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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@xxxxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 27, 1998 0:29am
Subject: Re: Re: Au secours ! Je suis découragé


-----Message d'origine-----
De : Patrick Goichon patrick.goi@m... À : pedagogie-maitrise@onelist.com pedagogie-maitrise@onelist.com
Date : vendredi 27 novembre 1998 05:14 Objet : [pedagogie-maitrise] Re: Au secours ! Je suis découragé

  From: Patrick Goichon patrick.goi@m...

J'avais écrit :

  Pour certains, le temps accordé sera trop court. Mais les manques ne devraient pas empêcher de poursuivre sur le même ryhme.

et Patrick questionne !

  Et comment fait-on pour ceux-là ?

Pour éviter de nous enliser dans un débat truffé de malentendus, il convient de rappeler ces deux banalités que l'on ne saurait oublier :

1) s'il y a bien, dans les programmes de l'école élémentaire, quelques séquences de progressions rigoureusement   linéaires qui ne souffriraient pas que l'on fasse un pas sans avoir assuré le précédent, comme dans l'enseignement programmé, il en est beaucoup d'autres - la majorité semble-t-il - qui se contentent de progressions plus approximatives. Lorsque je fais allusion aux enfants qui n'auraient pas eu assez de temps pour boucler in extenso toutes les fiches du programme, je pense évidemment à ce domaine là surtout, celui du peu linéaire, qui représente une bonne part du programme.    Mais je n'écarte pas pour autant l'hyper linéaire, pour une raison très simple qui est un fait d'expérience courante : lorsque l'on ne parvient pas à accrocher sur les trois ou quatre premières lignes d'un chapitre, on peut évidemment relire les dites lignes jusqu'à l'infini pour attendre la grâce, mais on peut aussi poursuivre sa route et revenir ensuite au début.   Chacun en a fait l'expérience : c'est bien souvent comme cela que l'on arrive à progresser. Et c'est vrai aussi pour les élèves, qui ont souvent besoin de plusieurs balayages, de croisements, et aussi d'éclairages un peu différents que précisément le bilan tend à leur apporter.    Cela se révèle à l'usage - c'est à dire avec le temps - assez efficace, mais il serait inutile d'attendre là comme un effet de baguette magique.

2) Dans les classes frontales, il se trouvait aussi des élèves qui manquaient de temps, et l'on s'autorisait néanmoins à poursuivre ses progressions. La situation n'est pas pire en PEMV, qui s'efforce d'accorder plus de temps, parvient bien souvent à améliorer par là les acquisitions, sans atteindre cependant des résultats qui relèveraient du miracle, ce que personne n'a jamais prétendu. Les premières journées en PMEV sont souvent si spectaculaires que l'on se prend à rêver. C'est sans doute un inconvénient pour la suite, si du moins on se laisse aller à une attitude par trop impressionniste. Mais ce n'en est pas un lorsque l'on sait réagir froidement, sans emballement ni affolement, si l'on garde un regard objectif sur les faits, sur les améliorations apportées et leur tendance à évoluer globalement dans un sens positif.

"Si tu sais affronter triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front"... disait Kipling (If) dont la relecture n'est jamais inutile.

  Je suis confronté cette année à 4 enfants de CM1 qui, pour des raisons liées certainement à leur histoire scolaire et familiale, ont beaucoup de mal à s'investir dans le travail écrit; cela se traduit par de très nombreux "décrochages" lors des temps de travail individuel.  

Je comprends bien cette déception et j'imagine le poids des handicaps qui peuvent affecter ces enfants,   mais je me dis que s'ils ont du mal à s'investir    dans le travail écrit, c'est là un symptome qui ressemble aussi à une cause. Je ne veux pas savoir tout ce qui s'est passé, me préparer à l'éternelle chasse au bouc émissaire, je pars du seul constat que vous m'exposez : investissement difficile dans le travail écrit et je réponds : priorité à l'investissement dans l'écrit. Sans exclusive certes, car ils vont avoir besoin d'air, mais sans faiblesse: d'abord remédier aux fonctions cognitives déficientes par l'entrainement...

  Nous arrivons demain à la fin d'une période de 3 semaines, et alors que d'autres ont terminé depuis mardi l'ensemble du travail prévu, ces enfants-là n'en ont réalisé ce soir que les 2/3 environ. Lors des périodes précédentes, j'ai essayé différents "remèdes" : allonger le temps prévu d'un ou deux jours, proposer de travailler un peu à la maison, alléger le plan de travail d'un ou deux exercices, ... Ces solutions ne me satisfont que moyennement...  

Mais ces solutions s'imposaient-elles vraiment ? la seule solution, à mon sens, était de dédramatiser, de considérer la défaillance comme un simple fait et de voir plutôt le côté positif. Non pas : ils n'ont fait que les 2/3 (jugement de valeur), mais : ils en ont quand même fait les 2/3, c'est déjà a de pris ! Paris ne s'est pas fait en un jour !

Car il n'est pas possible de traiter en quelques jours tous les manques de ces élèves, et la solution la plus sûre serait de se demander :

Je ne peux évidemment pas tout avoir tout de suite, mais suis je bien sûr que mon montage pédagogique est bien adapté à toutes les données de mon problème ? qu'il va pouvoir répondre, avec le temps,   de façon suffisamment polyvalente aux problèmes de ces enfants ?   Si tel n'est pas le cas, comment l'adapter davantage à mon cas ?

A cela, je peux éventuellement essayer de réfléchir plus avant avec chacun et avec tous, mais je ne pourrai jamais répondre à la question : vous avez l'adresse ? De qui ? de l'homme providentiel ? du Père Noël ?

  Ces enfants sont par ailleurs relativement attentifs lors des moments de bilan et ne semblent pas rencontrer d'insurmontables pbs de compréhension.

C'est déjà un point d'acquis. Pour moi, ils sont sur la bonne voie. Vous ne pouvez pas, en une année de classe, et à fortiori en quelques semaines d'application d'une approche un peu différente, restaurer 8 ou 9 années d'histoire familiale et scolaire problématique. Vous pouvez seulement commencer à y travailler, et c'est je crois ce que vous avez fait.

Très humblement,

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

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