logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert  B2i                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Dec 4, 1998 5:04am
Subject: Re: remediation

-----Message d'origine-----
De : xavier.marciniak Xavier.Marciniak@w...
À : pedagogie-maitrise@onelist.com pedagogie-maitrise@onelist.com
Date : vendredi 4 décembre 1998 08:36
Objet : [pedagogie-maitrise] remediation

Rebonjour à tous !
Un mauvais virus m'avait forcé à prendre un peu de repos.
J'ai suivi avec intérêt les aventures de Thierry, les réponses de Michel.
J'attends aussi que vous envoyiez vos outils, dont certains ont déjà l'air assez élaborés.

Mon intervention du jour porte sur les activités de remédiation.
Mon CE2-CM1 tourne bien maintenant. Les bilans sont riches et généreux, utiles car les enfants en ont compris toute l'utilité.
J'ai affiné mon fonctionnement: nous avons décidé en commun que le travail avec tutorat était possible dans un seul cas : le blocages résultant de la non-compréhension des consignes. Ainsi un enfant peut en mettre un autre "en marche" au moment du travail individuel. Résultat : gain de temps non négligeable.
Le bilan est désormais un moment beaucoup plus riche.

Cette limitation volontaire et concertée du tutorat me parait significative d'une prise de conscience. La présence simultanée d'un expert et d'un novice n'implique pas nécessairement "enseignement" ou "tutorat", qui recèlent l'un comme l'autre un certain potentiel naturel de dérive conditionnante - je ne dis pas déterminisme absolu ou fatalité incontournable - et qui peuvent faire finalement obstacle à de véritables apprentissages s'ils ne sont pas soigneusement régulés....

Si l'expert peut enseigner le novice, le novice peut aussi apprendre grace à l'expert, en essayant de s'approprier sa compétence. En cela, l'appentissage vicariant est une réciproque du tutorat, qui donne une part plus active au novice et lui laisse dans une certaine mesure l'initiative des cheminements d'apprentissage. Distinction un peu artificielle sans doute, car les deux procesus réciproques restent très liés et pas toujours bien délimités, y compris et surtout même dans l'usage que nous en faisons, mais la distinction reste utile et les élèves eux mêmes semblent l'avoir comprise.
Elle est de toute façon très utile à l'atmosphère de la classe. Les experts y apprennent éventuellement la modestie, ce qui ne leur enlève rien, et la solidarité s'y déforme moins en charité ou en condescendance. Ils y renforcent même leur degré d'expertise, et ce renforcement vaut salaire pour les sacrifices qu'ils consentent.

Je referme là cette longue parenthèse que nul ne doit se croire obligé de lire. Le tutorat est donc limité pour l'heure, et pendant le TI, à un travail de guidance au démarage, ceci pour mieux exploiter d'autres possibilités de la dualité expert / novice. Cela ne condamne en rien l'intérêt du tutorat et n'empêchera pas de le retrouver ailleurs, sous d'autres formes : le TI, dans le cas le plus fréquent, ne dépasse pas une heure, ce qui parait assez raisonnable.


Petit gros grain de sable dans la machine : 4 enfants en grande difficulté, après les diverses évaluations effectuées : ces enfants partent avec des acquis insuffisants et des pré-requis manquants. Leurs démarches d'apprentissages sont totalement déstructurées.
Résultat : un intérêt pour le bilan qui va en diminuant, une impossibilité à "réinvestir" ces moments de bilan (des fiches ou travaux vues au bilan restent des situations totalement imperméables lorqu'ils les abordent par la suite, aussi bien au niveau de la compréhension des consignes que des compétences abordées)

Mon souci : quelle situation de remédiation apporter à ces enfants afin qu'ils ne décrochent pas de la pratique mise en place, mon souci étant de ne pas les "sortir" du fonctionnement actuel du groupe ?

Mon souci à moi : t'apporter des éléments de réponse pour essayer de résoudre progressivement ton difficile problème. Je n'ai pas de recette magique, et si la PMEV a efectivement pour ambition de gérer et atténuer les problèmes d'hétérogénéité, c'est évidemment sur la durée, en commençant le plus tôt possible. En SES/SEGPA, il est bien tard. Démarrer le processus dans des classes où la situation est déjà dégradée permet d'obtenir quand même des résultats, assez spectaculaires parfois, mais pas pour autant immédiats et miraculeux. Par ailleurs, la PMEV n'a pas la prétention de concurencer les RASED : elle a besoin d'eux, et leur offre en échange d'assainir le terrain : leur épargner au maximum les cas qui ne relèvent pas de leur compétence, dont ils sont souvent encombrés, et leur faciliter au maximum le travail d'intégration des enfants en difficulté dans les classes ordinaires.

Tout cela répond à ton souci, mais ne peut agir immédiatement et je ne peux que le regretter

Si tu as un RASED, il faut voir avec eux : ici, ils ont vite compris que l'on roulait pour la même cause.
Si tu n'en as pas, il va falloir t'armer de patience et de technique, mais les outils restent sans doute à inventer.

