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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Jean-Paul J OURDAN  <jpjourd@xxxxxxxxxxxxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 27, 1998 8:45am
Subject: Re: Au secours ! Je suis découragé


Patrick Goichon a écrit:

"Nous arrivons demain à la fin d'une période de 3 semaines, et alors que d'autres ont terminé depuis mardi l'ensemble du travail prévu, ces enfants-là n'en ont réalisé ce soir que les 2/3 environ. ... Cela vous est-il arrivé ? Comment faites-vous ? N'est-ce qu'une angoisse d'enseignant ? ;-)"

J'aurais aimé apporter ma pierre plus tôt, je n'ai pas pu faute de temps, je m'en excuse.

Préliminaire: Je ne suis pas un adepte de la PMEV. Juste constaté une convergence...    Qu'on ne fasse donc pas porter à la PMEV la responsabilité de mes propos ;-)

Tu connais je crois ce qu'était ma façon de travailler. Avec le travail individuel que je proposais, j'ai bien sûr rencontré les mêmes difficultés que toi :-)


1°)Le premier truc que j'ai envie de dire, c'est : "C'est super !" parce que pour ces enfants, on va pouvoir les aider dans un domaine où ils ont une difficulté majeure. La gestion de leur temps, la vitesse d'excécution etc... Dans la pédagogie frontale, le pb est occulté, caché ... donc il perdure. Ici, dès le CM on va pouvoir mettre à jour les difficultés, en prendre conscience, chercher des solutions avant ... un plantage assuré au collège! Alors, ta nouvelle pratique met à jour une difficulté... c'est sûrement qu'elle est bonne!


2°) La première réponse que j'ai apportée dans ma pratique: - je laissais emporter le travail individuel à la maison. - la consigne était : "On emmène ce qui est simple, répétitif, voir chiant, ce qu'on sait faire tout seul. On fait le reste à l'école avec les copains ou avec mon aide". Si on veut faire à l'école plus d'ordi, du théâtre ou de la danse ... alors on travaille plus à la maison. - la consigne était aussi " Apprenez à gérer votre travail et votre emploi du temps..." Si vous travaillez moins vite, si vous avez pris du retard, c'est comm dans un cross, il faudra travailler plus pour rattraper le peloton ou courir plus longtemps pour arriver à l'arrivée ... un bon sens de Crédit Agricole :-) - la consigne était encore " N'embêtez pas vos parents avec votre travail. Cela ne servira à rien s'ils vous donnent les réponses pour aller plus vite..."

Alors là, le pb est bien plus grave que quelques élèves qui n'ont pas fini ... Au début on fait dans le genre panique généralisée. Avec l'expérience, je faisais une réunion avec parents et enfants dans le premier mois pour parler de tout ça, du rôle que chacun avait à se découvrir. Et puis, au bout de quelques mois (pas jours :-) ) l'équilibre s'installe, précaire comme tout équilibre vivant, à renégocier au cas par cas. Il faut expliquer, rassurer, régler par exemple tout un cas de pb pratiques, l'espace/temps à la maison pour ce travail etc... Avec ceux qui se plaignent "il fait rien à la maison" il faut expliquer le "ce qu'il pourrait faire", chercher tout ce que fait l'enfant hors scolaire et qui a aussi son importance, trouver un équilibre particulier. Avec ceux qui se plaignent "il en fait trop... il n'arrête pas" il faut chercher quelles limites mettre. A ceux qui veulent " jouer l'instit..." il faut faire comprendre que l'autonomie de l'enfant ne passe pas par là etc...

Après quelque mois tout s'équilibre (après des années les parents s'expliquaient entre eux ...) et les lents peuvent enfin trouver un espace pour pallier à leur difficulté...


