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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Bernard.Yves.COCHAIN@a...  <byc@xxx.xxx>
Date: Mon Nov 30, 1998 6:48pm
Subject: Re: retour en arrière (suite)


164 messages, 148 lus, voici ce qu'annonce ma boîte " Pédagogie de Maîtrise ".

Moralité, Je n'ai pas suivi les discussions, mais le débat m'intéresse,    vu que j'ai conservé les messages, sans les lire.

Je profite du message de Thierry, pour entrer en lisse, mais   rassurez-vous, ce n'est qu'un clin d'oeil. Vous me pardonnerez les   redites :

  Comme Xavier, je pense qu'il y a des préalables (écoute, respect, en   gros une certaine sécurité) à la mise en place de la PMEV, qu'elle favorise bien sûr, mais sans lesquels elle ne peut perdurer

Une pédagogie active, quelle qu'elle soit, ne peut pas remplacer une    gestion de classe. On ne peut donner que ce que l'on a. Si l'enseignant    n'a pas le contrôle de la classe, il ne peut pas en confier la gestion    aux élèves.

Thierry, ce n'est pas une moquerie, mais une situation que je vis au    premier degré en ce moment. Je suis à mi-temps en SEGPA et je ne vois    les élèves que 2 à 4 heures par semaine. Difficile dans ces conditions    d'instaurer un climat. Résultat, comme avec les autres enseignants, ce    sont les élèves qui commandent.

Dans une des classes de 5ème, un seul élève commande. C'est confortable    mais dangereux. Il suffit de le convaincre de l'intérêt du travail    proposé pour obtenir un silence religieux. Ces élèves se connaissent    depuis la perf et ont adopté cette courroie de l'enseignant. Je ne sais    pas si c'est à cette vicariance que Michel fait appel ;-)

Dans une autre classe, la lutte de pouvoir entre les élèves n'est pas    terminée, mais l'impression de ne rien gérer est très forte car les    meneurs ont des réactions très violentes (ils se battent à coup de    tables et de chaises...). J'arrive à tenir assez bien la classe et tout    d'un coup, une explosion a lieu, et le champ de bataille envahit toute    la classe. Mon record sans bagarre dans cette classe est de 1h30.

Avec ces deux classes, j'ai pour l'instant renoncé à instaurer quoi que    ce soit d'un peu innovant, si ce n'est un ambitieux programme scient    ifique sur la lumière à base d'expérimentations. Mais les groupes sont    formés par moi, rien à voir avec ma pratique habituelle.

Tu as donc tout à fait raison de vouloir remettre à plat la gestion de   la classe, ta chance, sans doute le temps, l'an passé, j'ai eu besoin   de 4 heures de conseil par semaine pendant les 6 premières semaines.

  Donc j'ai mis le paquet : Leçon à copier, 10 mn d'explications, exercice(s) écrit(s), notation, correction magistrale, et rebelotte la plus grande partie de la   journée, avec un peu d'eps et un peu d'art plastique pour souffler.

On peut faire du magistral propre... Avec mes deux 1/4 de temps en CM2,   je donne un peu dans le magistral comique et critique, c'est assez   amusant. J'ai des classes attentives et très habituées à cette   pédagogie, ce qui me permet de les mettre en réflexion en les   déstabilisant dans ce qu'ils croyaient connaître.

En fait, l'essentiel de mes interventions vire à la méthodologie, les    notions étant déjà connues... Aucun des élèves ne savaient à quoi    servait la grammaire, pas un s'était insurgé devant l'ineptie des    exercices (j'ai la semaine de français dans une classe et la balle aux    mots dans l'autre...).

Je commence maintenant à voir des lueurs de connivences (j'ai ces   classes depuis la Toussaint). J'espère bientôt pouvoir aller plus loin,   d'autant plus que l'ouverture du site Internet avec l'une des classes   m'a déjà autorisé à bouleverser les habitudes...

  A 15h40 : bilan avant, maintenant, avantages et inconvénients... et   là, cela devient intéressant : Rachid : C'était mieux aujourd'hui parce que c'était plus calme.

Le calme, c'est la sécurité. Je pense que la classe peut-être calme,    même si les élèves se déplacent, bougent... Certaines classes ont une    inertie positive et d'autres négatives. Lorsqu'on laisse une classe    vivre sa vie, dans certains cas, le ton monte, dans d'autres, ça ce    calme.