La PMEV se veut surtout préventive, plus que remédiatrice, ce qui la dévalorise un peu sur le marché en hausse de l'évaluation. Mieux vaut prévenir dit on, mais le statut de l'hygiène n'égale pas pour autant celui de la médecine, j'en suis bien conscient, et la première fait même un peu figure de rigolote : on passe outre ses conseils de ne pas forcer sur le Gevrey Chambertin quitte a laisser plus tard la faculté bien démunie devant une éventuelle cirhose.

Evaluation formative ? Le pied, des cours à n'en plus finir en formation, mais sur le terrain, le personnel pour l'utiliser fait défaut. Nous nous contentons modestement, avec le bilan, d'offrir au maître un observatoire permanent d'évaluation formative pour piloter la classe seul, avec ses pauvres moyens, et sauvegarder tant bien que mal ce qui peut l'être en attendant des jours meilleurs.
Evaluation formatrice ? On en parle moins, mais nous l'utilisons en fait beaucoup puisqu'elle est en germe dans toute procédure d'apprentissge vicariant. Le bilan la nourrit en permanence, qui permet à l'élève d'analyser son écart par rapport à la "norme" - ça existe, je n'y peux rien - et de se faire ainsi de modestes grilles personnelles intérieures, qui se révèlent efficaces même lorsqu'elles ne vont pas jusqu'à une explicitation parfaite.

Mais si la PMEV se veut plutôt préventive, elle n'a nul parti pris anti remédiation : non seulement elle "croit" au travail des RASED, mais elle libère du temps, en classe, pour faire un peu de remédiation, ce qui peut pemettre à tes quatre élèves en difficulté de rester dans le système.

Je dis remédiation au double sens du terme : 1) apporter un "remède"; 2) apporter une nouvelle médiation. Distinctions subtiles là encore, à ajouter à la liste bilan / mise en commun, bilan /leçon que j'évoquais avec Anne Olga, mais dont on peut attendre beaucoup... En particulier parce que le bilan est un temps de "médiation" entre le savoir et l'élève, et qu'un temps de médiation, pour les élèves qui ont manqué dans le passé de cette médiation, est évidemment aussi un temps de re-médiation. Tu m'excuseras d'avoir l'air de jouer avec les mots, mais ceci n'est pas un jeu.

Pour revenir au concret, Christine Mathieu avait rencontré une difficulté de même ordre en débutant et imaginé plusieurs solutions à géométrie variable en quelque sorte. Elle pourra sans doute nous en reparler.

Dans ton cas à toi, il te faudrait sans doute bien situer les manques, voir quel matériel pourrait venir les corriger sans trop les marginaliser : je dis "trop", car tu échapperas difficilement à "un peu".

Je ne peux pas, faute de données précises, aller beaucoup plus loin, mais on peut envisager plusieurs pistes :
1.. Des fiches de niveau inférieur, s'il s'agit de lacunes relatives aux programmes des années précédentes, et qui soient traitables "par fiches", ce qui n'est pas assuré. Mais, dans l'affirmative, ne pas négliger cette possibilité, et les faire passer au bilan soit avec les autres soit dans un bilan spécial pour eux.
2.. Des fiches dans d'autres disciplines que celles existant actuellement, si tu vois là un moyen de mieux les intégrer au bilan général : "récitations" ? lectures dialoguées en paire avec un fort, avec entrainement préalable bien sûr.
3.. Des fiches plus répétitives, dont parlait je crois Christine encore, et qui peuvent permettre un travail de structuration, même limité, sur certains points. L'expérience montre que cette structuration est parfois contagieuse, qu'elle peut atteindre des domaines où tu ne l'aurais pas spécifiquement programmée.
4.. Des fiches dont tu reprogrammerais les cousines sur plusieurs périodes de trois semaines, qui n'auront pour le gros de la troupe qu'une valeur purement occupationnelle, gratuite, mais qui leur permettraient à eux de rentrer progressivement dans le jeu.
Je crois aussi qu'il faut garder à l'esprit quelques facteurs favorables :
1.. Tu gardes les gamins deux ans, ce qui te donne plus de marge, d'autant que le redoublement, à éviter bien sûr, n'est pas totalement interdit.
2.. L'efficacité du bilan est en partie souterraine, et elle est structurante même pour ceux qui n'interviennent pas, à la longue bien sûr. L'important est alors que ces enfants ne se sentent pas culpabilisés par le bilan, qu'ils ne soient jamais invités à participer par surprise, que le regard des autres ne soit pas une épreuve, que leur maigre récolte ne soit pas un scandale, pour qu'ils ne rejettent pas ce moment qui peut en dépit des apparences et de sa brièveté, leur apporter beaucoup.
J'ai été bien long et bien maigre sans doute. Mais les colistiers viendront enrichir tout ça.

Bonne santé et bien cordialement,

M. MONOT
E-mail : magui@o...
Pédagogie de Maîtrise :
http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France