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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: al  <alcor@xxxxxxx.xxx>
Date: Sat Nov 28, 1998 4:06am
Subject: La pédagogie de l'échec ;-)


Bonjour (petite insomnie...),

D’abord, merci à Michel, qui a la gentillesse de me répondre. Il doit être un peu débordé le pauvre...

Donc, je continue d’essayer d’intégrer les idées de la PMEV sans modifier ma philosophie de fond car Michel Monot me permet de continuer à le faire. Ce n’est tout de même pas facile car je ne saisis pas tout, loin s’en faut. Pourtant, je ne veux pas absoudre mes problèmes en cherchant une voie plus aisée. Je me pose donc tout haut des questions naïves.

Dans mon système actuel, tous les enfants ont de la nourriture à leur niveau, certains trop, mais tous, assez. Et le temps me manque pour faire entrevoir toutes les choses intéressantes que les enfants pourraient aborder. D’autre part, je crois rester maître de l’évolution de la situation par les mesures permanentes de la réussite de chacun. Il n’y a véritablement que le facteur temps qui gêne l’élève en difficulté.

J’ai bien lu l’histoire du crayon à sucer... Je sais bien que rien ne sert de courir... Mais contrairement à d’autres, après le système qui est devenu peu à peu le mien, je me pose encore la question du risque pour moi d’engendrer une certaine démobilisation. Puis-je entrer de plain-pied dans la PMEV qui autorise peut-être à n’achever aucune étape du tour de France, avec la promesse de finir quand même le tour, en étant benoîtement satisfait de son parcours (y compris moi-même) ?

De mon côté, j’essaie de faire admettre aux enfants que nous sommes tous un peu des handicapés. Et que nous sommes peu, véritablement, à être capables de faire le tour de France. Qu’il nous faudra tenter de franchir le maximum des étapes qui sont à notre mesure, mais qu’il y aura des étapes obligatoires. Donc qu’il faut apprendre d’abord à mesurer nos capacités. En pratiquant à plein la PMEV, certes, j’engagerai à coup sûr les plus faibles dans la pédagogie de la réussite, ce sera toujours ça de gagné pour le bonheur présent. Mais n’entrerons-nous pas dans d’autres structures en ayant l’illusion que les obstacles les plus difficiles peuvent être contournés ou remis à plus tard, dans un système qui demandera de les affronter tout de suite. Je ne doute pas que, malgré mes paroles aussi dédramatisantes que possible, certains enfants peuvent ne pas avoir toute la confiance en eux qu’ils méritent. Mais je m’efforce, jour après jour, d’essayer de montrer que chacun a ses faiblesses, mais aussi que chacun a potentiellement des forces insoupçonnées qu’il faut tenter de mettre en oeuvre pour affronter le maximum des problèmes que l'avenir demandera de résoudre. En définitive, j’essaie aussi de prouver que, si l’échec existe, il faut tenter de le surmonter et non de le contourner. Ainsi, je laisse certains obstacles bien en évidence au milieu de la route. Ceux qui doivent être franchis à tout prix mériteront tous les efforts. Tout ça, pour que l’on tente au maximum de ne pas plier lorsqu’arriveront les désillusions futures.

Car il y aura échec, forcément. Nous le savons tous. Notre éducation française sélectionne par l’échec, et cela quel que soit le niveau atteint. L’X va refouler l’idée que son idéal aurait été d’entrer aux Mines ou a l’ENA et arrivera rapidement à s’imaginer que d’autres voies sont tout aussi réjouissantes que ses projets initiaux. Soyons lucides et honnêtes : rares sont ceux qui réussissent à choisir en toute liberté la voie qui leur convient le mieux en délaissant le chemin qui amène au métier le plus reconnu ou le plus gratifiant à leurs yeux. Cela arrive, certes, mais sans doute pour une très faible minorité d’entre nous, que j’admire..

Or, en tant qu’instit, j’essaie de travailler aussi pour la majorité... Ne dois-je pas alors, en priorité, m’efforcer de faire admettre l’échec, pas la prise de conscience qu’il peut être à l’origine d’une réussite future. On s’arrête, on regarde, on réfléchit, on constate... Mais on ne désespère pas.

Pour revenir sur terre, je dois l’avouer qu’il reste pour moi, comme je l’ai déjà répété plusieurs fois, que je n’arrive pas à trouver un système qui me permettent de hiérarchiser les étapes incontournables, de déterminer les compétences les plus utiles. Celles qui seront à acquérir le plus nécessairement dans le temps qui est commun à tous ; pour chaque enfant, différent de tous les autres.

Réactions ?

Amicalement

Alain Cornu

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