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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Février

De: "JEAN MICHEL BALANÇA" <jmbalanca@accessinter.net>
À: <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Objet: Re: [pedagogie-maitrise] Questions
Date : mercredi 23 février 2000 00:53

Bonjour,

Je ne répondrai pas vraiment à la question de Nathanaël, et serai même à côté
du sujet, mais je vous soumettrai les problèmes que je rencontre moi aussi.

Il est vrai que cette année je constate une attention moindre au bilan, mais
qui est une manifestion parmi d'autres d'un manque d'attention général de la
classe, une difficulté à respecter des règles de prises de parole, en dépit du
fait que je cherche à faire prendre en charge par ceux qui passent au bilan la
demande d'être écoutés. Mais le fait d'être soi-même gêné par la dissipation
des autres ne rend pas nécessairement plus discipliné quand on est de l'aute
côté comme auditeur/spectateur.

Je m'aperçois cette année encore qu'il y a des enfants qui travaillent pour le
bilan, voir même qui ne travaillent qu'au bilan.
C'est à dire que le bilan est un moteur pour eux. L'exercice à faire dans le
plan est esquivé comme réalisation personnelle solitaire pour être effectué
durant la préparation de l'affiche qui servira de support à la présentation. Je
n'ai pas interdit la chose et je l'autorise avec parcimonie quand je sais qui
cela concerne.
En outre, certains veulent faire le bilan à deux. Ce que j'autorise aussi, à
condition qu'il n'y ait pas un binôme maître/esclave mais qu'il y ait un réel
partage de la tâche, que je valorise et montre en exemple.
Je me rends compte néanmoins que la participation d'enfants faibles dans la
préparation d'un bilan pour un exercice qu'ils n'ont pas fait, mais qu'ils
travaillent en collaboration avec un autre qui a compris, est positive. Mais il
reste toujours, me semble-t-il, un risque de travail de copiste (et on
retrouve le thème de la copie) servile. C'est cette servilité-là qui est
gênante, c'est pourquoi il faut la contrecarrer en exigeant une implication
personnelle, même embryonnaire, même très "pauvre", afin que le travail en
collaboration réponde à une question, même informulée, chez l'enfant.

Alors quelle est la "solution"? Je tente de poser des règles afin de maintenir
une part de travail personnel comme condition au passage au bilan. Si le bilan
est moteur du travail pourquoi s'en priver?
Et encore une fois, c'est pour certains un moyen de travailler, c'est même la
voie presque unique par laquelle ils peuvent s'investir. Peut-être certains
enfants de la classe de Nathanaël pourraient-ils jouer au bilan?
Mais j'ai conscience que la question posée est davantage tournée sur la
question de l'intérêt pour les "spectateurs" et que ma "réponse" n'en est pas
tout-à-fait une.

Tout de même, si les faibles se trouvent écartés du bilan, et d'une certaine
façon en sont frustrés (mais ce n'est sans doute pas vrai pour tous, car
certains préfèrent la réserve), il y a fort à parier qu'ils s'en
désintéressent comme spectateur.
La conscience qu'ils peuvent tirer profit du bilan comme spectateur-élève
impliqués dans le projet d'accomplissement du plan passe peut-être par leur
participation comme acteur du bilan, ne serait-ce que dans un rôle second et en
étant aidés.

Autrement dit, ce que nous percevons comme un débouché (le bilan) mérite-t-il
d'être considéré, dans certains cas bien définis et pour certains "profils",
comme une entrée pure et simple dans le travail, et de là dans la conscience
d'un projet.

À bientôt.


Jean Michel Balança
CE1
Quito-Équateur

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