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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Novembre

De: "Michel MONOT" <magui@offratel.nc>
À: <pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr>
Cc: "Liste Ecoles" <listecolfr@cru.fr>
Objet: Re: [PMEV] Enfant en marge
Date : samedi 24 novembre 2001 21:57

Je profite de ce message pour revenir plus généralement sur le
problème de la gestion de l'hétérogénéité. Peut être Jacques Bert
pourra-t-il, s'il a un peu de temps, avec le recul qu'il a désormais
sur l'ensemble de ces problèmes (EIP + PMEV) mais aussi sa récente
maîtrise en SE, nous éclairer encore mieux.

Françoise Noireau, qui a je crois une formation AIS, répondait donc :

----- Original Message -----
From: "Françoise NOIREAU" <francoise.noireau@wanadoo.fr>
To: <pedagogie-maitrise@yahoogroupes.fr>
Sent: Friday, November 23, 2001 5:14 AM
Subject: Re: [PMEV] Enfant en marge


| Il s'agit de l'effet dit "Everest" : Ces enfants ne sont intéressés
que par
| des travaux de niveau difficile. Ils échouent à des exercices
faciles. Ils
| sont déroutés. La conclusion pratique était de ne pas supprimer les
| exercices difficiles d'une leçon (ex donné : enfant en échec en CE2
qui
| réussit TB en CM2.)

Dans notre approche initiale, qui d'une certaine manière considérait
qu'il valait mieux "exploiter" les bons élèves que "raboter par le
bas", un "EIP" pouvait espérer trouver sa place en PMEV de deux
manières :

1) en s'interessant à autre chose, à la limite n'importe quel sujet,
mais avec invitation à en parler à ses camarades de classe, tant pour
eux que pour lui-même : histoire de ne perdre aucune occasion de
"dispenser le savoir", de montrer l'intérêt de l'école pour "la
connaissance", qu'elle soit OU NON au programme de la classe, et enfin
bien sûr pour ne pas laisser s'étioler les profils EIP et éviter toute
confusion entre "débile" et "surdoué", travers dont l'école est loin
d'être vierge.

2) dans une perspective assez similaire, se confronter à des exercices
plus difficiles, pour permettre accessoirement aux non EIP mais
potentiellement avancés de pouvoir accéder eux aussi, par le jeu de
l'effet vicariant, à ces niveaux de difficulté plus élevés.

En résumé donc, "tirer vers le haut" plutôt que "raboter par le bas".

Je parle bien sûr ici en termes d'orientations pédagogiques générales,
et nullement "spécialisées". Ces orientations, je les ai vues
concrétisées dans les classes, avec plus ou moins d'intensité mais de
façon certaine, même si nos préoccupations majeures étaient le soutien
des élèves les plus en difficulté. (Nous étions évidemment dans une
perspective de "pédagogie démocratisante", mais avec une conotation
encore plus fortement "politique" : réparer les injustices de
l'histoire, qui avaient créé de façon "légale" une école à deux
vitesses. L'une, publique, dans les zones habitées par les "colons";
l'autre, laissée aux initiatives privées de différentes religions qui
voulaient bien prendre en compte les enfants des tribus. Les
évènements insurectionnels des années 80 avaient remis les pendules à
l'heure : il fallait faire vite et mieux, mais ce n'est pas gagné)

Je reprends donc cette idée de maintenir des exercices difficiles
suggérée par Françoise, qui rejoint les préoccupations que nous avions
au nom de la mise en application d'une "thèse" (Reuchlin), mais aussi
ces choix tout récemment évoqués dans les réponses de Gérard Maurice
et Eric Vermeulen à F. Verniolle et qui vont dans le même sens.

Il me semble que nous pouvons nous sentir ici gênés par nos
"représentations" : la notion de "contrat à remplir", largement
entachée d'une représentation en "tout ou rien". On trouverait
immanquablement dans les FAQ cette interrogation : il n'a pas rempli
son contrat dans les temps, que faire ? Il y a surement là un risque
de travailler pour une population moyenne, l'idée prégnante que pour
être "bon" un contrat doit être accessible à tous. Sans "jeter le
bébé avec l'eau du bain", prendre conscience que cette approche,
marquée par nos us et coutumes et nos parti pris égalitaires manque
d'ambition et même de réaalisme.

Gérer l'hétérogénéité, perçue non sans raisons comme un mal qui gêne
le fonctionnement du système, ce n'est pas la supprimer. C'est d'abord
la "réduire", au sens médical du terme compris comme retour à la
fonctionnalité. Mais ce serait plus encore tirer parti de toutes ses
potentialités, de sa "richesse".....

Je le sais, ce terme de "richesse" fait souvent bondir les enseignants
qui sont confrontés à l'hétérogénéité, et je les comprends tout à
fait. Il y a des "seuils" que l'on n'aurait jamais du dépasser et que
l'on a popurtant dépassés car on ne savait comment en sortir. Quoi
qu'il en soit, on ne peut pas répondre à leur réalisme pessimiste par
un optimisme béat versus angélisme, mais par une approche "technique"
que nous devons continuer à améliorer. Nous avons toujours joué le jeu
de la "réforme des cycles" et nous sommes désormais confrontés à celui
des PPAP. Nouveaux programmes ou pas, car l'approche dénommée "PMEV"
s'accomode de n'importe quel programme, intégrer la problématique PPAP
ne devrait pas gêner la PMEV, bien au contraire, comme le montre le
travail présenté par Gérard Maurice et mis en téléchargement par Jean
Pierre Garçin. Une fois de plus, je pense que la "théorie" de Reuchlin
mérite d'être prise au sérieux, et plus spécialement dans le cas
présent pour ce qu'elle peut apporter à la réussite de l'opération
PPAP en la préservant des écueils trop classiques : la passivité des
uns, que vient souvent expliquer un manque de "moyens" qui peuvent
être purement "techniques"; le risque de lourdeur bureaucratique ou de
dérive organisationnelle qui peuvent affecter le zèle des pionniers.

Dans tous les cas, ce serait pour le moins fâcheux.

Bien cordialement,

Michel MONOT
Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant :
www.offratel.nc/magui/

"Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en
servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert"
(Gaston BERGER)

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