logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert.gif (88 octets)  B2i                                                   

Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Juin

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pmev@cartables.net>
Objet: Re: [pmev] Compte-rendu d'expérience
Date : jeudi 13 juin 2002 04:07

Bonjour,

Un mois, c'est peut être un peu court penseront certains. Mais ces
premières impressions ressemblent au mot près à ce que nous avons cent
fois entendu, et l'expérience montre qu'elles vont généralement en se
confirmant.

Nous n'avions pas eu à attendre longtemps avant de jauger l'intérêt de
l'hypothèse Reuchlin et ce n'était pas seulement la nouveauté ou le
changement qui méritaient attention. Il se passait bien "quelque
chose", d'assez complexe d'ailleurs, comme votre premier témoignage le
perçoit bien : il n'y a pas uniformisation, bien que l'on s'en tienne
à un programme identique pour tous; il reste plus de différenciation
dans les comportements que nous n'en mettons dans notre projet, dont
on pourrait même se demander s'il relève de la pédagogie
"différenciée"..

Je reviens dans le texte sur quelques points.

----- Original Message -----
From: "Françoise Grossi" <francoise.grossi@wanadoo.fr>
To: <pmev@cartables.net>
Sent: Thursday, June 13, 2002 9:27 AM
Subject: [pmev] Compte-rendu d'expérience


| Je tente ce que je suppose être de la PMEV dans ma classe de CE2 depuis à
| peine plus d'un mois( auparavant j'étais adepte de la pédagogie
| différenciée). Voici mes premières impressions...
| - Les "bons éléments" avancent beaucoup plus vite qu'avant et deviennent
| capables d'expliquer leurs démarches. Ils jouent à se concurrencer, tout en
| conservant bon esprit. Donc, rien à redire... Ce sont ceux dont certains
| disent qu'ils peuvent apprendre sans enseignant...

Vous confirmez donc que nous ne les freinons pas, même si nous
récupérons au passage un peu de leur énergie et de leur savoir faire
pour activer le reste de la classe.

| - Le noyau "moyen" de la classe évolue plutôt bien, profite généralement de
| ce qui est dit en bilan et commence à questionner à ce même moment, et
| applique ou transfère, développe aussi quelques stratégies, s'investit plus
| dans la tâche à effectuer. Ces élèves semblent vraiment tirés vers
le haut.

Un mois seulement. Avec le temps, ce surcroît d'investissement, déjà
sensible, va payer : pour certains, on peut ne pas exclure qu'ils
puissent se rapprocher du peloton de tête.

| -Les quelques "faibles" le restent, mais sont plus rarement en échec total
| sur certains exercices qu'auparavant (je ne parle pas là de notions dans
| leur intégralité) ; Ils essayent l'exercice; s'ils n'y arrivent pas, ils
| peuvent le différer en s'engageant à questionner lors du bilan (et ça
| marche). Ils prennent plus de temps qu'avant pour arriver au bout d'une
| fiche, mais en meilleure réussite. Pour eux en particulier, je regrette de
| ne pas avoir commencé la PMEV plus tôt, car ils sont vraiment dans une voie
| ascendante.

Je n'envisage pas, sauf cas particulier, que ces "faibles" puissent se
récupérer complètement. Mais votre analyse est conforme à nos constats
: les faibles sont beaucoup moins en échec eux aussi. Mais il faut
évidemment entrer dans le détail.

| -Trois élèves me donnent toutefois l'impression de ne pas évoluer très
| bénéfiquement :
| *L'un travaille extrêmement lentement ("depuis qu'il est tout petit"
| constate la mère (peut-être devrais-je dire "cautionne")), et malgré tous
| les travaux de concentration, prises de repères du temps qui passe...il
| n'avance pas plus vite. Ce n'est pas lié à la difficulté des notions , mais
| il écrit 3 mots/minute (promis, je n'exagère pas). Je sens qu'il est triste
| de voir l'écart de nombre d'exercices faits croître sans cesse entre lui et
| ses camarades, mais je ne trouve plus rien d'autre à lui dire que "tu fais
| peu (sous-entendu tu pourrais faire plus), mais ce que tu fais est parfait".
| Ce qui est absolument vrai. Cet enfant n'est pas en échec au niveau du
| programme, mais qu'en sera-t-il lorsqu'il sera au CM ou au collège et qu'il
| devra travailler dans un temps donné, non négociable ?

