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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 1998

From: Michel MONOT  <magui@o...>
Date: Thu Nov 26, 1998 6:26pm
Subject: RE : 3, 2, 1 ... GO


From: "Nicolas Mirkovic" mirkovic@m...

  1. La phase de travail par fiches, appelée aussi "travail individuel sur fiches", peut-elle être effectuée en groupes sans s'écarter des objectifs visés par la PMEV? Ou bien l'aspect coopération est-il réservé à la phase bilan ?

Pour ma part je laisse l'entraide se dérouler sans entraves ; j'ai d'ailleurs l'impression que cela minimise l'importance du bilan, puisque "l'effet vicariant" joue avant sa mise en œuvre.

Ton impression est juste, et son explication également : l'importance du bilan est réduite, à la limite aussi sa nécessité, car l'effet vicariant - semble-t-il - a joué avant.

Mais à partir de là, ma méfiance s'installe, et nos positions divergent assez fortement.

Je vais essayer de m'expliquer rapidement, car notre ami suisse a besoin de précisions sans attendre, en le laissant bien sûr à sa liberté d'analyse et d'appréciation.

Retour théorique sur la position de la PMEV :

1.. Des phénomènes relevant de l'apprentissage vicariant existent ou sont utilisés en classe.
2.. N'étant pas reconnus en tant que tel, leur utilisation donne des signes d'incohérence bien que, intuitivement, ils aient quand même été pris en compte dans la réflexion pédagogique.
3.. La PMEV se propose, pour contribuer à la réflexion sur les difficultés de l'école, d'améliorer le rendement de la classe, du système, au plan des apprentissages et au plan humain, en reconsidérant la place et l'usage de l'apprentissage vicariant :
a.. Pour lui même, en tant que processus important
b.. Dans ses interrelations avec d'autres aspects du fonctionnement de la classe et du rendement scolaire

Une dérive possible
pourrait être une forme d'assistanat complet, comme l'a je crois souligné Michel Monot précédemment. Je ne l'ai jamais observé.

Je n'ai jamais observé d'assistanat complet moi non plus, mais des formes déjà avancées ou des prémisses suffisamment préoccupantes pour parler de dérive grave ou de risque à éviter impérativement.   Je persiste et je signe.

Il me semble que
l'assistanat implique une attitude "maternaliste" qui ne peut être qu'éphémère chez l'enfant.

Je le pense aussi. Je crois au "besoin d'accomplissement", qui montre par exemple que l'enfant arrive à refuser l'étayage que nous mettons à sa disposition pour aller au challenge, pour se frotter aux difficultés seul après avoir d'abord largement usé de l'étayage. Je pense en outre, dans l'optique de la médiation pédagogique, que le "mode maternel" tend à préparer l'enfant à ce type d'attitude : aider pour inciter à aller plus loin (voir : hochet de Brunner). Mais tout cela interdit l'abstention du médiateur et implique au contraire son engagement. Travailler à se rendre inutile, ce n'est pas mettre la clé sous la porte.

Je crois observer également qu'en l'absence d'une évaluation-couperet cette entr'aide se fait toujours plus intelligente, ne s'assimile plus que très rarement à une copie pure et simple.

C'est indubitable, pour des raisons analogues.

Un autre problème posé par cette entraide, et ce point rejoint le récent débat concernant la correction, est qu'il est difficile pour le maître de faire la part entre ce qui est réussi seul par l'enfant et ce qui est réussi grâce à l'aide d'un pair. Est-ce réellement un problème ? J'ai pris le parti de ne pas m'inquiéter de tous les chemins de cette réussite (rejoignant en cela JP Jourdan si je l'ai bien compris). Ce qui est réussi grâce à l'entraide, ** notamment si cette réussite est acceptée par le maître au même titre qu'une recherche individuelle**, ne sera-t-il pas progressivement réussi sans que cette aide ne soit plus nécessaire ?

Sans entrer dans le détail, l'éclairage apporté par VIGOTSKY justifie tout à fait ces positions que d'aucuns trouveraient choquantes. Mais l'importance de la médiation par les pairs n'efface pas celle de l'adulte, et c'est là l'importance du problème : on ne peut pas faire dire à VIGOTSKY ce qu'il n'a pas dit.

Toutefois j'ai bien
conscience que cette attitude du maître lui rend les processus d'apprentissages de ses élèves plus opaques, ce qui peut paraître un comble chez un pédagogue.

Vous l'avez bien vu. Et plus particulièrement pour un pédagogue PMEV justifiant son approche par une licence des IO JOSPIN sur les Cycles incitant les maîtres à "observer et comprendre ce qui se passe dans les apprentissages.

D'ou ma première réserve : il y a déjà la "boîte noire" pour jouer avec l'opacité, et il faut bien faire avec, mais n'en rajoutons pas trop !

