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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Mai

De: <jacques.bert@infonie.fr>
À: <pmev@cartables.net>
Objet: Re: [pmev] Cerveaux-freins
Date : mercredi 1 mai 2002 17:27

Jean-Pierre Garcin a écrit :
> Pour ce qui concerne le rôle du maître, je renvoie à cet article de
> Bentolila :
> http://jpg-info.net/enseignement/bentolila.html


Très intéressant ! Merci Jean-Pierre.

De l'article de Bentolila, je retiens deux éléments qui
m'ont "interpellé", (comme on dit maintenant quand on
maîtrise une certaine forme de "codes sociaux" du langage).

Le premier, qui nous rappelle à notre devoir de pédagogue :
Extrait de l'intervention de Bentolila :
"Je vais prendre l'exemple de la petite Tiphaine qui
rentre chez elle. Elle dit à sa mère : « Maman, la
maîtresse nous a raconté une belle histoire ». La mère
lui dit : « Raconte-la moi ». La petite lui raconte
l'histoire et lui dit : « Voilà, ils l'ont prise, ils
l'ont emmenée et ils l'ont enfermée là-bas. Heureusement,
les autres l'ont vue, et sont venus la délivrer, et
enfin, il l'a épousée ». La mère, à ce moment-là, avait
deux choix : soit dire : « Elle est belle ton histoire,
va donc regarder le dessin animé à la télé », soit
dire : « Je ne t'ai pas comprise ». Elle a choisi de lui
dire : « je ne t'ai pas comprise » ; et la petite en a
conçu de l'irritation. Les enfants n'aiment pas qu'on
leur dise qu'on ne les comprend pas. Ils ont toujours
l'impression que vous savez ce qu'ils savent. Passée
cette irritation, la mère lui a dit : « Je ne t'ai pas
comprise parce que je n'étais pas là quand l'histoire a
été racontée. Alors je ne sais pas qui sont ceux qui
l'ont enlevée, où ils l'ont emmenée, et qui l'a
épousée ». Tiphaine, petit à petit, lui a expliqué que
c'étaient les méchants lutins et le dragon qui avaient
enlevé la princesse, qu'ils l'avaient enfermée dans une
caverne, que le roi et le prince l'avaient délivrée, et
qu'enfin, le prince l'avait épousée. Quand son père est
rentré le soir, la mère lui a dit : « Raconte l'histoire
à ton père ». Elle lui a raconté son histoire et le père
ne lui a pas dit : « je ne t'ai pas comprise ». Elle
comprenait ainsi que les efforts qu'elle avait produits
pour utiliser les formes anaphoriques judicieuses, des
déictiques pertinents n'avaient pas seulement pour but de
faire plaisir à sa maman ; cela lui permettait de laisser
sur l'autre une trace, qu'elle n'aurait pas laissé
autrement. Elle a exercé sur son père son pouvoir de
parole : il est arrivé ignorant, elle l'a rendu savant ;
c'était certes un savoir modeste mais dont la
transmission justifiait les efforts fournis."


Le deuxième qui peut permettre de comprendre comment une
partie de l'électorat peut être amené à voter aux
extrêmes :

La question de la médiation est essentielle
et "fondamentale. Sur ce parcours difficile de
l'apprentissage du langage, dans cette tentative
opiniâtre de repousser l'inconnu le plus loin possible,
certains enfants ont la chance de trouver ce que
j'appelais tout à l'heure des médiateurs à la fois
bienveillants et exigeants. Mais certains enfants n'ont
pas cette chance et vivent leur apprentissage dans
l'indifférence, dans le silence, parfois dans
l'invective.
.../...
Si leur destin scolaire est compromis, leur destin social
est tout aussi problématique. En effet, cette insécurité
linguistique qu'ils subissent leur interdit tout
négociation avec l'autre. Ces questions qui portent
l'acte de parole : « Qui est celui à qui je parle ? », «
Que sait-il de ce que je veux lui dire ? », « Comment
vais-je m'y prendre ? », il les ignore totalement. Cet
espace de négociation pacifique ne leur est pas ouvert
et, en conséquence, le passage à l'acte violent est
prévisible. D'autre part, parce qu'ils sont privés des
instruments essentiels du lexique, de la syntaxe et de la
rhétorique, ils seront dans l'impossibilité de mettre en
cause, de critiquer, de démonter les discours sectaires
et intégristes ou magiques qui leur sont adressés. En
cela aussi, leur destin social est touché. L'insécurité
linguistique rend les citoyens vulnérables contre toutes
les formes de discours et de textes intégristes,
sectaires ou magiques. Ils n'ont pas les armes pour les
réfuter, pour les démonter, pour en démontrer l'inanité.
.../...
Pèse sur les épaules de nos maîtres cette obligation
d'être les médiateurs que bien des familles n'ont pas
été."

Quand je disais,dans une intervention précédente,
qu'après 30 ans d'enseignement, je me sentais "quelque
part" (comme on dit maintenant) responsable des résultats
du vote du premier tour (et peut-être du deuxième...).

Jacques Bert
http://www.multimania.com/surdouesinfo


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