3°)Avec eux, on cherchera les causes profondes de cette lenteur: (quelques unes, mais ce n'est pas exhaustif :-) et c'est en vrac )

- l'enfant s'arrête dès qu'il ne sait pas... et reste planté. C'est vrai de l'enfant qui s'arrête en lecture au premier mot non-compris, sur une fiche au premier exercice non compris ... et l'on apprend à "sauter" la difficulté, à aller plus loin quite à y revenir après, à prendre le risque du "faux"   ( on comprend là mon attachement à ne pas apporter à ce travail une correction "jugement de valeur". On est ici en apprentissage pas en évaluation. On apprend à" tenter" :-) - l'enfant se disperse et part sans arrêt jouer avec l'oiseau lyre. Et c'est là que chronomètre en main, on va essayer de repousser les limites de la concentration :-) - l'enfant est lent parce que c'est sa lecture qui bloque (cycleIII). Il fait encore du son, pas du sens. Il est obligé de "s'écouter lire" pour comprendre. C'est l'enfant qui vient demander une explication et à qui l'on dit : "Qu'est-ce qu'on te demande" et qui repart parce qu'en lisant à haute voix pour l'instit il a enfin   trouvé tout seul. On aura avec lui (CM) un discours de métacognition. Il combattra mieux son problème s'il en connaît les causes. C'est là peut-être que la lecture quotidienne du journal viendra à bout de difficultés mathématiques :-) - l'enfant est lent parce que c'est l'écriture, le "mal au poignet" qui bloque. C'est l'enfant qui adore les "fiches à trous" et ne sait rien faire dès qu'il faut écrire. Les solutions sont à trouver comme ci-dessus. a prise de conscience du problème étant le point de départ obligé. - l'enfant est lent par aboulie, il reporte sans arrêt sa "mise au travail" ... - l'enfant est mal intégré socialement et profite peu de l'effet vicariant ...

- etc... On est à l'école pour teneter résoudre les difficultés non ?    c'est plus simple quand on peut identifier leur origine!


4°) Cela conduit souvent dans un premier temps à "négocier la quantité". Pour ma part, je cadrais sur les plus rapides. Les plus lents travaillaient sans doute plus longtemps en utilisant les temps de non-classe (pré-classe, post-classe, maison...) mais j'étais quelquefois amené à négocier. "Ça c'est important pour toi en ce moment, on va laisser un peu ça..." . Ce qui serait bien c'est que tu fasses un peu de chaque exercice   etc... J'ai bien conscience aussi quelquefois d'avoir "fait souffrir" en imposant du travail. Là où j'ai eu le plus difficultés, c'est avec me propre enfants :-). Je me souviendrai longtemps de mon fils qui a attendu les vacances de Toussaint pour rattraper tout son retard :-)


5°) Tes craintes montrent bien l'importance exhorbitante que nous accordons à la tâche. Ce qui est fait et non-fait; ce qui est fait étant sensé avoir laissé des traces. A bien y regarder, le "non-fait" peut aussi laisser un vide dont l'esprit de l'enfant a horreur et qu'il va chercher à combler. Le "fait" peut au contraire donner le sentiment du devoir accompli et laisser sur le papier ce qui aurait été mieux en mémoire vive :-)


6°) Le contenu est de toute façon abordé en classe hors ce travail individuel. Les "bilans" d la PMEV semblent pouvoir avoir cet effet. Dans ma pratique, il était abordé dans les "correction_collective_mise_en_commun_extrapolation...", il l''était encore pendant les phases de "modélisation" (construction des aide-mémoires) et encore pour certains "savoirs à marteler", dans des séquences collectives organisées.

Ces dernières années, je n'avais plus le temps de corriger en classe. J'ai essayé beaucoup de m'intéresser à ce qu'on pourrait appeler le "degré d'activité" de chacun comme si au fond peut importe ce que fait l'enfant ou ce qu'il ne fait pas; peut importe le domaine où il investit son énergie; ce qui est important c'est son "activité" sa "voracité" dans la conquête du savoir. Il me semble que par rapport à ça, la notion de liberté est importante. L'effort consenti par l'enfant ne semble avoir de sens que si ce qui lui est imposé ou ce qu'il s'impose s'inscrit dans une quête personnelle de "grandir".

Et là j'arrête :-)
en espérant avoir un peu répondu à ta question.   C'était la réponse que j'apportais . Gare à ceux qui voudraient y chercher des recettes miracles, Les élèves de ma classe ne sont jamais devenus "tous bons".

Bon courage!

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Jean-Paul JOURDAN Instit/pe de 1971 à 1998 en cycle III en reconversion : analyse et développement informatique et pédagogie

http://www.inforoutes-ardeche.fr/~jpjourd

"Lorsque tout va bien, il est grand temps d'entreprendre autre chose" F.Deligny Graine de crapule 1945

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