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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Avril

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "PMEV liste" <pmev@cartables.net>
Objet: Re: [pmev] Cerveaux-freins
Date : jeudi 25 avril 2002 09:48


----- Original Message -----
From: <jacques.bert@infonie.fr>
To: <pmev@cartables.net>
Sent: Thursday, April 25, 2002 3:18 AM
Subject: Re: [pmev] Cerveaux-freins


Partant d'une boutade, je ne voudrais pas miner le moral
des "troupes" (ou des "francs-tireurs") de la PMEV, donc
je préfère donner à lire une actualité positive :

Ce matin, intervention dans une animation pédagogique "du
mercredi" organisée par l'A.I.S de Bourg-en-Bresse sur le
thème "Enfants intellectuellement précoces en difficulté
scolaire et méthodes pédagogiques adaptées sur le
terrain". 70 enseignants présents (du public et du
privé), quelques parents et représentants d'associations
de parents d'E.I.P et une journaliste du "Progrès" de
Lyon (ce quoi veut dire article dans la semaine).

Et c'est là qu'on parle de la PMEV.
Eh bien, croyez-moi, ça les intéresse, les instits !
Seule objection reçue : ne pas opposer les "anciens" et
les "modernes" (c'est ma faute, je suis parfois un peu
trop provocateur),

** Il faut parfois l'être pour titiller un peu les représentations,
avant de choquer encore davantage en précisant que les "anciens" y
viennent volontiers, et que les "modernes" sont parfois dérangés dans
leurs certitudes. Mais que ces querelles soient dépassées est quand
même réjouissant : c'est signe de maturité, et l'on en a besoin par
les temps qui courrent.

à quoi j'ai répondu que la PMEV
n'opposait que le "frontal' et le "différencié", et
rappelé qu'elle trouvait ses sources dans
l'apprentissage "animal" et le compagnonnage, ce qui a
réconcilié tout le monde.

** La PMEV évite cependant la "mode" de la différenciation, dont la
place dans le discours, et dans un contexte de "droit à la
différence", a parfois été source de dérives . A la limite, on ne
différencie que pour mieux retrouver, à chaque nouvelle période, une
progression relativement frontale de la classe. J'ai souvent utilisé
l'image des courses à étapes, qui évidemment a ses propres limites
mais aide à comprendre ou à situer le problème : le même parcours pour
tous dans toute la mesure du possible.

Mais, puisqu'on en parle .
Pour ce qui est du débat "d'entre deux tours"
sur "Pourquoi on en est arrivé là", je crois que la vie
nous rappelle toujours cruellement qu'il ne faut pas
laisser « la nature » combler les vides. On peut toujours
reprocher au système éducatif d'être à l'origine de la
défaite, comme Pétain en 40, mais ça ne fait pas avancer
le « schmilblick » puisque c'est trop tard.

Ce que la PMEV nous montre, dans la pratique, c'est que
si on veut apprendre à des enfants à être autonomes (du
grec auto (soi-même) et nomos (loi)), ce n'est pas en
l'assistant en permanence ou en l'asservissant à une
progression collective uniforme, mais en lui fixant,
individuellement, des objectifs à atteindre, et en
créant, collectivement, les conditions nécessaires pour
cela. D'où la nécessité, pour lui, de la « maîtrise » de
sa progression. Autonome = responsable, donc la «
liberté » a son prix.

** C'est exactement cela. Créer les conditions nécessaires pour que
chacun, individuellement, puisse atteindre les objectifs fixés. C'est
bien là la vocation de l'école, mais les moyens mis en oeuvre ne
convenaient pas à tous. On fait mieux avec la PMEV, ce qui ne dispense
pas de se dépenser encore pour faire avancer les choses. On a créé un
contexte porteur qui permet de développer l'autonomie et on évite
surtout l'assistanat sans abandonner l'enfant.

Alors quoi ? : on élève des gens dans l'assistance, dans
la croyance que tout peut être résolu par « le
système », « l'institution », et on s'étonne ensuite
qu'ils se choisissent un leader charismatique, « Notre
Père qui résout tout » ?

