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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Avril

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "PMEV liste" <pmev@cartables.net>
Objet: [pmev] Pour en débattre texte brut
Date : mardi 2 avril 2002 04:56

A propos des nouveaux programmes

Lire, écrire, compter, et maintenant Parler et Vivre ensemble

30 Mars 2002

Si la PMEV a été conçue à l'origine pour lutter contre l'absentéisme
et contribuer à une meilleure réussite scolaire des élèves
calédoniens, il est vite apparu que ce projet apportait plus qu'on ne
l'avait imaginé. La PMEV avait intégré le projet national de la
réforme des cycles sur la base d'une option forte visant explicitement
à utiliser et renforcer le professionnalisme du maître en matière de
guidage et à prendre en compte le problème du rythme et des
possibilités de chaque élève.

Elle avait tenu son engagement sur tous ces points mais aussi mis en
évidence, par ses initiatives propres, quelques pistes plus
inattendues.


Pour ce qui concerne les objectifs traditionnels de l'école et là où
elle a pu être appliquée avec une certaine continuité, la PMEV a
contribué à retrouver les ambitions du "lire, écrire, compter",
dépassant en outre les contraintes de l'hétérogénéité pour donner aux
élèves "lents" ou retardés l'occasion de mieux rentabiliser leur temps
d'apprentissage.

Elle a confirmé dans le même temps sa capacité à stimuler le
développement langagier, cela par le jeu d'échanges régulés
rétablissant la priorité sur les contenus des programmes et apportant
même une préparation efficace aux exigences de la vie sociale, un
cadre pour "apprendre à vivre ensemble".

Ces différents aspects sont plus qu'appréciables au regard des
nouveaux programmes et privent d'arguments leurs détracteurs. La PMEV
les a parfois anticipés et doit ici, par souci de vérité et de clarté,
le préciser.

Apprendre à Parler..

La maîtrise de la langue est indispensable à la réussite scolaire et,
au delà de l'entrée au collège, pour la poursuite d'études longues.
C'est dire si, dans les temps difficiles que traverse l'école et face
aux problèmes rencontrés au lycée, cet apprentissage est important.

Tous les efforts engagés dans le passé pour développer l'expression
orale, des mémorables "tableaux d'élocution" aux modernes "micro
dialogues", ont eu et ont encore peut être leur intérêt, mais cela
n'est pas moins vrai des propositions plus récentes des chercheurs ou
des praticiens qui ont montré leur capacité à pouvoir y contribuer.

Pour sa part, le moment de bilan, instauré en PMEV dans une
perspective de construction de sens, est également sur un autre plan
un exercice continu de verbalisation. Il présente toutefois des
particularités originales qui méritent justification et mise au point.

Non sans paradoxe, cet .exercice relativement difficile est le plus
souvent bien accueilli par les élèves lorsqu'il est correctement
conduit et dosé. Plus particulièrement axé sur le langage spécifique
de l'école et du métier d'élève, qu'il contribue à consolider, ce
moment peut paraître austère et laisse souvent perplexes les
observateurs mal informés. Mais il répond aux critères récemment mis
en évidence par les linguistes à propos de l'inégalité des chances et
les enfants eux mêmes semblent le comprendre. Comme s'ils en avaient
pris conscience à travers leur premier "décollage", ils en arrivent à
aimer l'école pour cette séquence particulière mise au service de leur
besoin d'accomplissement.

Mais ces aspects déjà essentiels apportent avec eux d'autres raisons
de prendre la mesure de toutes les possibilités de la PMEV, comme
l'ont bien compris un nombre croissant d'enseignants conscients de
leur responsabilité.

Apprendre à vivre ensemble ..

Savoir vivre ensemble ne se décrète pas ni ne s'improvise. Apprendre à
vivre ensemble est une exigence de nos temps difficiles qui ne peut ni
se contenter d'exhortations ni fuir la réalité des problèmes
pratiques, en particulier pédagogiques.

