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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Novembre

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>; "Liste PMEV" <pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr>
Objet: [PMEV] A propos des PPAP
Date : dimanche 25 novembre 2001 17:53

C'est un peu dommage que l'on ait eu cet échange hors liste....

A l'origine, une simple question un peu informelle à Eric Vermeulen
qui s'est transformée en échange de fond. Eric est d'accord pour que
cet échange réintègre la ou les listes.

----- Original Message -----
From: "eric vermeulen" <eric-ver@wanadoo.fr>
To: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
Sent: Friday, November 23, 2001 10:33 AM
Subject: Re: Hautes Alpes


| Ca y est, je viens de comprendre ! Cela faisait plusieurs semaines que
| j'avais envie d'intervenir sur l'une ou l'autre des listes (pmev ou
| cartables) pour émettre quelques réserves sur ces ppap : tout se passe comme
| si les élèves en difficulté étaient en difficulté parcequ'on ne leur avait
| pas présenté le bon exercice au bon moment, et qu'en reproposant ces
| exercices (on n'a même plus besoin de les fabriquer puisqu'on peut les
| télécharger sur le site pédagogique très officiel du ministère), les
| difficultés étaient gommées. Une vision très "médicale". Telle compétence te
| fait défaut, voilà le traitement.

C'est exactement ma position. Sans hygiène préventive, la médecine est
en porte à faux. Si la compétence faut défaut; ce n'est pas
nécessairement que la leçon n'a pas été faite. On voit ou on devine
souvent, au moment des bilans, que les enfants ont été gênés par des
détails auxquels on n'aurait pas pensé.

En fait, se dessine un modèle de fonctionnement assez proche de la PM
originelle : on enseigne, on évalue, on remédie. C'est très logique,
et loin d'être inefficace, mais les suisses ont bien montré que ce
modèle était trop étroit.
Certes, une partie de la remédiation sera prise en mains dans le cadre
de la classe par le maître ordinaire, ce qui réduit les inconvénients
signalés à Genève, mais restera ce sous-éclairage théorique qu'ils
avaient signalés et que Reuchlin semblait pouvoir contribuer à
compléter.


| Tout cela m'irrite un peu car quand j'ai un élève en difficulté dans ma
| classe, j'ai à peu près tout essayé (dans la mesure de ce que je connais).
| Force m'est de le reconnaître: quand je pense à mon collègue de la classe
| d'à côté cette année, aucun de ses élèves ne va avoir souvent le bon
| exercice au bon moment. Les ppap seraient-ils destinés à pallier nos
| carences ?

Tu n'as pas de Rased ?
Pour ce qui est des classes des DOM, je connais un peu. Mais je
m'interdirai de juger ce que je ne connais pas.

|
| J'en viens à Mr Herrera, que j'ai rencontré plusieurs fois, qui est
| charmant, très compétent, que l'échec des élèves ne laisse pas indifférent,
| et pour qui j'ai une grande estime. Il a mis sur pied dans une des
| circonscriptions autour de Gap un (très) gros projet appelé Aida (je ne me
| rappelle plus de la signification des 4 lettres, mais Françoise Noireau qui
| est toujours sur place pourrait avoir accès à cette information).
| Il s'agissait d'un livret de compétences (cycle3) par élève, très détaillé,
| beaucoup plus que les livrets scolaires habituels, mais surtout aussi d'une
| batterie d'exercices à mettre en face (et sur lesquels il faisait plancher
| les collègues de sa circonscription, je crois bien).

Sur le site du MEN, il explique bien les choses et se définit
clairement, sans dissimuler son parti pris de "stimuler" le
volontariat.... Les PPAP sont bien issus de AIDA.

| Il disait lui même que ce projet était une aide pour les élève en
| difficulté, pas en échec. Distinction de taille. C'est là que nous étions
| plusieurs à ne pas être d'accord : où finit la difficulté, où commence
| l'échec ? Je lui ai dit une fois que je croyais que tous les enseignants,
| devant un enfant à qui il manque telle ou telle compétence, y remédiait
| naturellement, car c'était une partie de son professionnalisme. Là il s'est
| un peu échauffé et il m'a répondu que si je voyais tout ce qu'il voyait (en
| parlant des collègues) je changerais d'opinion. Je dois bien dire que c'est
| fait !

Je suis d'accord avec lui, mais il y va de la responsabilités des
corps d'IEN et même un peu au delà. Dénoncer les comportemnts
aberrants, les sanctionner, c'est parfois nécessaire mais cela ne
suffit pas et c'est parfois "ouvrir le parapluie": il faut aussi venir
au secours de ceux qui travaillent sans trop comprendre ce qu'ils
font, ce qui est le cas d'un bon pourcentage de maîtres dits
"insuffisants". Or, trop peu d'IEN partagent cette vision des choses
faute, souvent, de voir par où prendre le problème. Si les listes
avaient existé à l'époque de la réforme des cycles, les échanges à son
sujet auraient été évidemment plus productifs. La piste "Reuchlin",
que Bayrou a frôlé quelques mois plus tard, aurait pu être examinée de
plus près, et sans doute quelques autres.

