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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Thierry Duez  <tduez@c...>
Date: Mon Nov 30, 1998 8:38pm
Subject: Re: Re: retour en arrière (suite)


Merci à Michel pour son soutien. Une précision, nous sommes classés ZEP depuis cette année. Bien vu !

Merci BYC, tes remarques sont les bienvenues. A moi de répondre

Tout d'abord, sur l'investissement des parents :

 
  Bassirou (leader plutôt négatif, caïd du quartier, mais qui peut être sympa si...) : Oui, avant les parents ne venaient pas mettre le nez dans nos affaires.

C'est sans doute une erreur. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de note qu'il ne faut pas intégrer les parents dans l'affaire. Il y a plusieurs solutions en fonction de la manière de travailler.

1) On établit un plan de travail à priori (une, deux ou trois semaines). Les parents le signent chaque semaine et peuvent vérifier le travail.

2) On établit un relevé à posteriori du travail effectué et des compétences acquises. C'est mon approche. Chaque semaine, les parents signent le tableau de ce qui a été réalisé (nombre d'exercice) et peuvent consulter le tableau des compétences acquises (qui sert de livret). Ce livret est rempli par l'élève et je le valide chaque semaine (voire deux) lors d'entretiens individuels.

Tu as tout à fait raison, et c'est ce que je pratique (un cahier de classe part toutes les 3 semaines chez les parents, contenant une évaluation du travail effectué sur la durée), mais avec Bassirou et Cédric cela ne marche pas; leurs parents sont, au mieux inexistants et au pire... Ce sont des petits frères de familles qui ont vécu les mauvaises année de notre école, du temps où les instits se tiraient dans les pattes... Pour les autres, pas de problèmes de ce côté-là, mais tous   n'ont pas tout compris, ils me font confiances.

La note maintenant :

 
  Moi : et quelles notes as-tu eu ? J : 1/10, 1,5/10, 1/10.

La note est riche en effets pervers, tu en es conscient, puisque tu l'as instaurée comme mesure de l'idiotie de cette manière de travailler.

Par contre, les enfants y sont habitués, ils vivent avec tous les jours depuis longtemps et elle leur sert de baromètre, dans le meilleur des cas ou de carotte, dans le pire.

Tu auras donc beaucoup de mal à rendre la note idiote à leurs yeux, même en forçant le trait. En plus, tu entres dans leur jeu et dans celui des parents. Il suffit de faire le souk pour retrouver ses repères. Tu n'es pas en train de faire du renforcement positif...

Sauf que.. une très grande partie de ces élèves fonctionnent en PI, avec les ceintures depuis plusieurs années, et sont habitués à ne pas avoir de notation systématique, sauf pour les contrôles communs (1 par trimestre), c'est bien ce    que veut dire Marie: si on note, c'est qu'on montre !

 
  Marie : Et puis c'est pas bien car si on note, cela veut dire qu'on montre aux parents, alors qu'avant on s'entraînait. (surtout les mauvaises notes !)

Le travail pour la note, véritable plaie. Donner du sens au travail, facile à dire, mais indispensable à faire.

Tu constate aussi, et tu as raison, que je fais de l'occupationnel. C'est vrai, et je suis très mauvais en traditionnel, ce qui ne veut pas dire que le traditionnel est mauvais, loin de là. Je ne sais pas faire, c'est tout. D'où caricature de ma part. --> De plus, mon objectif n°1 est RAMENER LE CALME, et là encore, l'occupationnel peut être utile. Attention, si tu n'as pas suivi depuis le début, je résume : Ma classe tournait, bien d'ailleurs, les "lueurs de connivences" étaient là. j'avais réussi à retourner chaque perturbateur en puissance, notamment en utilisant tes conseils (et ceux des autres) régulièrement reçu sur liste école. Mais, je suis parti en stage et à mon retour, tout était cassé. Cela fait 15 jours que j'essaye de rattraper en vain. Je ne pense pas pouvoir me permettre de laisser s'installer ce climat, surtout en cette période de l'année. Sinon, je vais le traîner jusqu'au bout ! Donc, au moins deux jours de retour au calme, ne serait-ce que pour que les "bon élèves", et les autres aussi d'ailleurs, retrouve le maître de la classe ne me semblent pas du tout inutile.

Terminons par le volume de travail :

 
  Joshua (élève très lent et en difficulté) : Aujourd'hui, c'était mieux car on a travaillé beaucoup plus, presque toute la journée.

Je fais pourtant le constat inverse. En travail dirigé, les élèves en font beaucoup moins. Lorsque j'ai récupéré mes 2 CM2 à 1/4 de temps, je m'en suis rendu compte. Avant la récré, une leçon, deux ou trois exercices et le temps est passé. Idem après. C'est un gâchis de temps monstrueux car en plus, ce morcellement des activités rend difficiles les écrits personnels, qui sont pourtant plus importants que les exercices idiots.

Bien sûr qu'il en a moins fait. Et le peu qu'il a fait est loin d'être satisfaisant. Son temps individuel de travail   a été considérablement réduit. Mais il a eu l'impression de travailler car il comptabilise le temps collectif de leçon et d'explications, pendant lequel il n'écoutait quasiment pas d'ailleurs.

On s'arrête là. Je pense malgré tout que tu as raison. Ce qui m'intéresse, c'est d'avoir une réflexion avec eux sur le pourquoi de ce que l'on fait, et comment on peut l'organiser ENSEMBLE.   J'ai donc utiliser ce qu'on pourrait appeler "la douche froide" et j'ai déjà des résultats : Bassirou et Cédric ont renoué le contact. Pour moi c'est essentiel. Demain, je prends une heure de conseil de trois à quatre pour amorcer la reprise.

Merci pour ton éclairage judicieux

Thierry Duez
Instit audonien de CM1/CM2 Pédagogie Freinet/Institutionnelle Pédagogie de la Maîtrise

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