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La Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant
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Les archives de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant


Les archives de l'année 2001 - Août

De: Michel MONOT <magui@offratel.nc>
À: Laurent PAMPHILE <lpamphile@wanadoo.fr>; <freinet@cru.fr>
Cc: Liste Ecoles <listecolfr@cru.fr>; Liste PMEV <pedagogie-maitrise@yahoogroups.com>
Objet: [PMEV] Re: [FREINET:] le bulletin PMEV
Date : lundi 6 août 2001 20:22

J'interviens comme "inventeur" du sigle, mais pas vraiment de la méthode, si
méthode il y a : la PMEV n'est à la limite qu'une manière d'organiser la
classe et le temps scolaire pour faciliter le travail d'apprentissage.

De quelle manière ? la plus "naturelle" qui soit en quelque sorte, ce qui
nous ramène évidemment à Freinet.

Qu'est ce à dire "naturelle" ? Ni écolo, ni bio, encore que.... très
sytémique en tout cas. A l'origine, tout simplement, en observant que
l'apprentissage a existé avant l'enseignement. Que des hommes ont appris en
regardant faire les autres, avant de savoir parler peut être. C'est en tout
cas ce qui se passe chez les animaux, comme on peut l'observer en
laboratoire : un animal qui observe un autre animal faire quelque chose, ou
en train d'apprendre à faire quelque chose, apprendra à son tour à le faire
lui même plus facilement qu'un animal qui n'aura pas eu la possibilité
d'observer. L'intelligence basique fonctionne comme cela. Maurice Reuchlin,
qui est le vrai "père" de la PMEV en quelque sorte puisque'il avait
pressenti d'importantes applications pédagogiques pour cet apprentissage
vicariant expliquait à ce sujet : il semble que la période d'observation
permette de repérer les éléments significatifs de la situation et de faire
porter immédiatement ses efforts sur ces aspects. Ce qui suggérait une
approche moins chronophage, moins dilettante ou moins douloureuse de l'acte
d'apprentissage.

Tout est parti de là, mais il a fallu transposer ces observations de
laboratoire aux conditions et aux exigences du travail scolaire.

Je continue dans le texte de Laurent.

----- Message d'origine -----
De : "lpamphile" <lpamphile@wanadoo.fr>
À : <freinet@cru.fr>
Envoyé : mardi 7 août 2001 01:36
Objet : Re: [FREINET:] le bulletin PMEV


| La PMEV, c'est la Pédagagoie de Maitrise à Effet Vicariant.

Et ce n'est en fait à l'origine qu'une application de cette "réforme des
cycles" proposée par Jospin vers 90 et dont on reparle par ailleurs en ce
moment à propos de la réforme en cours au Québec. Mais l'héritage "colonial"
de la France a aussi pesé dans cette affaire pour plusieurs raisons, ce qui
suggérerait que Jules Ferry, Ministre de l'Instruction mais aussi des
Colonies, aurait pu faire un meilleur usage de sa double casquette. La PMEV
est née en Nouvelle Calédonie, et cet environnement spécifique a
indiscutablement joué un rôle : situation de crise et résistance d'une
culture "indigène".

1) D'une part, la NC avait été peu avant 90 au bord de la guerre civile. Son
école avait été très critiquée, car le nomnbre de bacheliers canaques se
comptait sur les doigts d'une main, sans avoir besoin de tous, et
l'évaluation du système, à n'en juger que par là, était donc très négative.
En réalité, la situation n'était pas aussi noire que ça, et les
instituteurs, bien que pour une part encore recrutés en troisième, n'était
pas si mauvais, parfois même excellents et beaucoup plus sérieux qu'on ne
l'imagine. Mais le sérieux n'est pas tout : quand les difficultés sont
énormes, que l'enseignement patine, la fatigue s'installe, l'usure aussi, et
il est dans la logique des choses que les instituteurs de NC soient
aujourd'hui encore sans doute les seuls au monde à pouvoir partir à la
retraite plein pot à... 50 ans.