** Vaste programme !..... L'école n'est sans doute pas seule en cause
dans ce genre de déterminisme, mais je pense que le fonctionnement
PMEV renoue avec des modes apprentissages que l'école traitait peut
être avec condescendance et qui ont pourtant une valeur certaine. La
plupart des gens qui ont appris leur métier "sur le tas" ont un profil
caractéristique qui est un peu à l'opposé d'un profil scolaire. Il est
assez curieux que la PMEV vise à donner un meilleur profil "scolaire"
en passant par ce que l'on pourrait presque appeler son antidote....
Je ne dis pas cela par goût du paradoxe, mais parce qu'il y a quelque
chose de vrai dans cette analyse. Si vous avancez cela lors de votre
prochaine intervention, quelles seront les réactions ?


Moi, après 30 ans de métier, j'ai un problème de
conscience : qu'ai-je fait pour que mes élèves soient
autonomes, mais respectueux de la loi, de l'adulte, de
leur éducateur, de leurs parents, de la collectivité.
N'ai-je pas concouru à les encourager à chercher une
autorité que je n'ai pas su leur faire trouver en eux-
mêmes ?

** Vous avez certainement fait pour le mieux et culpabiliser ne
servirait à rien puisque vous aviez et nous avions été formés dans un
moule donné, que je me garderai bien d'ailleurs de condamner. Mais
vous avez et nous avons compris qu'il y avait quelque chose
d'important dans l'éclairage proposé par Reuchlin, qui n'était pas un
inconnu mais n'avait pourtant pas pignon sur rue chez les
"pédagogistes". Et il fallait prendre le risque de se colleter avec le
problème..

Mon projet d'école s'intitule : « Favoriser la conquête
de l'autonomie par la maîtrise de soi, l'équilibre entre
la pensée et l'action », ce qui nous a amené à programmer
(entre autres) des « Quarts d'heure de philosophie », et
de la relaxation. Etant dans un secteur très « favorisé »
socio-culturellement, je n'en suis pas plus fier que ça,
mais je me dis que, si la PMEV a pour principe de montrer
à ceux qui ne réussissent pas comment font ceux qui
réussissent, mes élèves peuvent apporter quelque chose.

Et c'est là qu'on commence à se poser un problème : quel
est le modèle de réussite qu'on propose à nos élèves ?
Avoir 42% de compétences acquises aux évaluations, alors
qu'on a fait 75% des exercices proposés (voir mon
message précédent « Pour ceux qui aiment les
statistiques »), alors que d'autres arrivent à 100% des
évaluations acquises sans travailler plus ?

** Quel modèle de réussite ? Je m'en tiens pour ma part au modèle
"officiel", aussi longtemps qu'il me parait convenable ou compatible
avec l'idée de république.
Mais du modèle à sa concrétisation, il y a là un vrai problème, qui
n'est pas né avec la PMEV mais que celle-ci peut sans doute commencer
à mieux résoudre, contribuer à mieux éclairer ou du moins d'abord à
interroger plus systématiquement.
.
Si on accepte ça, on retombe dans le fatalisme
pédagogique, fondé sur « l'idéologie du don » , encore
très prégnante chez les enseignants (65%). On ne «
rétribue » pas le travail, mais les dons « naturels », ce
qui permet de se dédouaner de l'échec de certains
élèves « pas doués » (mêmes quand les tests prouvent le
contraire).

** D'après ce que j'ai pu constater, des gens qui avaient adopté la
PMEV plus par mimétisme que par conviction ont souvent été pris au jeu
et ont dès lors modifié leurs représentations encore très
"fatalistes". Leurs analyses n'avaient pas la précision chiffrée que
vous évoquez, mais ils reconnaissaient qu'ils s'étaient longtemps
trompés sur les "pas doués", même s'il ne s'agissait pas d'EIP, comme
d'autres se sont trompés sur des EIP fourvoyés en queues de classes.
Je pense donc que malgré des statistiques qui nous révèlent la
persistance d'un problème que nous n'avons jamais songé à nier, la
PMEV est plutôt bénéfique pour combattre l'idéologie du don. Mais de
là à penser que tout va être possible, il y a un pas difficile à
franchir sans tomber à nouveau dans l'idéologie.
Il y a sans doute une part d'utopie dans notre approche, au bon sens
du terme évidemment, qui va nous pousser par exemple à vouloir
comprendre ce que recouvrent les problèmes signalés par les chiffres
que vous avez rapportés pour essayer ensuite d'y remédier. On peut
parler sans hésiter de volontarisme, et évidemment d'idéal
républicain, mais tout en se gardant de verser dans une autre
idéologie.
Il y a encore du chemin à faire mais il faut d'abord se mettre en
route, et vous avez le mérite d'y travailler.

Bien cordialement,

MM



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