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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Sat Dec 5, 1998 9:10pm
Subject: Tr: Evaluation

Bonjour, Un avis, seulement un avis, informatif donc et non pas "normatif".

-----Message d'origine-----
De : C&N.Berger nathanael.berger@w...
À : liste PM pedagogie-maitrise@onelist.com
Date : samedi 5 décembre 1998 23:38
Objet : [pedagogie-maitrise] Evaluation

From: "C&N.Berger"

Bonjour,

Je sollicite votre avis sur l'évaluation.

Fonctionnant par compétences, je tiens un tableau double entrée de suivi des élèves, dont les,colonnes représentent les noms des élèves, les lignes les compétences abordées (une quinzaine pour trois semaines).

Détail pratique : même à l'oeil nu, ce tableau tient plus du rectangle que du carré, sinon de la bande, et sa lisibilité semble donc meilleure en affichage horizontal. Pour cette raison, les entrées sont alors inversées : ligne / élève.. Mais tout est question d'habitude.

Les numéros des fiches, numérotées de 1 à 3 par compétence, sont inscrits dans le tableau, au fur et à mesure que les enfants effectuent les fiches (je corrige tout).

Tout corriger soi-même est important, même si c'est évidemment assez lourd, car on peut repérer les erreurs tout de suite et parfois les redresser. Outre que les élèves ont parfois tendance, avec le matériel auto-correctif, à tricher, il semble que l'auto-analyse de ses erreurs soit en fait très difficile : le bilan se révèle beaucoup plus efficace sur ce plan.

J'utilise trois couleurs, une par semaine, pour voir l'évolution dans le temps. J'entoure le numéro de la fiche effectuée si elle est ratée.

Partant du constat que vous dressez dans les lignes qui suivent, quelques maîtres utilisent un outil complémentaire, moins détaillé, mais qui permet de suivre l'évolution des élèves sur l'année scolaire. Un simple tableau sur une feuille A4 pour chaque période, le même pour toutes les périodes car les références des fiches n'y figurent pas mais seulement celui des élèves. Chaque carreau représente une fiche que l'on coche de la même manière d'une couleur différente chaque semaine. On y lit très bien l'impact du bilan sur les élèves faibles, qui font plus de fiches la dernière semaine que la première semaine.

On y lit très bien aussi les comportements que vous avez codifiés: ramiers, bâcleurs, etc...

Mais on peut y lire aussi, en conservant tous ces tableaux sur l'année, quelques modifications comportementales parfois interessantes : bâcleurs qui finissent par "débacler", ramiers qui s'activent, forts qui flanchent momentannément sous l'impact d'évènements familiaux par exemple. J'aime assez cet outil, peu chronophage, qui ajoute en toute modestie à la dimension "scientifique" du métier ("observer et comprendre ce qui se passe dans les apprentissages" n'est pas la seule affaire du bilan), à mes yeux essentielle pour améliorer le "degré d'expertise" des maîtres. En regrettant une fois de plus que l'on ait fait si peu cas de l'option que vous savez.

A l'issue des trois semaines, je me retrouve donc avec un tableau plein de chiffres. Je peux voir très distinctement, pour chaque élève:

-les compétences non travaillées par écrit
-les compétences acquises (toutes les fiches réussies)
-les compétences qui ont été travaillées par écrit mais dont on ne sait pas si elles sont acquises ( une ou plusieurs fiches ratées ou non faites). A noter que par le jeu des bilans successifs, il se peut très bien qu'un enfant ait raté toutes les fiches d'une compétence mais que celle-ci soit finalement acquise.


Ce dernier cas se rencontre en effet, plus souvent qu'on ne le croit mais ce n'est guère surprenant. Pour cette raison mais plus généralement pour toutes celles que vous avez indiquées, une petite évaluation "sommative" s"impose à chaque fin de période. J'ai souvent contesté que l'on puisse, par exigence administrative, évaluer stupidement un apprentissage en train de se faire. Je n'en suis que plus à l'aise pour affirmer que l'on doit se donner le moyen d'évaluer in extremis un apprentissage qui vient de se faire, quitte bien sûr à y revenir.

J'envisage donc pour l'évaluation de fin de période, de prendre un temps (un ou deux jours, une semaine?) pendant lequel j'imposerais des fiches aux élèves.

Une heure ou deux semblerait suffire. La "norme" ici semble tourner autour de deux épreuves de 20 à 40 minutes, l'une en français et l'autre en maths.

Chaque élève aurait donc des fiches concernant son propre profil.

??? Vous risquez de vous alourdir la tâche, et me semble-t-il inutilement. Je verrais un test portant sur le mini programme du cours des élèves concernés, plus simplement. Mais je n'ai peut être pas interprété votre projet correctement.

