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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Nicolas Mirkovic  <mirkovic@xxxx.xxxxxx.xxx>
Date: Fri Nov 27, 1998 0:16am
Subject: Re: 3, 2, 1 ... GO


Mais à partir de là, ma méfiance s'installe, et nos positions divergent assez fortement.

J'aimerais préciser en préambule que si divergence il y a, ce n'est pas entre deux "positions" mais entre une "position" qui peut s'autoriser de cette appellation du fait de son assise théorique et de ses nombreux succès pratiques, et ma pratique de classe personnelle qui n'a que trois mois d'ancienneté.

J'en pense ( je constate) que c'est en effet un peu beaucoup ça, mais je pense aussi (j'objecte) que la confiance en l'effet vicariant ne peut pas autoriser les voies irrationnelles ou la naïveté, ou, pour dire les choses d'une autre manière, j'affirme que l'effet vicariant mérite plus : être considéré comme un paramètre à part entière, jouant dans la cour des grands, avec d'autres paramètres, avec qui il peut s'opposer ou faire équipe.

Je glisse sur les voies irrationnelles et la naïveté qui s'adressaient bien sûr aux échanges entre élèves et non pas à ma susceptibilité ombrageuse, et je remarque qu'un paramètre peut jouer à part entière sans pour autant se dérouler exclusivement sous les yeux du maître, pourvu bien entendu que la structure de la classe n'autorise pas une dérive bavarde.

Etc ... D'ou, pour faire très vite, mes réserves quand à votre analyse :

1.. Le bilan permet d'entraîner l'enfant à la prise de parole, dans un contexte (écoute du maître, même s'il se fait discret) qui favorise une certaine tenue : ce n'est pas toujours le cas dans les échanges spontanés entre enfants, quel que soit l'intérêt qu'ils présentent.
2.. Le bilan, à défaut d'ouvrir les boîtes noires, permet d'y jeter un œil et d'y remettre le cas échéant un peu d'ordre et de clarté : les échanges spontanés y contribuent aussi, mais pas de manière identique. Abondance d'approches ne nuit pas : ce que n'ont pas fait les échanges spontanés, le bilan peut le faire, et j'admets d'ailleurs une certaine réciproque.
3.. Le bilan permet au maître d'y voir clair, ce que ne permettent pas assez les échanges spontanés sir lesquels tu ne peux avoir que peu de regard.
4.. Le bilan fait suite à un temps de TI que nous voulons silencieux pour favoriser l'entraînement personnel et la concentration, mais aussi la genèse d'un questionnement qui pourra s'affiner pour s'exprimer au bilan avant de trouver réponse.
5.. Nous sommes favorable à la coopération, mais nous restons lucides devant d'éventuels effets pervers : il faut aussi que l'enfant puisse se trouver seul sans être perdu. La PMEV a sur ce plan des effets bénéfiques : elle cultive la solidarité en libérant la personne. Si je limite ma lecture au point 2., je reconnais bien dans cette réciproque ce qui se passe avec mes gamins ; j'ai d'ailleurs dit que l'intérêt du bilan était réduit du fait de cette réciproque, je n'ai pas dit qu'il était nul. Or si "Abondances d'approches ne nuit pas", etc.

Mais je ne comprends plus alors le point 4. Si le TI est silencieux, il n'y a plus qu'échanges et EV lors du bilan et non pas abondances d'approches.

Sans doute cela est-il subtile affaire de dosage, et mon mel précédent laissait-il entendre que l'on pouvait substituer au bilan la simple entraide, ce que je ne crois pas.

Ce subtil dosage n'est d'ailleurs pas que problème théorique, et j'ose avouer que vouloir obtenir un TI silencieux dans ma classe serait pure illusion ou rêve pinochetien : CM1 de ZEP en désert culturel dont les résultats aux évaluations nationales (CE2 et 6ème) sont très en dessous des moyennes nationales ; disons qu'en outre la parole est d'or est le silence même pas argenté, je préfère chercher à réduire le niveau sonore des échanges et leur donner une teinte plus cognitive, ce qui semble relativement bien accepté, plutôt qu'envisager leur suppression par je ne sais quel miracle répressif.

Et si Dominique Couturier nous fait l'honneur d'être colistière, qu'elle veuille bien accepter mes excuses pour avoir trop facilement raillé l'an dernier l'importance de la SUPERFICIE de nos classes.

J'apprécie toutefois beaucoup les éclairages de Michel qui expliquent sans nul doute un bilan parfois insuffisamment riche ; j'envisage d'expliquer (quoi d'autre ?) aux enfants l'importance que j'y accorde, la nécessité de peut-être achopper plus longuement sur une difficulté avant l'appel au pair, quitte à exposer le problème lors du bilan...

Tout cela est trop vite dit. Mais c'est un problème trop important pour ne pas y insister. Je mets donc en garde contre tout ce qui peut mettre en cause le fonctionnement du bilan, et pas seulement contre le risque d'assistanat, sur lequel je reviens néanmoins car il constitue généralement un problème sensible.

Sensible du fait de la culture néo-calédonienne ? L'aide dans ma classe n'est que très ponctuelle et diversifiée ; dans le meilleur (le pire ?) des cas des tandems se forment pour une durée de 1/4 d'heure.

La PMEV ne s'est pas construite en un jour. Elle ne résulte pas d'une illumination. Elle peut se mettre en place sans recyclage lourd, par autoformation, cette liste le montre bien, mais elle nécessite quand même, pour ne pas se dévoyer, une claire conscience des processus en jeu. Claire conscience qui est tout aussi nécessaire pour essayer d'aller encore plus loin.

Comme il est souhaitable.

Certes. Il n'est toutefois pas souhaitable que j'essaie d'aller plus loin dans la nuit, ce métier (et la vinification de l'EV) exige une grande forme physique et ne supporte le beaujolais, même nouveau, que les veilles de congé.

Et nous autres bourguignons nous gaussons du beaujolais.

Gevrey-Chambertiniquement votre,

Nicolas Mirkovic

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