logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert  B2i                                                   
Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 27, 1998 5:56pm
Subject: Re: Petits pas


J'aime bien l'expression "petit pas".

"Politique des petits pas", pragmatisme, qui fait bouger les choses, dans les classes, sans abuser des grandes réformes qui déstabilisent les systèmes, comme on le devine dans les classes des co-listiers dont la liste serait trop longue : et même dans celle de Alain CORNU, je vais y venir pour éviter les interprétations rapides et parler encore de la complexité des problèmes.

Dans la vie aussi, en politique en particulier, je veux dire dans la gestion de la cité, qui peut progresser en s'épargnant les hommes providentiels dont les analyses simplistes enthousiasment les foules ahuries avant de les laisser sur le carreau en pitoyable état. Ceci pour dire que ce modèle ne m'inspire pas, et que je saisis le message de Alain pour faire deux ou trois petits pas.

I. Il ne faudrait pas que le relatif succès de la PMEV autorise à penser ou à dire que les efforts d'autres pionniers ont été vains.

Ce message de Alain CORNU nous incite à la prudence. L'idée que nous puissions prendre connaissance de ces efforts "avec stupeur et peut être mépris" est odieuse, car les jugements de valeur, dans une approche qui se veut d'inspiration scientifique, ne peuvent mener à rien.

De fait, la dimension PM est notoirement présente dans le travail de Alain Cornu, et si l'EV est tenu à distance respectueuse de l'effort personnel de l'enfant, c'était là une idée bien dans l'air du temps,   que nous avons récusée fermement, au nom de l'EV, mais seulement en partie, au nom des exigences globales de formation    (gestion du temps, gestion de la parole) et de la nécessité de filter et rectifier certains effets nocifs de l'environnement famillial ou des ydfonctionnements de l'école en amont. Voir ce que je viens encore d'évoquer à propos des ZEP et de Feuerstein dans le message à Nicolas Mirkovic.

Affirmer, comme je viens de l'insinuer en me basant sur ses propres propos, que l'EV était absent de la classe "élitiste et individualiste" de Alain Cornu est par ailleurs imprudent et je m'en explique.
1.. Un aveu n'est pas une preuve, c'est l'évidence.
2.. L'EV, par essence, par besoin d'accomplisement, par besoin intellectuel de curiosité, n'a pas besoin d'être programmé pour fonctionner. Alain Cornu n'en voulait certes pas, mais en introduisant avant l"heure les NTIC dans sa classe, il a introduit le loup dans la bergerie. L'ambiguité des raisonnements par image appelle cependant une précision : le loup ne désigne pas les NTIC le loup désigne l'EV, mais celui-ci est végétarien les moutonsses sont évidemment les élèves, et eux sont carnassiers En clair, les élèves de Alain Cornu pourraient bien avoir été subrepticement nourris à l'effet vicariant, sans que Alain l'ait voulu et c'est peu dire. Chassez le naturel, il revient au galop.

II. Cette digression à partir du modèle de Alain Cornu m'amène à revenir sur la PMEV. Est-on fondé à parler de PMEV puisque l'effet vicariant se glisse partout et que toute pédagogie, par ailleurs, a en principe pour objet de faire réussir ?

Je n'hésiterais pas à aller au sabordage si ce raisonnement s'imposait vraiment. En fait, je l'ai déjà dit, la création de l'école a mis l'apprentissage vicariant - qui avait eu jsqu'ici un quasi monopole - en porte à faux, et l'école s'est définie par rapport à cela un peu intuitivement, sans avoir désigné l'objet du déli mais le prenant néanmoins en compte.

En repérant le phénomène, en inventant le mot, Bandura permettait de passer d'une organisation empirique de la classe à une organisation plus rationnelle, que Reuchlin avait pressentie. Il s'agisait en somme de remettre de l'ordre, de plier un phénomène naturel aux besoins de l'école, d'imposer à la nature la loi des hommes.

Mais le vieil adage est toujours vrai : on ne commande à la nature qu'en lui obéissant. On ne peut pas évincer l'EV de la classe, mais il faut maîtriser l'EV si lon veut maîtriser la classe.

De la à dire que la PMEV, en respectant les lois de la nature pour mieux lui commander, relève de l'écologie, il y a un pas que je ne fanchirai pas. Ce ne serait plus un petit pas, mais un faux pas, sur un terrain glissant.

III. Il ne faudrait pas non plus que ce bond dans la complexité vous déconcerte et vous décourage : si nous avons un peu avancé, c'est bien que nous avons accepté de ne rien négliger, de tout prendre en compte, le visible et le moins visible.