Si la classe est bruyante, agitée, il faut trouver des solutions autre   que le retour en arrière. Ce n'est pas facile, mais laisse les enfants   y réfléchir, ils devraient trouver des idées. Une que je ne peux pas   accepter mais que j'ai déjà rencontrée deux fois :

Un élève note les perturbations. Lorsqu'un élève a deux ou trois croix,    il y a le " million ". Tous les élèves se lèvent et vont tabasser le   coupable. C'est hyper efficace, mais cela n'est pas compatible avec les   valeurs que nous cherchons à préserver... J'ai pu faire cesser ça sans   contrepartie, mais on pourrait imaginer de remplacer le million par une    récitation de poème, un mime, un nettoyage de la cour avec une brosse à    dents ou autre...

Le conseil, après tout, sert avant tout ;-) à trouver des solutions   pour la classe...

  Cédric (catégorie emmerdeur gentil, mais usant) : Moi, c'était bien aujourd'hui.Moi : quelles notes as-tu eu ? C : 1/10, 8/10 et 8/10. Moi : Et tu penses que c'est bien un 1/10 ? As-tu compris au moins ? C : Ben ... non.

Je n'ai pas vu la partie recherche dans ton emploi du temps. Que   n'avait-il pas compris, les consignes ou les notions mises en oeuvre ?

  Joshua (élève très lent et en difficulté) : Aujourd'hui, c'était mieux car   on a travaillé beaucoup plus, presque toute la journée.

Je fais pourtant le constat inverse. En travail dirigé, les élèves en    font beaucoup moins. Lorsque j'ai récupéré mes 2 CM2 à 1/4 de temps, je    m'en suis rendu compte. Avant la récré, une leçon, deux ou trois    exercices et le temps est passé. Idem après. C'est un gâchis de temps    monstrueux car en plus, ce morcellement des activités rend difficiles    les écrits personnels, qui sont pourtant plus importants que les    exercices idiots.

  Marcus (taquineur de service, toujours debout, mais bosse peu) : Oui   mais on a pas fait de sciences ou d'Histoire ou de Géographie.

Qu'est-ce que je disais... On a le temps de rien avec le temps unique.

  Moi : et quelles notes as-tu eu ? J : 1/10, 1,5/10, 1/10.

La note est riche en effets pervers, tu en es conscient, puisque tu   l'as instaurée comme mesure de l'idiotie de cette manière de   travailler.

Par contre, les enfants y sont habitués, ils vivent avec tous les jours    depuis longtemps et elle leur sert de baromètre, dans le meilleur des    cas ou de carotte, dans le pire.

Tu auras donc beaucoup de mal à rendre la note idiote à leurs yeux,   même en forçant le trait. En plus, tu entres dans leur jeu et dans   celui des parents. Il suffit de faire le souk pour retrouver ses   repères. Tu n'es pas en train de faire du renforcement positif...

  Moi : Tu es en train de me dire que tu préfère avoir l'impression que tu travailles, sans comprendre ce que tu fais, au lieu d'avoir le temps de faire les exercices jusqu'au bout, en ayant compris ce qui te permets ensuite d'en faire des plus difficiles ? J : ...

Comme pour la note, j'ai une réflexion fréquente lorsque je débute avec    une nouvelle classe, c'est " vous expliquez mal ". - Est-ce que je t'ai expliqué quelque chose ? - Non. - Alors, je n'ai pas pu mal te l'expliquer. Je ne t'ai rien expliqué   car je sais que tu peux comprendre seul ce qu'il faut faire...

Après quelques temps de flottement, les nouvelles habitudes se prennent   et malheur à moi quand j'essaye d'expliquer collectivement une notion   qui a posé problème à d'autres... Ils veulent avoir une chance de   trouver eux-mêmes la solution... Le pire, c'est qu'ils ont tout à fait   raison...

  Cédric : Ce qui n'était pas bien aujourd'hui, c'est qu'on était obligé de comprendre de la manière du maître, alors qu'avant, on pouvait comprendre à   notre manière.

La pédagogie frontale n'exclut pas des démarches différentes car elle    n'exclut pas les temps de recherche. Tu as fait de l'occupationnel,    plus que de l'enseignement, non ?

  Nathanaël (1 an d'avance au cm1, mais chiant ) : et moi j'ai réussi l'exercice de math aujourd'hui parce que ma mère m'en avait fait faire  ce  dimanche !

Attention, il ne faut pas taper les élèves, c'est l'inverse qui est    d'usage...