A en juger par ces quelques mots, ce cas n'est pas unique et j'en ai
rencontré quelques uns, parfois des enfants du début de l'année,
entrés jeunes au CP : classés "bébés" dès le début et ainsi
étiquettés, avec tout le poids de l'étiquette.
La maman n'a peut être pas complètement tort : elle veut protéger plus
que cautionner mais cette surprotection a le même effet.
Un enfant très aimé, donc ayant une bonne image de lui, donc
perfectionniste et donc ... lent à cause de cela même ? Gardons nous
quand même de la psychologie de bazar, mais certains raisonnements
sont parfois tentants. Difficile d'en sortir sans risquer de
déstabiliser ce premier équilibre. Jouer finement pour essayer.
C'est vrai que pour ce profil d'enfants, la PMEV peut présenter un
risque en focalisant un peu trop sur les différences de rythme, d'ou
la nécessité d'avoir parfois un "discours" très décalé par rapport à
nos ambitions, minimisant donc ces différences et relativisant la
nécessité de tout faire. Je suis rassuré de voir que vous avez
conscience de la qualité de son travail : il intègrera cette bonne
image que vous avez de lui, et d'autant mieux que nous relativiserez
aussi ce problème de programme et d 'écarts par rapport aux plus
rapides.
Plus tard, au collège ? Encore deux ans pour y voir clair, mais il
aura au moins, peut on penser, des bases solides fondées sur une
recherche de qualité. On rejoint peut être ici le souci de la belle
écriture que les nouveaux programmes veulent réhabiliter.
Mais ce ne sont là que des propos de témoin très éloigné.


| * Un second, ayant déjà un an de retard, varie dans son travail au
| gré du mépris que sa mère lui montre. Il est inutile de vous dire qu'il est
| en permanence "dans le rouge" et fait tout pour coller à l'image que madame
| a de lui. S'en sortira-t-il un jour ?

Et oui, cela existe aussi. Thérapie familiale, mais chacun son métier
: le terrain est difficile. Prendre conscience qu'elle pourrait être
responsable de l'échec de son fils serait si difficile à accepter
qu'elle ne s'en remettrait pas;

| * Le dernier, champion d'absentéisme quand son père est absent
| (routier international) continue à être aussi absent qu'avant, a mal au
| ventre dès qu'il s'agit de se mettre au boulot et tente de profiter des
| moments de bilan pour construire et lancer des avions en papier (et
| pourtant, ça ne marche pas non plus en géométrie et techno...)

Rencontrer le père pour lui expliquer ? Les quelques représentants de
cette profession que j'ai pu rencontrer, lors de feu le SM par
exemple, semblaient avoir - pour autant que l'on en puisse juger
ainsi - quelques similitudes de profil. Loin d'être bêtes mais pas
"scolaires" ni "intellos", aimant réellement cette vie particulière
qui répondait à leur besoin de bouger, presque une vocation. Pas
mauvais pères, mais préférant voir leurs enfants à l'école.
Lors de ses brefs temps de repos, le père doit raconter des choses
passionnnantes -si si - mais un peu hors programmes.
Une idée - ça ne coûte rien ! - en passant : le faire venir à l'école,
mais pour parler à la classe de sa vie de routier ?

| Quant à moi, je passe un temps fou le soir à vérifier les cahiers, exercices
| du jour, exos corrigés, re-corrigés, re-re-corrigés grâce aux bilans. Je
| n'ai sûrement pas tout compris à la pratique de la PMEV ! Je ne suis pas
| sûre de tenir une année complète ainsi...

Qui dit surcroît de production-enfant dit aussi surcroît de correction
poiur le maître.
C'est un vrai problème : si l'on venait à admettre que la PMEV
présente un intérêt, il faudrait revoir la question des corrections.
Traiter les cahiers comme des cahiers d'essais plus que comme des
cahiers du jour ? Difficile avec le nouvel éclairage "calligraphie"..
En principe, l'étayage arrive peu à peu à diminuer le nombre de fautes
à corriger, mais cela est très progressif et suppose quand même que
vous mainteniez un peu la pression.
Chacun a rencontré ce problème et éprouvé le besoin de le dépasser.
Comment ?

| Et je me rends compte en relisant ma "prose" que j'accuse certaines mères de
| tous les maux, que je ne rends pas grâce aux autres et que les pères sont
| totalement inexistants dans cette histoire... TANT PIS !

S'il y a sur la liste des non enseignants, représentants de parents,
ils comprendront que ces propos "choqants" ne sont que des façons de
parler !
Quant à réhabiliter le rôle des pères, ce qui est très à la mode dans
notre contexte néanmoins féministe, c'est encore une autre histoire.
Mais on sait, de façon assez sûre je crois, que c'est le niveau
scolaire des mères qui détermine la réussite scolaire des enfants, ce
qui n'exclut pas une certaine implication de la "manière d'être" plus
que du poids des diplômes proprement dit, mais je me garderai bien de
conclure !...

Michel MONOT
Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :
www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en
servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert"
(Gaston BERGER)

|
| Bravo à tous les courageux qui ont lu jusqu'au bout
| Amicalement
| Françoise G.
|


----------
Pour vous desabonner :
rendez-vous a l'adresse :
http://www.lebulletinpmev.com/test_ml.html
Pour obtenir de l'aide :
ecrivez a : pmev-owner@cartables.net
Pour consulter les archives des messages depuis janvier 2000,
rendez-vous a l'adresse : http://desette.free.fr/
Les archives par fil de discussion : http://www.lebulletinpmev.com/nav.php3?page=voirforum&boardid=2

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2002 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France