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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2000 - Février

De: Michel MONOT <magui@offratel.nc>
À: Liste PMEV <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Objet: Re: [pedagogie-maitrise] Charge de travail
Date : dimanche 13 février 2000 23:22

From: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>

Comme promis, je vous réponds enfin. [...]

----- Original Message -----
From: <d_kief@club-internet.fr>
To: <pedagogie-maitrise@onelist.com>
Sent: Friday, January 28, 2000 6:37 AM
Subject: Re: [pedagogie-maitrise] Charge de travail


> From: d_kief@club-internet.fr
>
> Petite contribution concernant la charge de travail, mais aussi
> l'utilisation de fiches qui ne seraient pas de sa propre "création":
> - Je suis mal placée pour me plaindre de la charge de travail liée à la
> création des fiches puisque je puise dans celles que mon collègue de CM2,
> qui pratique aussi la PMEV depuis cette année, conçoit.
> "Nouvelle en cycle 3, avec tout à mettre en place et aucune référence,
stoc
> d'exercices, etc... sur ordi., je pense que faute de cette possibilité
> j'aurais probablement abandonné ou réalisé un travail plus que
contestable.
> Il me semble qu'un travail innovant (dans ma pratique, la PMEV est une
> innovation) demande un temps d'appropriation avant de passer à une phase
de
> "création", modification. Je m'évite une galère phénoménale.

Cela me parait tout à fait évident et j'ai bien conscience du travail qui vous est demandé. Mais je dois préciser aussi, pour répondre à une remarque souvent formulée sur la charge de travail, que nous avions cherché à alléger cette charge et non pas à l'alourdir. Pour cette raison, nous avons préconisé le très économique mais très formateur couper-coller.

Economique, c'est évident, car on gagne un temps de préparation précieux. Très formateur ? Oui, quoi qu'il y puisse paraître, du moins dans le cas où l'on choisit de piocher dans plusieurs manuels car on découvre alors toute une variété d'éclairages auxquels on n'aurait pas pensé. Bien sûr, il y a les "mastodontes", Eiler ou autres, qui s'imposent par leur qualité incontestable, mais aussi de bonnes trouvailles dans le para-scolaire pour ceux qui aiment fureter et qui en ont le temps.

Je n'avais pas prévu, au départ, que la multiplication rapide des ordinateurs et la tentation de vouloir s'en servir gauchirait un peu notre première conception au détriment de la charge de travail. Mais ce travail de création personnelle, d'expression de soi, a aussi son intérêt et je ne le condamne en rien. En fait, dans l'un ou l'autre cas, c'est le moment du bilan, des échanges, qui reste essentiel. A ce titre, votre option personnelle d'utilisation des fiches de votre collègue est tout aussi valable et sans doute très favorable au travail d'équipe pédagogique, aux discussions avec votre collègue sur tel ou tel aspect de son travail.

> - La "correction" me prend énormément de temps car je la conçois comme un
> moment où je vais inviter chaque élève à essayer à nouveau, à en parler au
> bilan, à faire partager sa découverte, à aller plus loin, à demander,
> etc...
> Mes annotations prennent donc du temps, j'essaye d'accompagner,
> d'encourager, de solliciter).

Pour autant que je puisse en juger à distance et seulement d'après ce que vous dites ici - et je suis donc prudent - il y a peut être là risque de malentendu et donc de surcharge.
En libérant du temps pour le suivi individualisé, nous nous ouvrons de précieuses possibilités que vous avez bien cernées mais aussi un risque nouveau de surcharge qu'il faut surveiller.
Il est important de noter que nous voulons renverser la perspective enseignement/apprentissage et donner plus d'importance à l'apprentissage : par boutade, je dirais que la classe PMEV est une classe où seuls les élèves travaillent... Boutade je le répète, mais qui vous indique quand même la tendance.
En principe, le suivi rapide que nous pratiquons sur le champ et les points d'appui que l'enfant peut trouver lors du travail de bilan doivent réduire sérieusement le travail d'annotation intervenant après coup, le classique contrôle des cahiers effectué le soir hors de la présence des élèves.
Vous comprendrez bien sûr la prudence de mon propos, car il est des situations où la nécessité d'un suivi très rapproché de certains élèves est réelle, mais en même temps son audace presque provocatrice, car il est vrai que nous voulons rendre très vite les enfants les plus autonomes possible, notamment en les mettant en situation d'analyser constamment leur parcours et leur position. Facile à dire, comme toujours, mais je tenais à vous libérer de la tendance que nous avons toujours eu à exiger des cahiers suivis de très près : c'est toujours vrai, et nous voulons bien sûr nous garder d'une approche qui pourrait fâcheusement encourager à la fumisterie, mais nous connaissons trop la conscience professionnelle des enseignants pour ne pas les mettre aussi en garde contre les risques d'effets pervers. Prenez du recul, essayez de vous rendre inutile....

