logo ACCUEIL P.M.E.V. HISTOIRE DE FRANCE TICE WINDOWS ASSOCIATION EURO RESSOURCES
La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
Notre cadre de travail...
orange  RETOUR jaune  HISTOIRE DU NORD rouge  eDOCUMENTS vert.gif (88 octets)  B2i                                                   

Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Décembre

From: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
Date: Sun, 16 Dec 2001 07:50:30 +1100
Subject: Re: [PMEV] Visites formateurs
Reply-To: pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr

----- Original Message -----
From: bechon.bernard
To: pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr
Sent: Saturday, December 15, 2001 9:29 PM
Subject: Re: [PMEV] Visites formateurs


BB.- là où j'ai sursauté c'est sur le "j'ai donc le sentiment que nous
sommes sur la bonne voie ! Les réactions de formateurs ne sont pas
pour moi les garants d'une réelle efficacité.

MM.- Tu as tout à fait raison, mais dans l'incertitude où nous nous
trouvons, devant la difficulté où la quasi impossibilité de mesurer
l'efficacité réelle, nous avons besoin d'indices. JPG avait parlé de
"sentiment" et non de preuve ou de certitude, car lui même n'est pas
dupe, mais un regard extérieur reste précieux pour nous préserver des
dérives solitaires. Nous avons le sentiment d'être sur la bonne voie,
d'apporter un plus ou de faire moins pire, mais nous voulons par
dessus tout rester lucides, tout en nous gardant à l'opposé d'un
scepticisme qui serait systématiquement négatif. Car être lucide
implique aussi d'admettre la forte démobilisation induite un peu
partout par la difficulté du métier et par les éclairages démotivants.

BB.- Le fait que gens de l'éducation en général semblent attirés par
la pédagopgie PMEV semble plus tenir du caractère systèmique du
process plutôt que de l'efficacité/résultat.

MM.- Oui, mais il ne s'agit pas d'un néo-scientisme. Bien sûr, nous
nous recommandons toujours d'une certaine foi en la "raison", en la
puissance de l'intelligence, mais tout en restant conscients des
dérives qui pourraient en découler.
Le caractère systémique de l'échec scolaire, le caractère systémique
de la réponse PMEV, c'est évidemment un argument fort, mais au delà de
cette attirance purement "intellectuelle" se perçoit un souci de
pragmatisme éclairé qui est aussi pour beaucoup dans l'intérêt suscité
: dès les premiers essais, un "sentiment de mieux être" qui ne relève
pas de la méthode Coué, dont on pourrait là encore dénoncer le
caratère subjectif mais dont il reste un point très particulier, c'est
qu'il est issu d'analyses objectives : sans les travaux des chercheurs
américains ou autres, enfoncés jusqu'au cou dans leurs chiffres, il
n'y aurait eu ni PM ni PMEV. La première avec ses pointages rigoureux
des points faibles du système, la seconde avec une hypothèse plus
large : les difficultés actuelles comme conséquence d'une dérive
initiale d'un système plus "enseignant" que propice aux
apprentissages.

Mais l'efficacité, à défaut de mesures précises, c'est aussi le
sentiment de mieux tenir sa classe, c'est le constat que certains
élèves en difficulté semblent moins perdus, celui d'une convivialité
obtenue dans et par le travail scolaire, etc..

Reste il et vrai une évidence éprouvante pour notre perfectionnisme ou
notre soif d'absolu : c'est mieux, beaucoup mieux parfois, mais ce
n'est pas encore assez, ce n'est ni l'idéal ou la solution miracle, et
qui dit "approche systémique" sait d'ailleurs qu'il nous sera
longtemps encore difficile de maîtriser tous les paramètres.

BB.- Je ressens comme une dérive perverse à faire ressembler nos
apprenants en consommateurs zélés et autonomes : stéréotype placé
comme modèle dans notre société de consommation...mais outre le fait
d'une amélioration des relations entre élèves et peut-être d'un plus
grand plaisir pour certains d'entre eux, que sait-on sur nos
compétences à produire meilleur ?

