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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Mai

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pmev@cartables.net>
Objet: Re: [pmev] freinet
Date : lundi 13 mai 2002 22:07


----- Original Message -----
From: <lv@cmoi.com>
To: <pmev@cartables.net>
Sent: Tuesday, May 14, 2002 4:50 AM
Subject: [pmev] freinet

| Faut-il comprendre que les "Freinet" font de la PMEV sans le savoir
ou que la PMEV est du "Freinet déguisé" ?

Toutes ces lectures sont possibles, à la fois justes et excessives.
Elles font un peu "gros titre" de "presse à scandale", mais il est
normal que la question soit posée.
Répondre de manière tranchée est bien difficile car le problème mérite
une analyse plus poussée. Un certain nombre de co-listiers ont rejoint
le "mouvement" Freinet ou y étaient déjà, et on a même pu lire le
témoignage de quelqu'un qui avait eu du mal à pratiquer la PF mais qui
y avait enfin réussi grace à la PMEV...

Paradoxe ? Preuve d'une certaine parenté ?

Je pense qu'il faut se placer dans une perspective historique. D'une
part, au niveau des outils, la PMEV a bénéficié du chemin parcouru par
Freinet. D'autre part, au niveau théorique, la PMEV a bénéficié du
chemin parcouru depuis Freinet par les "théoriciens", en particulier
par ce qu'il est convenu d'appeler les "sciences de l'éducation", le
cognitivisme et le socuo cognitivisme.

On peut penser que si Freinet avait pu connaitre ces apports plus
récents, ses orientations pédagogiques auraient été confirmées et en
même temps légèrement infléchies. Deux exemples : l'apprentissage
vicariant et

Freinet ne disposait pas du concept d'apprentissage vicariant, réalité
ancienne et naturelle mais de formulation récente. Pour lui qui
préconisait une méthode d'apprentissage "naturelle", cette absence a
pu être gênante. Il a bien vu le parallèlisme entre l'apprentissage
individuel et la conquête de vérités nouvelles par l'humanité,
anticipant en cela les apports du cognitivisme, mais peut être trop,
je veux dire de manière un peu exclusive. L'apprentissage individuel
relève bien de la découverte ou de la re-découverte, ce qu'il appelle
le "tâtonnement epérimental", mais ce fut aussi le premier écueil
rencontré : une telle approche est bonne pour la formation
intellectuelle, mais elle prend du temps, beaucoup de temps, ce qui la
fait récuser par beaucoup.

On peut penser - c'est évidemment une interprètation personnelle - que
le concept d'apprentissage vicariant aurait conduit Freinet à nuancer
son approche et peut être à formuler autrement ses propositions. Car
cette formule d'apprentissage, naturelle s'il en est, a été écartée
par le courant de la "scolastique" que Freinet n'a cessé de condamner,
mais il ne semble pas l'avoir lui même réhabilitée, soucieux qu'il
était de production "libre", dessin libre et texte libre, peu
compatibles par définition avec la prise de repères sur les autres que
la PMEV au contraire privilégie ou du moins légitime.

Et on peut aussi penser que tout apprentissage, meme dans les classes
qui récusent le "tâtonnement expérimental" cher à la PF, passe qu'on
le veuille ou non par une sorte de "tâtonnement" silencieux, fait en
apparté le plus souvent et même parfois de manière inconsciente voire
en dormant. On ne peut pas tout découvrir seul, on ne peut pas
apprendre seul, on apprend toujours d'une manière ou d'une autre en
prenant des repères sur ceux qui savent et en cogitant à partir de
cela. Ce qui expliquerait que l'enseignement traditionnel, jugé
infiniment rétrograde par rapport à la pédagogie "moderne" de Freinet,
tire néanmoins son épingle du jeu, mais parfois au prix de pertes de
temps qu'il a pourtant voulu éviter.

C'est là que le concept d'apprentissage vicariant se révèle précieux,
non pas tant comme outil d'apprentissage, comme nous l'avons fait,
mais comme outil d'analyse des situations scolaires d'apprentissage.
J'ai souvent évoqué le cas de la correction d'exercice au tableau, qui
relève de l'apprentisage vicariant mais intervient trop tard et perd
donc en efficacité. J'ai même parlé du "bachotage", qui relève lui
aussi à certains égards de l'apprentissage vicariant alors qu'on le
condamne de façon unanime sans parvenir à l'extirper. Mais on pourrait
relever aussi d'autres paradoxes, et réhabiliter par exemple la très
fatidieuse leçon de lecture collective à haute voix : je suis apprenti
lecteur, et je suis du doigt sur mon livre l'oralisation du maître ou
de tel camarade qui s'essaye aussi à apprendre à lire; mais que
fais-je d'autre que me servir de ce que j'entends pour "prendre des
repères" et vérifier mes propres hypothèses ? Ceci n'est qu'un
exemple, et je n'envisage pas une telle réhabilitation car le
"fastidieux" n'est pas supportable, mais je comprends mieux, avec le
recul, la façon de faire de tel maître d'application qui, au CP,
démarait directement sur un livre de lecture suivie (Amadou le
bouquillon), pratiquait cette forme de lecture collective agrémentée
de pas mal d'artifices complémentaires, mais ne revenait jamais sur le
même passage. Intuitivement, ce maître sentait qu'il y avait un
problème, et aurait pu mieux "théoriser" sa pratique s'il avait lui
aussi disposé à l'époque du concept dont la PMEV est partie pour
repenser la pédagogie quotidienne.