Point positif : les instituteurs étaient décidés à faire ce qu'il fallait
pour changer les choses, à condition quand même qu'on ne les critique pas
trop bêtement et qu'on avance en souplesse, sans imposer les choses de façon
trop autoritaire comme on semble le faire au Québec. Mais point dangereux
aussi : l'attente était elle que n'importe que charlatan aurait pu fourguer
n'importe quelle camelote pédagogique, à condition toutefois de se sauver
vite fait avant que les instits ne s'appreçoivent de la supercherie. Et,
réciproquement, toute formule qui réussirait risquait d'être par la même
suspecte au yeux d'observateurs neutres et encore plus à ceux d'observateurs
moins neutres inquiets de voir le cours des choses changer. La PMEV ne
pouvait qu'être l'oeuvre d'un "gourou", ce dont l'inspection générale avait
été dument informée.

A beau mentir, qui vient de loin. Mais la PMEV, soumise ensuite via internet
à une expérimentation plus élargie, semble confirmer une eficacité toute
particulière et justifier ainsi les hypothèses de REUCHLIN.

2) D'autre part (j'ai été un peu long sur le premier point), les
colonisateurs avaient rencontré en Nouvelle Calédonie une "civilisation" ou
une "culture" un peu vite classée comme relevant de l'âge de la pierre (on
prend les outils qu'on trouve), ne connaissant pas l'écriture mais ayant
quand même des légendes, et ayant aussi des savoirs et savoirs faire
transmis de génération en génération depuis la nuit des temps et sans aller
à l'école.

Pas question pour autant de larguer l'école, mais s'interroger sur les
manières d'apprendre que l'école aurait pu, en se positionnant de façon trop
radicale sur l'enseignement, avoir quelque peu oublié. Sans entrer dans le
détail, on retrouvait la suggestion de Reuchlin. Et l'on pouvait même
imaginer que les enfants issue de cette culture ancestrale étaient
"formatés" pour apprendre en observant, et que les hypothèses de Reuchlin
pourraient alors contribuer à corriger les injustices nées des différences
de culture. Vision assez juste, à insérer cependant dans une problématique
plus complexe, qui prendrait aussi en compte en particulier le problème de
la maîtrise de la langue : si l'apprentissage vicariant n'avait pas besoin
du langage, puisque les animaux l'utilisent, pourrait-il contribuer à
développer le langage ?.

3) Last but not least, toutes ces particularités historiques, sociologiques,
pédagogiques et culturelles, sources de difficultés réelles, avaient conduit
l'administration à multiplier le nombre des conseillers pédagogiques, ce qui
permettait un certain travail de coordination et de suivi lors d'une
opération de "mise en place des cycles" qui présntait quand même, derrière
les apparences de conformité aux textes, une dimension innovatrice ou
restauratrice assez réelle devant nécessairement être accompagnée.

| Comme en PF, l'enfant travaille à partir d'un plan de travail (en math et
| français).

Ce qui a pu faire penser à juste titre que la PMEV avait pillé la la PF mais
Michel Barrios veillait. C'est plus complexe : il n'y a avit aucune raison
de tourner le dos aux apports de Freinet, aucune raison non plus de ne pas
chercher à les compléter si l'on mettait le doigt sur un apport extérieur
non encore intégré mais compatible. Reuchlin proposait une démarche qui
semblait assez "naturelle", donc compatible avec la PF, et il avait même
parlé ici ou là de "pensée naturelle".

| Celui-ci est établi pour 3 semaines et est identique pour tte la classe.

Sacrilège ? Voulant rationnaliser le recours à l'apprentissage vicariant,
nous avons vérifié qu'il produisait des "effets" mais ne produisait pas de
miracles et qu'il fallait du temps pour "repérer les éléments significatifs
de la sitution", du temps aussi avant de pouvoir faire porter
"immédiatement" ses efforts sur ces aspects : aujourd'hui peut être, ou
alors demain. Donc plus d'une semaine pour pouvoir proposer un programme
identique à toute la classe, démocratie oblige.

Et là, nous avons peut être un peu dérivé, ou mieux compris, en tout cas
entrevu une autre lecture posible. L'enfant aime choisir son travail, il
n'aime pas être commandé d'autorité, n'aime pas s'aligner, n'aime pas être
contraint à faire un certain travail, mais il n'aime pas non plus tourner à
vide et veut réussir (Invariants 7,4, 5,6,7,8 et 10 bis) ? Soit, mais le
programme existe, d'une part, et d'autre part le recours à l'apprentissage
vicariant INTERDIT d'être aligné car on ne peut prendre de repères que sur
ceux qui sont devant ; aide à ne pas tourner à vide car il fournit des
indices ; n'a que faire de la contrainte car il la contourne en offrant à
l'enfant des possibilités de se déterminer lui même, etc.. préservant ainsi
le "je fais que qu'est ce que je veux" cher à l'enfant précocement autonome
(4 ans) mais le préservant aussi lui des effets pervers de cette autonomie
un peu prématurée. D'ou l'intérêt de la suggestion de Reuchlin à propos de
l'apprentissage vicariant, qui impose un remodelage de la classe et le
glissement de la notion de choix : l'enfant aime choisir le moment de faire
son travail et, dans la logique propre de la PMEV, il ne peut d'ailleurs
faire autrement.

