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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Mon Nov 30, 1998 7:19pm
Subject: Re: retour en arrière (suite)


Bravo pour la reprise en mains, puisqu'il fallait bien en passer par là : c'est peu dire que tu ne baisses pas les bras, et il faut le dire aussi que l'école a grand besoin    de ça en ce moment. Mais à ta manière à toi : dans un   cadre strict mais ouvert, et avec un projet qui ne sera pas seulement le tien car tu le feras leur. Ecouter les enfants, bien sûr, mais leur montrer quand même que tu es né avant eux. Tu devrais pouvoir redresser la situation, et la retrouver même peut être encore plus solide après cet incident.

Merci donc pour le témoignage : on se croirait dans ta classe. Si ce n'est pas une ZEP, ça y ressemble, et tout y est. Je retiens surtout le dernier "avis autorisé", celui de Bassirou, qui résonne de manière un peu particulière pour moi - mais contiguïté dans le temps n'est pas prophétie ! - arrivant peu d'heures après un reportage TV auprès de jeunes prisonniers, noirs en particulier.

Que veut dire Bassirou quand il parle des parents qui mettent leur nez dans ses affaires : un rapport avec la PMEV ? Tu es pourtant déjà en PF PI depuis longtemps. Ici, Bernard BOCQUET, conseiller pédagogique, considérait que le meilleur moyen d'obtenir la coopération des parents était de commencer par faire réussir leurs gosses, car ils gardent parfois un mauvais souvenir de leur propre scolarité et n'aiment pas revenir à l'école vingt ans après pour se faire à nouveau engueuler.

La coopération des parents est souhaitable, et on sait ou conduit leur démission : mais il faut bien que quelqu'un ammorce la pompe. La formule s'est avérée bonne, sinon efficace à 100% hélas, mais REUCHLIN avait apporté l'EV, l'indispensable catalyseur sans lequel les réactions ne se produisent pas.

Un dernier écho, celui d'une vieille inspectrice retraitée qui n'avait jamais du se    baisser en passant sous les fenêtres pour mieux faire son travail et qui avait choisi d'être détachée à la justice pour inspecter les classes de jeunes prisonniers. Elle nous rapportait ce cri quasi unanime de jeunes piégés par les insuffisances de notre système : "Mais pourquoi ne nous avait-on rien dit AVANT ?". L'important étant d'ailleurs de DIRE, mais aussi de FAIRE, et Thierry a raison - faut-il le dire ? - de reprendre sa classe en mains.

Je ne connaissais de Denyse WEILLER que les deux petits bouquins de tout juste 150 pages qu'elle avait sorti en 88 chez A. Colin ('Psychologie et enseignement") et qui parlaient déjà de Bruner, de Vigotsky, sans pontifier, en termes d'éclairages pratiques et de faisabilité. Je ne savais pas qu'elle avait été déportée dans sa jeunesse, ce qui éclaire sa vocation et n'ajoute pas grand chose à nos débats, peut-être.

Merci encore à Thierry. Il va resservir sa soupe demain, mais qu'il nous garde les restes !

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

    -----Message d'origine-----
    De : Thierry Duez tduez@c...
    À : Liste PMEV pedagogie-maitrise@onelist.com
    Date : mardi 1 décembre 1998 03:56
    Objet : [pédagogie-maîtrise] retour en arrière (suite)
    
    
    From: "Thierry Duez" tduez@c...
    
    Comme Xavier, je pense qu'il y a des préalables (écoute, respect, en gros
    une certaine sécurité) à la mise en place de la PMEV, qu'elle favorise bien
    sûr, mais sans lesquels elle ne peut perdurer
    Donc j'ai mis le paquet :
    
    Leçon à copier, 10 mn d'explications, exercice(s) écrit(s), notation,
    correction magistrale, et rebelotte la plus grande partie de la journée,
    avec un peu d'eps et un peu d'art plastique pour souffler.
    A 15h40 : bilan avant, maintenant, avantages et inconvénients... et là, cela
    devient intéressant :
    
    Rachid : C'était mieux aujourd'hui parce que c'était plus calme.
    Cédric (catégorie emmerdeur gentil, mais usant) : Moi, c'était bien
    aujourd'hui.
    Moi : quelles notes as-tu eu ?
    C : 1/10, 8/10 et 8/10.
    Moi : Et tu penses que c'est bien un 1/10 ? As-tu compris au moins ?
    C : Ben ... non.
    Joshua (élève très lent et en difficulté) : Aujourd'hui, c'était mieux car
    on a travaillé beaucoup plus, presque toute la journée.
    Marcus (taquineur de service, toujours debout, mais bosse peu) : Oui mais on
    a pas fait de sciences ou d'Histoire ou de Géographie.
    Moi : et quelles notes as-tu eu ?
    J : 1/10, 1,5/10, 1/10.
    Moi : Tu es en train de me dire que tu préfère avoir l'impression que tu
    travailles, sans comprendre ce que tu fais, au lieu d'avoir le temps de
    faire les exercices jusqu'au bout, en ayant compris ce qui te permets
    ensuite d'en faire des plus difficiles ?
    J : ...
    Cédric : Ce qui n'était pas bien aujourd'hui, c'est qu'on était obligé de
    comprendre de la manière du maître, alors qu'avant, on pouvait comprendre à
    notre manière.
    Nathanaël (1 an d'avance au cm1, mais chiant ) : et moi j'ai réussi
    l'exercice de math aujourd'hui parce que ma mère m'en avait fait faire ce
    dimanche !
    Florian : Ce qui ne va pas aussi, c'est qu'aujourd'hui, on a fait l'exercice
    tout de suite après la leçon, alors forcement on fait des erreurs parce que
    c'est trop tôt.
    Marianne : Moi je préfère comme ça car on a eu une vraie leçon.
    Marie : Et puis c'est pas bien car si on note, cela veut dire qu'on montre
    aux parents, alors qu'avant on s'entraînait. (surtout les mauvaises notes !)
    Bassirou (leader plutôt négatif, caïd du quartier, mais qui peut être sympa
    si...) : Oui, avant les parents ne venaient pas mettre le nez dans nos
    affaires.
    Moi : Il est l'heure, on reprend demain, avec la même organisation de
    journée.
    
    Je remets donc le couvert demain, mais en me disant que tout n'est pas perdu
    et que l'on devrait arriver à s'en sortir.
    
    A demain
    
    Thierry Duez
    Instit audonien de CM1/CM2
    Pédagogie Freinet/Institutionnelle
    Pédagogie de la Maîtrise

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