| J'essaie de "diffuser" le plus largement possible la PMEV au près de
mes collègues et il y a un certain intérêt en retour mais je "bloque"
sur une argumentation concernat la pédagogie Freinet.

J'ai essayé de montrer la complexité du problème, qui éclaire les
blocages sur des points de détail, mais j'ai peu d'affinité pour ces
discussions sans fin et sans fins. La PMEV gêne quelque part mais elle
n'est qu'une manière un peu différente d'organiser la classe et ne
veut concurencer personne. Elle avait seulement besoin d'être définie,
pour la clarté du débat..

| Il me semblait avoir compris que la PMEV et Freinet se
différenciaient par la présence du bilan et d'un plan de travail
commun à toute la classe en PMEV.

C'est vrai si on se réfère à la représentation la plus courante de la
pédagogie Freinet, qui est inévitablement un peu caricaturale.

| Mes collègues me disent que le bilan existe aussi en pédagogie
Freinet et que la création du plan de travail est parfois fortement
guidée.

Il existait surtout un conseil de coopérative, généralement
hebdomadaire, consacré surtout à la gestion de la vie de la classe. la
vie de la classe implique aussi des phases de travail,
d'apprentissage, pour lesquelles le rythme hébdomadaire serait très
insuffisant, sauf peut être pour de très bon s élèves. La PMEV
préconise un rythme plus fréquent et un recentrage sur les
apprentissages plutôt que sur les problèmes de vie courante,
généralement conflictuels. Que des praticiens Freinet aient pu eux
même anticiper sur ces évolutions est fort possible, car les pratiques
peuvent différer beaucoup d'une clasee à l'autre, d'une région à
l'autre sous l'influence de leaders, mais cela ne semble pas fréquent
si j'en juge par les échos que j'en ai eus.

Pour la création des plans de travail, la situation est différente, et
elle est sans doute souvent fortement guidée, au grand dam de certains
"puristes" . Mais la PMEV a préféré se montrer plus catégorique et
poser, pour les fondamentaux, un programme commun fortement étayé par
ses pratiques spécifiques.

| A l'inverse, j'ai cru lire il ya quelques temps qu'une enseignante
fonctionnant en PMEV construisait son plan de travail "avec" les
élèves.

"Son" ou "ses" plans de travail ? Car la nuance serait déjà
importante.
Mais il est bon que les élèves sachent que nous sommes tenus
d'appliquer un programme et, cette évidence acceptée, il est tout à
fait possible de leur faire partager la mise au point du "plan de
travail". Mais y a-t-il vraiment partage ? Seul le maître peut savoir,
et encore, ce qu'il va être possible d'envisager faire passer. Tout
cela aurait besoin d'être bien précisé, car on risque d'entamer un
dialogue de sourds à partir d'informations parcellaires. Ce qui est
sûr, c'est qu'il n'y a en PMEV aucun "dogme", et seulement une
interrogation sur un "principe" ou un "concept" qui n'est même pas
connu de tous les enseignants et qui est succeptible de bien des
applications pratiques. Ce qui est sûr aussi, c'est qu'il y a un
"principe de réalité", qui conduit chaque "adepte" à prendre les chose
s telles qu'elles sont et à se les adapter. La PMEV cherche à rendre
la main au maître, car elle estime que le modèle de classe courant,
trop rigide, ne permet pas à celui-ci de donner toute sa mesure et
donc d'assurer le meilleur rendement.

A l'origine, elle applique, rappelons la encore, une directive
officielle ("En revanche les formules permettant aux élèves de
travailler selon leurs rythmes, leurs possibilités, à la réalisation
d'une tâche dont ils connaissent les finalités, et permettant aux
maîtres d'observer et de comprendre ce qui se passe dans les activités
d'apprentissage, peuvent faire l'objet d'expérimentations et
d'évaluations." ), que pour bien des raisons elle a adoptée et cru
pouvoir soutenir d'un éclairage théorique un peu particulier. Cet
éclairage à la fois banal et original fait sa spécificité et pourrait
générer des interrogations sans fin. Mais c'est de pratique et
d'efficacité qu'il est ici question, avant tout, dans une optique de
responsabilité républicaine.

Bien cordialement,

MM

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