Mais attention : Reuchlin n'est pas seulement l'auteur "à la sauvette" d'une
suggestion que nous avons cherché à exploiter. Il est aussi l'auteur d'une
"théorie des processus vicariants" assez rigoureusement développée et qui
semble avoir le vent en poupe. Des auditifs et des visuels, des ceci et cela
aussi sans doute, mais en fait le même outillage pour tous, certains outils
étant selon les individus et les circonstances plus ou moins mobilisables
par chacun. D'ou ces classifications en ceci ou cela un peub rapides, selon
des indices superficiels qui tendent à nous égarer dans une pédagogie
différenciée multipliant les approches et les "préparations de leçons" alors
qu'il suffirait de permettre aux élèves de mobiliser opportunément l'outil
le plus adéquat de leur trousse. C'est, de façon imagée, ce que fait la
PMEV.

| L'élément central de la PMEV est le bilan. Chaque jour, durant 20 a
| 45 mn selon les classes,

Et aussi un peu selon .... l'air du temps....! Il faut racourcir un peu si
on sent que c'est nécessaire, et dédoubler même le bilan quand on constate
qu'un moment de bilan en entrant en classe permet de réactiver les
machines..

| les enfants présentent au reste de la classe leurs
| réussites ou leurs difficultés. C'est le moment où ils peuvent demander de
| l'aide au reste de la classe pour avancer un point précis de leur plan de
| travail (exemple : reconnaître qu'une phrase est au futur ; poser une
| division....)

Sur le fond, ce moment dit de "bilan", qui permet à chacun de faire le point
sur l'avancement de son travail, est la transposition pédagogique de la
"période d'observation" évoquée par Reuchlin, permettant de repérer peu à
peu les "éléments pertinents de la situation", pour faire "porter
immédiatement ses efforts sur ces aspects" lors de la phase de travail
individuel.

Sur la forme, ce moment de bilan n'est en fait qu'une transposition du
"conseil de coopérative", centré sur les apprentissages en cours et non plus
seulement sur la "vie de la classe", et devenu nécessairement plus fréquent.

Pour finir, revenir sur le sigle. Il ne s'agissait pas de créer un produit
nouveau, toujours attirant sur le marché de la consommation mais dans ce cas
plutôt inspiré par un retour aux sources et donc difficilement qualifiable
de nouveau.
Mais il s'agissait de donner un nom à une approche qui, pour n'être qu'une
mise en pratique de la "réforme des cycles" avait quand même des
caractéristiques bien précises, nées de la convergence de deux sources
différentes mais bien identifiées. La PM d'une part, qui avait été fortement
instrumentée, la suggestion de Reuchlin d'autre part, qui apportait un
je-ne-sais-quoi tendant à infléchir la PM dans un sens moins contraignant et
plus accessible au maître soucieux d'efficacité mais aussi d'ergonomie, de
confort d'apprentissage. Le sigle s'imposait donc, comme pouvant parler à
ceux qui souhaitent se situer dans l'immense chantier de la pédagogie.

Bonnes vacances à tous,

MM


| Je m'arrete la pour la description de ce qui ne peut se resumer en qlques
| lignes. Je te conseille d'aller voir le site de Michel Monot qui t
apportera
| toutes les lumieres necessaires a la comprehension de la PMEV.
| Cest par ici :
| http://www.offratel.nc/magui/
|
| Tu peux aussi telecharger les precedents bulletin d'informations sur la
pmev
| qui contiennent de nombreux exemples et temoignages de collegues :
| www.lebulletin.fr.st
|
| amicalement
| Laurent Pamphile
| www.lebulletin.fr.st
|
|
|
| ----- Original Message -----
| From: Marine Baro <marine.baro@free.fr>
| To: <freinet@cru.fr>
| Sent: Monday, August 06, 2001 4:03 PM
| Subject: Re: [FREINET:] le bulletin PMEV
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| > que veut dire PMEV ?
| > marine baro

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