Mais n'est-ce pas une conséquence naturelle de la confiance en l'effet vicariant ? Qu'en pensez-vous ?

J'en pense ( je constate) que c'est en effet un peu beaucoup ça, mais je pense aussi (j'objecte) que la confiance en l'effet vicariant ne peut pas autoriser les voies irrationnelles ou la naïveté, ou, pour dire les choses d'une autre manière, j'affirme que l'effet vicariant mérite plus : être considéré comme un paramètre à part entière, jouant dans la cour des grands, avec d'autres paramètres, avec qui il peut s'opposer ou faire équipe.

Et je crois bien que tout est là dans notre divergence.

Nous avons vu, d'une part, la nécessité de créer un moment dit de "bilan" pour faciliter les prises de repères indispensables aux apprentissages dans une optique "vicariante", et d'autre part celle d'organiser le temps pour permettre aux représentations d'évoluer dans un sens favorable à la "maîtrise des apprentissages fondamentaux".

Mais nous avons abordé cette approche dans le cadre de la "Réforme des cycles", qui introduisait dans les programmes, en plus des compétences notionnelles, une liste copieuse de compétences méthodologiques qui appelaient une réflexion d'ensemble, de type systémique si l'on veut, pour rechercher et construire des synergies.

Au lieu de surcharger les "fiches de preps" et d'alourdir encore la tâche des maîtres, nous avons pensé entrer dans l'emploi du temps par les compétences méthodologiques et non plus seulement par les matières. Il était en effet facile de voir que

      1.. le bilan pouvait se prêter au développement des compétences verbales, à l'apprentissage de l'écoute
      2.. la période longue pouvait offrir un cadre favorable à l'apprentissage de la gestion du temps, de la conduite des tâches à leur terme. Etc ... D'ou, pour faire très vite, mes réserves quand à votre analyse :

1.. Le bilan permet d'entraîner l'enfant à la prise de parole, dans un contexte (écoute du maître, même s'il se fait discret) qui favorise une certaine tenue : ce n'est pas toujours le cas dans les échanges spontanés entre enfants, quel que soit l'intérêt qu'ils présentent.
2.. Le bilan, à défaut d'ouvrir les boîtes noires, permet d'y jeter un œil et d'y remettre le cas échéant un peu d'ordre et de clarté : les échanges spontanés y contribuent aussi, mais pas de manière identique. Abondance d'approches ne nuit pas : ce que n'ont pas fait les échanges spontanés, le bilan peut le faire, et j'admets d'ailleurs une certaine réciproque.
3.. Le bilan permet au maître d'y voir clair, ce que ne permettent pas assez les échanges spontanés sir lesquels tu ne peux avoir que peu de regard.
4.. Le bilan fait suite à un temps de TI que nous voulons silencieux pour favoriser l'entraînement personnel et la concentration, mais aussi la genèse d'un questionnement qui pourra s'affiner pour s'exprimer au bilan avant de trouver réponse.
5.. Nous sommes favorable à la coopération, mais nous restons lucides devant d'éventuels effets pervers : il faut aussi que l'enfant puisse se trouver seul sans être perdu. La PMEV a sur ce plan des effets bénéfiques : elle cultive la solidarité en libérant la personne.
Tout cela est trop vite dit. Mais c'est un problème trop important pour ne pas y insister. Je mets donc en garde contre tout ce qui peut mettre en cause le fonctionnement du bilan, et pas seulement contre le risque d'assistanat, sur lequel je reviens néanmoins car il constitue généralement un problème sensible.

La PMEV ne s'est pas construite en un jour. Elle ne résulte pas d'une illumination. Elle peut se mettre en place sans recyclage lourd, par autoformation, cette liste le montre bien, mais elle nécessite quand même, pour ne pas se dévoyer, une claire conscience des processus en jeu. Claire conscience qui est tout aussi nécessaire pour essayer d'aller encore plus loin.

Comme il est souhaitable.

Amicalement,

M. MONOT
E-mail : magui@o... Pédagogie de Maîtrise : http://www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert." (Gaston BERGER)

Nicolas Mirkovic / mirkovic@m...

  2. Durant la phase de bilan, discute-t-on indifféremment de français et de math ? Séparez-vous ces deux sujets, un jour pour exposer des travaux de math, un jour pour le français ?

Merci pour vos éclaircissements. Je ne sais pas si mes premiers travaux (fiches, tableaux, listes etc...) peuvent intéresser qqn? Auquel cas je les déposerai volontiers sur le nouveau site de Xavier.

Cordiales salutations.

Georges

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Georges Jacquemettaz jacmetag@b...

Site des écoles de Monthey (Suisse)
www.epmonthey.vsnet.ch

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