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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Novembre

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Cc: "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr>
Objet: [PMEV] Re: non, t'es pas tout seul...
Date : vendredi 30 novembre 2001 21:06

Bonjour,

Regarder les choses en face, toujours, surtout dans une situation
comme celle-ci, mais sur plusieurs plans : celui de ton ami, celui de
la "charmante bourgade", celui du "sytème" aussi, qui pèse lourd dans
cette affaire que l'on peut être tenté de ramener à un probléme de
profils personnels : maîtres plus irritables que d'autres, enfants
parfois " tête à claque", pédagogie parfois inadaptée.

A tort ou à raison, car il faudrait bien connaitre toutes les données,
j'attache de l'importance à "la" présidente. "Eux" cherchaient parfois
à se placer, à jouer un rôle; "elles" sont globalement plus sincères,
plus intransigeantes, même si elles peuvent avoir aussi d'autres
motivations pas nécessairement claires. Psychologie différentielle de
bazar peut être, mais c'est une tendance que j'ai cru pouvoir
observer, dans ce domaine comme dans d'autres.
Mais là n'est pas l'essentiel, et il faut l'admettre : les PE existent
et on ne peut pas attendre d'eux qu'ils n'aient aucune exigence.

__________

La claque

Enfant, j'en ai reçu. Plus souvent à l'école qu'à la maison, où
c'était rarissime, et pourtant les distributeurs étaient les mêmes :
mes parents, qui n'avaient pourtant rien de bourreaux. C'est la
situation de tension qui appelle la claque, et la classe génère
beaucoup de situations tensionnelles. C'est cela qui mérite attention.

Enfants, nous n'étions pourtant pas des "têtes à claques". On aurait
préféré jouer, mais on ne demandait pas mieux que d'apprendre. Mais
c'était dur. On faisait tout pour nous aider, mais pas ce qu'il aurait
fallu faire : simplement nous laisser du temps et les moyens de
comprendre, même ceux que l'on interdit.
..........
Instit, après avoir "reproduit" quelques temps le modèle que j'avais
connu, j'ai appris à ne plus en donner. La PF m'a beaucoup aidé, et
aussi le "style" que je m'étais fabriqué au contact des CEMEA ou des
Francas. Le sens du contact, du détour, de l'humour, du relatif.
Classe moins tendue, apprentissages moins crispés, mais cela ne
règlait pas tout.
..........
IEN, j'ai du règler quelques cas. Protéger les enfants coûte que
coûte, par conviction et par métier, mais regarder les choses en face
: à quoi bon règler quelques cas, heureusement rarissimes, en touchant
du bois pour ne pas en renconter d'autres, si on ne cherche pas à
creruser le problème. Or, à l'exception de quelques cas de culpabilité
"pure", les maîtres en cause sont souvent eux même victimes du
dysfonctionnement du système et de celui de la société.
Une complexité telle qu'elle en est décourageante : je n'en retiens
que ce sur quoi on peut agir.
__________

Pédagogie : une réponse cachée

La réforme des cycles semblait pouvoir apporter une réponse
interessante aux problèmes évoqués, et même à nos souvenirs d'enfants,
mais il fallait lire entre les lignes car elle n'apparaissait que par
recoupements.

"Permettre au maître d'observer et de comprendre ce qui se passe dans
les apprentissages", tandis que l'élève pourrait travailler "en
fonction de ses rythmes et de ses possibilités" ? Oui bien sûr, c'est
bien dit, mais c'est de l'ordre du "yaka", donc pas convaincant, donc
délaissé.

A bien y réfléchir, on ne voit pas pourquoi l'élève ne pourrait pas
lui aussi "observer et comprendre ce qui se passe dans les
apprentissages", même si le texte ne le dit pas. Car il semble bien
qu'il soit lui aussi concerné par cette affaire, et mes souvenirs
d'élève vont dans ce sens : c'est bien cela qui nous a le plus manqué.

A regarder les choses de plus près encore, on ne voit pas non plus
comment on pourrait en fait empêcher les élèves, matériellement,
d'assister eux aussi au "spectacle" que le maître organise pour
pouvoir "observer et comprendre ce qui se passe dans les
apprentissages". Et tant qu'à faire, cesser alors ces pudeurs de
demi-vierges pour dire "tous en scène". Le spectacle gagne alors en
cohérence, et le souvenir des difficultés vécues ou observées peut
être remis en cause : échapper à la fatalité qui semble le
caractériser.

Pas d'interdits sur ce qui peut aider à apprendre, et donc
un emploi du temps repensé en fonction d'une problématique moins
tronquée, plus vraie. Pour apprendre, les enfants ont besoin de
pouvoir observer et besoin de pouvoir s'exercer à s'approprier ce
qu'ils ont pu observer. Si on entre dans le détail, cette double
exigence s'accommode bien des programmes actuels, mais c'est un autre
problème. L'important est d'abord de pouvoir organiser la classe en
fonction de sa fonction essentielle, l'apprentissage, pour réduire
d'autant
les sources de tensions qui encombrent encore les pratiques.
__________

Antidépresseurs, déplacement d'office ou libre mutation ne règleront
pas la question de fond et maintiendront l'idée que ton ami a fauté
sans permettre de resituer le problème dans son contexte réel. Je
défends l'idée que le système souffre d'un dysfonctionnement
spécifique maintenant nettement repéré qui peut trouver des solutions
pratiques, efficaces à très court terme pour ce qui concerne les
comportements..

Ton ami n'est pas devenu directeur par hasard. Il serait bon qu'il
montre sa capacité à changer les choses pour mieux mettre en évidence
la complexité des problèmes, sans cèder tout de suite à la pression
des parents et de l'administration, le rôle de celle-ci étant aussi de
remonter aux sources des difficultés.

MM

Michel MONOT
Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :
www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en
servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert"
(Gaston BERGER)


----- Original Message -----
From: "lassagne_ol" <o.lassagne@poitou-charentes.iufm.fr>
To: <listecolfr@cru.fr>
Sent: Friday, November 30, 2001 10:43 PM
Subject: non, t'es pas tout seul...


| bonjour à tous,
| j'écris à la liste car je suis assez désemparé. Notre liste
| professionnelle peut selon moi servir à ça aussi...
| Un ami, directeur, d'école dans une charmante bourgade péri-urbaine
de
| la région deu Centre-Ouest de la France, est, depuis son arrivée,
dans
| le collimateur des parents d'élèves et tout particulièrement de leur
| présidente . Plusieurs clash, mais le pote a toujours règlé ça à
| l'amiable et sans polémiquer.
| Il y a une quinzaine, le geste malheureux (la claque) et la machine
se
| met en branle : plainte à l'IA, rumeurs, etc...
| Le collègue se met sous antidépresseurs, continue a bosser, l'IEN
vient
| le voir et, bien sûr ne prend pas partie et lui conseille plutôt de
se
| mettre en congé jusqu'en juin, voire de quitter la commune.
| Je ne vous demande pas un conseil sur le fond de l'affaire (le
collègue
| a pris contact avec l'avocat de l'Autonome de Solidarité et avec les
| syndicats) mais plutôt sur la gestion personnelle d'un tel cas.
| Doit-on s'arrêter, lutter, pour ne pas sombrer ?
| Merci des essais de réponses pour un ami dans la peine.
| Olivier Lassagne
|

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