Ce que les IEN n'ont pas assez vu, dans la réforme des cycles, c'est
que l'option "observer et comprendre ce qui se passe etc.."., à elle
seule, pouvait déjà changer bien des choses, de deux façons :

1) en donnant de nouveaux atouts aux maîtres, atouts qui iraient en se
bonifiant avec le temps;

2) en donnant l'occasion aux enfants de pouvoir eux aussi observer "ce
qui se passe", car la suggestion ministérielle ne pouvait concerner
qu'une situation de classe, et non pas de laboratoire, dans lequel
seul le maître serait observateur.. La "métacognition" n'était pas
loin, mais on ne l'a pas vu, ou pas dit : souci de ne pas aller trop
vite ? de ne pas effrayer les maîtres de base par une modification
trop importante des fonctionnements habitiuels ? Les IO ont peut être
été trop frileuses, et les IG assurément.

Cela relevait en tout cas d'une situation très "systémique" dont
l'intérêt aura échappé aux rédacteurs des IO. La réforme des cycles a
été globalement assez mal appliquée, le rapport de l'IG Ferrier le dit
sans fioritures. Comment réparer ce retard ? Les PPAP issus de AIDA
ont probablement cette vocation. Ils sont issus d'une expérimentation
de base assez large pour être crédible, mais qui date sauf erreur de
98 : presque dix ans après la réforme des cycles.... Un peu précipité
peut être.

| Il n'en demeure pas moins que Mr Herera a quand même une vision très
| médicale de l'enseignement. Pour preuve ce colloque qu'il a organisé l'année
| dernière à Gap avec le Dr Zorman (orthographe non garantie) qui venait
| présenter un test prédictif pour la réussite de l'apprentissage de la
| lecture, et que Mr Herrera a imposé, et là le mot est en retrait de la
| réalité) dans toutes les GS de sa circonscription. Ce colloque réunissait
| tout le corps médical. Il y eut peu d'avis divergeants. Heureusement l'IEN
| de la circonscription de Briançon, Mr Rossano, est aux antipodes de cette
| conception : pour lui un enfant apprend à lire car on fait le postulat qu'il
| en est capable. D'ailleurs, ajoute-t-il, on ne fait pas passer de test
| prédictif aux nourrissons pour savoir s'ils vont apprendre à marcher, car on
| est sûr qu'ils vont apprendre à marcher.

Rosano dit là de choses censées. La fuite dans le médical n'est pas
souhaitable : le recours au médical pour les cas délicats, oui, mais
pas d'intervention massive et prématurée. La pression exercée par
Herrera, il semble l'admettre lui même, et c'est peut être le point
faible du dispositif, même si tout n'est pas mauvais.

|
| Mais je m'égare, j'en reviens aux ppap. Si on ose le parallèle avec le
| projet AIDA de Mr Herrera, on peut se demander si ce dispositif n'est pas
| destiné à pallier les lacunes d'enseignement (et pas d'apprentissage)
| accumulées les années précédentes. Il y a quelques années j'aurais crié au
| mépris des technocrates parisiens qui n'ont jamais fait la classe ... etc.
| Avec l'expérience, je me dis "pourquoi pas" ?

Cette confusion enseignement / apprentissage est préoccupante malgré
l'inévitable couplage des deux activités. Mais on
avait de plus mis en garde contre les redoublements, sans apporter les
outils correspondants qui auraient permis de les éviter, la notion de
"cycles" ayant besoin d'être creusée tout comme les processus
effectivement en jeu dans les classes à plusieurs cours dont la
réforme se veut une émanation. Du même coup, on a souvent confondu
"mise en garde" et "interdiction". C'est un vrai problème, qui ici ou
là a sacrifié pas mal de gosses et contribué sans doute à la
génération du courant "républicain", à de nouvelles querelles stériles
faute de recul, mais on restera dans le vague car faire des vagues ne
servirait à rien. .

"Pourquoi pas" ? Je pense que sur un terrain assaini par une pratique
pédagogique plus efficace, les PPA sont viables : ils sauront éviter
la poudre aux yeux et les effets d'annonce pour rechercher réellement
plus d'efficacité. Dans le cas contraire, le risque de "dérive
organisationnelle" et de "réunionnite" est bien réel.

Moi aussi j'ai été bien long, mais il n'est pas interdit de réfléchir.

Bonne fin de Week End,

MM

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