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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2002 - Mars

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "PMEV liste" <pmev@cartables.net>
Objet: [pmev] Journal de classe
Date : dimanche 10 mars 2002 05:22

Pour réflexion en vue d'un article du bulletin sur le journal de classe en PMEV :

Jules FERRY
Circulaire aux Recteurs
14 Octobre 1881



Objet : Registres et écritures scolaires


Monsieur le Recteur,

J'ai l'honneur de vous adresser une ampliation d'un arrêté daté de ce
jour, déterminant les registres et écritures scolaires dont la tenue
sera seule obligatoire désormais pour les instituteurs, les
institutrices et les directrices des écoles maternelles.
Comme vous le remarquerez, cet arrêté, qui rapporte celui du 17 avril
1866, simplifie considérablement les écritures auxquelles étaient
tenus les fonctionnaires de l'enseignement primaire.
(.)

Tous les renseignements dont peuvent avoir besoin MM les Inspecteur
Primaires se trouvent dans le registre matricule et les états
récapitulatifs qui l'accompagnent.

(.)
Enfin et sur la demande presque unanime de M les Inspecteurs
d'Académie réunis récemment à Paris en conférence, j'ai décidé la
suppression du journal de classe.

La tenue de ce journal avait sa raison d'être alors que, pour beaucoup
d'instituteurs, la nécessité de préparer consciencieusement leur
classe n'était ni clairement démontrée ni impérieusement sentie. Mais
nous n'en sommes plus là aujourd'hui : cette vérité pédagogique qu'il
n'est pas de bonne classe sans une bonne préparation est reconnue et
proclamée par les maîtres eux-mêmes ; l'habitude de cette préparation
journalière des leçons est heureusement entrée dans les mours
scolaires.

On semblerait donc manifester à l'égard du corps enseignant une
méfiance qu'il ne mérite pas, et on lui imposerait sans profit un
surcroît fastidieux d'écritures en exigeant plus longtemps la
constatation matérielle de ce travail préalable.
Les bons instituteurs n'en continueront pas moins de faire chaque jour
eux-mêmes, avec le même soin, avant d'entrer en classe, le choix des
textes, des exemples, des exercices qu'ils comptent donner, de lire
d'avance les morceaux qu'ils devront expliquer, de rassembler les
objets dont ils sauront besoin pour les leçons de choses, de régler
enfin la marche de leur enseignement ; quant aux autres, ce ne serait
pas en les obligeant à jeter à la hâte quelques lignes sur un registre
pour simuler une préparation qu'ils n'auraient pas faite, qu'on
parviendrait à améliorer leur enseignement.

Tout au plus, le journal de classe a-t-il cet avantage de permettre à
l'inspection de s'exercer plus rapidement et plus sûrement, par la
comparaison des indications qu'il contient, avec le programme de
l'enseignement et les cahiers des élèves.

Mais si, comme ils est à désirer, et comme nous le recommandons une
fois de plus en cette occasion, les maîtres ont pris soin de remplacer
les cahiers multiples qui ont été si longtemps et si malheureusement
en honneur dans les écoles, par le cahier unique de devoirs
journaliers, et si chacun des devoirs consignés porte exactement la
date du jour où il a été fait, l'examen de ces devoirs et du registre
de présence suffit amplement à contrôler la régularité des exercices
et leur sage distribution.

J'ajoute que, si je ne suis pas touché par les mérites du journal de
classe, je suis frappé au contraire des avantages que présenterait
dans les écoles l'introduction du carnet de correspondance avec les
familles. U père a le droit se savoir ce que fait son fils à
l'école, et un instituteur doit éprouver le besoin d'appuyer son
autorité sur celle du chef de famille. Un échange de communications
qui s'établirait aussi régulièrement que possible et qui serait
inspiré par un sentiment de confiance réciproque, tournerait au profit
de l'éducation et de l'instruction des élèves ; se sentant en quelque
sorte surveillé à l'école par son père, et à la maison paternelle par
son maître, comment un enfant ne redoublerait-il pas de vigilance ? Je
ne voudrais pas toutefois faire de cette correspondance avec les
familles, quels que soient les résultats heureux qu'à mon sens elles
doivent produire, une obligation rigoureuse pour les maîtres ; je me
contente de leur signaler ce moyen pédagogique, déjà employé avec
succès par l'élite de nos instituteurs.

(...)

Fait à Paris le 14 Octobre 1881

Le Président du Conseil, Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux Arts

Jules FERRY

Le scan du texte original et complet, tiré du Tome XXIV du Bulletin
Administratif du Ministère de l'Instruction Publique et des
Beaux-Arts, était disponible à l'adresse suivante :
http://www.ecolebizu.org/Freinet/journalDeClasse/index.htm

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