre face à leur travail avec une pédagogie frontale.

Cette pédagogie a été conçue pour des élèves lecteurs. Avec plusieurs collègues disséminés en France, nous y avons apporté les adaptations nécessaires pour qu'elle fonctionne chez des apprentis-lecteurs et des lecteurs débutants. La présentation aux élèves de fiches sans consigne écrite est une réussite. L'élève doit d'abord se demander ce que l'on attend de lui... et y arrive très bien.

La représentation que l'enseignant a de ses élèves change : certains élèves qui étaient "faibles" effectuent un nombre de fiches remarquable, et ont une part active en posant des questions pertinentes aux moments de bilan.

Ici il n'est question que du français et des mathématiques. Rien n'empêche d'adopter la même organisation pour les activités de découverte du monde.

Un point négatif : ce que l'on gagne dans la classe, on le perd chez soi, au moins la première année, quand il faut fabriquer les fiches. Il est vrai qu'il s'agit d'un investissement, mais il peut paraître lourd.

Autre point négatif : si cette organisation pédagogique a été conçue au départ avec des fiches fabriquées avec des ciseaux et de la colle, l'usage de l'informatique s'avère vite nécessaire :
- la réalisation des fiches est plus rapide
- on peut participer sur internet a des discussions avec la centaine de collègues en France qui ont adopté cette organisation. L'adaptation de cette organisation à sa propre classe en est considérablement accélérée.


Conclusion :

Il ne s'agit pas à proprement parler d'une nouvelle pédagogie. Il n'y a aucun discours idéologique qui la soutient. On a repris les composants de la pédagogie frontale en les organisant autrement. On a cherché à engager les élèves dans l'apprentissage, et à faire profiter les élèves les plus faibles de la maîtrise des élèves les plus forts.

Pour plus de renseignements :
Le site référence de la pmev (il n'y a aucun ouvrage édité à ce sujet)
http://www.offratel.nc/magui/
Une expérience en cp/ce1
http://perso.wanadoo.fr/ericver/

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France