Dans une Europe qui a vu naître les camps de concentration et
l'épuration ethnique, dans une France où le communautarisme semble
pouvoir ranimer les vieux démons de haine, des questions inattendues
ont surgi. Comment ces évènements peuvent-ils naître dans un milieu
marqué par 2000 ans de valeurs chrétiennes ? Comment l'école
pourrait-elle prévenir l'émergence de sentiments aussi éloignés de ses
idéaux et de la morale civique élémentaire ?

Questions simplistes ? Evitons en effet de porter un jugement
inconsidéré sur une situation qui présente bien d'autres traits de
complexité, mais convenons qu'une conclusion s'impose aux pédagogues :
le discours moral, religieux ou civique ne suffit pas, aussi souvent
ressassé soit il, même si nous pensons qu'il reste indispensable.

Il ne peut y avoir de morale désincarnée, coupée d'une pratique qui en
fixe les points forts et aussi les limites. Apprendre à vivre ensemble
impose donc à l'école d'aujourd'hui un travail permanent sur les
manières de vivre et d'être en classe. L'école en est tout à fait
consciente mais elle s'interroge : comment conduire ce travail, au
demeurant difficile, sans porter préjudice au bon déroulement des
programmes ?
Ce problème préoccupant suggère de traiter ces objectifs
simultanément, de conduire cette initiation à la vie sociale à partir
des programmes eux mêmes. C'est là, depuis maintenant dix ans, un des
points forts de la PMEV.
Une pratique intégrée

La PMEV, de par sa logique même, répond en effet à cette exigence de
traitement simultané des objectifs notionnels et comportementaux,
contribuant par là à la fois à l'instruction et à l'éducation.

Son parti pris de retour aux processus originels de l'apprentissage,
fondés sur l'observation des savoirs faire en vue de leur
appropriation, conduit à "faire du sens" en développant une compétence
dont l'absence peut être à l'origine de la violence : la compétence
langagière, la maîtrise de la parole.

Ces processus - originels plus qu'originaux bien que pouvant paraître
tels - vont s'appliquer par définition à la maîtrise du programme
officiel, conformément à l'exigence d'instruction, tout en développant
pour y parvenir des comportements d'échanges et donc de nécessaire
civilité correspondant aux objectifs d'éducation, épurés cependant -
particularité de la PMEV - des exigences mal évaluées qui faisaient
barrage à l'acte d'appendre et à la nécessité d'instruire.

Une efficacité raisonnée

En dépit de sa complexité délibérée, au sens systémique du terme, la
PMEV n'est pas une vue de l'esprit et fonctionne effectivement dans un
certain nombre de classes où elle peut être observée. Sa formule s'est
répandue avec succès, soumise au contrôle de l'inspection et aux
investigations des jurys professionnels, validant ainsi les pratiques
nées des suggestions encore tant ignorées de Maurice Reuchlin.

Il se passe quelque chose avec la PMEV qui, étrangement, dérange
encore, mais ne relève en rien du mystère et clairement du calcul. Une
réhabilitation méthodique des processus naturels d'apprentissage et
leur adaptation systémique aux exigences spécifiques des
apprentissages scolaires suffit à expliquer l'efficacité d'un
dispositif qui en outre renouvelle l'exercisation.

1) Apprentissage par prises de repères sur "ceux qui savent" et donc
exploitation d'une hétérogénéité désormais nécessaire, qui cesse
d'être un pur handicap pour devenir fonctionnelle.

2) Affinement des repérages par le jeu d'échanges qui développent la
fonction langagière, primordiale pour les apprentissages scolaires
mais aussi pour accéder à une communication sans violence.

3) Exercisation intensive mais étayée et renforcée, avec entraînement
permanent à l'analyse et au raisonnement hypothético-déductif, dont le
fonctionnement intellectuel a besoin pour accéder à une véritable
INSTRUCTION, antidote indispensable de la violence.

4) Entraînement quotidien à l'écoute attentive mais bienveillante, et
par là au respect, dont la vie sociale, le "vivre ensemble" sans
violence, vont pouvoir concrètement tirer profit.



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