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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Février

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <listecolfr@cru.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@onelist.com>; "Liste Freinet" <freinet@cru.fr>
Objet: [pedagogie-maitrise] Re: Exercice de math
Date : vendredi 25 février 2000 22:46

From: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>

Ta position est tout à fait compréhensible et entrainera même sans doute une
belle unanimité.

Mais je ne suis pourtant pas tout à fait d'accord et vais tenter de m'en
expliquer.

Je pense comme toi que les listes n'ont pas pour vocation de permettre aux
élèves de se faire faire leurs devoirs, et ce n'est en tout cas pas la
vocation de celle de Béa qui est seulement - et c'est énorme - celle de
permettre aux maîtres de mieux faire le leur, mais rien ne dit que de telles
listes ne verront pas le jour. Je voudrais d'abord, face à ce problème réel
des élèves qui arrivent en troisième sans connaître Pyrthagore ni tant
d'autres choses qu'ils devraient savoir mais ne savent pas, poser un
principe qui me parait fondamental et mériterait peut-être même de figurer
dans la déclaration des "droits de l'enfant" sinon au fronton des écoles :

"Tout enfant a le droit de faire, aujourd'hui, les apprentissages qu'il a
manqués autrefois."

Certes, ce principe est appliqué même par ceux qui ne l'approuvent peut être
pas. Si Virginie ne reçoit pas de réponses et se plante à son exo, son prof
fera sans doute selon l'usage une séance de correction au tableau et
Virginie, peut on penser, en tirera quelque profit. Mais je m'interroge sur
la phase précédente, celle du travail à la maison pour lequel Virginie a
lancé ce message dont on ne sait s'il est un SOS ou une combine : le temps
que Virginie aura passé à sècher sur son devoir lui aura-t-il vraiment été
profitable ? Donner aux élèves des occasions de se creuser la cervelle est
une chose, les condamner à pédaler dans la semoule en est une autre.

Cours particuliers ou pas, il est des enfants dont les parents veulent leur
éviter les pédalages à vide et sans fin, et qui s'autorisent alors à donner
les coups de pouce nécessaire. Ils ne font pas le travail de leurs enfants,
mais ils leur fournissent quelques indications de recherche, quelques
repères. Les mêmes repères, en gros, que ceux apportés par une correction
par le professeur, mais pas au même moment : à un moment où les enfants
concernés vont pouvoir, ainsi étayés, s'investir, déployer des efforts
payants, alors que la correction du prof intervient souvent trop tard, sans
possibilité de réinvestissement immédiat, à un moment où l'on va devoir
passer à un autre chapitre.

L'enseignant enseigne, l'élève apprend. Par delà les contorsions de
vocabulaire, se cache un vrai problème que l'école a tendance à oublier
(sauf au moment trop court de la correction) : apprendre, ce n'est pas
inventer ni même tout à fait réinventer, c'est s'approprier le savoir faire
de l'autre, c'est analyser ce savoir faire - rendu visible, lisible - pour
se l'approprier. Ainsi faisaient les apprentis en apprentissage auprès d'un
artisan, les compagnons du tour de France auprès de maîtres artisans. Ainsi
font aussi aujourd'hui, dans le domaine plus délicat des apprentissages
"intellectuels", les consommateurs de parascolaire, d'annales corrigées
Bordas ou Vuibert ou Nathan, des maisons qui ont compris le truc et ne s'en
portent pas trop mal. Ainsi faisaient déjà, il y a très très très longtemps,
les premiers animaux intelligents, et on dit que l'intelligence est née des
premières expériences animales spontannées de découverte du monde et de
cette capacité naturelle d'appropriation du savoir faire de l'autre par
observation reproduction de ce savoir faire ou du produit de ce savoir
faire.

Roué ou naïf, le message de Virginie nous interpelle. Ignorer Pythagore en
troisème est inadmissible et le pire est qu'elle n'est pas la seule. Mais
l'école est elle très au clair avec les problèmes d'apprentissage et notre
conception de la morale de l'effort est-elle toujours cohérente ? Si les
écoles à classe unique produisent semble-t-il moins d'élèves en échec, ne
serait-ce pas en partie parceque les maîtres, faute d'avoir des yeux
derrière la tête et de pouvoir être au four et au moulin, sont moins
regardants que dans les autres classes sur les prises d'indices illicites
qui permettent de s'approprier le savoir faire d'autrui ?

Les "Cahiers Pédagogiques" ont publié un jour la curieuse confession d'un
agrégé retraité d'origine paysanne : il avouait avoir dans son enfance volé
le livre du maître et suggérait que sans cela son agrégation aurait
bénéficié à un autre. A l'époque, les "annales Vuibert" existaient déjà,
mais seulement dans leur antique version originale, non "corrigées". Depuis
ce temps, les choses ont évolué, et Vuibert a même sorti un CDROM
d'assistance scolaire assez bien fait dans lequel Virginie aurait sans
doute trouvé son bonheur puisqu'il prétend couvrir tous les manuels de maths
de troisième et quatrième.

Son message n'aurait alors pas eu à affronter la censure morale de nos
colistiers, mais je ne lui jetterai pas la pierre : il pose un vrai
problème. Les difficultés de l'école d'aujourd'hui tiennent sans doute aux
modifications considérables qu'a connues notre société, mais elles
n'interdisent pas une autre hypothèse : la prolongation de la scolarité
obligatoire aurait mis en évidence un défaut initial de conception de notre
enseignement, trop éloigné des processus naturels d'apprentissage que
j'évoquais, dans lesquels les prises d'indices jouent un rôle capital. Au
nom de l'éducation, de la morale de l'effort personnel, de l'honnêté
intellectuelle qui proscrit le copiage et n'aime guère l'imitation, l'école
se serait liée les mains pour accomplir plus efficacement sa mission
d'instruction.

Je suis un inconditionnel de l'effort personnel, un inconditionnel aussi de
l'instruction. Mais cela nous interdit-il la remise en cause de nos
pratiques habituelles su l'analyse les prend en défaut ?

Michel MONOT
IEN honoraire
magui@offratel.nc
Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant :
http://www.offratel.nc/magui

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir
pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)


----- Original Message -----
From: Philippe POUTHIER <philippe.pouthier1@libertysurf.fr>
To: <listecolfr@cru.fr>
Sent: Friday, February 25, 2000 5:48 PM
Subject: Re: Exercice de math


> Horizon Multimédia a écrit :
>
> > Bonjour, J'ai un exercice de math assez difficile,pouvez vous me
> > donner des réponses, svp. Lorsque je me suis abonné à cette liste, je
> > ne pensais pas qu'elle avait pour but de permettre à des élèves de
> > troisième qui ne connaissent même pas Pythagore de se faire faire
> > leurs devoirs
> > Une seule réaction possible à ce genre de demande : NE PAS REPONDRE -
> > surtout lorsque l'expéditeur est quasi-anonyme.
> > Ou alors, suggérons tous à nos élèves en grande difficulté - ou
> > paresseux - d'utiliser la liste à ces fins. Et pourquoi se limiter aux
> > maths ? A quand les rédactions, les devoirs de langues et les exposés
> > d'histoire ?
> > Salutations

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