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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 27, 1998 10:53pm
Subject: Du principe de l'iceberg


Je l'ai déjà évoqué pour faire image, mais deux ou trois messages récents montrent qu'il faut l'instituer.

Par nécessité, parce que nous avons des problèmes de mise en place, nous focalisons sur le bilan, et nous avons eu quelques très bonne relations de ce qui se passe alors : des choses interessantes, que beaucoup de bonnes leçons nous envieraient. On devine aussi, à lire ces échanges, que la classe participe fortement, qu'il se passe beaucoup de choses dans les boites noires, sans grande intervention du maître, parce qu'on est entre enfants et davantage impliqués.

De ce constat que tous ont pu faire, j'ai tiré une sorte de rappel : attention, tout ne se dit pas au cours du bilan, il reste des choses dans les boites noires, du meilleur sans doute ou aussi parfois du pire, avec lequel il faut compter.

J'applique le principe de l'iceberg à un propos de Nathanael répondant à Christine Mathieu qui va permettre d'en souligner l'importance :

Pas d'ac :-)
Une des composantes importantes du bilan est de faire émerger les représentations des élèves pour les faire changer si besoin est. Pour les faire émerger, il faut envoyer des enfants se planter, ce qui ne veut pas dire se faire ridiculiser! On est à l'école pour apprendre, et apprendre passe presque obligatoirement par l'erreur. Il faut, à mon avis, reconnaître le droit à l'erreur, et présenter les erreurs ne peut être que bénéfique. Les discussions qui en émanent sont beaucoup plus riches.

Je reprends poir par point !

Une des composantes importantes du bilan est de faire émerger les représentations des élèves pour les faire changer si besoin est.

Entièrement d'accord, sans la moindre restriction.

Pour les faire émerger, il faut envoyer des enfants se planter, ce qui ne veut pas dire se faire ridiculiser!

D'accord aussi sur l'essentiel, mais avec deux réserves :
1) Il faut ? Je dirais plutôt "on peut", car il y a d'autres opportunités que ce plantage pédagogique dont je ne sousestime pas les vertus.
2) le spectacle d'un élève qui se plante est certes utile à tous. Mais le spectacle d'un enfant qui ne se plante pas peut être tout aussi utile en faisant prendre conscience à certains qu'ils se seraient plantés s'ils avaient été à sa place, et qu'ils peuvent alors procéder éventuellement d'eux même à une rectification immédiate de    leur savoir sans que cela n'apparaisse sur votre magnétophone. Vicarious learning, c'est ausi cela : l'erreur de celui qui apprend et que j'observe me permet d'apprendre, mais le cheminement juste de celui qui sait me permet aussi de revoir mes représentations premières, sans pour autant passer moi même au bilan.   Vous avez certainement vécu vous même un jour ou l'autre des situations qui vous ont permis de rectifier vos représentations premoères erronnées, et les observateurs silencieux de la liste ne démentiront sans doute pas.

On est à l'école pour apprendre, et apprendre passe presque obligatoirement par l'erreur.

Apprendre, c'est changer de représentaions, passer d'une représentation erronée à une représentation juste, ou d'une représentation floue à une représentaion plus précise. Et c'est aussi passer d'une représentation juste à une autre représentation juste, qui vient compléter la précédente : le sens du relatif, le sens de la complexité, fonctionnent un peu sur ce modèle.

Il faut, à mon avis, reconnaître le droit à l'erreur, et présenter les erreurs ne peut être que bénéfique.

C'est très évident : reconnaitre le droit à l'erreur et dédramatiser l'erreur, ce qui est loin d'être admis partout et comportera toujours une forte composante magistrale.

Mais prenons garde ici à la dimension qualitative et quantitative du problème. Des erreurs, il en pleut tous les jours : des grosses qui concernent tout le monde ou presque; des petites ou ridicules, qui concernent quelques privilégiés du destin et qui vont permettre aux autres de rire à leurs dépends.

Au total, point trop n'en faut. Il y a une grande quantités d'erreurs potentielles qui mériteraient d'être traitées en apparté lors des corrections individualisées, et mieux encore prévenues s'il se peut, étouffées dans l'oeuf, qui pourront émmerger dans les consciences sans être publiées au bilan, qui relèvent en d'autres termes de la partie immergée de l'iceberg, celle que nous ne maîtrisons pas mais sur laquelle nous pouvons quand même avoir une certaine influence. Et puis il y a les erreurs interessantes, celle qui relèvent du caractère propre des disciplines, et sur lesquelles nous pouvons travailler, au bilan mais aussi bien en leçons   dans le cadre de "mises en commun" qui ressemblent au bilan sans pouvoir cependant être confondues avec lui.

Les discussions qui en émanent sont beaucoup plus riches.

C'est incontestable, mais la richesse des discussions peut aussi venir d'ailleurs. Quand on joue avec les associations d'idées ou le bridging, les variations d'éclairage, ce n'est pas mal non plus. Et si la part du   maître est dans ces domaines plus importante, les enfants prennent peu à peu l'habitude de cette pensée à balayage et en nourissent à leur tour le bilan. On a parfois des surprises dans ce domaine qui n'est pourtant pas à proprement parler au programme mais ne peut que le renforcer.

Pour conclure,
je reviens sur un phénomène connu : entre le savoir des savants et l'inscription de ce savoir dans les programmes, il s'écoule toujours un certain temps. Il en est de même du savoir sur les savoirs, de l'épistémologie, qui sous tend aujourd'hui la didactique avec des thèmes forts comme l'analyse d'erreur ou les changements de représentations. Thèmes trop importants pour être négligés, et trop récents pour avoir pu être décantés. De même que le "bilan" nous obsède au point de freiner une nécessaire prise de recul qui accorderait sa juste importance à sa dimension silencieuse, l'analyse d'erreurs envahit un peu le champ pédagogique au point de renverser radicalement la tendance : autrefois "faute", elle devient aujourd'hui "chance", ce qui est un progrès heureux. Mais n'allons pas d'un excès à l'autre et sachons raison garder.

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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