Qu'il s'agisse du modèle de Alain CORNU, des problèmes de Nicolas Mirkovic ou de Patrick Goichon, il faut toujours aller au fond des choses, dépasser les impressions premières, repérer les détails qui comptent, quitte à ne   pas les trouver tout de suite et à devoir chercher à nouveau.

C'est cela la complexité, un casse tête, mais qui permet en général de reprendre la main. La PMEV, en première analyse, est de mise en place facile et elle garantit des premiers effets quasi immédiats. Simple dira-t-on, parce que l'on a fait en sorte de rendre simple ce qui pouvait lêtre. Mais avec la PMEV, dans le package, il y a la complexité. On s'en passerait bien, je l'avoue aussi.

Bon, mais ça occupe.

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

-----Message d'origine-----
De : al alcor@i...
À : PM pedagogie-maitrise@onelist.com
Date : vendredi 27 novembre 1998 08:56
Objet : [pedagogie-maitrise] Petits pas
Bonsoir,

Je réussis à lire presqu’entièrement les interventions sur cette liste avec beaucoup d’intérêt, malgré les nombreuses autres activités qui prennent un peu mon temps. Ma seule contemplation m’autorise-t-elle à intervenir ? Je suis un vieux, d’un naturel sans doute trop prudent. D’autre part, je vous rappelle que je suis un méchant élitiste qui ne pratique pas encore la PMEV et qui fournit des scores comparatifs à ses élèves ! Vous pouvez imaginer la distance qui me sépare de la PMEV quand vous avez pu lire (avec stupeur et peut-être mépris) mon système d’évaluation permanente basée sur ces scores. Et pourtant j’affirme qu’il existe dans ma classe des échanges permanents fructueux (peut-être parce que l’ordinateur entré dans ma classe il y a bientôt une vingtaine d’année a rendu ma classe bien moins frontale qu’elle n’était auparavant). Tout ça pour dire que j’ai essayé depuis quelques jours de faire quelques pseudo-bilans à la suite de fiches d’évaluation (notées par les élèves eux-mêmes).

En voici un exemple sur un problème de maths dont l’énoncé était à peu près : "Monsieur Dupond a une voiture qui consomme 9 litres d’essence aux 100 km et dont le réservoir plein contient 41 litres d’essence. Cela lui permettra-t-il de faire l’aller-retour jusqu’à une ville située à 250 km ? " A la fin de l’exercice, pensant à la PMEV, j’ai demandé à ceux de mes CM qui avaient eu diverses formes de raisonnements, de défendre leur approche. 9 de mes 13 CM2 (les 14 CM1 faisaient autre chose à ce moment-là) se sont exprimés de façon relativement spontanée sur leur méthode ou leurs erreurs (les 4 autres ayant semble-t-il repéré leurs erreurs dès la première intervention).

Donc fiche imposée ! Et puis interventions de ma part ! Quelques-uns avaient écrit (9+9+4,5)*2= 45. Malgré leur explication orale correcte, j’ai émis l’idée que la démarche était bonne mais pas assez explicite. D’autres avaient écrit 100x(41 :9) ce qui n’était pas faux, et là, il a fallu que j’intervienne pour expliquer pourquoi (l’enfant ne retrouvant plus son cheminement tout seul). Un seul avait fait un tableau de proportionnalité et 2 autres le raisonnement 9 :100 x 250 x 2 dans je ne sais quel ordre et avec je ne sais quelles parenthèses...

Je crois que ma non-intervention n’aurait pas amené forcément à analyser plus finement les stratégies, ni même la compréhension des mécanismes par les enfants eux-mêmes (en particulier dans le 2° raisonnement... (J’oublie peut-être d’ailleurs certaines autres démarches...))

Donc question : Lorsqu’une certaine ambiance pas trop frontale existe dans une classe, le maître "tolérant " qui s’oblige à encourager tout le monde et ne jamais culpabiliser (à la façon de Michel), n’a-t-il pas le droit d’être un participant utile (un peu comme la machine à calculer ou l’ordinateur), et n’ajoute-t-il pas un plus à la discussion qui s’engage pour y apporter une nécessaire orientation ? Y-a-t-il eu EV (réduite, je l’accorde) dans ce cas là ? Le choix de la fiche à analyser n’y était pas, mais les interventions étaient libres... Tout pouvait y être dit... Le maître n'y était qu'un bon élève...

Amicalement

Alain CORNU

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France