Ces fiches porteraient uniquement sur les compétences qui ont été travaillées mais dont on ne sait pas si elles sont acquises.

Je serais plus "sommatif" : on passe tout en revue pour vérification, en majorant cependant les compétences litigieuses. Mais tout cela dans le cadre d'un test significatif mais léger.

En effet, ce moment n'étant pas à proprement parler un moment d'apprentissage, il n'y a sans doute pas lieu de faire travailler des compétences qui ne l'ont pas été pendant les trois semaines.

La légèreté du dispositif devrait exclure toute possibilité d'apprentissage marginal, d'autant plus improbable qu'elle porterait sur des éléments qui ont justement fait problème. Mais nous avons eu le cas, dans notre première classe "expérimentale", d'un enfant "un peu" instable qui assistait au bilan caché sous son bureau et réussissait ses contrôles terminaux !

De plus, si toutes les fiches ont été réussies dans une compétence donnée, il me semble qu'il n'y a pas lieu de réévaluer.

Vous avez raison, mais si votre dispositif de contrôle final est léger, il vous en couterait très peu de "croiser" les résultats de votre évaluation continue avec ceux d'une évaluation finale.

Ce procédé permettrait de faire porter l'évaluation sur les seuls points obscurs de l'évolution de chaque élève.

Je crains qu'en voulant simplifier vous aboutissiez en fait à alourdir votre dispositif. Mais je ne répèterai jamais assez que je ne suis pas à votre place et que vous êtes lamieux placée pour décider vous en toute connaissance de cause.

Une fiche récapitulative sur l'année permettrait de faire précisément le point sur les acquisitions de chaque élève.

Oui, sans perdre de vue que vos élèves ont en fait trois ans pour digérer le programme et qu'en plus, dans votre cas, ces trois années se passent dans votre classe.

Mon interrogation majeure est celle de l'intérêt et de la fiabilité d'une telle évaluation, et ceci pour deux raisons: - beaucoup de compétences travaillées par le fonctionnement même en PMEV ne sont pas évaluées

Mais elles sont en fait évaluées à travers le fonctionnement même de la classe, à travers l'engagement des élèves, etc... Il faut faire attention au fait qu'EVALUER ce n'est pas seulement MESURER et mettre en chiffres à tout bout de champ. C'est surtout : faire le pint, analyser, pour infléchir éventuellement le cours des choses.

- on vise ainsi une évaluation assez pointue de chaque élève, mais en a-t-on vraiment besoin? Les indications apportées par le tableau de suivi des élèves, si elles ne sont pas très rigoureuses, n'en sont pas moins très représentatives du niveau de l'élève.

En effet, fonctionnant avec des enfants de CE2, CM1, CM2 ensemble, qui travaillent sur le même lot de fiches, je me suis aperçu que ce qui semble distinguer les "forts" des "faibles", c'est le nombre de fiches effectuées, et non pas la réussite aux fiches.

Je dois avouer que j'ai du mal à bien me représenter votre classe et votre base de fiches commune à tous. Mais je l' associe à cette idée un peu provocatrice suggérant qu'un très bon élève de CE2 pourrait sauter directement en sixième si toutefois il appartient à un milieu "très cultivé".

Il est curieux de remarquer que le taux de réussite ( tr ) aux fiches est le même en CE2, CM1 et CM2 (68% -exactement, coïncidence?- au cours de la dernière période). Par contre, le nombre de fiches réalisées est très variable. La différence s'atténue toutefois quand on s'approche de la fin de la période, ce qui semble montrer assez clairement les avantages de l'effet vicariant. Les élèves les plus en difficulté font très peu de fiches (à faire froid dans le dos parfois), mais le taux de réussite est le même que pour les autres. Cela semble montrer que le problème réside bien dans la gestion du temps.

On remarque en outre des types de comportement:

- Les bâcleurs: beaucoup de fiches réalisées et beaucoup de fausses (tr=50% par ex).
- Les ramiers: peu de fiches mais toutes justes.
- Les élèves en difficulté: peu de fiches, tr = tr moyen de la classe
- Les "forts" : beaucoup de fiches et tr élevé.

J'en reviens donc à mon interrogation sur l'évaluation: ces indications, assez précises ne peuvent-elles pas être considérées comme une évaluation suffisante à défaut d'être rigoureuse, et ne peut-on envisager de se passer d'une autre forme d'évaluation?

J'en reste à ma sugestion d'un croisement avec une évaluation sommative très légère, qui pourrait être la même pour les trois cours, avec plusieurs items pour chaque difficulté afin d'éviter l'effet hasard.

Merci par avance pour vos remarques et suggestions.

A croiser avec les indications de Xavier, que je reçois au moment même ou je termine.

A bientôt.

Nathanael Berger
Enseignant Cycle III

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