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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Jean-Paul JOURDAN  <jpjourd@i...>
Date: Sun Dec 6, 1998 9:07am
Subject: Re: remediation

xavier.marciniak a écrit:

C'est vrai que la pratique de la PMEV est difficile à cerner si on ne l'a pas expérimentée.Pourquoi refuser les échanges pour les activités "de recherche et d'entraînement" ?

Par observation :

  • les plus "faibles" prennent l'habitude de se faire aider par d'autres. Le temps de réflexion, de recherche personnelle disparaît, et avec lui la démarche cognitive d'appropriation de la consigne et d'utilisation de la compétence. Des relations de dépendance se créaient.
  • l'observation de la démarche d'apprentissage disparaît elle aussi (évaluation formative riche pour l'enseignant).
  • le bilan se trouve faussé effectivement (ce que comme toi je ne pensais pas au départ), et d'ailleurs spontanément les enfants maintenant refusent de se faire aider ( à l'exception de l'explicitation eventuelle de la consigne s'ils bloquent vraiment)
  • l'évaluation ( ils fonctionnaient au départ en interactivité, j'ai donc pu comparer) donne de meilleurs résultats avec ce système. Les enfants prennent confiance en eux.
  • le niveau sonore est beaucoup plus agréable (remarque des enfants eux-mêmes)

Ceci ne m'empêche pas de les laisser travailler par 2 ou plus quand il s'agit d'une vraie situation de recherche.  ................Oui, mais le constructivisme ne peut pas se définir uniquement par l'entraide entre les enfants.En cela la PMEV apporte un cadre précis où ce constructivisme trouve toute sa dimension, dans un cadre assez rassurant pour l'enseignant. Et puis la classe devient un lieu social par excellence. .
.....................
  
Pourquoi au nom du constructivisme accepter les échanges dans les situations de recherche et d'entraînement :
Je les ai acceptés. Je me dois donc de réagir ! Acceptés cela veut dire permis. Pas imposés. Pas organisés par moi. Intégrés comme tels . Le support et le travail rendu étaient presque toujours individuels dans ce cadre là. Ce travail était fait en partie en classe (et là les échanges étaient souvent très limités à cause du bruit que cela aurait engendré) mais aussi sur d'autres temps (pre/inter/post classe) et à la maison.
Quand Michel Monot parle de transfert de technologie, je trouve l'image assez bonne pour exprimer une réalité que très schématiquement on pourrait aussi appeler "transfert de méthodes" , "transfert de réponses". J'ai bien conscience que l'opposition est brutale et pas aussi nettement tranchée dans la réalité mais il me semble que l'héritage du socio-constructivisme voudrait plutôt qu'on parle de "transfert de conflit". Je veux dire que ce que l'on a à gagner dans une situation où le travail de chacun est visible de tous, ce ne sont pas les réponses, les apprentissages qui en résultent (même s'ils peuvent en résulter), c'est d'abord le "questionnement" que cela pose. "Son cahier est mieux présenté que le mien . Il s'intéresse aux volcans pourquoi et pourquoi pas moi . Il a l'air de savoir ce que c'est qu'un verbe ...  Ouah! tu fais ça en 5 mn ... C'est ce conflit sociocognitif apporté par les pairs que des post piagétiens comme Claudine Clermont-Perret mettaient en avant comme fondement efficace des apprentissages. Les enfants en ont d'ailleurs bien confiance qui dans la plus grande majorité des cas "refusent de se faire aider" comme le dit Xavier. Je relève que sur les 5 arguments relevés par Xavier, seul le premier relève un handicap au niveau de l'enfant et je crois qu'il a raison s'il s'agit de transfert de réponses. Les 4 autres sont liés au rôle de l'enseignant et à l'organisation de la classe. Xavier a bien raison de les relever. Deux m'interpellent vraiment :

1°) la difficulté à évaluer et on se trouve là bien au coeur du débat entre les béhaviouristes qui partant du principe qu'on ne peut évaluer que des "comportements observables" ont voulu faire l'impasse de "la boite noire", ce "ce qu'on ne sait pas qu'il se passe dans la tête de..." des constructivistes. Je n'ai acquis moi qu'une certitude : "il se passe quelque chose que ma curiosité pousse à comprendre". Ce quelque chose c'est comme un grain qui germe en terre. Le jardinier qui voudrait gratter la terre pour évaluer chaque jour les progressions de la germination ne prendrait-il pas quelque risque ? Je sais, c'est inconfortable pour l'enseignant.
  Dans chaque entretien individuel, chaque fois qu'un travail m'était présenté on avait pris l'habitude de préciser si il y a avait eu aide. Comme c'était normal et que rien n'était noté cela se faisait sans trop de pb. Ma question était souvent : "Tu serais capable de le refaire tout seul?". Je n'ai jamais attendu la réponse :-)
 
 
 2°) la deuxième c'est le bruit dans la classe. Michel répondait à Anne-Olga que la PMEV n'avait pas le pouvoir de repousser les murs. Quelle sagesse! et je suis bien convaincu qu'un niveau sonore élevé conduit vite à une dispersion et une fatigue rédhibitoires. Les réponses sont dans une recherche systématique d'aménagement du temps et de l'espace. Tout n'est pas possible n'importe où et n'importe quand. Je préfère dire : "non, pas maintenant, ce n'est pas possible, cela ferait trop de bruit on peut peut-être trouver un autre moment ..." que " non parce que non..." . Le bruit n'est pas possible "toujours" mais il y a un long chemin entre toujours et jamais.
 
  Xavier conclut ainsi :
 
 J'ai pratiqué cela comme toi. Mais comment te définir cela ?Peut-être comme le passage d'une opacité certaine à la clarté.J'y vois clair et j'interviens encore moins qu'avant. J'ai une vue d'ensemble et non une vision parcellaire des compétences de mes enfants.D'autre part, j'ai enfin une vision nette du constructivisme. AmicalementXavier  Et je trouve ça très bien. L'important est bien d'abord que chacun puisse accéder à ce sentiment par rapport à ce qu'il fait. Ma contribution est donc juste là comme l'intervention de Xavier pour apporter un "conflit" entre pairs, pas les "réponses" ni forcément un "transfert de technologie" :-)
 

Bien amicalement à tous


Jean-Paul JOURDAN Instit/pe de 1971 à 1998 en cycle III
en reconversion : analyse et développement informatique et pédagogie

"Lorsque tout va bien, il est grand temps d'entreprendre autre chose" F.Deligny Graine de crapule 1945

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