  Florian : Ce qui ne va pas aussi, c'est qu'aujourd'hui, on a fait   l'exercice tout de suite après la leçon, alors forcement on fait des erreurs   parce que c'est trop tôt

Démarche suspecte pour des novices en PM, à mon avis, il a commencé à    comprendre qu'avoir le temps de comprendre est important. Si la leçon    était une copie, il a manqué plus que du temps....

  Marianne : Moi je préfère comme ça car on a eu une vraie leçon.

La routine et l'explication de consigne sont confortables, elles   évitent de réfléchir. Réfléchir, c'est difficile, il faut une bonne   motivation pour quitter la sécurité du train-train.

  Marie : Et puis c'est pas bien car si on note, cela veut dire qu'on   montre aux parents, alors qu'avant on s'entraînait. (surtout les mauvaises   notes !)

Le travail pour la note, véritable plaie. Donner du sens au travail,    facile à dire, mais indispensable à faire.

  Bassirou (leader plutôt négatif, caïd du quartier, mais qui peut être sympa si...) : Oui, avant les parents ne venaient pas mettre le nez dans nos affaires.

C'est sans doute une erreur. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de note    qu'il ne faut pas intégrer les parents dans l'affaire. Il y a plusieurs    solutions en fonction de la manière de travailler.


1) On établit un plan de travail à priori (une, deux ou trois semaines). Les parents le signent chaque semaine et peuvent vérifier le   travail.


2) On établit un relevé à posteriori du travail effectué et des compétences acquises. C'est mon approche. Chaque semaine, les parents   signent le tableau de ce qui a été réalisé (nombre d'exercice) et   peuvent consulter le tableau des compétences acquises (qui sert de   livret). Ce livret est rempli par l'élève et je le valide chaque   semaine (voire deux) lors d'entretiens individuels.

  Moi : Il est l'heure, on reprend demain, avec la même organisation de journée. Je remets donc le couvert demain, mais en me disant que tout n'est pas   perdu et que l'on devrait arriver à s'en sortir.

Je vois un danger à ne pas maintenir le cap, contre vents et marées.   Avec les classes difficiles, il vaut mieux suivre une ligne droite, en   arrondissant les angles lors des conseils, en montrant tous les côtés   positifs et en cherchant ensemble comment gommer les aspects négatifs.   L'an passé, il m'a fallu attendre 6 semaines pour obtenir les premiers   résultats encourageants. Michel en a été témoin et m'a toujours   encouragé à l'époque (les années précédentes, celait prenait deux à   trois semaines).

Si les élèves sentent que tu peux changer facilement de direction en    fonction de leurs réactions, ils vont en profiter et ils prendront les    commandes (c'est un peu ce que je vis actuellement en Segpa, faute de    temps).

Maintenant que tu as commencé, continue ta semaine, mais lors du   dernier conseil, prends la direction que tu souhaites conserver. Tu es   le capitaine, les enfants ont besoin de sécurité et tu n'aideras   personne en changeant au gré du vent de cap. Réorganise les voiles et   tiens le cap

  A demain

À un de ces jours, peut être.

  Thierry Duez Instit audonien de CM1/CM2 Pédagogie Freinet/Institutionnelle Pédagogie de la Maîtrise

Bernard-Yves COCHAIN
PE élancourtois, maurepasien et trappiste de Cm2, 6ème, 5ème et 3ème.
Pédagogie active opportuniste (PAO) Tentative de maîtrise

Chic, il y a une suite :

  J'espère donc les faire réfléchir sur les avantages qu'ils avaient et   dont leur attitude les aura priver, et surtout regonfler les "bons" qui commencent à en avoir marre de faire des efforts sans retour.

L'ancienne pédagogie, ils ont dû (à moins d'être des petites sections)    déjà la rencontrer. Il ne me parait pas indispensable de leur faire    revivre, sans conviction, ce qu'elle a de pire...

  Je pense juste garder en fin de journée un bilan sur avantages/inconvénients des 2 systèmes. Peut-être arriverons-nous à reconstruire quelque   chose ensemble

Je te le souhaite.

Trouve-toi des grands projets, pourquoi pas en sciences ;-)

Amicalement,

Bises à Claudine


Bernard-Yves COCHAIN
bernard.yves.cochain@a... / byc@b... SCSI mon Amour : http://byc.ch/scsi http://www.alyon.asso.fr/~byc/scsi/


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