MM.- Pas grand chose de sûr il est vrai, mais généralement assez pour
nous motiver et nous aider à tenir le coup. Ce choix plutôt que tel
autre, aussi longtemps que nous le jugerons fiable, et d'abord parce
qu'il nous permet de mieux gérer certains détails et de mieux utiliser
nos compétences.
Mais je ne pense pas que nous soyons aussi inféodés que tu sembles le
craindre à la société de consommation. La société est ce qu'elle est
et nous la savons dure pour les faibles, d'où je pense nos options :
éviter de produire des laissés pour compte. Ce qu'il adviendra
ensuite, nous ne savons pas et n'avons pas la prétention de programmer
nos élèves pour toute leur existence : au mieux, leur donner les
moyens de jouer leur rôle convenablement.
Je pense en outre qu'une formation à la citoyenneté bien conçue
devrait fournir les meilleurs outils pour naviguer au mieux dans cette
société qui n'est évidemment pas parfaite et éventuellement contribuer
à modifier le cours des choses. Mais ne nous y trompons pas : notre
monde relève lui aussi de cette analyse systémique qui nous séduit en
pédagogie sans pour autant nous rendre capables de tout maîtriser.

BB.- Je reste vigilant pour ne pas dire sceptique.

MM.- Le scepticisme est une vertu aussi longtemps qu'il aide à rester
combatif. Il vaut toujours mieux que l'optimisme béat ou que
l'angélisme

BB.- Quels individus confortent-on dans cette individualisation des
pratiques (pensez à certains enfants durant le bilan, combien
d'efforts nécessaires pour leur demander d'être solidaires ou
attentionnés ?),

MM.- Cette difficulté même n'est elle pas le signe que nous avons à
nous accrocher ?
Sommes nous pour autant "sur la bonne voie "? La question mérite en
effet d'être posée, par principe méthodologique, mais je chercherais
moins à leur "demander" d'être ceci ou cela qu'à "faire en sorte que"
ils le soient. Vaste programme bien sûr, dont on voudrait bien pouvoir
disposer à l'avance des résultats. Pas de "base de données" ad hoc,
mais le sentiment qu'il faut parfois peu de choses, sans cependant
pouvoir dire lesquelles.....car j'aurais alors des certitudes.

BB.- n'abandonne-t-on pas un peu rapidement une grande force de la
pratique coopérative : le projet commun...

MM.- Bonne question, mais la PMEV n'a jamais mis en cause sur le fond
la pratique coopérative. Le "projet commun" a été interpellé bien
avant que la PMEV n'existe et il semble qu'il le soit encore sur ce
qui peut sembler fragile, en particulier la difficulté à passer d'un
projet commun à un système personnel de pilotage.
La PMEV a tout au plus voulu chercher à corriger cet éventuel point
faible, mettant en garde contre l'insuffisance d'engagement personnel,
et montrant une voie possible pour fonder sur une pratique coopérative
(le "bilan" en relève) une meilleure aptitude à l'engagement
personnel.
Je renvoie à titre d'exemple au "projet commun" d'écriture sur le
"vendée globe" d'Eric Guillome, mais on peut en imaginer bien
d'autres. Nombre de CE1 ont par exemple instauré un fonctionnement en
ateliers fondés sur des projets communs en petits groupes qui
complètent le caractère plus "personnalisant" du système PMEV
proprement dit.
Ce que tu as raison de critiquer, ce serait une pratique PMEV réduite
au système TI + Bilan, alors que la fonction de celui-ci serait
justement de ne pas s'en tenir là, d'offrir un moyen sécurisé d'entrer
dans une pédagogie de projets plus diversifiés en ayant préalablement
armés les plus faibles.
Mais cet aspect complémentaire que la PMEV peut faciliter ne relève
plus au sens strict de la PMEV.

BB. je suis toujours en pmev,pour la troisième année maintenant, je
l'apprécie en tant qu'enseignant mais je ne suis pas convaincu au
niveau des enfants.

MM.- Une classe à 15 élèves appelle peut être des adaptations
particulières ?
De toute façon, on touche là aux difficultés de toute évaluation :
trois ans de PMEV au cycle 3, qu'est ce que cela peut donner au niveau
du collège ? Il faudrait supposer que tous les élèves se valent pour
affirmer que la PMEV a eu tel ou tel impact indépendamment de tout
autre facteur. Sur des grand nombres, nous avions pu mettre en
évidence une augmentation significative de "félicitations", et c'était
évidemment là un indice, propre à faire naître un sentiment
d'efficacité, qui n'avait pas valeur de ceritude mais valait néanmoins
la peibe d'être pris en compte.
Dure réalité que celle de la vie d'instit, condamné à douter toujours
alors nous aurions tant besoin de ne plus douter..

Bien cordialement,

MM
..

retour en haut de page

 
Ce site est optimisé pour une consultation en 800x600 et 16 millions de couleurs
©2001 Paul Desette - 31 rue de Clairfayts - 59740 Solre le Château - France