> - J'ajoute à cela (une ou deux fois par semaine pour gagner un peu de
> temps) le repport dans mes grilles de suivi et j'arrive déjà chaque jour à
> une durée de deux heures par jour rien que pour la PMEV.
> - Il me semble plus important de réflèchir à l'esprit dans lequel on met
la
> Pmev en place, à passer du temps sur la relation d'aide et de soutien que
> l'on peut avoir avec les élèves (ne serait-ce que par cette communication
> et ces invitations écrites avec eux)que dans la conception initiale de
> fiches.

C'est en effet l'essentiel. Je pense que l'évaluation pose un sérieux problème car il y a survalorisation de celle pratiquée par le maître au détriment de l'efficacité de l'apprentissage : les grilles de suivi sont importantes certes, mais elles ne doivent pas nous faire perdre de vue que la seule évaluation qui vaille vraiment est celle que pratique l'enfant lui même, ne fût-ce que dans sa tête, et que nous avons voulu privilégier en lui permettant de choisir ses fiches en fonction de ses représentations et de leur évolution.

> Vos remarques vont, semble -t-il, dans ce sens lorsque vous dites que "ce
> n'est finalement pas la fiche qui est importante, mais son utilisation au
> bilan.

Bien sûr, la fiche va déterminer le bon fonctionnement du bilan, mais je persite et signe. En situation d'enseignement programmé, nous aurions besoin de fiches parfaitement conçues. Dans le cas de la PMEV, compte tenu du balayage qui se produit sur et autour des notions étudiées, les exigences et les conditions d'efficacité ne sont pas les mêmes.


> - Par contre, cette première utilisation de ma part fait naître des
> interrogations sur la forme et le contenu de certaines fiches. Si j'ai la
> chance d'avoir des élèves de cycle 3 l'an prochain, j'y apporterai mes
> modifications.
> - L'opportunité des fiches toutes prêtes n'aurait pas suffit à me
> convaincre du bien fondé de la PMEV si je n'en étais pas arrivée à
chercher
> une réponse de ce type aux recherches qui étaient les miennes, qui
> corresponde à certains principes de base qui sont également ceux de la
> PMEV.
> Quantité de travail ou pas, il me semble que l'utilisation de la PMEV
> correspond à une étape de ma réflexion et que la satisfaction de moins
> pointer les élèves en difficulté et de leur permettre de progresser sans
> une souffrance importante me déculpabilise de piller le travail de mon
> collègue.

Vous avez très bien vu le problème et la culpabilisation n'est pas de mise. Il fallait déjà lever le tabou du copiage, qui nous a fait énormément de tort car il privait les élèves des repères qui leur permettait de redoubler d'efforts. Mais il nous faut aussi nous libérer du tabou du "chacun pour soi" qu'induit la notation individuelle des enseignants.

> Je ne suis pas convaincue que la diffusion à grande échelle de la PMEV
soit
> une bonne chose, quoique...,

Quoique comme vous dites. Je culpabilise à l'idée que la PMEV me fasse tomber dans le pêché d'orgueil en devenant une bonne chose pour tous, alors que je n'ai rien inventé mais seulement restauré une fonction d'apprentissage paradoxalement gauchie par l'institution scolaire et encore menacée aujourd'hui par une conception abusive de l'évaluation qui étouffe la part qu'il convient d'accorder à l'enfant.

je suis cependant certaine que beaucoup se
> posent des questions similaires aux miennes, ont essayé de bricoler
> différentes organisations et outils pas toujours performants et feraient
> des merveilles en rencontrant la PMEV avec les "outils clé en main" !

Beaucoup se posent en effet ces questions, je vous le confirme car je l'ai mille fois constaté. Outils clés en mains, outils à sa main : chacun se les forge si ceux qu'il trouve ne lui conviennent pas. Il est bon que chacun soit capable de se forger ses propres outils, et vous seriez sans doute dans ce cas puisque vous l'envisagez pour l'avenir, mais à quoi bon y passer du temps si l'on n'éprouve pas ce besoin ? Je n'ai pas fabriqué mon ordinateur mais il me convient. Mon logiciel de courrier m'agace mais je serais incapable de m'en fabriquer un meilleur. Images que tout cela, chacun est libre de pratiquer la PMEV de la façon qui lui convient le mieux. Bien des formules sont possibles autour de l'effet vicariant, et je n'ai pas la prétention de les avoir épuisées !

Bien cordialement,

MM

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